Tome II
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On trouvoit un nto semUftUe àtas ks m^ratèret d'Eleusis. Quando quidejn sa peragentes séceniote^ dum hydrUm effu^rdêbanty aliermjn orieniemé persusj àlêeiwn ftertme oçoaa^im, fuod dum JaciêUmêj uunc ad emban.asngehm^^ ocufeêj fuommm uinnqits rerum ot/udum. ùngyma ducer^ntur^ ^^^
Non» ^yon» déji pf^rlé du cultç du Nil, d^ la ville de Nilopolû, nom que cette ville d'Egypte ayoit pris de ce fl(9ii,Ye y du tçmpliç qu'on lui, avoit élevé à Kilopolis ^ et des p^l^trea qui le de«»ervoient (Voir l'axlicle Baçchus Yès. ), Ou peut croire., d'après ce qvje dit Hérodotç ^ que dans toutes le^ v^Lb» situées sur le Nil, il y avoit des prêtres de ce fleuve» qui, entr'autres fonotious ^ avoieait celles de rendre à ceu;^^ qui avo^eat été tués par de^ cïrocodiles, ou qui aroieut été noyé» dans 1^ fieu,ve , , ia^ kpni^eurs funèbres dAn» la viUe m^'à oji leurs cadavres avpient été jetés, pa^nce qu4, les Eîgyptien^ croyoieot qi^i'il y avoit quelque cliose de divin attaché. à ces cadavres. Ou adproit 1^ Nil en Ethiopie, et ce fleuye a encpre ses prêtre» occupés àlui rei^re un culte petpétu^l à sç^ 9omce.^ ou supposoit qu'un g^nie bienfaisant présidoit 4 cette sou;rce ef: dirigi^t le cours de seç eaux ^. LeA aupieiM» voiloient. la t^te d(U dieu du Nil poi*r signifier que,lA0.9ciurçe«idie c^ fleuve le|»f étoient i^connups. Pausanias dit qu'fwi con^p>x>it awp autres lli^uve^ des statues d^ marbre blanc , et au Nil seul des statue^ d^ marbre noir.
Les. Egyptiens prétendoîent que jusqu'aux hommes , tout étoit sorti du limon du Nil échauffé par le soleil ^ j Ovide a décrit ce phénomène dans le piemier livre de ses metamorphoses ^' \ Diodore de Sicile atteste la f^ndtté du Nil
0) Produa, ùtPlat. Tim.f^ aig^. -^.^^ B^rodf, Ub. flU cap, 90. - . <« 1*^)091];. ,, Fit. 4polU lib^ VI, cap. 21. — ^^ Euseb. , Prœp. Ev, , lib. in. cap.9.'— Powpoi^iuç M^la, lib.l. cap. 9, — ^> Oy\à,,Mitam. lib. I. V. 420.
TROISIÈlffE SECTION. 4^9
qui ^n&xie sur leg komiïtes et sur les ammaux : Nilu^ ceieris anmibus feeundhr est ^ et producit ingentia animaluz j tum etianh amphibia j JRgyptiœ quoque mulieres interdum uno partu quatuor partus enituntur ^^^ Athanase le Sitiaité '^pelle O«/i»/aJ!0i» aquam ^y Genitalia aqua cegypûa muU toe generam ^^ ; Sèaèque ajoute à cette £feconditè la salubrité et une douoeor peu commime ^\ ce qui est encoïe eonâtmt par d'autres éoiÎTainfl* On peut Toir Khodigm ^ ^ et k« autorités qu^il cite sur le NiL
Les Egyptiens abreuvoient le bœuf Apis de Feau d'utt |rêiit» particulier , ils lui interdisoient absolument celle du Nil , , parce qu'elle passe pour donner de l'embonpoint. Us ne youkientpas qu'Api» fût gras ^ comme ils évitoient eUx-mêl^ies de Fétre, afin que la porticm de divûiité quîbabitoit eA etot ne fut pas appesantie par la substance matérielle ^^; Èlhû rapporte le même fait et il e» demie la même raison^ ^^ Qùin corpus onitëtum Heaterrifk pitiis oniMum qwxpte prœgraçat una , Atque affigit humi ài^inœ particulam aurœ, ^ Les^ Egyptiens donnoient au Nil, l'épithète de Soter^ saup^ur. ^^
Sur ces vers de Virgile-: ^®^
JarnqiAe domurti minms genetricis j et kmnida régna j SpeluHcisque lacu9 clausos ^ lueoaque sonatttm , Ibat:
Servius fait cette observati<Mi :
Hœc autem non sunû per poetwaTn Ivcentiam dicta ^ sed ex 0^gyptim tracta suntsacris: nam àertis diebus j in sacris Nili^
CJ) Diod Sic. , lib. L cap. 3. — ^^ Tristan , eom. kistor. p. 3o8. =- ^f^ Athan. , sm. comtempL Anaff>g, lib. II. in fine. — ^^ Senec, quœst. natur, lib. IV. cap. a. =- <5) Rhodigin, lect, antiq, lib. XIX. <•> Flutarc. , de Is, et Osir,^ (7) ^liaii.,Hw*. anim. lib, XI. cap. lo. C8) Horat., Satyr.n. Ub. H. v.yy.-^) HéUod., JB<*.IX.--(io) Virgii., G^or^. lib. IV. V. 364.
