‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de laChapitre 27 sur 36 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

peaple^e la Grèce. Gfaacufie en paisliculi^r f^^ tendoit que , la premi^^ , die aToit éUbU le coke des dffvhntés d'Eleusis^ quç c'eioit e||ez elle qu^il ^ioit le plus andea , et que de là il s'^toit propagé dans les autres pays.

Les Argiens ëteient les mieux fond^ à dîspnlep aux Athéniens Fhcmneur de cette ancienneté, et la gloire des faveurs divines^ dit Pausaniasj il en est de néipe^ ajoute-t-il^ des Kirygiens à l'égard des Egyptiens. Pausanias rappelle une tradition des Argiens d'après laquelle Gérés ^ lorsqu'elle vint k Argos , fut reçue cbez Pëlasgus ^ , et y apprit de Ghpysanthis ce que celle-ci sa^oit de renlèrement de Preserpine; dans la suite à^s temps , TrocÉdkis Hiérophante^ ayant encouru la hain^ d'AgénoF^ s'enftiit d'Argos et alla dans TAttique où il epeusa une femme d'Eleusis^ dont il eut Eubuleus et Trip^ tolème qui furent les fondateurs du cuke de .Gérés. «>

^'' Plusieurs jouteurs de l'antiquité dîseni i|ue }f9 Df^tld^s ^toient yenues dans le Péloponnèse sovis le règne de }*élf^g9S (^sichjl.^Su/?/. ) , et qu'elles y avoient établi les Thesmophoriç^ j\^près que le Péloponnèse eût été subjugué parles Doriens et ses premiers babitans cbassés , les rites de ces fêtes ne se conservèrent que cbez les Arcadiens^ qui seuls étoient restés dans lenr pf^jîf ; mais elles forent dans la suite câébr^es dans tqutes les ^e^ du ]?élopoonès^ , aii^fi q<^ à^^f toyfepi 1^ ^«V^i fèirlîes de I9 Grèce 4 d^nsf )e^ îles et dfins la (Ç^èçç viatique.

^ Un passage de Festus semble indiquer que ragricnltore a été apportée de la Libye dans T^rgojidef Cet AH^wr appelle Cérès libyssa , puis il ajoute : Lifycus campus in agro ^(rgœo

tères avoient (J'aboi'd et4 étobli^ à Àrgpe, ^^^

Qiioiqii'il ea sQit ^ qes fables ai dç ce* prétentiû03, il ert çej-tain qpe Içs divioités d'{Ilçu^i^ ^toieat trèa honorée* d^ns VArgolide j Iwr euU^ y ^ 4t4 fôrtrémem^ftt répanda. t»e? my&tèrejB 4^ LeraeJe'toi^At célèbre* en leur bopnenr coïnme 1^ prouve ç^ttfi tnciennç inftcriptipn 3 Smriitm Oipuii Id^mam deo Uk^Wj, et C^rm^

Ott hf^ cél4broit sur h^ hrord* de J^ mw d4M l^ bôia d^ pjfti»np§, qui qoqwençpit an ragni: Pp«tiims, et qui s'^tei^doit ppWJ^ç wn§ interrnptiw j^^vi'i la laar,

Arflos n'ëtoit p»« éloigné? de plup d^ 40 ^tade* de la mer voisine de l^ernej en de^qeftdwit % h&tne^ et après avoir tx'avera^ TErasipi^ , o^ trouvoit prà? du fleuve Chiï»P?pbup ^p^ we^nte wtowée d« pierres ^ c'est par là , di^ient les Aygiiem* , qm Plutan, après avoir enlevé Prç^ppinç^ reprit le ûbemin de« enfsr^

Non loin de Ï^TOe était le lac Alpyow^ , par où Bacx^hua descendit anx^ enfers ponr §n ramener Sémâé 6a mère , route qui lui aypit i\à indiquée par Polymnua on jPro^ymnua ^\ Sur le# h^tà^ du lad Alcyonée, 0» célébrât tona le$ an;i en rbnmimr

appellaUiS , quod In eo pnmumjhuges Uhyâ allàtœ sunt, quant ob^causam etiam Ceres ab argeis Dbyssa vocata est. ( Pestu^, )

t^ Nonnus, Dioî^s.y lib. ÏH, p, ioi.= ^Paasan., eor//i/A., cap. 35,37.

