‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de laChapitre 21 sur 36 · Tome II. jg · texte numérisé non relu

Tome II. jg

a4a THOTH

tirage au sort, la première opération se faisoit sous le nom et sous les auspices de Mercure; dans la division e^ la distribution des viandes , la première part ètoit appelée Epyiov xXi^poç , id est , sors Mer-curiû ^*^

Mercure présidoit aux exercices gymnasliques, non-seulement parce qu'il les avoit inventés, mais encore parce qu'il étoit le dieu de tout ce qui est action et mouvement. Pindare l'appelle Agonios y président ou arbitre des jeux publics ^^ Les Agonothèles ou les magistrats qui présidoient à ces jeux, avoient pris la baguette à l'exemple de Mercure. Les anciens plaçoient dans leurs jeux gymnastiques la statue de Mercure et celle d'Hercule, parce qu'ils vouloient que la rài^n présidât à tout, et surtout à la force.

$ VIII. Mercure considéré comme dieu de la raison.

Le troisième aspect sous lequel les anciens considéroient Mercure, est celui de symbole de la raison ^^^ : La raison est le Mercure de tous les hommes, dit un ancien proverbe rapporté par

<>> PiDdar. , Isihm., I , v. 85.— J. Pollux , p* 486.= <*> Pindar., Olymp. VI, V. i32.

^^ Mercurius est rationis exhibitor ac 'reprœsentaior(Vorphyr,^ apud Euseb. , Prœp, Ev.,\\h. III , cap. 1 1,), Logos, id est, cornpositumex ratione et oratione^ est proprie Mercurius (ibid.). Dcus et natura vocantur Mercurius , quia ratio pênes illum est, numerusque et ordo et scientia (Senec, de Benejiciis , lib. IV, €ap. 7. ).

ou MERCURE. , ^43

Siinplicius. Cette éminente qualité devoit appar-* tenir à tous les dieux ^ aussi Mercure est-il réuni à tous; toutes les divinités avoient des statues qui leur étoient communes avec Mercure. L'anthologie ^*^ fait mention de la statue qui étoit commune à Bacchus , à Apollon et à Mercure : les Hermarthenes représentoient Hermès et Athéna , ou Mercure et Minerve ( W^) , c'est-à-dire , la réunion de la sagesse et de la raison j de l'éloquence j de la science et de l'étude ^^\ Les Hermhéraclès représentoient Mercure et Hercule, c'étoit l'emblème de la réunion de la force avec la raison , l'intelligence et l'éloquence. Les Hermérotèç étoient des statues de Mercure et de l'Amour , c'est toujours la même idée : l'Amour qui doit rester, uni à la raison, et qui doit toujours l'être à l'adresse et à l'éloquence j Mercure est encore représenté avec la Fortune ^^\ Les Hermarpocratès étoient le symbole du silence et du secret que.la raison prescrit. Les dieux avoient toujours Mercure pour conseiller; il étoit celui d'Osiris qui , partant pour la guerre , lui ordonna d'aider Isis de ses conseils et de son expérience

<*> AnthoL Grec. , lit. IV.

^^ Dans les médailles de Damas et de la Syrie , on voit Mercure sur le revers des médailles de Minerve : on leur rendoit un culte commun. Le Mercure des Médailles de Damas tient des prunes à la main; l'estime que l'on faisoit des pioines dans ce pays étoit tel, que l'on se servoit (lu prunier pour faire des couronnes aux vainqueurs dans les jeux publics. ( Athen. , lib. II. ) = ^^ ApoUodor. , lib. II , p. 167.