pueri^ de sacris parerUibus nati j a scuierdotihus hymphis dabantur : qui cum adole^issent j redditi narrabant lucos esse sub terris j et immensam aquam omnia continentem ^ ex qua cimcta procreantur. '
Euripide qui avoit été disciple d'Anaxagore et que les Athéniens appeloient le philosophe du théâtre^ croyoit que l'air et la terre rendus féconds par les jduies qui tombent du ciel j les hommes , les animaux , et tout ce qui a été procréé, retournent et se changent en ces mêmes principes y lorsque le temps vient à les dissoudre.^
{u) Pag. 55.
n faut remarquer que les opinions religieuses des l^yptiens sur la mer^ ne les faisoient pas plus renoncer à la navigation maritime ^ que leur respect pour les animaux sacrés ^ tels que le bœuf ^ la l»rebis j etc. ne les empechoit de se nourrir de la chair de ces animaux , ou que leur haine pour les Arabes pasteurs ne les éloignoit de l'éducation et de la garde des troupeaux.' Suivant Hérodote , les marins étoient en assez grand nombre pour former ime des sept classes de la nation, et les Egyptiens avoient des connoissanccs très étendues en géographie.
{i.) Pag. 54. ^
Dans les sculptures du grand temple de Philé , Osiris couché sin: un crocodile qui représente Typhon , est emporté par lui dans des marais figurés par des joncs. Plusieurs attributs accompagnent cette scène , et entr'autres im personnage portant sur son dos un sarcophage destiné à renfermer le corps d'Osiris. Le tombeau d'Osiris à Philé étoit environné de 36o urnes; . les prêtres remplissoient chaque jour ces urnes de lait. ^^
Le crocodile étoit généralement le symbole de Typhon \ cependant à Ombos , il appartenoit à Osiris sous le rapport de rinondation du Nil. Dans le temple de cette ville, Osiris étoit
<i) Description d'Egypte, antiq, p. 44.
représenté avec une tête de crocodile ; les eaux du Nil n'arrivoient autrefois à Ombos que par un canal ^*\ Le fleuve couloit alors beaucoup plus à l'Ouest ; dès qull franchissoit ses bords pour pénétrer dans les canaux intérieurs , alors les crocodiles jusques là bornés aux rives du fleuve , suivoieiit les eaux dans leur marcbe et arrivoient à Ombos. C'est pourquoi le peuple de cette ville regardant le crocodile comme le signe du débordement avoit donné une tête de crocodile à Osiris , et en avoit fait le symbole du dieu bienfaisant. ^
Les Français ont remarqué dans tous les bas-reliefs qui décorent le temple de Denderah, une liaison qui, si cette suite de sculptures et d'hiéroglyphes étoit recueillie et expliquée, présenteroit dans des emblèmes ingénieux une histoire continue des divers phénomènes de la nature qui intéressoient tant les Egyptiens dont l'existence dépendoit de la présence du Nil : aussi ces bas -reliefs ont-ils trait à la vie et à la mort d'Osiris , et font-ils allusion aux difiEerens phé^ nomènes que Ton observe avant et durant l'inondation du Nil, ^
Les auteurs ' de la description de Thèbes ont donné un tableau représentant une scène religieuse, qu'ils ont trouvé dani la catacombe qu'ils appellent catacombe des harpes. En étudiant cette scène générale on reconnoît qu'elle représente un sacrifice ; celui des deux harpistes vêtus de noir , paroît demander aux dieux une bonne crue du Nil et une moisson abondante! En eflfét, le trait ondulé qui désigne l'eau, se trouve trois fois placé dans sa prière : on y voit la faucille qui est le symbole de la moiJsson , et une main droite avec les doigts étendus, qui est le symbole de l'abondance. La petite divinité assise en face du harpiste, paroît lui transmettre une réponse favorable ; au bas de la colonne , on voit deux
<i> Strab. , Geogr., lib. XVII.— ^ian. , de Natnr, animât, , lib. X. =- <^> Descript, d' Egy pi,, Ombos j p. 8. « ^^^ JDescript. d'JBgypt, > antiq, de Denderah, p. 44. •
di3(jues gm paraissent représenter des œufs , emblème si multiplié de la fécondité ^ Id grande divinité q^ £ait fàçe aies attributs ordinaires d'Horus. ^*
{x) Pag. 54.