34o MYSTÈRES.

de Baccbus des mystères nocturnes ^ que Pausanias dit ne lui être pas permis de dévoiler.

Ces mystères et ceux de Lerne étant les mêmes que ceux d'Osiris et ceux d'Eleusis , le secret étoit aussi religieusement observé à Lerne qu'à Eleusis et en Egypte j dansl'Argolide on conserva même avec plus de soin qu'à Atbènes^les traditions et les rites de l'Egypte ^*\ Les cérémonies instituées près du lac Alcyonée , celles qui étoient célébrées à Sais dans le lac orbiculaireprès duquel étoit le tombeau d'Osiris, étoient entièrement identiques ^\ On croyoit que <ces mystères, ainsi que les thesmopbories , avoient été apportés dans l'Argolide par les filles de Danaû^: la découverte faite par Arriplion de Tinscription contenant les cérémonies mystérieuses de Lerne ^ et écrite en dialecte dorien, semble prouver que leur fondation étoit beaucoup plus récente; mais cette ancienne tradition n'est pas moins une preuve de l'opinion où étpient les Grecs que ces mystères avoient une origine égyptienne. Pausanias ^^^ a encore vu sur le sommet du mont Pontinus un temple de la Minerve de Sais, dont les Argiens attribuoient la fondation à Danaûs li^i-méme. Le savant Zoëga applique aux mystères de Lerne l'ancienne tradition des Argiens sur la mort de Baccbus tué par Persée^^ tradition qui nous a été transmise par le poète Dinarque, et qui a été recueillie par Eusèbe , Saint-

^*' SaÎQte-Croix, ilf^^/. du pagoFu^^^Uérodi , lib. II , cap. 170. = ^l Pausanias , lib. II, cap. 36, S;.

A thanase , Saint-Cyrille et par Synœlle ^^^ : cette mort étoit représentée dans les mystères de Lerne , comme la mort d'Osiris dans les mystères égyptiens, et la mort de Bacchus dans ceux d'Eleusis. La mort de Dionysius tué par Persée auprès de Lerne, qui^ comme nous le verrons dans la suite , appartenoit à l'histoire de l'établissement du culte de Bacchus dans l'Argolide, ayant été appliquée aux idées mystiques par les- fondateurs des mystères de Lerne , devint une imitation de la mort allégorique d'Osirîs; et là, comme en Egypte et à Eleusis, elle ne fut plus que le symbole de la végétation qui s'éteint et renaît par la vicissitude des saisons et des autres phénomènes de la nature, l'emblème des germes des diverses productions confiées à la terre ou cachées dans son sein, qui semblent frappées de mort , jusqu'à ce qu'elles se développent et qu'elles se montrent à la surface delà terre, lé symbole de la mort chez; les hommes et de la nouvelle vie qui la suit. Suivant Zoëga , les initiés ne pouvant pas divulguer la mort du dieu , et n'osant pas l'avouer en public , l'expUquoient en disant que Bacchus étoit descendu aux enfers , pour chercher sa mère , route qi^d lui fut indiquée par Polymnus ou Prosymnus le génie de la mort r les Grecs, comme il leur arri voit fréquemment , firent de ce génie , un héros qui périt dans le lac de Lerne 5 et , comme l'usage étoit de

**^ £useb. , ut Chron. ad an.,yi5, — S. Athan. , Orat, contra Gentes, n* 12 — S. Cyril., advers. Jul, , lib. I. »

34^ llYS¥ËiiBS.

pkcèr deà phalles dans les tembebux^ usage qui appattenôit à là troyande deê aniàensy que U fééoo^ dite ^iûte ôti arrêtée ufi instant par la mort^ reprenait Utié nouvelle vie^ cë qtà, dans les ibystèrés, sef roppôf toit au dogme de Fimiâortaliié , ils dirent que Bacdhils^ à son rétoui*,^ tfottira ProsjmMm^ ntort et lé Pllallas dans les envirous de Lérne '^^^ Qaoi-

