‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de laChapitre 28 sur 36 · Tome IL aS · texte numérisé non relu

Tome IL aS

354 MYSTiHES.

cheval avec des crins ^ des serpens et des bétes féroces qui sembloient s'attrouper à Fentour. La déesse tenoit d'une main un dauphin symbole de la ÉÊktTy et de l'autre une colombe symbole d^ l'amour : elle ^it appelée la Noire de la couleur de son vêtement ^ rien ne décèle mieux l'origine égyptienne du culte de Cérés Erinnys, que cette statue de la d^sse ehes les Phigaliens. Elle est absolument dans le style égyptien, et elle a tous les caractères d'une figure hiéroglyphique ^ ce n'est guères qu'ea Egypte que l'on tik)Uve ces statues composées de fignrœ monfirtpueuses et bizarres sous l'anblémè desquelles tes Egyptiens révéroi^it la divinité ^^\ Cette statue ayant été brûlée sous' le régne de Simus roi d'Arcadie , Onatas fib de Micon de l'île , d'Egine, fit une nouvelle statue de Géi*ès en bronze > les uns disent d'après un anden tableau de k déesse , les autres disent d'après une statue de bois faite à Timitation de l'ancienne.

Les Phigaliens n'immoloient aucune victime à Gérés, ils lui présentoient seulement quelques fruits et surtout du raisin avec des rayons de miel et des laines qui n'étoient pas apprêtées; ils mettoient ces offrandes sur un autel qui étoit placé devant la grotte, et ils versoient l'huile dessus. Voilà ce qui s'qbservoit non-seulement pour les sacrifices des particuliers, mais encore pour ceux qu'on offroit tous les ans au nom du public. La prétresse

^^ Tacit. , Hist. , lib. V.

qui y ppéâdait étoit aecompagi^^ du mmistre le plus jeune. Us étoî^t au nombre de trois? h grotte éloit enVironoée d'un bois sacré. ^^^

LoTiP <le U /oodatioa de Mégalopolis , toutes les viUes de TArcadie , soit par nUe pour le Bouy«} établiisismetit, soit par hai«ie djes Lacéd^mouieus, e^y voyèreni; la meilleure partie de leurs <àu>jm^ à Mégalopoli^ ; les Trapéi^nntiens et le» Inyco^urieiis furent les seuls qu'où ne vijpt pas à bout de p«r^ suader. Ils aamèreut mieuît quitter la P^opotto^v ceux d'enJUr'eux qui pureut échapper à la fureur d^ Arcadiens , s'embarquèpeat et allèrent trouver hm^ compatriotes qui avoientbâti luoe autre Xrs^i^KUUte fiiftr Les bords du x>ont Etucin^ et qui les reçurent: comme leurs îÊréres; ceux deXycosurja , qui d'abord aveient refiisé d'obéir^ jfuvent épargnés parneïspact pour le temple d'Ëfeu^is où ils g'étoient .réfugiés^ et qui étoit en très grande vénération ^^^ hm liabitans de l'asicienne ville de Trapégiunte en Areadie ^élébroiiant tous las trdj ans les mystères Eieusisôeus dans on vallon profond. Environ dix stades «u^de*la , djms la petite ville de Basilfîs y on voyoit du temps de Pausanias les restes d'un temple de Céi>ès éleu^ienne.