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^ans le gouvernenvent qu'il lui laissait ^^K Hercole reçut ses armes de Mercure ^^^ qui le couronua après la victoire d'Antée , et auquel le héros Thébain ooo- •sacra sa massue après la défaite des géans. M^rcope apparut à Persée afiligé de la demande de la tête de la Gorgone ^ qui lui avoit été faite par Poly dictes ^ l'encouragea^ lui donna une £iaz de diamant^ et s'offîit à le conduire; dans toute cette ekpëditi^m^ Persee fut accompagne de Mercure et de Minerve ®^. Homère ^^ dit que Mercure accomps^oit partout Autoljcus Taieul maternel d'Ulysse y et lui donnoit des marques de sa protection en toutes rencontres: c'est ainsi que Minerve aoeompagnoit Ulysse et Télëmaque. Homère ajoute que Mercure avoit Eût don à Autolycus de deux grandes qualités , il surpassoit tous ceux de son tanps : i^ «n prudence et en adresse pour cacher ses desseins et surprendre ses ennemis^ 2'' En bonne foi pour garder religieusement sa parole. Ainsi dans Honière Mercure est déjà noiH'seulemenct le dieu des arts «t du commerce ^ ^ le conducteur des âmes a»x enfers ^®; mais il efit encore le dieu de la raison. Mercure, dit Ulysâe à Eumée ^'^^ , est le dieu qui répand sur les actions des hommes , la grâce qui les fait réussir.

^^ DioB. sic. — linet, Dem.£v., f. 80, 81. = ^ Beger, TheSt Palat, , p, 1:8, 1*9. — lia Ckccme, Muséum romanud^ Paru li p- 45, 46w=: ^ ^choL Apoll. RhocU— i;pottod. , lib. U, p. r4i. =s: ^ Hwiwr. , Oéyss., lib. XIX. ^ ^ fiomer., Odyss.y t^^Iliad.; 14. = ^**4bid., Odyss. , ii^=x ^> HMner., 0^55., lib. XV.

ou MERCPAE. 24^

Le choeur dans les Csephores implorant Jupiter pour Oreste : Qu^ai^ec toi lajils de Mcûa lui prèle im juste secours etféeonde ses projets. Mercury ^ dit Eustathe, e^ fib de Jupiter et de Maxa^ c'est-àdire > de la priKleace, de la raison ^^ et de l'intelH^ geiiiee. ^^^ .

Cette opuiioii qui faisoit considérer Mercure comme dieu de la raison^ étoit générale chez les aodi^ns ; quand il se faisoit un grand silence dans une assemblée on disoit q.ue Mercure y étoit entré ^'^K Sur les statues de Mercure qui étoient en si grand «ombre dans, la ville d'Athènes, et dans toute FAttique^ oa^ inscrlvoil dea préceptes de sagesse écrits en vers élégiaques ^^\ Il y avoit particuUèrement une rue qui, paji^tant du portique, aboutissoit à la place publique, et qui éfioit dlecorée d'une ftmle d'Hermés^^: ïes uns y avoieirt été placés par des particuliers , les autres par ordïe des magistrats-; presque tous- rappelorent dlôs faits glorieux ou des préceptes^ die raison. Après le souper on Msoit des^ libation^ à Mercure,^ pairce qu^il présida au;sommeiB; on faisoit aussi d^ies libaticms 9ur tes langues que" l'on brâloit ea son honneur en sortant de table. Ceux- qui font les djernières Ubations 4^ Mercure

^*' EusiAth.., Çom* inillîad yUh. I. — i^rcurium Jkjvîs^et Mkïœ^ ^ium» id. estt ,. meniifi' ei pmd&UicB, =^ ^^ Plut..^ 4^. la Déman-^ gmisan dû parkr^

% Lft phipftrt de ces statuts a^oioni ^q él^^es par Hip«^ parqitely ^i dsifisistiale^ quk^voit aussi' fait ohoîx ies sentences. Ces Mevcm>e9 <ap4)elûieiit Mipparchiû ( î?kt. )

avant quç le sommeil s'empare de leurs sens^ dit Plutarque ^*^ , ne joignent-ils pas ensemble le vin et la raison? Ulysse trouva les princes et lés chefs des Phéaciens qui^ après le repas ^ faisoient des libatiobs à Mercure ^^\ Les anciens sculptoient sur les pieds de leur lit, Fimage de Mercure, comme présidant au sommeil : le dieu de la raison le procuroit paisible , il chassoit les mauvais songes et les terreurs qu'ils inspirent j il procuroit au contraire des songes agréables. ^^

$ IX . // avok le caractère général de la divinité» — AUribuis qui lui appartiennent sous ce rapport.