^^ Pour admettre la conjecture de Zoëga dans sbn entier ^ îl faut tenir pour certain le fait mythologique que Êacchus , a àoû retour des enfers , trouva ProsymnuS itidM et le t^halltts dans les environs de lertie, mais aucun auteur dé Taàtiqtiité tlé parlé de eé fait ; ^ausànias dit ietiletneâl que Bacclnls descendit aus enfer» pour en retirer SéméW ^ et que ce chemin lui fut , dit-on ^ en^ignë par Folyninus , mais il borne là son récit. On trouye à la yérité ce fait dans l'ëpouvantable histoire de Bacchus et de Frosymnus ; mais l!'auteur dont Timagination cl^régléc et dëgoUtanlcf à enfanté cette môdstrao^t^ , ii'âp|»artiéirt pà^ I l'*ïti- (JuitÀ t-é |n*éihier écrivais dains lequel se ifo^ite é^fè àtScétâXH est i. â^enf A'AteXdndHe (Cakoriatia md girUèe ^ p. âg^). ^e Il 4t4 répétée pa# Amobe (Âmeb^^ athées, génies. ^ lib. V| p* 77.), jfar Théodoret .( Théodoret , 'inêur. grœc, â^ffect. ) ^ par Hygin qui y a ajouta des traits plus révoltans encore (Hygin , Poect. agtron. corona V, p. ^Zi. ) , et elle k été rappelée par lé scholiaste de tycopbron Ct^tzés, dârtyaiphf, HdSSand.j t. îl I ù. ) , pâf â. Grégoire de TÏaziénié (Ôrè^ch'* Naiw , éUHnt^i» t. 12^6. )f ^ip^^ Vkavôristis < Pt&fitfif^intls , V.<« St^p^t'KO- ^ grand nombre "d'auteurs reooromandaUéd qui se oopienl, m /bit adopter cette iàble sans examen , et Fa fait passer dans la plupart de nos livres modernes , sans remonter à la source. On ne la trouve certainement j>as dans aucun auteur ancien : S. Clément d* Alexandrie , et Arnobe qui réunit en un seul point avec les mêmes paroles ce qui se trouve dans S. Clément d'Alexandrie en trois parties séparées , disent que cette

MTSTÈRBS. 343

qu'il Œi àon de cette opioièn de Zoëgà , il n'est pas moins yrai que Bacùhus IthyphaUe étoit lé même que Bacclias Chthonien^ et que dans les mystèi^es de Lerûe, ôomnle dans ceux d'Osiris et d'Eleusis^ la pompe des phalles se rapportait à la

histoire faisoit partie des mystères (i'Alinionte^ bourg de l'Attique. Or , qu'est-ce que ces mystères d^Alimonle , boUrg de la tribu iiëoiitidè ? Ce àôtit lèà petits mystères d'Âgra > dans lésijMii ofi né trouve rii on tttà peut trouver aucune trace dé cette hWtihliB' hi«toii>è ^ qui choqué égaletneât reiprii et les priii-^ cîpes de cette ÎB^tutioii religiease. Gehi est d'ailleurs en contradiction avec les autres narrateurs , qui plàcetit en ArgoUdt Prosymnus et la descente de Baecbus aux enfers% S* Clëment d* Alexandrie et Amobe citent aussi Heraclite > mais voici le passage d'ilërâclitê : ^àtn nisi Èàccho pompàm ducererU , eï bAHritha caHeréhi ih lattdem pudèndùtUrh y plane actafh tt*at ( ÈèidèiliB. ).HéM(dJiie à été atièsi bkë par fluterque^ dflfii son Traité dlsts et d'Osiris ^ voici les expressions dé tlutsrqut : CeuK qui Veulent que Pluton et Osirh ne soieM qu'une méfàe éUvimté , ramènent à leur sentiment ce que dit Heraclite le Ph^rsicien : Que Adès et Bacchus sont un même dieu, Aucun de ces deux passages ne donne la moindre idée de l'histoire de Prosymnus j ils montrent seûlèhierit qtCâëi^âdite , comine tons lés Anéiéné y éétinohàoit l'idèàtl^ë d'Osiris et de Bacchuè , et strvbit que les Utés de ces deux divinités y même comme dimix des enfers» éteiènt phalliques ; c'est à ce point simple ^ qui se reproduit dans toute l'antiquité , qu'il faut se borner.