Sérapi? est le dieu égyptien dcmt les écrivains grecs et lonu^ins qnt le plus parlé, et sur lequel nous trouvons le plus grand nombre d^ traditions , mais ces traditions n'ont pas de rapport avec aucune des andennes divinités d'Egypte. Elles regardent seulement la nouvelle divinité grecque Sérapi^ dont les Ptolemées étaUirent à A]ex£Midrie le culte ^ qui se propagea ensuite dans toute l'Egypte à un tel point gue , vers îe deuxième siècle de l'ère chrétienne , qxi comptoit en Egypte guarante-deu^ temples de Sérapis. Ce culte passa de l'Egypte chez tous les Grecs de l'Eivope et de l'Asie, et ^e là chez les Romains. Cette divinité étrangère à l'Egypte y fut apportée de* Sinope par Ptplémée Soter, ou suivant d'autres Philadelphe , d'autres disent Evergète. Plusieun prér tendent que, avant cette translation , Je nom de Sérapis étoit entièirement inconnu en Egypte. Ce qu'il y a de certain, «^est qu'aucun auteur antérieur à Ale^ipmdre n'en ^ fait jcnentkn.
(j.) Pag. 54.
Les objets religieux qu'on voit représentés daiis la table isiaque et dans son pourtour , sont intimement liés à la métaphysique religieuse des Egyptiens. La plupart de ces groupes paroissent aussi avoir pour objet le culte inspiré par la recon" noissânce des Egyptiens pour les eaux du Nil ; la situation de l'Egypte environnée de déserts , de sables et dç montagnes arides, augmentoit encore la vénération pour un fleuve qui proçuroit la fertilité : toutes les figjares du pourtour sont
0) DescripU d'Egypt, antiq., p. 5o3.
placées àu milieu de plantes at[tiatiques , et rexpUcation de la plupart des allégories et des animaux fentastiques que prétente cette frise, doit être puisée dahs ses rapports avec le 14 il ^ et les productioiis qu'il donne ^ et dans les idées que les EgypCicns avoient d'Osiris comme principe de la fécondité. Ces allégories et ces ammaiùL ne tortent pas du cercle dès àtt£3>uts des divinités égyptiennes.
(aa) Pag. 55.
Dans le grand t Chèbes ,
remarqué divers U it la prc
votive j sur un ( st élevé
lune dans son crois I: précéda
bole de l'inondation , il est porté sur une es
des vivres placés sur des tables sont offerts
d'épervier. On y voit des figures d'Isis. ^*^
{bb) Pag. $8.
On lit dans VEzourvedam ^ que les liabitan» de l'tle tle Krobën ne reconn^soi^t d'atitre divinité que l'éa», à laquellf seule ils offiîoient leurs hoinmages.
Yicbuèiï présidoit à l'élément de Teauî c'est de ce dieu que Strabon a voulu parler soiis le noux-àe Jupiùer Ombrioe qisà étoit adoré par les Indiens ^'^ Les Indiens avoient en outre une divinité subalterne qui , sous les ordres de Viclmou , étoit le dieu de l'eau.
lie <îange est la grande divinité des Indiens. On jette les caàavrés dans ce fleuve , parce qu'il purifie les Hommes de leurs péchés; lès malades se forit porter siir âes bords : ceux qiii eïi sont élbignés renferment avec soin dans des urnes les cendres dés corps qu'ils ont brûlés , et les en voient jeter dans ce fleuve,
O) JDescr^tion de Tlièbes. eàp. IX. sect. Vin. anu^. p. 261. «^ tt) Ezourvedam, Tom. I. p. 261 — ^> Strab.,' lib. XV. p. 94.
