Tome II
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de petits modèles en bois^ déposés dam les tombeaux à cAté des momies^ enfin cette image est finéquemment emfdoyée dans la langue hiëroglypliique comme symbole du labourage; la houe a été le germe de la charrue.
{nn) Pag. laa.
On a donné diverses ét3rmologies au mot Cérès. Fulgence pié- . tend qu'en grec le mot Cérèa sigifieyoi^; c'est pourquoi on a donné ce nom à la déesse qui produit le bled^ parce qu'elle apporte la joie aux mortels en leur donnant cette production. Quant au mot Déméter^ Platon , dans le Cratyle, le fait dériver de deux mots grecs qui signifient Mater Dans , parce qu'elle donne les alimens aux mortels. Orphée et d'autres poètes appellent Cérès et Proserpine DeOj du verbe ^eîv, id est , invenirâf parce qu'elle a trouvé nos alimens. Servius donne au mot Cérès la même étymologie.
Les poètes latizis ont souvent appelé CèièsFlapa, à cause de la couleur des moissons mûres. Virgile l'appelle Rubicimda:
At Rubicunda Ceres medio succidiùur œstu.
Les Athéniens l'appeloient Anesidora Demetery c'est-àdire , Mater frugifera. Les poètes latins^ et surtout Ovide, ont transporté dans leurs vers ce mot anesidore^ et donnent ce titre à Gérés.
On lui donnoit aussi les noms de Zeidoros et de Biodoros ^^\ ces noms étoient tirés des dons propres à entretenir la vie que l'on tenoit de cette déesse. Le mot Zeidoros dérivoit du nom de la meilleure espèce de froment, que l'on appeloit Zeia chex les Grecs; c'est pourquoi les auteurs latins ont rendu ce mot par fecunda. On appeloit aussi Cérès Pheresbiosy a ferenda vita : du reste tous ces noms convenoient à la terre , et Homère les lui a donnés.
Artemid. , de Interp, Sêtnn, , lib. II.
Hésiode , dans sa Théogonie , l'appelle Polyphorbe Demeier, et son scholiaste remarque que ce poète l'aj^lle Polyphorbç , parce qu'elle nourrit tout.
Les Gnidiens appellent Gérés Çyria, id est^ vitœ domina.
A Sparte ; Gérés étoit adorée sous le nom d'Epipolla; à Go* rinthe, sous celui d'Epoisadès, id est, quœ rem domesdcam curet.
Elle fut nommée Eualoaia^ parce qu'elle remplissoit les granges; Alois Demetery c'est de là que la fête des cultivateurs a été appelée Aloënne. Aliteria^ parce que dans les temps de famine elle veilloit à ce que les meuniers ne volassent pas la farine.
On l'appeloit Ompnia, nourrice.
En Sicile on l'appela Sito y qui signifie nourriture j &oment , quod frumsnti ef fertilitatU potestatem haberet ^^.
n y avoit dans la Béotie un bourg situé au pied du mont Cytbéron > dans la région Parasopie , où l'on faisoit des pains excellenSy à la confection desquels on apportoit beaucoup de soins. On y adoroit Gérés sous le nom de Megaîarte et de MegalomazBy id est, Magnos Panes y Magnas Mazas habentis* ^
Gérés, adorée sous le nom de Ghloé (Florida), avoit à Atbènes im temple appelé Ghloe'ia , qui étoit situé près la citadelle. Au commencement du printemps , en Sicile, les cultivateurs célébroient des fêtes en l'honneur de Gérès-Ghloé , dans le temple Draxon, d'où ils étoieM appelés Draxontes. Ges fêtes se célébroient à Athènes le six du mois thargélion , qui correspond à notre mois d'avril : on immoloit un Ibdier ^.
{po) Pag. 123.
