Tome
Go9gle
San MYSTiljlJk
pas celui de la mythologie valgairo, m2M odkii qut présentent les grandes idiTifiions de lu nature , h principe actif, le principe passif ^ leur produit^ et de plus leurs attributs y c'est-à-dire^ le» qualités inkérentes à chacun de ces ttois. porii^cipes ^n'on avoit divinisés: cette doctrine apportsée pav la$ Egyptiens dans la Grèce y n'etoit ni le polythéisme des religions primitives^ ni celui que présenta, la mythologie vulgaire j mais il ne faisoit pas moins r^Bllement partie des mystères y ce n'étoit pas moins les dieux maies qu'on adoroit comme symholesi du principe producteur^ les déesses, femelles oomam symbodes du principe passif. Les mystagoguies it'oiil pu enseigner une doctrine qui n'étoit pas couQU^ des anciens y celle de Funité de Dieu telle qua w>m la concevons ; c'est en vain qu'on oppoi^roit que Pétablissement des mystères eût été ijjtu^iile^ si oq n'y eût enseigné que le do^e des peines et éos récompenses à venir, puisque ce dogme étoit géoé^ raiement connu et admis. Warbur(;Qn va l||i-Bi^ema répondro à cette objection : a Le but d^ «aystères w dit>-il, étoit partout le mmi^ : ils étoieat^ tou* » destinés à enseigne^ une provideacQ et h dogme » d'une autre, vie. Par cette voie particulièi'e etpo- I» pulaire qui étoit, en même temps > la partie la » plus sacrée de la /religion, païeone ^ et la plua ^ propre, par son appareil , à firappeir l'ei^jit et w Fimagination y le législateur con£vnioii h» sentît w mens généraux de vei*u qu'il avoit tâché d'in^ II. »pirer aux peuples dans aes lois, n
ÏVaîlieuffa^ ut sait^cm pas ^'ime longue série d'instructions siicceasives présente toujours une pk» grande utilité et de meilleuars résultats^ el qa^ixoé échelle sagement graduée fixe; dctfvantage dans Ves^ prit les préceptes de la morale. £h! ({aelles' impre^ »ons ne dévoient pas &ire ^ surtout sur des homuiea d'un esprit peu cukiye, les' réumona seeréids et nocturnes d'Eleusb ^ quand l'initié s& trotivoit cnvi^ ronné de prestiges pliysiques qui étaient du^desais de ses lumières^ et quaoul toute sa £brce d'aine étoi* sus prises avec les terreinrs que lui donnoit* soii ignorance I côndbien alors sies sensations étoient pfan fortes et ses sermens plus sacrés ! coinbieil les; leçonb qu'il avoit reçues^ se liant aux scènes dont il avoil été le témoio ^ laissoient dâus son esprit des ini|HFe&« sions.plus profondes!
$ XI. Bekt dottbhs dbctHne^ publique et secrète, irtiH distineêif de Vantùfuiié,
La double doctrine^ la doctrine publique et ta dbd^ trine secrète, est un trait distinctif de l'antiquité; il eab inhérent à toutes les institutions et à tous les* systèmes. Les philosophes euic^*mémes' ayoîent pour leurs écoles une double doctrine, Pune externe ^ publique ou exotérique; l'autre interne, secrète ou esQtérique. La première s'enseignoit ouvertefnent à tout le monde , la seconde étoit réservée pour un. petit nombre de disciples choisis. Les Grecs appeloient du même nom ini^pntcL hs^ secrets des qeôlies
Il *
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et ceux des mystères , et les philosophes n'etoieut guères moms circonspects à révéler les premiers que les mystagogues rétoient à communiquer les seconds, n ne faut pas croire néanmoins que ce fussent différens points de doctrine que l'on enseignât en public ou en particulier ; c^étoit les mêmes sujets ^*^ , mais traites différemment,^ selon que Ton parloit devant la multitude ou devant des disciples choisis. On conçoit facilement que cette méthode {g) dut être en grand honneur chez les Egyptiens qui ne dévoient leur civilisation qu'à leurs initiations , et auxquels les prêtres qui par là même assuroient leur puissance^ ne vouloient accorder que la^ somme de lumières qu'ils jugeoient convenable au bonheur de ce peuple : ^ les mages de la Perse , les brachmanes des Indes ^ les druides des Gaulois, tous les prêtres enfin qui, comme les prêtres Egyptiens, participoient à l'administration pubhque, avoient de la même manière et dans la même vue leur doctrine publique et leur doctrine secrète ^\ Il faut avouer que lorsque les chefs des colonies égyptiennes apportèrent cette méthode aux Grecs, ils ne cédèrent pas seulement à l'empire de l'habitude, et à la conviction de l'excellence d'un système qu'ils avoient toujours admiré ou dont ils avoient
^^ Duplex erat doctrinœ genns apud antiquas gentes^ doctrina
vulearis et doctrina arcana Eamdem materiam duplicimodo
tractabant populari at pJùiosophico. ( Archœol, phiU y lib. I ,
cap. 8. ) ^ Origen.y contra Cels,, lib. I.