Le portique d'Aristandre étoit mx deis plus heaax mociumens de MégalopoUs ; cet édi£k;e étoit aiasi appdé du Mégsdopolitain qui l'avoit fait bâtir. U reafermoit du côté du soleil oouc^ant un espace con^

^^' Fausani€Ù5, lib. YIII, cap. 4^. == ^^' Fausan., ibid.

sacré aux divinités éleusiniennes^ devant ce saint lieu, il y avoit des statues de Diane, d'Hygeïa, d'Esculape et des grandes déesses. Sur le devant des piédestaux des statues de Gérés et de Proserpine à laquelle on donnoit le nom de conservatrice, on voyoit deux autres statues beaucoup j^us petites; c'étoit de jeunes filles vêtues de longues tuniques , qui portoient sur leur tête des cistes remplies de fleurs. Aux pieds de Gérés il y avoit un petit Hercule de la hauteur d'une coudée , cet Hercule étoit un des Dactyles du mont Ida. Dans cette grande enceinte consacrée aux divinités éleusiniennes étoit un temple de Jupiter Philius; derrière le temple étoit un bois sacré de médiocre étendue , fermé par un petit mur : les hommes ne pouvoient y entrer. A l'entrée du bois l'on voyoit les statues de Gérés et de Proserpine; dans le bois même , un temple étoit dédié aux divinités éleusiniennes et à Vénus. Xe vestibule étoit orné de quelques statues de bois d'un goût fort antique qui , disoit-on , avoient été apportées de Trapézunte. On voyoit aussi dans une chapelle , les statues de Callignote , M entas, Sosigène et Polus qui avoient apporté les mystères aux Mégalopolitains, et leur avoient appris à les célébrer comme on les célèbre à Eleusis. Le temple étoit fort grand, c'est là qu'on célébroit les mystères éleusiniens ; à la droite du temple, Proserpine avoit sa chapelle. particulière avec une statue de marbre, haute de huit pieds, dont le piédestal étoit tout couvert de rubans : les femmes avoient la liberté

d'entrer dans celle chapelle en loul temps^mais les hommes n'y ëloient admis qu'une fois dans l'année. Le lieu d'exercice étoit au couchant et tenoit à la place publique; de l'autre côté de l'Hélisson qui partageoit la ville de Mégalopolis, il y ayoit un stade qui d'un côté aboûtissoit à une fontaine consacrée à Bacchus ; à l'autre extrémité du stade étoit le temple de Bacchus qui fut brûlé par le feu du ciel ^^K Les divinités d'Eleusis avoient aussi un temple à Zéthéum près de Paronée , au nord de Mégalopolis. Sur la cime du mont Thaumasius qui domine le fleuve Malétas et sur lequel étoit bâtie la ville deMethydrium, il y avoit une grotte appelée la grotte de Rhéa, la même divinité que Gérés, dont on ne. permeltoit l'entrée qu'aux femmes destinées à y célébrer les mystères de la déesse. Sur la route de Mégalopolis à Ménale, près du tombeau d'Oïclès , on trou voit un temple de Gérés , surnommée d'Hélos, probablement à cause des portes d'Hélos , défilé situé sur la même route au-delà de l'Hélisson , fit de la ville d'Hélos m^me dont il n'étoit éloigné que de cinq stades; il n'étoit égaleiîient permis qu'aux femmes d'y entrer ^^\ Au pied du mont Ménale , étoit située la ville de Lycoé qui avoit un temple de Diane Ly coatis; il subsistoit encore lorsque la ville fut détruite, Gette Diane étoit la fille de Gérés et non de Lalonc , d'après une tradition égyptienne

^^^ Pausanias , lib. \1II , J 3o , 3 1 , 32. ^ ^^ l'ausan. , lib, I, cap. 3G.