Lies Grecs n'adoptèrent pas la coutume des Egyptiens, qui ne peimettoient à aucune femme de remplir les fonctions du
(1) iElian. , Var. hUt. , lib. L— (^^ Eustoth. , Com. m lîiad.^ lib. 11^ T. n, p. 53i. « C5) Schol. Sophocl., ad OEdip.
sacerdoce ^'^ Céirès et Proserpine eureiï^/ comme les ^mtres divinités 9 des prêti^sses en Grède : leurs prétresses^^ àppdées Mélisses, sont regardées par quelques^ auteurs comme les cdm^ pagnes fidèles de €érès et de sar fiUie Proserpme qui, selon le scboliaste dé Théoctite , étôit surnommée- I^féÉtode pat antiphrase, ou Bien, ajoute ce scholiaste, parce que ses eoropagn^ et sa mère portent le nom de Mélisses ou Abeilles ^. Suirant le scloKaarte de Pindare ( in Fyih, ) , ces prêtresses s'appeloient Mélisses à cause de leur' chasteté , ce mot grec signifiant abeille y et Taf^eiHe étant parmi Ites Andôis^k symbole de la: chasteté :
Quodnec concubitu indulgent ^ fiee eùfpofe90gnêib In Venerem Mohent....^ ( Georg.y lib» IV, v» igiS;)
Porphyre prétend que les Mélisses étoient ptoprement consacrées au culte de Gérés Chthonienne ou infernale \ leur nom et l'épithète de Mélîtode dbimée à Proserpine , seroiént , dans l'opinion de cet écrivain, dérivés dé mêti^ mîel ^\ Le miel étoit le symbole de la mort chez les Anciens , comme le fieï étôit celui de la vie : on ofiroit du miel au>L c^eux infernaux ^, et on s'en servoit dans l'évocation àts âmes des morts ^. On donna aui prêtresses de Proserpine le nom générique de T6y- «iadés^ comme on donnoit celui de Méfisses aux prêtresses de "Cérès,<«>
m QScé ehaique «nnée^ dit Viirg^ ^^^y 11» sacnô&CQ 4 Gérés, «UT la verdure nouvelle, lorsque l'hiver est sur son déclin et
<i> Herod. , lib. H , cap. 35. - «^ Schol. Thëocr. , IdyU. XV, v. gé. «rf <*^Pbrpbyr., âe antr, NympharAm , Câpr ïB. «= ^^ Èmipid., Iphigen. in Tkurié., V. 6'5.«* (^ Nïee^h. Orfeg., adSynee^ d&insômniis, p. 4o2. = <6) Schol. ?indsr, y Pyth. , Od. IV, V. io4. — Callinu, Bymn. in Apolty v'. 110. — • ïfesyclïiù^, v. ©vaié/i»; -> C^ Virg^i Georg., lib. I, y. 338^
fait place au printemps. Alors , ç[ue tourte la troupe champêtre se rassemble arec toi pour adorer Cérès ^ fais-lui tpi-même des libatious ^e tîu, de miel et de lait. Que trois fois l^eureuse victime se promène autour de la moisson naissante; que tous les compagnons de tes travaux formant un chœur, l'acoompilent en triomphe; qu!ils appellent Cérès par leurs cris, et et qu'aucun moissonneur ne, mette la faucille dans tes bleds mûrs, qu'il n'ait sauté sur la pelouse, la couronne de çhéiie smr la tête, et chanté des airs rustiques en l'honneur de Cérès. »
U n'étoit donc pas contraire à la, religion d'offrir des libations de TÎn à Cérès , et le passf^e de l'Aululaii*e de Plante ne iparoitïa pas contraire à celui de Virgile, si l'on réfléchit iquei'un parie d'un simple sacrifice et à^ fêtes ordinaires de dérès, tandis que Plante parle de aea noces , qui n'^toient autre chose que les inferiœ nuptiœ orcL
{qq) Pag. 137.
Les Ëgyptiei» aroîent consacré l'étoile Sinus ou Sothis là Isis ou à la nature féconde. Le débordement du Nil^;étoit toujours précédé d'im vent étésien qui, soufflant du nord au sud , vers le t^nps du passage du soleil sous les étoiles de l'écrevisse, poussoit les nuages vers le midi et les amassoit dans l'Ethiopie , ce qui y causoit des plmes abondantes , grossissoit l'eaù du fleuve , et portoit ensuite l'inondation dans toute l'Egypte. La sortie du fleuve hors de ses limites arrivoit quelques jours {jlus t6t ou plus tard lorsque le soleil se trouvoit sous les étoiles ^u lion. Le matin , les premières étoiles du cancer étant éloignées de trente degrés et plus du soleil pllacé «ous le lion , comlnencent à se d^ager de ses rayons; mais comme elles sont fort petites, on ne les démêle qu'avec peine. Ainsi elles étoient peu propres à servir de règle au peuple, A côté d'elles , quoique assez loin de la bande du zodiaque , vers le sud , et quelques semaines après leur lever, on voit au matin monter sur