dont les eaux sont vendues chèrement dans toute Tlnde par
les pénitens indiens. ^^
Les Chinois , de même que les autres nations orientales , croient que l'eau est le premier principe des êtres y et que ces êtres n'ont été formés que par la séparation et la réunion des diverses portions de matière qui nageoient confusément dans le fluide immensp du chaos. C'est par-là que l'ouvrage intittdé le Siao- Ulh-Lune y publié en chinois et traduit en latin par Mentzelius , commence l'histoire de la Chine. On lit sur les fragmens qui nous restent du Choitr-King de Fo ^ , un discours de l'empereur Yao , où ce prince dit que les eaux qui se sont éljevées autrefois jusqu'au ciel , baignent encore le pied des plus hautes montagnes^ couvrent les collines moins élevées, et rendent impraticables les plaines qu'elles inondent. Sur quoi un célèbre interprète des Kings , observe qu'il ne s'agit pas là des suites d'une inondation nouvelle et passagère , mais des vestiges de l'état primprdial de notre terre , ou de celui dans lequel elle s'étoit trouvée au temps de sa première formation. ^'^
Suivant M. de Guignes ^*^, le système qu'on attribuent à Vouvang, qui monta sur le tr^e l'an 1122 avant J.-C, se rapportoit à celui de Thaïes- ou des Egyptiens qui croient y dit Plutarque , que le {Hwmier Etee employa pour la génération de toutes choses l'eau ou l'humidité comme premik^ vertu productive.
(ce) Pag. 61.
Les Chaldéens étoient des familles sacerdotales qui furent établies par les, rois de Babylone dans une contrée voisine de cette ville, sur la droite du fleuve, vers la mer Persiqueet l'Arabie déserte : Separatim attrihuta est in Bahyloniâj habitatio philosophis indigenis qui Chaldœi vocantur, ^\ Il ne
<*> Ezourvedam , Tom. II. 222. «= ^^^ Chou-King, lib. I. cap. i. «= œ Frëret , Tom. XIU. p. 447. « C^^ MémmreÉ de i^ Académie des Inscriptions , Tora. XL p'. 167. === ^5> Strab. , W). XV.
faut pas confondre ce pays avec une autre Ghaldée au nord de Babylone^ dans.laç^uelle étoit Ur , patrie d'Abraham. ^^
{dd) Pag. 64.
' Les poètes appellent souvent le soleil Hypérion ou Hypérionide. Les Anciens disoient qu'Hypérion étoit fils du ciel et de la terre ^ et qu'il avoit donné naissance au soleil et à la lune , d'où ces deux astres ayoient été appelés Hypérionides. ^'
Hésiode , racontant la généalogie du soleil , dit Julien ^^ , lui donne pour père Hypérion , et pour mère Theya : c'est assez nous faire entendre qu'il le regardoit comme enfant de celui qui est supérieur à tous les êtres; car ce nom d'Hypérion n'exprime que cette supériorité , et celui de Theya n'a d'auti-e signification que celle de la divinité suprême : le soleil est né de Theya , parce que tous les biens procèdent de la nature divine. Hésiode la fait aussi mère de la lune et de l'aurore. ^\^
(ee) Pag. 64.
Les Grecs avoient avili la divinité de Vulcain, comme ils l'avoient feif de la plUpatt des dieux d'Egypte -, en faisant de Phta leur Vulcain, ils avoient substitué le feu artificiel , le feu domestique, au feu répandu dans la nature , que les Egyptiens adoroient dans Phta. Le taot Phta y dans la langue copte y signifie , suivant Jablonski et Lacroze , ordinafor j constitutor rerum. Quoique le dieu Phta fût le dieu suprême , son culte ne fut pas général en Egypte , parce que son symbole principal étoit le feu , tandis que celui d'Osiris y fut universel. Le culte de Phta fut restreint à la seule ville de Mehiphis , où il avoit un temple magnifique , dont Hérodote et Diodore
<*> Bocharty Geographia sacra yVih.li^ cap. 6. — ^*> Ennius, Corn, p. 119. ^ (3) JuUan. , Orat. IV. in Sole, ^ ^^'^ Natal. Com. , lib. V. cap* 17. p. 542.