Mercure, comme tous les grands dieipL, avoit le don de la divination.

n étoit placé au nombre des dieux des navigateurs, et des dieux coqservateurs des ^rivages : les promontoires lui étoient consacrés ^^^ On le voit souvent assis sur un rocher ou sur un promontoire , et les Samiens l'adoroient sous le nom de éiraxTioç , c'est-à-dire, sur le bord dxp^fla mer.

Dans la Crète, le jour des fêtes de Mercure, les m£|itres servoient les esclaves qui étoient à table ^*^ ,

<*> Plut., Sympos.y lib. VU. = ^ Homer., Odyss. 7. = ^^ Didym. , ad Odyss. x* — ^^ voit sar quelques statues Mercure ayant à^ pavots dans la main gauche , et versant d'une corne qu'il tient daiis la main droite, des songes sur leshomnies. {Stosch, Pierr. grav, , p. gS. = <** Strab.— Homer. , Odyss., lib. XVI. = ^^ Athen., Deip., Kb. XIV, cap. to.

ou MERCURE. ^47

comme aux Dionysiaques à Athènes et au3; Saturnales à Rome ^" : dans cette île il étoit appelé Edas, id est , bonorum dator ^^^ , nom qu'avoit aussi Bacchus. Mercure comme Bacchus , étoit représenté beau et jeune, avec une figure qui annonçoit la gaieté : le portrait qu'en fait Apulée ^^^ est conforme à celui qu'en ont fait tous les auteurs , et à ce qu'en ont donné les monumens ^^^ Il étQit nonseulement jeune, mais il étoit le guide et l'ami de la jeunesse ^^\ Enfin Mercure avoit le caractère général de la divinité : il fut appelé Triceps, parce qu'il étoit le dieu du ciel, de la mer, de la terre ou des enfers ^^^ , il eut tous les attributs du premier

^'^ Athen. , Deip, XIV. = ^*^ Eiym, magn. On peut voir sur ce mol Hësychius et Julien folluz. — Mercure avoit le surnom de Chairidolès , gratice Dator (Vlut. , Quœst, gFcec). Les Béotiens Tadoroient sous le titre de ^attîpoç xal Aeuxèç , idestj Hilaris. et Albus. ,

^^ Puer, lucidentiis , nudus, nisi quod Ephebi Chlamyde sinistrum tegebat hwnerum , Jlavis crinibus conspicuus : inter comas ejus aureœ pinnidœ simul conju^ciœ prominebant cum caduceo et virgula, ( Apul. , Met*, lib. X. )

^*^ Vultu hilari, acribus oculis,

Omnia Mèrcurio similis , vocemque coloremque. Et crinesjlavosj et membra décora juventœ, (Virgil. ,/E/îew/. , lib. IV, V. 558. ). Le mot v7r5QvwT>îç (dans Lucien et dans Homère) exprime très bien la jeunesse florissante de Mercure. ( Lucian.y de Sacrif» II.-r-Homer., Iliad, w, v. 348.) ^^ Cicëron l'appelle Juventutis custos et prœses, ^^ CœlestiSy maritimus et terrenus seu infernus, dit Servius d'après Cicéron.*— Les Egyptiens le regardoient comme un de