MYSTÈRES. 3st5
VU dans leur propre patrie d'heureux résultats ; mais ils trouvèrent nécessairement chez les peuples barbares qu'ils vouloiént civiliser, des erreurs qu'il ^ n'étoit pas en leur pouvoir de combattre et de détruire sans compromettre le succès de leur entreprise. Ils durent donc s'attacher moins à rectifier leurs idées , ou à conabattre leurs erreurs qu'à en tirer avantage, quelles qu'elles fussent, pour poser d'une manière sûre les fondeniens de l'édifice social. C'est ce qui a fait dire à Varron ^^^ qu'il y avoit beaucoup de choses en religion, sur lesquelles, , quoiqu'elles fussent fausses, il étoit dangereux de porter la lumière , et que de là sont venus le secret et le mystère qu'on a mis dans les anciennes initiations;, c'est encore ce qui a fait dire à Saint-Augustin qui étoit si vereé dans la connoissance de l'antiquité : « Que sous le voile sacré, de la religion , le » législateur admettoit des choses qu'il ne croyoit » pas, afin d'attacher* les peuples d'une manière )) plus étroite à la société et de se les mieux assu- » jétir. »
Le but du culte intérieur et mystique , a donc été , tout en ménageant là superstition des peuples, de présenter des idées plus saines et plus justes , et conséquemment de miner peu à peu l'échafaudage des superstitions qui affligent les peuples dans leur enfance. Les mystères avoient surtout dans ces commencemens un grand avantage, ils rendoient Je&
^*^ Varro, apud S. AugusU^ lib., ÏVi cap.3i.
3^6 BlYSl^USf.
cbofies sacrées infiaimeoi koposuMes : k secret des nystèresy dk Strabon , doBse une ièée inajestueiMe dé la divinité, let bous rappelle à «a uftuve qw ae dérobe a nos aens^ ^^^
Mais ai les preoûers Xé^BUtenrs oéàaiA n «de poussa» mati&y à l'empire <dc Thalntude et k la ËDroe de leur convidtiou .sur iWçdiience de ce ajstème^ <XBt dû établir nue doctniie publtqve et une doctrine secrète , quelle n'a pas été la fiiut-è des plûlosopbes d'avoir perpétué à l'époque ou la icivilisation et la raison avoieot &it de grands progrès , un système aussi fiineste ^ Ia rebgiofi elle-oieme qu^à |a scieiice et à la philoaophie dont il airétoit les progrès , ne fot^oe qu'eo créant un esprit de secte inséparable d^ l'initiation et d£ la d^endaaœ où le disciple étoit placé à l'égard dn maître , et en la privant de ce conoouns général d'efforts et d'^émulatioit qui est nécessaire pour former um bon corps (texpérieiices "^î La religion du peuple étoit toute tournée sur les dieux du polythéisme , et il regardoit comme athées ceux qui n'adoroient que les premiers principes. Si on eût rendu puUic ce qui étoit enseigné dans les mj»tèries^ que ces dieux n'étoient que les symboles des premiers principes ^n'eât-on pas afibibU la siqpersti* tion , ei quels crimes cette puUicité a'eùt-elle pas épargnés aux Grecs? Le j^us sage d'entre les pfailo-
^*^ Slrab. , lib. X, p. 4^7» = ^^ Degerando , HisL comp. des ^sC^mes de philosophie ^ T, III, p. ftSf.