de SicUe ont dotiné U deacriptîon; c'est pourqui» on l'a appelé seulement le dieu de Mcmpfais. Bam toutes les autres villes, on célébroit un grand nombre de solennités religieuses en l'honneur des autres dieux : on ne«ttouYe dans l'antiquité la mention d'aucune fête établie en l'honneur de Phta ou Yulcain; il en est de même éè IKeiih ou MiaerVe ^ qxi était adorée à Sa»*
Le soleil et les astres furent nommés avec raison theoi, parce que ce mot ^nifie dans son sens propre et. primitif , un être lumineux et parfait. Ce nom et ces attributs leur étant corn* mufis arec la divinité on l'ame de l'univers > ou les confondit avec elle , parce qu'on les crut animés >par elles. Les Grecs abandonfièi^nt le sens prc^re du mot theein pour conserver le sens figuré ; parce que ces astres couroient , ils donnèrent au mot 5e£tv la fausse étymologie courir , et le sens primitif du mot dieu prit la place d'un sens subordonné.
^ {gg) Pag. 70- .
Il existe encore dans le foîétiiagedA i^Ata^ie et dé la Perse une secte de paiet» qu'on appelle Sâ^béens , qui iregnrdent le soleil et les corps cMestes comme des ititeUig^iceB {ntrea^ revêtues et corps lumitteux et iAunot^elsF; mais ils ftlfonoient ces intelligences célestes ^ue comme des dieux dépendanset subalternes , comme dès médiateurs sans ÏBsqnels on ne peut avoir d'accès vers l'Être-Suprêrtie : ils sont les ministnes par lesquels Dieu distribue ses l^ënfaits aiut hommes, et leur manifeste/ses v(dontés. Leur priiieipe c^t^'il y a une si g^fande distance entre le Dieu suprême et leà héUn^^ies moi:tels , qu'ils ne peuvent en approcher que par la médiation des substances spirîtueUes et invisibles > persuadés que l'homme coiporel ne peut s'élever aux substances spirituelles qtto par le se-
cours dé ^uQlqu'dbjet visible; les uiis lear consacrant de petites chapelles qU'ib constrtûsent à l'imitation des corps ^célestes , qui sont les temj^es ok elles résident > d'autres leur dédient des simulacres. Ces simulacres et ces clnpelles servent à fixer la présence des intelligences auxquelles elles sont consacrées ; leur vertu y descend attirée par les prières et les cérémonies de la consécration. Ainsi ces dieux n'étoient que des génies; ils u'étMânt pas souverains ^ ni consubstantiels à TÉtre-Su-' pfême. ^*^
Ces principes étaient ceux des andesis Chaldéens y ils avtsietit même pénétré dans la Ërrèce. Les Chaldéens cpcryoient qiie le Dieu suprême habite ime lutniàie pure et inaccessible à des éttes aussi grossiers et aussi impar&its que nous sommes; il ne nous gouverne pas immédiatement , mais par l'entremise des iiit^ligences et des génies. Les plus puissans de ces génies habitent le soleil^ la lune et les astres ; tandis que les génies subalternes sont attachés sxdL autres êtres de la nature , coàime pierres , métaux , plantes , etc. Les g^ies supérieurs agissent sur nous et sur toute la nature , par le moyen de la lumière et des infiuenoes des astres j sH avec le concours des génies inférieurs attachés aux êtres ^rticuliers. C'est sur cette opinion qu'est fondée l'astrologie des Chaldéens , dans laquelle on faisoit entrer toutes les extravagances et toutes les absurdités imaginables.
On ne peut nier l'utilité des observations astronomiques pour l'agriculture et la navigation , et les sages de l'antiquité qui ont toujours traité l'astrologie judiciaire avec le mépris qu'elle mérite , ont admis les pronostics de l'astrologie naturelle , qui a pour objet de prédire lés sécheresses , les grandes pluies^ les maladies épiHémiques , les tremblemens de terre et toutes les variations de l'atmosphère; mais les hommes restent rarement dans de justes bornes. Ayant observé qu^que rapport entre certains effets produits sur la terre et la max che des
(0 Pococke. — Beausobre, Hist. du Manichéisme , Tom. H. p. 6o5.