Etre. On voit sur quelques mouumeDa anciens- Mer* cure avec l'aigle de Jupiter et la foudre accompagnant les Hermès ; on le voit au^si avec la massue d'Hercule ^*^ , et même, quoique rarement, avec la corne d'abondance ^^^ : plusieurs de aes statues portent le carquois d'Apollon , et le scoirpioa qui représente la vertu du soleil ^^ ; elles sont chargées des attrihutsf des dieux Pénates ^^\ Il a toujours les ailes qui appartenoient originairement à tous les dieux ,. pour marquer non-seulement la rapidité de leurpouvoir^ la vitesse du principe fécondant dont ils étoient le symbole , mais encore leur substance aérienne et éthérée ^^\ Les grands dieux d'Egypte étoient tous représentés avec des ailes ; chez les Grecs eux-mêmes, Orphée représente Jupiter avec des ailes : Homère et Eschyle représentent ainsi Pallas ; Virgile et Valère Maxime en donnent à Mars ^\ Mais elles étoient un attribut nécessaire du dieu du mouvement, et elles restèrent exclusi^^ement celui de Mercure, non pas pour se trajisporter où il vouloit , suivant les idées communes, puisque les autres divinités avoient le même pouvoir , quoiqu'elles eussent cessé d'avoir des ailes , maïs pour désigner d'une manière plus particulière et plus

leurs plus grands dîaux : Quem Mgyptii nejhs haèeni nominare, (. Cicer. , de Nat» Deor. )

^*^ Lachausse, Mus. /îom.=^^ Boissart.=^^ Slosch, Piemgrav., p. 91. = ^*^ Spoii-= ^ Wmckclin,, Mon, Ined^, T. II, cap. i. == ^*^ Platon, dit ( ÛK Phoedr. ) : Natura alœ gravia sarsum eveh^ y eorum maxime est particeps , quœ sunt circa corpus dei'

ou ll|£ItCURE« 249

caractéristique son allégorie da principe moteur de la nature ^\ Sur un grapd nocobbre de médaillea anciennes^ Mercure a la tête radiée^ un caducée à la main ^ et un trident : ces médailles li^i donnent te titre de JFrugifer. Elle^ U représentent comme le grand génie du monde, et par conséquent comme l'aufeuir de la fertilité et de k fécondité universelles : aussi portoit-il le lio^^au instrument de labourage, symbole de la fécondité appliqué à la terre, et le caducée avec deux serpens mâle et femelle que les anciens disoient être le symbole de la fécondité des animaux.

Mercure est celui des dieux réunissant les attributs divers du-premier Etre, dont les statues sont le plus multipliées : on appeloit ces sortes d'idoles Panthéons. Ce ne sont pas les* antiquaires des^

^*^ AJartianus Ciapella , faisant délibérer la Philologie pour savoir si elle dpousera Mercure , s'exprime ainsi : Itaqiie priasquam conducat , ne connubium atque œtherei vertlcis pennata rapidUas apto sibifœdere copuletur , conquiriU ( de JYupt, PhiL, lib. II, cap. 21. )

C'est de Mercure que Persée avoit reçu les talonnières ; il étoit aussi coififé du pëtase et armé de la petite faux ou harpe , ce qui leur faisoit donner la qualification de Harpédophore , qui leur étoit commune. Suivant Hérodote ( lib. II , cap. 91. ) , Persée étoit , comme Mercure, le symbole et le garant de la fertilité ; aussi les Anciens donnoient-ils à Mercure le surnom de Persée :

tu séparé cœtu

Elysios Persœe pios , virgaque potenti

Nubilus Arcas agat. ( Stat., Theb. , lib. I V, v. 48 1 . ) *

aSo THOTH OU MERCURE.

derniers siècles qui leur ont donné cette dénomition : les inscriptions nous apprennent qu'on la leur donnoit dansle^temps de leur dédicace, elles étoient, dans les temples^ désignées sous le nom de Signa Panthea. Ces statues retenoient le nom de la divinité à laquelle elles étaient consacrées : ainsi on disoit Pantheum Mercurii^ Pnniheum Joi^iSy et on distinguoit dans ces statues, les attributs généraux de ces divinités de leurs attributs particuliers; les attributs étrangers à leur caractère spécial étoient appelés Parerga.

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