que le {)oète ' Eschyle avoit le {Hremier répandue parmi les Oreçs, o'est*à-dire , que cette Diane n'ëtoit anti^e que Pro^erpine avec one légende difiei^ente; cette divinité que les Arcadiens appeloient Ae/(7TtoeV(X cru la tnaitresse^ ëtoit 1a mén^e qae celle des ThelphusieM et des Phigalien» dont nous avons parlé 2 sob temple étoit à quarante stades de Mégs^ lopolis y et à quatre stades d'Acacésium« Les Area-* diens apportoient au temple des fruits de toute espèce, à l'exception àe$ grenades , il avoit été réglé par les destins que Ptoserpine ne devoit être rendue à sa mère qu'autant qu'aucune nourriture n'aurcît approché de ses lèvres depuis son entrée dans les enfers y mais la jeune déesse n'avoit pas gardé une abstinence aussi rigoureuse : errant un jour dans les jardins du palais de Pluton , elle avoit cueilli une grenade dont elle avoit mangé sept grains; Ascalaphe fils d'Orphné la plus célèbre des nymphes de l*Averne> Favoit vue: il s'étoit empressé d'en faire la confidence à Pluton et de rendre impossibk la soî*tie de Proserpine des enjfers ^^^ Un peu audessus du temple de la déesse àeitntoiva , on voyoit le Megaron où se célébroient les mystères et où l'on faisait des sacrifices pour lesquels rien n'étoit épargné. On ne coupoit pas le goàer aux victimes , comme dans les autres sacrifices , mais, le sacrificateur coupoit le premier membre que le hasard lui présentoit.

^'^ Ovid. , Metam, , lib. V, f. 8.

MXSTÊRÇ&. 35g

lie culte des divinités d'Eleusis étoit en honneur à Mantijaée où Ton conservoit du feu toujours allumé^ à Nestane , sur le sommet du^ mont Alesium, dans la ville de Clitore , à Pallî^ntium où les divi-«nitës étoient appelées Pures ^ à Tégée. où elle^ étoient appelées Carpophores, c'est-à-dire , danlieuses defridt^, sur le mont Parthenium*

Les habitans de Patres prétendoient que Bacchu^ ayoit ^té élevé dap3 la ville de Messatis , et que par les embûches des dieux Pans il avoit couru de grands dangers ^/^ ; on reconnoit dans cette histoire, celle de Baccbus et des Titans. Les divinités d'Eleusis avoient à Patres un temple devant lequel étoit une fontaine qui rendoit des oracles : jamais elle n'étoit consultée que sur l'état des malades. On altachoit un miroir au bout d'une ficelle , ou le tenoit suspendu au-dessus de la fontaine, en sorte qu'il n'y avoit que Textrémité qui touchât à l'eau, ensuite on faisoit des prières à Gérés , on brûloit des parfiuus en son honneur, et, en regardant aussitôt dans le miroir, on voyoit ^i le malade reviendroit en santé ou s'il mouroit ^*\ Sérapis avoit deu3t temples près de ce lieu. ,

Tritia avoit un temple que les habitans nommoient le temple des plus grands dieux, on célébroit leur fête tous les ans avec les cérémonies que les Grecs avoient coutume de pratiquer à la fête de Bacchus.

*** Pansan, , lib. VII, cap. i8.=i: ^ Ihid. , cap ai.

36o MYSTÈRES.

AEîjiiim, à Bura, les divinités d'Eleusis avoient des temples et un culte ; le temple de la terre près du fleuve Crathis à trente stades de la ville d'Eges, étoit célèbre. Les Achéais appeloient la déesse Evpiçepvov y déesse au large sein.

C'étoit dans cette même Achaïe, près d^Pellenée, que se célébroient les mystères de Gérés Mysienne dont nous avons parlé.

A Egire on voyoît des statues d'Isis et de Sérapis.

Le culte des divinités d'Eleusis avoit pénétré de l'Attique dans la Messénie : une tradition des Messéniens en faisoit remonter l'institution bien avant le siècle d'Erechthée, époque que Ton donne le plus généralement à Rétablissement des mystères de Cérès dans FAttique. Ils racontoient que Gaucon fils de Cœî^enus, venant d'Eleusis, apporta les mystères des grandes déesses à Messène épouse de Polycaon, premier roi de la Messénie, et fils deLelex; mais les Messéniens avoient une autre tradition beaucoup plus vraisemblable , suivant laquelle lés mystères avoient été apportés dans la Messénie par Lycus fils de Pandion , et l'on appeloit le bois de Lycus, celui où il purifioit les initiés.