corps célestes , ils partirent de là pour étendre ce principe à tout ce qui arrive parmi nous y et finirent par vouloir persuader que toutes les choses humaines , petites ou grandes , sont subordonnées aux mouvemens des astres et réglées par eux ^*\ Ainsi l'astrologie judiciaire n'est qu'une extension de l'astrologie naturelle, qui lui donna naissance et s'appuya sur les mêmes bases* Le système de la fatalité étoit lié à la science de l'astrologie judiciaire : cette doctrine supposant que le cours et le mouvement des astres n'est pas arbitraire , puisque le calcul nous met en état de prédire aisément leur rencontre, les événemens futurs étoient donc nécessaires , et la volonté des intelligences attachée aux astres ne pouvoit les changer; mais les hommes veulent obtenir les biens et éviter les maux, ce qui ne se pouvoit dans la supposition de la nécessité des événemens. H faUut donc étendre cette doctrine , et on se persuada que les dieux étant maîtres des événemens, ils pouvoient changer les règles qu'ils s'étoient imposées , qu'il ne s'agissoit que de se les rendre favorables, et de forcer les génies ennemis à se rendre par l'intercession des génies supérieurs. On tâcha aussi de s'attacher la faveur des génies inférieurs , et on forma avec eux de» ligues et des traités.
(hh) Pag. 71.
Les Chaldéens conçurent dans leur cosmogonie ime masse informe , autour et au-dessus de cette masse une substance lumineuse qui s'étendoit à des distances infinies. Il étoit dès-lors naturel que les Chaldéens se peignissent la divinité comme régnant au milieu de l'espace lumineux ; ils allèrent plus loin , ils donnèrent à TÉtre-Suprême le nom de cette lumière ; ils l'appelèrent feu-principe , feu intelligent, splendeur étei-nelle. Les Chaldéens donnèrent à cet Étre-Lumière tous les attributs de puissance et de bonté qui appartiemient à la divinité. Comme ils avoîent attaché à rÊtre-Lumière toutes les notions du bien, ils attachèrent à l'Étre-Ténèbres toutes les notions du mal.
<» Aulu^el. , lib. IV.
Dans la doctrine théologiqtie des anciens Perses ^ deux dieux étoient nés du feu-principe ou du Dieu-Suprême , l'un bon , l'autre mauvais, soumis tous deux à la médiation 'du Grand- Être , ; lequel avoit par conséquent le droit et le pouvoir de les contraindre et de les réunir malgré leur inimitié. Ces dieux étoient nés tous deux par la même génération , l'un comme lumière , l'autre comme ténèbres , l'im comme émanation substantielle du premier principe , l'autre par une conséquence nécessaire, à peu près comme l'ombre qui suit le corps ^^K Ainsi cbezles Perses les deux principes n'étoient que secondaires, ou plutôt l'un, des deux n'étoit que la substance prolongée du premier principe , l'écaulement de sa bonté , et l'autre' avoit en soi 'autant de négatif que de positif ^. On a fait hoimeur de ce dogme aux Chaldéens , dont la grande réputation de sagesse remonte aux temps les plus reculés ; et les savans conviennent assez unanimement qu'ils admettoient au-dessus de. cette lumière opposée aux ténèbres, une autre lumière, principe unique , seul dieu suprême, qu'ils appeloient lumière incréée, lumière par excellence.
- (y;.) Pag. 78.
L'accipiter ou l'épervier étoit un des symboles d'Osiris ; Plularque nous donne les raisons d'analogie entre la nature de cet oiseau et celle d'Osiris : la vue perçante de l'épervier , la rapidité de 5on vol , il regarde le soleil d'un œil fixe , et dirige son vol hardi vers cet astre , sans être blessé de sa lumière, en planant sur le dos il regarde le ciel avec intrépidité. On a cru apercevoir en lui une haine décidée contre les animaux malfaisans; enfin, sa majesté, sa force, peignent assez bien la majesté du maître de l'univers ^ Ceux de Tentyi-a l'honorojent d'un culte particulier , tandis que ceux de Coptos le détes-
(1) Sharistani , apud i2)^rf. — Brucker , T. I, p. 178. =* <«> Batteuz , Hlst, des Causes premières.
43o KOTBS.
toient comme l'ennemi du cxocodUe qu'ils honoroient ^'^; Zoioaitie enseigomt que la divinité avoît une tête d'ecdpter , et cette divinité étoit l'Être-Siiprénie , aeusoe de ton les H&ig ^. lies Phémciens donnment au bon princ^ la tète de l'acc^iîter ^ : EUea entre dans les plus grands détails tmx k soin tout particulier que les prêtres égyptiens pvenoîent de la nourriture de Faccipitei: y uneviUe lut étoit coBsacréey <m j faisoit la guerre an orooodUe. « Les Egjrptiena, dit Homs » ApoUb ^^^ , lorsqu'ils veulent dcmner le sjmix^le de ladîvi- » nité f peignent l'acdpiter ;. il ^ l'emUéme de la suUndtéy )> de Fhumilité , de l'excellenGe, de la victoive. Il représente M la divinité, parce qu'il est fécond comme eDe, sa longue vie » représente 8<»i éternité. » On dftitoit sur cet oiseau aacié une fable assez semblable à cdle qu'on aveit inngnée sur le serpent et sur le phénix.