438 IfOTES.
lIiOTiason une ies plus brillantes étoiles qu'il y ait dans le dd ; elle paroit ujfi peu de temps avant le leyer du soleil qui, depuis un mois on deux, l'avoit presque rendu invisible. Les 1^ptiens choisirent le lever ou la vue de cette magnifique étoile aux approches du jour y comme la marque certaine du passage du soleil sous les étoiles du lion , et des commencemens de l'inondation. Comme elle n'étoit en vue que très peu de tenq» sur lliorisson, vers le lever de Faurore qui, en s'éclairdssant elle-même de plus en plus , la fait bientôt disparoître ; cette étoile ne sembloit se montrer aux Egyptiens que pour les avertir du débordement qui suivoit de près son lever. Elle faisoit pour les Egyptiens ce que le chien fidèle fait pour chaque famille ; c'est potirquoi ils lui donnèrent des noms qui avoient uii rapport naturel au bienfait qu'ils en recevoient, Thoth, Anubis, Sirius, Sothis, etc.
<c Au-dessous du soleil, dit Pline ^^ , roule une grande étoile, » dont le cours alternatif a quelque chose de vague , et dont » les surnoms même font connoitre qu'elle afiFecte de supplanter » tantôt le soleil, tantôt la lune. En efiet, à l'orient sous le nom )) de Lucifer y telle qu'un^ autre soleil , elle préside au matin et » prend les devants du jour ; cette n\ême planète , au cou- 1) chant, prend le nom de Fesper^ c'est-à-dire, de lumière » tardive , attendu qu'elle prolonge le jour et fait l'office de la » lime. Pythagore de Samos observa le premier cette double » fonction de cet astre : déjà plus grande que toutes les autres » planètes (erreur de Pline, Jupiter est la plus gnuide des » planètes) , elle les surpasse encore par l'éclat de sa lumière; n elle seule, entre toutes les étoiles, rend de l'ombre, c'est i » qui des dieux lui donnera son nom; c'est pourquoi les uns » la nomment Junon, d'autres Vénus , ceux-ci Isis,.ceux- )) là la mère des dieux. C'est par ^Ue que tout s'engendre sur » la terre ; car , à son double lever , soit à la droite , soit à la » gauche de l^horizou , non-seulement elle féconde les pioduc-
CD Plin., His$, nat., lib. U, cap. 8.
» lions de la terre , mais encore elle provoque la génération de » tout ce qui respire. )>
Le commentateur de Pline s'exprime ainsi : Mater deum apud Romanos natura rerum est velper se^ velper Veneris stellam j cujus mirifica quœdam vis estj magma ejçcelsosque animos existimata gignere , quaîes sunt principes viri acf^ minœ.
{rr) Pag. i44.
On trouve , dit Shaw^^^, dans les catacombes de Sacarra , de petites images de terfe cuite , semblables pour la forme aux caisses àe^ momies. Ces ^gures sont rangées autour du piédestal de chaque caisse de momie^ comme si c'étoit autant de génies gardiens. Les différens attributs de ces Ègures pourroient faire croire que c'est V\sia Aperrunca^ ou l'Isis qui chasse les mauvais génies. Le P. Earcker remarque que l'espèce de triangle que ces figures tiennent ordinairement de la main droite, est im monogramme composé des initiales des deux mots jàgatho-Demouy Bon Génie ^^ Toutes ces petites figures de terre cuite qui sont répandues en grand nombre dans left différens . cabinets d'antiquité y représentent donc Isis , cette divinité puissante qui fouloit aux pieds le Tartare, et qui écartoit les génies malfaisans.