Méthapus Athénien de naissance , qui étoit versé dans la connoissance des mystères et des cérémonies secrètes , fit dans la suite quelques changemens au cérémonial des mystères d'Eleusis dans la Messénie. Une inscription placée au bas de sa statue prouve que les mystères d'Eleusis se célébroient jadis à Andanie , ce qui est confirmé par une tradition des

Messëniens : suivant cette tradition Lycus fils de Pandion, ayant été chassé d'Athènes par Egée son frère, vint a Aréné, ville que venoit de fonder Aphareus roi de la Messénie, et à laquelle il avoit donné le nom d'Aréné son épouse. Lycus initia aux mystère^ d'Eleusis A^hareus, Aréné et leurs enfans, et il les conduisit pour cette initiation à Andanie. ^^^

Les Messéniens célébroient encore les mystères des divinités d'Eleusis dans le bois de Carnasius ; cette solennité tenoit le premier rang parmi les Grecs après celle d'Eleusis. Le bois de Carnasius étoitun bois de cyprès fort épais, situé sur les bords du fleuve Gharadrus dans le lieu même où étoit autrefois OËchalie, vis-à-vis la plaine de Stenyclere^ à huit stades de ce bois on trouvoit les ruines de l'ancienne Andanie. ^*^

Les Messéniens se révoltèrent contre les Lacédémoniens la trente-neuvième année après la prise d'Ithome, qui étoit la quatrième annéô de la vingttroisième olympiade. Dès la première année de leur révolte y ils livrèrent bataille aux Lacédémoniens dans un lieu de la Messénie appelé Derœ j la victoire resta indécise. Un an après cette bataille , les deux peuples ayant reçu des secours de leurs alliés , se disposèrent à livrer un combat vers le lieu ilommé le monument du sanglier. Les Messéniens , outre leurs auxiliaires, avoient vu rentrer dans leurs rangs ceux de leurs compatriotes qui Jadis étoient

^'^ Pausanias, lib. IV, cap. a , 3. = ^'^? Fausan.; lib. IV, cap. i .

36a MYSTÉEES*

sortis. volontairement de la Me6séoie> ainsî q\ieks familles en possession du sacerdoce d'Ëleqsis, qui avoient quitté Eleusis pour se rendre auprès d^em* Aristomène ranporta une victoire éclatante ; pcai^ dant la bataille les Hiérophantes des grandes déesse» animoient les combattans. Aprè^ la raine des Me$^ sénienç ^ les prêtres et les mystagogues des divinité» eleusiniennes se retirèrent k Eleusis, et les Lacédémoniens firent transporter chez» eux les statues de ces divinités.

LesThébains, après la victoire de Leuctre», eii^ voyèrent en Italie, en Sicile 9 chex les Evaspérites et dans los autres lieux qui pouvoient servir d'asile à des Mcsséniens, les inviter à revenir dam le Péloponnèse. L'amour de la patrie et leur hapine pour les Lacédémoniens, les rassemblèrent promptement; Epitélès fils d'Eschine, général des. Argiens, fut chargé de présider au rétablissement de Messène. Les fouilles qu'il conunanda lui firent découvrir une urne d'airain ; par son ordre , on la porta sur le champ à Epaminopdas qui , après avoir offert un sacrifice, ouvrit l'urne où il trouva des feuilles d'étain très minces , roulées comme les livres des anciens , et sur lesquelles étoient écrits les mystères des divinités eleusiniennes ^^K Une ancienne tradition avoit fait croire aux Messéniens que l'anéaor tissement de ces feuilles devoit entraîner la desrtruction totale et éternelle de Messène^ mais que

^^ Pauianias, lib. IV, cap. 26.