Il y à une grande diversité sur le nom du héros de cette fable , iés uns l'appellent Polynus ouPolymnus , les autres PoIysymnuSy ^{ûé}i}ués»Uhs tolyhypntr^ , ou rfypôlipnnà ; Zoëga tire Télymo- Jo^ du tko% FèiyMhu^ dé c?^, hiot grée qui signifia do^ih; c'étoit le génie de la mort , c'est lui qui indiqua la route des enfWs à Bacchus. La plupart des autéih'S l'ont appelé Prtrsyttiâùs«.

descente du dieu aux enfers, et de sou retour sur la terre , ou plutôt à sa mort et à sa renaissance* - Il y avoit à Argos le temple de Cérès surnommée Pélasgide , parce qne suivant la tradition des Argiens , il avoit été bâti par Pélasgus qui avoit reçu Cérès dansl'Argolide, et dont on montroit le tombeau à peu de distance de ce temple. Les cérémonies qu'on y faisoit dans la fosse voisine, avoient été instituées^ dit-on, par Nicostrate d' Argos : onyjetoit oncpre du temps de Pausanias des flambeaux allumés en rhonneur de Proserpine ^^^ , rite d'origine égyptienne qui étoit observé dans les mystères de Sais.

Les divinités d'Eleusis avoient un temple sur le mont Buporthmus j elles en avoient trois à Hermione, le troisième avoit été élevé à Bacchus Melanégide. Les Hermionéens célébroient tous les ans en l'honneur de ces divinités des jeux où Ton distribuoit des prix de musique , de natation et de nautomachie.

Le bourg d'Ilées étoit remarquable pour ses temples des divinités d'Eleusis.

A soixante stades de Pellène, Ton trouvoit le Mysée , temple de Cérès Mysienne , que l'on disoit avoir été bâti par Mysius d' Argos , et qui avoit pris de lui son nom. Ce Mysius , suivant les Argiens^ avoit donné l'hospitalité à Cérès, et avoit été le fondateur de son culte dans TAchaïe : près de ce temple il y avoit un bois sacré emplanté d'un grand

Pausauias, lib. II, cap. 22.

■ Jii I

nbpibre d'arbres , et arrose de plusieurs ruisseaux. Les mystères y duroient sept jours j au troisième jour tous les hommes sortoient du temple, les femmes restées seules dans l'intérieur faisoient les cérémonies nocturnes suivant les rites anciens. On excluoit aussi du temple les chiens mâles j le lendemain les hommes venoient retrouver les^ femmes dans le temple, et départ et d'autre on ne s'épargnoit pas les sarcasmes, les plaisanteries^ les injures: on se livroit à la joie et aux ris immodérés, comme on le faisoit sur le pont du Géphise, lors de la procession d'Iacchus. ^^^

Cérès Mysia ou Eleusinienne avoit encore un temple dans un lieu de l'Argolide qui portoit le même nom, et qui étoit dans le voisinage du monument de Thyeste , appelé les béliers : ce canton et ce temple avoient aussi pris leur nom du même Mysius. On y voyoit les statues en bois de Gérés , , de Proserpine et de Chthoûien ^^^ : nous avons déjà traité fort au long , du culte des divinités chthoniennes et du Bacchus infernal dans l'ArgoUde.

Dans le bois sacré qui entouroit le temple de Cérès Prostasia et des divinités éleusiniennes , sur là route de Sicyone à PhUunte , les hommes célé- Broient entr'eux les mystères, et laissoient les femmes lès célébrer de leur oôté dans l'édifice surnommé le Nymphon , où étoient Ips statues de Bacchus , de

^*^ Pausanias y lib. VII, cap. 27. = ^^. Pausan. , lib. II, cap. 18.