U y avoit dans l'ile de Philé un temple oà Osûâs étoit particulièrement adoré sous la forme d'un épervi«r. Les Français ont encore vu an fond du sanctuaire de ce temple un hhc de granit tout couvert de sculptures, dans lequel est taillée vm nicbe carrée propre à former une sorte de cage; c'était celle de répervier sacré. ^^^
Osiris étoit souvent représenté avec la tête d'épervier. ^ Bloîse représente l'esprit de Dieu reposant au conunenoement du monde sur les eaux, spiritus Dei incubebati ce dernier mot désigne la manière dont les oiseaux sont accroupis sur leurs œufs lorsqu'ils les couvent. Cette métaphore est prise de ce que les Egyptiens reprêsentoient la divinité par un oiseau, par l'épervier. Les langues orientales sont pleines de ces idées ^yptiennes.
^ï> iElian. , de Anim, , lib. VUI, cap. i4.— Plat. , de Isid. et Osirid, ^ C» Euieb., Prœp. Bv. , lib. m, cap. 12. -» W Euseb., Ihid., cap. 10. — ^^ Horus ApoUo , Hieroglyph, , lib. I , cap. 6. -« ^> Descript.d'Egxpt, antiq,,T.l,p. ii.« <^>Beger.,27l«5.i7mn<2.,p. 5o6,
TROISIÈMK SECTION. 43ï
(ki) Pag. lOO.
Les auteurs qui ont prétendu qu'Osiris étoit l'inventeur de la vigne ^ dit JaUonski , ont montré une grande ignorance des înœui's et de la religion d^ Egyptiens. Cette religion enseignoit en effet qu'il y avoit daiis le vin quelque chose de pestif^é^ et que l'invention en étoit moins due à Dieu qu'au génie du mal, l'ennemi des hommes et des dieux. A Héliopolis, dit Pkttarque, les prêtres du soleil , durant tout le temps de leur ministère, ne portent pas même de vin dans le temple, parce qu'ils ne croient pas convenable de boire pendant le jour, tant qu'ils sont S0US les yeux de leur seigneur et de leur roi. Les autres prêtres en usent , mais en très petite quantité; dans plusieurs de leurs soleimités ils s'en privent totalement, et passent le temps que durent leurs fonctions à apprendre, à méditer oui enseigner les vérités divines. Les rois eux-mêmes, au rapport d'Hécatée , n'avoient qu'une portion de vin réglée par les livres sacrés, parce qu'ils étoient associés au sacerdoce. Ge ne fut que sous le règne de Fsamméticus qu'ils commencèrent d'en boire; auparavant il leur étoit interdit et ils ne l'cmployoient pas même dans les libations, persuadés qu'il n'est pas agréable à la divinité , et que le sang des Titans qui comba].tirent autrefois contre les dieux, en se mêlant avec les^ucs de la terre, avoit produit les vignes ^^. En cela la théologie àea Egyptiens différoit entièrement de celle des Grecs ; ces préceptes n'étoient pas particuliers aux Egyptiens, ils leurétoknt commuas avec tou^ les prêtres et tous les pliilosophes de l'Orient. Ils détestoient le vin comme une production mauvaise de sa nature, qui n'avoit pu être donnée aux hommes que pour leur perte et que par im ennemi de leur bonheur. Cétoit la doctrine des mages dans la Perse : Quod ipais curœfuerit apino ah^tinere ^. Les Manichéens et les Gnostiques qui ont Toulm f^k^ n?! amalgame de la philosopjiie des mages avec la
(i> Porphyr. —Plut., Traité ^Isis et Osiris. — ^® Clem. Alax,, Strom. , Ub. m, p. 446.