M^ÇTÈRESi. 363

leur conservation devoit^ au contraire^ selon la prédiction de Lyçus, ramener un ymi les Messeniens dans leur pays. Aristomène, voyant qu'il n'y avoit plus d'espérances de salut pour sa patrie, étoit allé enterter ces feuilles sur le mont Ithome dans l'endroit le. plus désert de la viUede ce nom , et ce fut là qu'elles furent retrouvées par Epitélés. ^^^

Après cette découverte, on donna l'ordre à ceux qui étoient de race sacerdotale de les écrire tout au long dans leurs rituels ^ assuite Epaminondas traça l'enceinte de la ville de Messène qu'il vouloit bâtir. Les Arcadiens présentèrent les victimes : Epaminondas et les Thébains sacrifièrent à Bacchus et à Apollon Isménien suivant- la coutume de leur pays , les Argiens à Junon Argienne et à Jupiter Ptémé^a , les Messéniens à Ji:q>ite]> Ithomate et aux Dioscures, et les prêtres de la nation aux divinités éleusiniennes. »>

Le culte de Gérés fut toujours en grande vénération parmi les Messéniens ; on voyoit dans son temple à Messène les Dioscures enlevant les filles de Leucippe ^^K Dans toute cette contrée les divinités d'Eleusis portoient le nom de divinités Gabiriques, et ce nom leur étoit commun avec les Dioscm^es j on trouvoit aussi au mêofie lieu> le temple * des Curetés où l'on immoloit toutes sortes d'animaux que l'on jetoit dans le feu , comme on le faisoit à

^*^ Pausanlas, lib. IV, cap. 20. = ^^^ Pausap. , Ub. IV , cap. 7. = <« //»w/,,cap. 3i. ' ,

Tithorée en Phocide en l'honneur d*Isis. Isis et Sérapis avoiènt leur temple à Messène pi;ès du théâtre.

A peu de distance du mont Taygète dans la Laconie s'ëlevoit un temple de Cërès éleusinienne ; les Lacédémoniens disent qu'Ësculape y tint Hercule caché y tandis qu'il pansoit sa blessure. Hercule avoit reçu cette blessure dans le premier combat qu'il livra à Hippocoon et à ses fils^ où il fut obligé de battre en retraite avec son armée y après avoir perdu beaucoup de braves qui l'avoient suivi dans cette expédition , et particulièrement Œnous fils de' Licymnius et les fils de Céphée roi d'Arcadie; c'est dans ce temple que l'on voit une statue en bois d'Orphée, qui, dit-on, étoit l'ouvrage des Pélasges. Ce temple s'appeloitTEleusinium j des jeux publics y avoient été établis en l'honneur des divinités éleusiniennes , et le poète musicien Tiraothée s'étant permis à cette occasion , quelqu'altération à leur histoire, ne put se soustraire à la sévérité des lois ^^\ On conserv<)it à Hélos les statues en bois de Gérés et de Proserpine , qu'en certains jours bn transportoit dans TEleusinium de la Laconie. ^^^

Les divinités d'Elleusis avoient des teUiples et des statues à Sparte j elles en avoient un au Cap Ténare. En continuant la côte Occidentale, vers le nord , on voyoit le temple de Sérapis à OËtulc ;

^'^ Décret. Laced. adv. Hnwih,, in lib. I. Boethii de Musicd, p. 1372. = f^^ Pausan., lib. III , cap. 20.

dans le golfe Bœalique, près la ville de Bœa.^ on trouvoit un temple d'Isis et de Serapis et une statue de Mercure.

Le temple des divinités d'Eleusis à Egila étoit en grande vénération , et attiroit dans ce lieu une affluence considérable : les femmes des lieux circonvoisins y étant rassemblées en grand nombre à Toccasion de la fête de Cérès, Aristomène alors en guerre avec les Lacédémoniens y et sa troupe com*posée de quatre-vingts jeunes gens d'élite résolurent de les enlever ; mais ces femmes iqspir^ par la déesse, dit Pausanias y se défendirent avec courage: elles se servirent pour leur défense des instrumens qu'elles trouvèrent dans l'appareil même du sacrifice. Plusieurs Messéniens et Aristomène lui-même furent blessés, et faits prisonniers^ cependant la nuit suivante, Aristomène s'évada et gagna la Mcssénie : on crut que la prêtresse de Gérés , Archidamée qui avoit pris du goût pour . lui , avoit favorisé son évasion. ^*^

Les Lacédémoniens célébroient en l'honneur de Gérés une fête appelée Epicrenia.