94^ HYSTÈftBSé

Gérés et de Proiol'j^iae doBt on ne Tejjreit que les visages. ^^

H j avoît dans la citadelle de Phliunte^ une enceinte consacrée à Cérès , et danft cette enceinte Un temple avec les statues des divinités éleasmiennés^ En desceiidailt de la citadelle > on trèuvoit a dtoita lé temple d'£sculape> au-dessous duquel étoit k théâtre ; à peu de distimioé du théâtre , on tejoit un autre temple de Gérés y avec de$ statues assises ^ toutes très ani^iènnes ^\ Prés delà place publique de Phliunte à l'endroit nômàié Omphalos que lel Phliasiens disoient être le milieu du Péloptitinèse, on trouvoit un ancieû temple dé Bac^hus > d'Apollon et d'Isis ^ la statue de Bacchus étoit ex-«> pos^ à la vue de tdut lé làonde , ainsi que edk d'Apollon > mais il n'étoit permis qu'âtîx |)rétires de voir cdile d'Isis. I&is avoit encore nià temple , danslâpetité ville deMethana> située entre Epidaute étTrézèncjon y voyoit la^tatue de Mercure^ fidèle compagnon deà divinités éleusiniennesi Les div^ûakés d'El^ùsis. étiidënt adoi^ées^ à Epidaure et à Egine selis lès dénominations de Daïnia et d'Auitesia ûoibïA^ le prouvent les récits d'Hérddotè , de Pausaâîas , de Dôuris de Sàmos et du si^oUarte d'Aristide ^^K A Gjziiique> Prois^pilie avoit le nom de Domna ^^^ ; M. dé Sainte^Croii observé à cette oécaision q^ cette

^*^ Pausànias, îib. II, cap. ii. = ^ Ibid, y cap. i3. = ^^ Herod. , Iib. V, S 82 et suîv. — Pausànias , Iib. II , cap. 3o , 3a* — ScboIiasU Euripid., ad Jîecub. , v. 954. = ^ fellerin, Mec. de Méd, , T. III, p. 1^2.

ITÏSTÈRÈS. 347

tillé ëtôit peu âoigtiée du monl Id«^, séjour des DkotylëSy ifùih hôtioi'oieiit la terre ^u$le nom de Damna.

Les IHtétéùienê adoroient aussi Damia et Au-- 3ceiià^ mais dVec une lëgeiide et des ntes diffêreûs^ Oïl célétï^oit en leur honneur une fête a{)pelée Lkliabolie ( lapidation ) 5 parce que ces deux divi- Êtités étant arrivées > disèit-on ^ au moment où les Ti'éténieas étôiént diviséfif en plusieurs Êtctions^ elles furent lapidée^» ^^

Dmnia qui étoit^ eomme Cerès^ la rûèm% divinité que la bonne déesse de$ Romains y avoit a Rome des mystères secrets^

n DamittTtt sacrt/iùiit/rH , ^uod Jiebat inoperto iti J) hôHorem ionœ deasy dea quoque ipsa Damia , et w sacerdoè êjus Dàtrtias (^Dàmiatrid^^ Appellabéi'^ iï iUP ^*\ » ,

On faisoit le. même sacrifice en Thonneut dé Maïa qui étoit aussi la bonne déesse ; il se faisoit ordinairement par les matrones dans le palais du souvéï'aiii pontife.

A Céléés, viHe de la Corinthie, on célébroit tmis les quatre ittis les mystères de Cérè$ J^ Thiéro** phante tf étoit pas à vie, 6tL en ehoi^issoit urt chaqiie fois qu'ion télébttrit ces mystèi*e^, et il poiivoit sfé marier î Vôilà tû ^oi les mystères du Géléès diîfôroient de ceul ct^Éléusis, dti reste les céré-