Le P. Montfaucon ^^ s'exprime ainsi sur ce sujet : (e On » trouve dans les tombeaux ^s Egyptiens xm grand nombi^ » de statues de dieux avec les attributs de la divinité, et » emmaillotés conune les momies. C'est appai^mment comme » dieux mâses que les Eg3rptiens enterroient leurs dieux avec . »^ leurs morts ; on gardpit aussi dans les maisons ces petites » statues comme dieux pénates ou lares. »
Cl) Voyage dans la Barbarie et le Levant , T. II, p. 169. — C» (Bdip. jËgypt. ,T^l\X, p. 490. - C3) Montfaucon, Ant. exfL^ T. H, p. 280-
{ss) Pag. i44.
Le8{>ythagoricieiis ont rapporté à leur système sur le nombre lunaire la triple Hécate : Ternarium numerum perfectum sujnmo deoadsignant^ a quo initium et médium et finis est^^. C'est pourquoi ils ont invoqué lés trois têtes de Diane j les triples carreaux de Jupiter, le trident de Neptune y le cliien à trois têtes de Pluton , les Irois Parques , les trois Furies , les trois nuits d'Hercule , les trois Grâces y les Muses j qui ne firent 4'abQrd qu'au nombre de trois > et ensuite trois Cois
JServius ^ rapporte ime autre opjljiiion sur le nom de Triformas donné à Hécate : NonnuUi eanpde^ Luçinam y JDianom, ffepaien ÂxppetUmt^ icko quia imi deœ très cfdsignant pç^atates ^ nascetuU , ^(ifendi , mpjiejn4i • ef quidejn nascemU ZàUcirf^çuft cleam jesse 4icunt^ fjiafendi JDianam., mfirisndi Heç^tçn f ob quaui jtripUçfim pote&tatem ^ triforwfim eaM tri" plicemque finxerunt s cujus ijp trii^iis templçi içteo struxe^ rimt. Quelques-uns ont tu dans cette idée l'ori^e des trois Parques I dont l'ime préside ji la naissance ^ l'autiie 4 U ^«7 jBt la troisième à la ;(nort.
{tt^ Pag. i46.
On a tiré l'étymologie du nom dlBécate du mot grec «xoç, c'est-à-dire y qui répand au l(»n «es rayais , par aUunon aa séjour qu'dle babite; «xaç signifie loin. S^rius ppopoee différentes étym<dogies de ce nom : il le dérive du mot jxaTov, centf à cause des pouvoirs multipliés de cett^ déesse ^. Sd(« d^auties my^logueis qui admettent eette interprétatîeii de Servius, elle étoit ainsi nommée parée que, comme Proseï^ pine, elle étoit l6 symbole de la multiplication des grains ^^.
0) Sepvius, m Eccl VUl, «- <« Sendiis , adJ^nùd, — ^ Serrins, in Mneid., IV, y. 5io> ôii. « (^> Fulgent., Mythoh, li&.i, cap^ 9.
On a .encoEe ^cb^rdKé l'^t^^ologie 4b içe nom d«ns la. langue béhraïque ^^^ ; M. SUvesti^ de iSaç^ f«^m ii|ue l^ mot imvn e$t ime altération de jq xaroi)^ ir^ernq,diia*
{j4'U) Pag. a 53.
Le nom d'Empusa est donné .en gép^éral à un «peotre infer-ned : Bpeçtrum seu phaama suh speçifi dcemoxjLis ah Hécate immlssum j et y ut nonnulli putanf ^ imopede utens ^^ Aristophane présente Empusa aous d/autres formes : il dit ^u'il avoit le yisage éclatant de lumière , et une cuisse d'airain ^'^ On Ut dcms le Traité de Saltatt par Lucien : Fîdebifi igitur ip808,y jeodem in temporej subito in aliarn .tranamutari speçiem^ atque ip&um referre Protaum^ et il dte pour exemple Empvsa, L'auteur àe VUtjfmologicum magnum semble indiquer que l'Empusa figuroit au nombre des objets effrayans qui étoient exposés aux regards des initiés. Le même écrivain nous apprend que ce spectre étoit encore nommé Onocole : ce nom est 83rnonyme de 6voo^e>oç; qui a une cuisse d'^e^^dont il avoit aussi le pied. Le plus souvent ce fantôme paroissoit sous la forme d'une femme : Aristophane et Eustathe disent que é'étoit Hécate elle-^m^me.