Les peuples de l'Elide éloient très religieux et très civilisés ; ils donnoient h plus grande pompe à leur culte, à leurs fêtes, à leurs assemblées sacrées , à leurs monumens. Lqs divinités éleusiniennes y étoient honorées, et leur culte y avoit reçu des modifications qui tenoient au caractère de ce peuple.

^*^ Pausanias.; lib. IV, cap. 17.

Qodques Parrhasiens étant venus se fixer dans la ville bâtie par Gypsâus^ au milieu de la plaine bordée par FAlphée, y consacrèrent un temple et un auf^ aux divinités d'Eleusis y le jour de cette fête les femmes venoient y dispmtar le prix de la beauté, ^tte même lutte subsista Itmg-temps > on appeloit Chrysq[^ores ^ ceDes qui remportment le prix ^^ ; il y avoit une fête semblable à Lesbos ^ ks femmes y disputoient le prix de la beauté ^ dans le temple de Junon : cette fête s'appeloit CàUisUia. ^

Les divinités d'Eleusis étoîent adorées à Elis et à Lepreum , elles avoient des ^atnes et des aulds à Olyrapie ; une de ces statues cm marbre d'un goàt ^ns moderne 7 représentoit M^cure portant lacclras entre ^»s bras. Vts*^-^s les sièges pour \/^^ juges des )eax olympiqœs^ on voyoit un autel de marbre blanc ^ où la pr^resse de Cérès Gban^ne avoit coutume de se placer pour voir les jeux. Cette prêtresse avoit pludeuts prérc^tives cbes les Eléens \ la lice à Olympie étoit composée de deux oâtés dont l'un plus long étoit ^^i terrasse , l'autre côté étoit une colline qui n'étoit pas Ibrt élevée , au bout de laquelle on avoit b&ti un temple à Gérés surnommée Gbamype , parce que ce fut là , dkH>n^ que la terre Vouvrit pour recevoir le char de Pluton, et qu'elle se referma ensuite. Ce noiit étoit un des plus anciens de la déesse.

^'^ Athen., lib. XIII, -cap. 9. = ^ Anihol. grœc.y lib. VI, cap. 8.

L'Achëron qui se décharge dans TAIphee, avoit été ainsi nomiÈkê ^ dit Strabon ^ parce qoOl offre quelques rapports avec Adès : car on a dans ces lieux , une vénération singulière pour les temples de Cérès, de Proserpine et d'Adès. ^*^

§ ni. €kdie des divkiUés d^ElenHs dans les autres parties du

Continent de la Grèce,

Le culte de Cérès Cabiria et 'des divinités éleusiniennes avoit été apporté dans la Béotîe par Méthapus^, célèbre mystagogue dont nous avons f)arlé à Farticle Messénie. C'est le même Méthapus qui répandit chez les Grecs le culte de Proserpine , si Ton s'en rapporte à l'inscription qui se lisoit au bas de sa statue.