^^ PausaniaSy lib. II, cap. Sa. = ^ Festus^ de Verborum significatiwie (lib. lY ^voc. DanUum,), , Suivant Stuckius ( Sticr, Descr., p. 16. ) ces sacrifices s'appeloient damia, parce qu'ils étoient secrets en opposition de demosium , id est, publicum*

monies en ëtoient -entièrement imitées. Suivant la tradition des Phiiasiens^ ils leur avoient été apportés par Dysaulès qu'ils prétendoient être le frère de Céléus chef 'du peuple d'Eleusis,. Fun de ceux à qui Cérès, suivant l'hynme attribué à Homère, avoit enseigné les rites et expliqué les* mystères ^*^ ; , d'après cette tradition des Phliasiens , c'est ce même Dysaulès qui a nommé ce canton Gâtées, du uojd de son frère Céléus, et ils montroient son tombeau»

En montant à la citadelle de Corihthe , on trouvoit deux enceintes consacrées, l'une à IsisPélasgia et l'autre à Isis Egyptienne, et deux autres encdntes consacrées à Sérapis , qui étoit honoré dans l'une , sous, le nom de Sérapis de Canobe. Venoient ensuite des autels dédiés au soleil; dans celui delà mère des dieux qui étoit au->dessus , on remarquoit un cippe et un trône, l'un et l'autre en marbre. Les statues qui étoient dans ce temple n'étoient pas exposées à la vue ^^ ; les divinités d'Eleusis avoient aussi un temple à Corinthe sous leur nom véritable.

O bienheureuse Thèbes, dit Pindare ^^, quel est parmi tant de sujets^de gloire, celui qui te. flatte le plus ? est-ce. d'avoir donné naissance à Bacchus à la longue chevelure, assesseur de Cérèsauxbruyantes cymbales, et vainqueur daps l'Isthme de Corinthe?

Il y ayoit en Arcadie , dit Cicéron , deux Jupiter qui y ont pris naissance : le premier fils de l'Ether

^*^ Pausan. , lib. II, cap. 4-— Strab. , lib. XIV. = ^^ Pausan.^ ^lib. II, cap. 4. = <*> Pindar. , Od. VII, V.5.

Digilized by VjOOQIC

et père de Proserpine et de Bacchus. Cicéron,

stdvant M. de Sainte^Croix > fait ici allusion à rétablissement du culte de^ divinités éleusinîennes dans cette partie du Péloponnèse.

Les Phénéates , peuple de FArcadie, soutenoient aussi que les mystères avoient été institués chez eux, bien avant ceux qui avoient été établis dans FAttiquej ils prétendoient à la gloire d'avoir donné les premiers l'hospitalité à Gérés ^^^ : ils disoient que Cérèsy cherchant sa fille, étoit d'abord venue à Phénée , que Trisaulés et Damithalés eurent l'honneur de la recevoir, qu'ils lui bâtirent un temple au bas du mont Cyllène où ils établirent son culte; •ce temple étoit à quinze stades de Phénée. Les Phénéates avoient montré à Gérés le lieu où Pluton étoif descendu aux enfers avec Proserpine : c'étoit une ouyerture du mont Cyllène ^^^ , pour récomr penser les Phénéates du bon accueil qu'ils lui avoient fait, la déesse les combla de biens; elle leur donna toutes sortes de graines, hormis des fèves. Pourquoi ce légume en fut-il excepté , dit Pausanias, et pourquoi lés Phénéates le tiennenV-ils pour impur ? c'est un -mystère qui ne se révèle pas. On peut voir ce que nous en avons dit, en parlant du Cyamite.

^^ Conon, apud Photiuiriy p. i5. = ^ Conon, apud PkoU , BibL, p, 4^1. La Sicile, l'île de Crète, FAttique, TArgolide, FArcadie, Njsa dans la Carie et un grand nombre d'autres contrées se sont disputé l'honneur de posséder l'ouverture par laquelle Pluton étoit descendu aux enfers avec Proserpine.

3â0 MYSTÈRES.