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fopli^i Socrate ne voulut jamais se faire initier; ce n'est pas qu'il ne pensât très avantageusement de la doctrine des mystères^ mais il blâmoit le secret dé cetle doctrine. Le culte populaire continua à être plein de superstitions et d'extravagances^ et Socrate lui-inéme au zèle et à la sincérité duquel il échappoit tant d'invectives contre ce désordre , en fut la vio* time. U fut facile a ses ennemis de le faire passer pour un homme qui ne croyoit pad les dieux ^ue crojroit la ville ^*^ . Heraclite fut également accusé d'athéisme ; Eschyle ^ sur un simple soupçon du peuple, faillit être mis en pièces sur le théâtre même où l'on jouoit la pièce qui avoit excité le fanatisme populaire^ €t il ne se déroba à ce danger qu'en se réfugiant vers l'autel de Bacchus : Aristote prit la fuite pour épargner^ disoit-il^ un nouveau crime aux superstitieux Athéniens ; enfin la proscription d'Alcibiade entraîna la ruine d'Athènes. Si ce secret avoit eu quelque utilité dans l'origine , n'étoit-il pas devenu nuisible à l'époque où les Grecs âvoient acquis le plus haut degré de civilisation ? c'est alors que le génie et la philosophie dévoient se, réunir pour anéantir des superstitions honteuses qui ne dévoient ap{iartenir qu'à des siècles barbai*es^ pour mettre à la portée de tous les hommes les vrais principes de la religion^ et établir une étroite alliance cntr'elle et la philosophie : cet heureux résultat ne pouvoit être obtenu que par la
\V\\iU,ApoLSocr.
publicité de la doctrine des mystères. Le moment dé construire ëtoit passe , . on devoit abattre le hideux échafaudage qui avoit servi à cette construction : les hommes sages étoient suffisamment instruits des vrais principes, c'étoit surtout le peuple que leur autorité devoit détromper pour son bonheur ; loin de là , les philosophes ont prolongé son aveuglement, ils ont prolongé cette superstition qui le rendoit cruel en l'avilissant. D'ailleurs n'y avoitil pas encore de grandes questions à éclaircir y de grandes vérités à découvrir, surtout celle d'un dieu unique et créateur ? Et comment pouvoit-oa parvenir à ce but avec un pareil ^stème? Ne faut-il pas pour atteindre à des idées aussi sublimes, le concours de tous les esprits et de toutes les volontés? Ne faut-il pas dégager les esprits des entraves que leur impose la superstition , leur rendre tout leur essor, en favoriser le mouvement progressif? La philosophie devoit terminer la lutte qui s'étoit engagée entre la religion et la superstition , et elle Fa perpétuée f les philosophes dévoient profiter des progrès des lumières, non-seulement pour combattre la superstition populaire, mais encore pour rectifier la doctrine des Egyptiens elle-même. L'idée d'un Être à la fois effet et cause , agent et patient , et rassemblant en une même nature des natures contraires (A) ^ est une idée répugnante : plusieurs philosophes ont distingué le principe moteur de la chose mue , le principe producteur de la chose produite , l'ame , l'intelligence , l'esprit de la matière.
MYSTÈRES. Sag
Cette doctrine qui devoit en amener une plus pure encore, pourquoi ne lui' ont-ils donné aucune publicité? Un aussi grand bienfait eût pu être rendu à ^humanité par les prêtres et les philosophes , si leur réunion eût été constante et sincère , et s'ils eussent toujours été animés du désir du bien ; mais dans cette occasion , comme dans tant d'autres , l'intérêt personnel l'a emporté sur le bien général. Le secret des mystères en donnoit la plus haute idée au peuple , et inspiroit la plus grande vénération pour ses ministres: ilfalloit donc conserverie secret. Le peuple qui n'avoit que des idées confuses de la divinité suprême, trembloit sous une multitude de dieux subalternes^ la politique perpétua cette superstition pour mieux assurer l'obéissance des peuples^ il fallut donc conserver le polythéisme , non-seulement celui des mystères qui étoit plus raisonnable, mais le polytl^éisme grossier et extravagant du peuple.
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