En sortant de Thèbes par la porte Néitide , on trouvoit le bois sacré de Cérès Cabiria; nul ne pouvoit y pénétrer , s'il n'étoit initié aux mystères éleusiniens. Le temple des Cabires n'en étoit qu'à sept stades : Pausanias s'excuse de ce qu'il ne lui est pas permis de satisfaire la curiosité du lecteur sur les Cabires, ni sur les cérémonies de leur culte. Suivant la tradition des Thébains il y avoit eu autrefois une ville en ce lieu , et des hommes appelés Cabires : Prométhée l'un d'eux el son fils Ethneus ayant eu l'honneur de recevoir Cérès, la déesse leur confia un dépôt ; ce que c'est que ce dépôt et Fusage qu'on en fait, voilà ce que je ne puis divulguer,

^*> Strab-, lib. VIII , p. 344- = ^ Pausanias , lib. IV, cap. i.

dit Pausanias , mais du moins peut-on tenir pour certain y que les mystères des Cabires sont fondés sur un présent que Gérés leur fit. ^**

Lorsque les Epigones eurent pris Thèbes, le culte de Gérés Gabiria et des divinités éleusiniennes fut interrompu. Dans la suite Pelargé fille dePotneus, et Isthmias son mari y rétablirait le culte de Gérés Gabiria; mais ils le transférèrent dans un lieu nommé Alexiarès^ hors des anciennes limites où il avoit été institué : on décerna les honneurs divins à Pelargé par ordre de l'oracle de Dodone. Le mois durant lequel on célébroit ces mystères, étoit appelé Démetrien ; il concouroit avec le temps des semences. Les cérémonies qu'on célébroit en l'honneur de Gérés Gabiria étoient tristes; on y ébranloit le sanctuaire de son temple , pour y causer une espèce de frémissement aux initiés. On y portoit des figures de cet édifice à Timitation de ce qui se pratiquoit en Egypte où, dans les fêtes d'Isis et d'Osiris, on portoit un petit temple qui renfermoit les symboles sacrés du culte de ces divinités. ^^^

Les Thébains étoient aussi sévères sur cette religion que les habitans de l'Attique eux-mêmes ; jamais la sainteté de ces mystères et de ce lieu vénérable n^avoit été violée impunément. Les dieux eux-mêmes se chargeoient à Thèbes, comme à Athènes, de la punition des coupables: les Thébains racontoient que quelques particuliers de Naupacte

^*^ Pausanias, lib. IX, cap. 25. = ^ Plut. , de Isid. et Osîr.y 5 69. — Sainle-Croix , Mystères du paganisme^ T. II , p. ao.

sans mission , ayant voulu pratiquer dans leur ville les mêmes cérémonies qui se pratiquoient à Thèbes, furent à l'instant même punis de leur témérité. Lorsque Mardonius commandoit Tarmée de Xerxès, ses soldats qui avoient leurs quartiers en Béotie^^ entrèrent dans le temple, croyant y trouver de grandes richesses et peut-être aussi par mépris pour ce saint lieuj aussitôt frappés de frénésie, les uns . se jetèrent dans la mer, les autres se précipitèrent du haut des rochers. Alexandre après la prise de Thèbes, mit tout à feu et à sang; les Macédoniens qui brûlèrent le temple des Cabires périrent tous par le feu du ciel ^^^ : ces superstitieuses traditiops prouvent la vénération que les Thébains avoient ^our ce lieu dont la sainteté a toujours été environnée chez eux du plus grand respect.

Les divinités d'Eleusis étoient adorées dans • divers ajitres Ueux de la Béotie^ dans la ville de Scolum^ sur les bords de l'Asope ^*^, à Mycalèse ^> , à Copes , à Thespies ^^^ , à Potnies où Bacchus JEgobèlus ayoit aussi son temple. A Thèbes , Bacchus avoit un temple ou il étoit représenté avec des cornes de taure^ ; Bacchus ayant des cornes de taureau , avoit aussi son temple à Tanagre. Mercure compagnon des divinités éleusiniennes , y étoit représenté portant un bélier sur ses épaules , comme il étoit représenté à Ithome en Messénie.

^*^ Pausanias, lib. IX , cap. 25. = ^ Pausan., lib. IX, cap, 5, = ^^ Jbid,, cap. 19 , 27. = ^*^ Jbid.y cap. 24*

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