Vw nutjp tpaditiQp 4es mêmes PMtiéates àome h pvQUve de f opinioi^ (ju'ib s^voi^t eu^if-niénies^ que Ç0 culte leur ^toit v^nu de TAttiqua j suivant çrtt^ tradition , Naûs pour obéir ^ l'oi^cl^ de Delpl^ , vint daB4 leyr pays , et institua les n^y^tères ; JVaûs étoit arrière-^petit-fils dTEumolpç. ^*>

Quoiqu'il ep apit 4^ h vérité de ç^ (r^ditiçps, «les Phéawtes c^<|braiep|; d^w le tewpîe dq C^ès au pied du wppt CyllèPQf J^mystèrcis de^ divM4t(îs éleusiniettues , ^ojpipç pn les célç^rpit à EJeusif. Pïès de ce Umj^» Ton vpyoit 4q«x pierriçs tr^ bien pintes , et pM<)?<Eîs J Vpe sw l'autre : elles renfermoient up écrit wntçnant \^ vitfin et les qeVémonies qui dévoient ^'observ^r d^ps leç my^res de Cérès; le jour de ôe^ sqlepmtés, QP pép^rgit i?es 4euK pierres , ûU ^i tiroit icvet ^grit , op Je li^it aux BÛnifitres des divinités élep^ipiePPQ^^ e|: U Pui|: memeonles resserroit ap n}4me lieUr Ç^ deux pi^r^s dtoi^ ea ^i grande vénération que ^ ds^ les ^Mf^ impartantes ^ on juroii en plaçant la n^ain de&^ps; elle^ étoient sous un pet^ dôi^e op Top çppsQrvoit une i^èce de miMsque de Cétè^ surnpn^piée Çi4wi^' Le jour des grands n^stères , le prêtre se fli^tAc^ €6 ma^ue ^«r le visage ; prenant ^pspite 4e. petites baguettes^ il en donnoit quelques coups ^px pabifrels du pays ^^, rite qui rappelle celui qu'on observoit à Busiris pendant la fête d'Isis^ où l^on voyoit

^ Pausanîa?, Hb. VHI , cap, i4 , i5. = » Pausan. , lib, VIII, cap, i5f

MTSTàRBS. 35 1

une rnulUtttde prodigieuse de personnes de Pun et Fautfe sdxe^ se fifa{qper toutes après le saorl^œ. ^^

Leç divinités d'Eleusis avoiei^ Picore un temple en Arcadie sur les bords du Qeuve Ladou • et sur les confins d\\ pays des Th^husiens. Dans oe temple on voyoit des statues de Gérés , de Proserpine et de Baçehus , qui toutes éioient de marbre ayant chacune sept piçds de haut.

De Telphuçe ;, le I^adop venpit baigner les ^Qurs 4u tpiflipl^ dp Ge'rès à Onoéçj ce temple 4tpit nomma par les T^lphusieBs le temple de Gérés Eiinays^ dénomination <{ui est confirmée par Antimaque , dans ses Vers sur ^expédition des Argiens contre Thèbes : (Test là qvfest situé le temple de Cérès Erinnjrs. Gérés çherchoi}; alors Proserpine, dile étoit furieuse surtout contre Jupiter de ce qu'il avoit p^mis Tenlévement de su fille i cette ûireur lui fil donner le suraom d'Ëpynnis y par les Arcar diens chez lesquels le mot erinnjrein signifie se mettre en colère ^. La déesse éÇant allée de sa propre

^*' Heeod., lib« II, cap. Qi. *

^ Cette origine du mot ewinn^s , donns 4 Gérés , qui est tipë de rhistoîre connue de cette divinité esl tpute simple; eep^dant on a bâti une horvible histoire sur forigine de ce suvnom* Keptase «épris de la beaut^ de jCérès, vpulut areir ses £a«(eurs ; la déesse , ppo^ ^iter la poursuite du dieu , se métamorphosa ei| iumeaty semèia av«e celles qui paîssoieatà Oneée. liepLu^a pEÎi la fdraie d^un «beval^ pirmt à satisâûre S9 passion \ la déesse ^ (kï Ivès irritée , et sa fiti»eur loi fit donner le surnom é*£rin9!ys» ijes conteurs ajoutent que Cërie ^mï de iiepttt»e «ae fiBe dont le mem étoit^ od secret pour eeus qui

volonté se laver dans le Ladon^ se calma un peu^ et le plaisir qu'elle prit à se baigner dans le fleuve lui fit donner le surnom de lusia y de Xouo)^ je me baigne. Gérés Erinnys tenoit un flambeau de la main droite , et une corbeille de la main gauche ; c'ëtoit