(vf) Pag. 157.
Lea «Dttquîtés d'ijerculaiiimn^^^ ikhis ont donné une superbe statue de la, Fortune : elle tienkt I9 goiwerQfdl et la corne d'abondanoe, elle a i8ur la tête un groi^ de symboles qui appartiennent tom à {«is , le lotos, le pemûs, le çalathus^ ie modiusy le globe:^ d^le a la robe dei^lée H 1^ l»:»cele|;s m fpnuie de aerpens.
<i> Clerc , Theogon, Hesiod, , ad vers, ii4. « ^*> Hesychius, lib. V. w- ^ Arialioph* , Bçfn^ 9 ?• 096, ^aj. ^ ^^ 3«onz. # dnUçh. d'J^rvfll. , T.U,p.97.
Bupalm passe pour avoir fait le premier une statue de la Fortune pour les habitans de Smyme y elle soutenoit le p61e sur sa tête et tenoit une corne d'abondance : Pindare l'appelle Pb&répole, qui porte le p61e.
Lé vingt- huitième tableau des antiquités d'Herculanum présente cinq Fortunes ; la première porte sur sa tête une tour carrée. Une médaille ancienne présente également la Bonne Fortune y génie de la ville de TTicéoi avec une tour carrée, et cette exergue : ataohttxh mkaizqn. Il en est de même d'autres médailles d'Antiocbe , de Smyme et de Beryte. Les autres Fortunes du vingt-buitième tableau d'Herculanum se distinguent par la tour, le modius, la corne d'abondance, le gouvernail, la couronne radiale et la patère. Les Grecs appeloient la Fortune Tv^^; cependant Homère ne s'est jamais servi de ce mot, quoiqu'il ait souvent l'occasion de l'employer.^
{xx) Pag. 159.
Le sistre étoit le symbole du mouvement. Les Egyptiens disoient que les sons de cet instrument éloignoient et mettoient en fuite Typbon , <^est-à-dire , que comme le principe de corrupticm arrête et enchatne le cours de la nature , au conr traire la cause génératrice, par le moyen du mouvement, lui rend sa liberté et sa première vigueur. La partie supérieure du sistre est d'une forme convexe, et sa circonférence contient quatre lames de métal que l'on frappe. Au sommet de la convexité du sistre est la figure d'un chat à face h^junaine ; au bas de l'instrument et au-dessous des lames de métal , on voit d'un c6té la figure d'Isis et de l'autre celle de Nephtys : ces deux figures sont symboliques et désignent la génération et la corruption.Le chat est l'emblème de la lune^ : sur la ban^e de la Table Isiaque, on remarque tme chatte, animal consacré â
(D^nftcA. d'Ercol, ibid., Tay. XXVUI,p. 107. - »> Plut., d« Isid. et Osir,
Isis^ avec le sistre et les testicules d'Osiris, qui ne laissent aucun doute sur cet emblème de la fécondité.
Le sistre étoit non-seulement Vembièm^ du mouvement et de la production des choses ^ mais encore ^ suivant Servius, de la crue et de la retraite des eaux du Nil. ^
Isis est Dœmon ^gypti^ qui per aistri motuni>\» quod gerit in dextra^ Nili accessus receasusque aigrUficat. ^*^
M Pag- ï59.
Le lotos étoit non-seulement le symbole de la divinité chez les Egyptiens, mais il étoit l'ornement des rois^ des reines, des héros et des magistrats: il jouoit en Eg3rpte le même ziUe que le laurier dans la Grèce et chez les Romains. ^
(aaa) Pag. lôg.