doctrine chrétienne , avoient les mêmes principes ^*\ Les anciens Arabes, dont on retrouve plusieurs traditions dans les préceptes des Gnostiques , n'étoient pas étrangers à cette doctrine*, et Mahomet, qui en a fait un précepte de son Alcoran, le tenoit probablement de ses ancêtres. Les Brachmanes de l'Inde ont toujours eu et ont encore à présent la même doctrine, suivant nos voyageurs modernes. ^^^
Porphyre ^^ fait la même distinction que Plutarque au sujet du vin : parmi les prêtres , dit-il , les uns n'en boivent pas du tout , les auti^s n'en font qu'im usage très modéré. Pyôiagore adopta sans restrictions le précepte du régime égyptien touchant la défense du vin. lies prêtres égyptiens s'opposèrent toujours à la culture de la vigne, parce qu'ils connoissoient le danger du vin à^ns un climat aussi chaud que le leur. Néanmoins, il y avoit en Egypte un canton , appelé leMaréote, célèbre par ses vins , et Hérodote parle des fêtes égyptiennes dans lesquelles on faisoit une grande consommation de vin. Il faut en conclure que la défense d'en boire ne regardoit que les prêtres, dont il ne faut pas confondre le régime avec celui du peuple.
Le vin de palmier dont , suivant Hérodote ^^^ , les Egyptiens se servoient pour les embaumemens , étoit et est encore la boisson ordinaire des Orientaux; Dioscorides enseigne la manière de le faire ^^^ Celui qu'on tiroit des dattes appelées caryotes étoit excellent : Carjotœ maxime et celebraniurj et cibo quidem , sed et succo uberrimœ. Ex quibus prcecipua vina orienti iniqua capiti ^^^ C'est probablement à la boisson de ce vin de palmier, que les Perses étoient si adonnés , et c'est aussi de cette espèce de boisson qu'il faut entendre tout ce
Ci^ S. August. , de Morih» Manich, , lib. H, J 44.— Epiph. , Uœres. , XLV, J 1.=^*^ Ovingt, T. I,p. 3o8.— Jablonski, lib. II, cap. i , J6. = (5) Porphyr., de Abstln, , lib. IV, cap. 6. « ^*> Hërod. lib. D. 5 86. — ^^ Dioscorides. MaUr, Medic, , lib. V, cap. XL, p. 339. — (6) piin. , Hist. Nat. , lib. XHI, cap. i4.
TROlSIÈBfB SECTION. 433
qil'oh»dit des E^^eiIssUr ki vin*, t'est eH^ qm-^fiik réh- Toquer en doute ce qu'ft avancé Hérodote^ qUe la vigne n'étoit pas cultivée en Egypte > et qu'on diArifcwHt du vin: en afooif^ dance aux prêtres avec leurs aUsi^is»
{II) Pag. ri*.
Le péïsôMiiagc qu'OVîdfe ctflygin nbniiricnt Trîpfdlèmé, est nommé Démophon' dans f hymne à Cérès ^^K Ô li'ést pas question dans cet hymne des voyages dé Ifriptol'èih'e^ ^ùr répandrela culture du bled; la' tradition éil'étoit eèpchdkht restée chez queliç[ues peuples de la ârècè. Léë hal^fjihk' de rAchâie disoient qu'ils avoient appris à' ÊutaiélUs', lëùr' fondateur, àhâtirdeà Villes et à cultiver ik* tei*ife ; é'étoîî aussi lui qui avoit enseigné' à ÂrcdS VsLrt dfe faii^ érôftrë Te "Bled! Du reste, il y a une fotilfe' de traditions stii* TiipiTolèibé , sa naissance et 8^8 parens. H avoit une châjpëïle héroïque à Eleusis, en qualité d'îriventem' de l'agtifctilttlVè. ^
(mmy Pag. 116.
L'histoire du genre humain ne présente pafi( d'4vénenént plus important pour la mtdtiplics^cm de l'-espèce humaine et sa civilisation, que l'invention de la charrue. On neocmnc^t pas le ^uple à qui les hommes doivent ce bienfait : les baa^ reliefs d'Ëléthya- établissent en faveur deaEgypti^itf^ Une jt^somption bien forte : on y voit l'opgine de la charrue et se» perfectionnemens , et les instrumens aratoires y sont-en- pajpfaite harmonie avec le sdl de l'E^rpte. Lafigurede lahoAe,> surtout se reproduit souvent dans les* smtiquité» égyptiennes^: elle a été gravée sur une foule de monumens,: sur les^ obéliaqi^ et sur les plus grands édifices: plusiemni' divinités la portent comme im de leurs attributs. On en taOuve setwênt*
(0 Hymn, ad Cer, , v. 234. — (^) Paattoi«s> lib. 11^ cap. i4i