n'étoient pas initiés aux mjjstères de Cérès^ et le cbeval Arion, cette fille n'étoit autre que Proserpine. Quelle singulière confusion de traditions diverses , rassemblées sans choix ni critique pour former cette étrange histoire f Le' mot ennnjrs signifie proprement Jiirie , tous les poètes de l'antiquité ont appelé Erinnyes les trois furies des enfers ; quelquefois même les écrivains de l'antiquité donnent à l'une de ces Furies le nom particulier d'Erinnys : c'est ainsi que dans le Traité des Délais de la justice divine par Plutarque , Adrastée, fille de Jupiter et de la Nécessité , est préposée à la punition de tous les crimes. Elle a sous ses ordres trois Furies y dont chacune est chargée d'un ministère particulier ; la troisième de ces ministres et k plus cruelle s'appelle Erinnjrs , elle s'attache à la poursuite dé ceux dont la méchanceté est sans remède ^ et qui ont été repoussés par Dicé , deuxième ministre d' Adrastée ; quoiqu'ils fassent, elle les atteint, les tourmente d'une manière déplorable, et les précipite dans un abjme de ténèbres dont l'horreur est inexprimable. L'Arcadie et surtout le territoire de Telphuse ont été le théâtre de cette mythologie des furies ; c'est en Arcadie queles Furies apparurent à Oreste pour la première fois, ce qui le- fit tomber dans une si grande fureur qu'il se mangea le doigt. S'étant retiré près du chanip Acé , les mêmes déesses se firent voir avec des habits blancs et un visage plus doux, ce qui rétablit le calme dans son ame : il leur fit, dit-on, élever deux temples dans les deux endroits oii il avoit vu les déesses; il offirit aux Furie^ Blanches un sacrifice d'action de grâces. On lit dans Lycophron ( Cassund,, v.-xo^i : Âtxig; tippo$oç reîlyouo'ca. \ — Meursius observe sur ces yers y que l'Srinnys de Telphuse étoit

la ciste des mystères d'Eleusis , comme le remarque le commentateur de Suidas. ^*^

Les Phigaliens nommoient Aé<77ro(v<x, maîtmsse y souveraine y la fille de Gérés dont le nom étoit ua secret pour les Thelphusiens j cette déesse si fchèrc aux Arcadiens, suivant l'expression de Pausanias, avoit un temple à Hermée , lieu mitoyen entre les M^alopolitains et les Messéniens^ où on voyait aussi des statues de Gérés ^^^ avec celles de Mercure et d'Hercule.

Sur le mont Elaïus qui n'étoit situé qu'à trente stades de la vill^ de Phigalie > il y avoit une grotte de Gérés suroommée la Noire , 4a même que Gérés Ërinnys. Sa statue de bois représentoit une figure de femme couchée sur une roche, le corps étoit couvert d'une tunique qui descendoit jusqu'aux pieds; mais sur ce corps il y avoit une tête de

Tysiphone : Telphusia Erinnjrs Tisîphonem intellige , quœ cœdes vindicare putabatur. Cette Erionys de Teîpliuse, dit Eschyle, dans les Cœphores , à qui rien nVchappe , vient demander compte du sang versé depuis long-temps. Hësychius dit textuellement qu' Arion étoit né de Neptune et d*une Furie , Erinnjos. On recûanoSt la source du conte débité sur Neptune , sur Cérès et 6ur Arion.ué de Neptune et de Cérès Erinnys.. C'est aussi d'une Furie , c'est du sang de la fameuse Méduse , amante de Neptune qu'est né le cheval Pégase. Lutatius a dit : D/eptunus

pater quommdam equorum Pegasi Arionis, Mais ce savant

commentateur n'a pas dit qu'Âriou , sur la naissance duquel il y a 9 du reste , une foule de traditions , fàt né de Cérès , et ne parle nullement de la monstrueuse histoire de Neptune. ^*^ Suidas, V. Cistifera, = ^^ Pausanias , lib. VIII , cap. 55,

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