Osiris portoit quelquefois sur là tête des feiuLLfs de palmier blanc, auxquelles on avoit donné le nom de rayon. Les initiés d'Isis en portoient à la main, suivant Apulée ; les Egyptiens employoient beaucoup ces feuilles de palmier; ils en faisoient des corbeilles et toutes sortes d'ustensiles. Cet emploi du palmier est dû aux plus anciens prêtres de l'Egypte, qui, comme le rapporte Chérémon, couchoient sur des lits qu'ils se faisoient avec des feuilles de palmier ^K Apulée donne à Isis des sandales faites de feuiUes de palmier : aussi le palmier étoitil un arbre sacré et fameux par ses attributs mystiques; les prêtres Egyptiens l'appeloient Bais y nom qu'Horus ApoUo donne à l'ame. Les feuilles composant la couronne d'Isis étoient souvent de feuilles de musa, espèce d'arbre fort commun aux environs de Damiette , que Théophraste a mis dans la classe
<»> Servius, in Mneid., Virg., lib. VU, v. 696. — ^ Anùch. d'Ercol, Pltt, , T. I,p. 260, 11° 18. « ^^ Ciaconius, in Notis apudPor^ phyr, t lib. IV, de Ahiùnenùa.
des palmiers. Suivant Homs Apollo ^^ , cet «rbre .poii39Qit m» branche à cliaque lunaison : les Egyptiens l'employaient 4ans leur écriture biértogLyphique, «t aea ieuilles enti^>ient daivs la pairare.d'Iais y la même que la lime.
(fibb) Pag. 159.
Les Grecs transportèrent dans le récit des aventures de la mère des dieux Thistoire de la iige d'Erica, qui appartient à l'histoire d'Isis -, c'est par allusion à ce trait mythologique qu'on abattoit tous les ans le pin aux fêtes de cette divinité. Pans les cérémonies niystérieuses de Proaerpinc^ cet arbce deyenoit la statue de la déesse ; on la birûlpit au bout de quarante jours 9 qui se possoient dans la plus grande tristesse ^.
(pcc) fag. 159.
li'ibis fut consacré à Ibis à cause de son utilité ^ il dé^truit les serpens qui viennent des déserts de l'Arabie iïk^der rjEgjr jpte : les Egyptiens lui ont aussi trouvé un grand nombre int i^pports avec la lune. L'ibis aime teUemei^t l'eau pure , qur les prêtres se servoient pour se purifier ^ sans autre {krécaution, de l'eau dont avoit bu l'ibis ^ pa^xe que sa|wreU étoit.proufv:ée par pe fait même.
{ddd) Pag. 1^9*
La huppe 9 que l'on rencontre si souvent dans les monumens religieux des Egyptiens , étdit chez ce peuple le symbole des bienfaits reçus et de la reconnoissance qu'ils doivent inspirer; c'est pourquoi Horus ApoUo dit qu'elle étoit l'insigne et l'wrnement des sceptres et des dieux : Unde et diçinorum scep^
<») Hor. AjfîolL, Bierogfyph.y lib, I, cap. aSL w« ^ Tatian., ad Grœcosy $ 16. — Arnob», advers, Gentefi^ lib»y>p* 167»
TROISIÈMfi^ SECTION. . 44$
irorum upupa insigne aique ornamentwn apud-eos soièâ^^^, La liu^pe revenoit toiiftles ans avec le» vents ètèsieBêy mangei^ les vei^9 et les insectes qui endonuiu^eoient lesjnèissontf d'Egypte.
(eee) Pag, 160.
Dans la Table Isiaque et dans un gnind notdfyre êe mcmumens égyptiens', Isis paraît avec un oiseau sur lia f^td : souvent ses ailes déployées accompagnent la chevelure de la déesse ^ au-dessus de Toiséaiu Tcm voit souvent une couronne de fetlilles de musa ^ espèce de palmier, du miHeu de laquelle s^Uve èevct cornes qai embrassent le disque de lia lune. Kircker et Pigno-^ tins ^ ont cru que c'étoit la poule de Numidie, dont là dépouillé étoit Une coiffure paartieulière* aux reines d'Egypte ^^, ou la poule pintade qui , par la diversité de' sts couleurs , étoit regardée comme le symbole de la variété des pn>ductionB^de la nature*
La fécondité d'Isis, de Vénus , et de tou1»s les déesses mères-, fut exprimée sous là forme d'une poule avec ses pedts, ou- sous celle d'tme^ colombe ; les poules étoient consacrées à Latone ( JElian.). Les Babyloniens adoroient Ténus sous le simulacre de la Gallina céleste avec se^ petits : les médailles des Marner^tins et des Selinuntiens présentent d'un c6té ime poule avec une feuille de pivoine , plante consacrée^ à Vénus , et de l'autre la corne du taureau.
if/f) Pag. »6o.
Isis est souvent accompagnée du cynocéphale debout, qui étoit non-seulement le symbole de la puissance divine> mais celui de la lune dont il porte le cercle siu* la tête ^^^ \ suivant
C»> ttor. Apoîï., ffieroglxph., lib. I,<îap. 55. -* ^Kirci., CBdip, JEgypt, , T. I, p. 91. — ^Pignorius, de Mens. Isiac. , p. 43. ■« ^ Caylus, Aruiq. Mgypk , T. I, p. 5. — ^^ Prudent, comrà 8ymm. , lib. Il , V. 286.
Honis Apollo ; il éioit remblême de la conjonction du soleil et de la lune^*^ ; dans la Table Isiaque y on voit Isis avec la tête du cynocépliale : cet animal qu'Aiistote, Pline et Solin rangent dans la classe des singes, étoit rni des objets du coite des Egyptiens. H étoit adoré à Hermopolis ; Strabon attribue particulièrement cette superstition aux babitans de Mempbis. Dans la Table d'Isis il y a deux figures de cynocéphale f une en présence de laquelle Anubis lui-même paioît en posture de suppliant y et ime autre où cet animal est représenté debout 9 avec un globe sur la tête, caractère connu de la puissance et de la divinité; cette superstition subsiste encore dans beaucoup de pays , et surtout dans l'Inde. Les Phéniciens donnoient souvent à leurs dieux Patasques la représentation de ces cynocéphales , et les plaçoient sur la proue de leurs vaisseaux: l'histoire de Yiilcain nous apprend qu'il avoit été nourri^ élevé y allaité par ces cynocéphales ^ et qu'il leur devoit toute son éducation. Minutius Félix et Tertullien appellent le cynocéphale y Mercure.
La Table Isiaque présente encore Isis avec la tête du lion: ' Jablonski prétend que c'est aussi le symbole de la conjonction de la lune avec le soleil y puisque le lion est l'emblème de la force et de la puissance solaire , et qu'Isis est la lune. ^
(m) Pag. 166.
Lès Egyptiens prétendoient qu'Erechthée ^ roi ^'Athènes , étoit Egyptien d'origine : ils ajoutoient qu'une grande £umne désolant toute la terre, excepté l'Egypte, qui en fut exempte par la bonté de son territoire , Erechthée, qui avoit déjà quelques liaisons avec les Athéniens , leur porta des bleds , et que les Athéniens le firent roi en reconnoissance de ce bienfadt Ayant accepté à ce titre, il leur enseigna les mystères de
0) Hor. Apoll., Hieroglyph,, lib. I,cap. i4. -» <*> Jal4onslUj Cjp»»cu/,,T. n, p. 24i.
Cérès 9 tels qu'ils se pndiquoient en Egypte ^ c'est pourquoi OH dit que Gérés étoit venue d'eUerméme à Athènes^ et on a placé à cette époque la découverte des bleds, et le commence^ ment de l'agriculture qui avoitété seulement apportée d'Egypte à Athènes sous le nom dé cette déesse ^^. Mais cette tradition est absolument contraire à celle des Athéniens, et surtout à l'histoire d'Eumolpe et à la guerre qu'Erechthée soutint contre lui , tradition donnée par Thucydide comme certaine. Les Athéniens disent avec bien plus de vraisemblance qu'il y eut une famine sous le roi Erechthée , ils ajoutent que Gérés vint dans l'Attique et leur fit donnerdu froment; ils conviennent que les mystères furent établis à Eleusis à cette époque, et que ces mystères sont absolument semblables à ceux de l'Egypte.
Euripide appelle l' Attique la terre d'Erechthée , parce que ce fut sous son règne que les Athéniens apprirent à semer le bled , et que les fêtes en l'honneur de Gérés furent établis. ^^^
( hhh) Pag. i68.
Apulée, après l'orade d'Isis qui lui avoit apparu en songe, ajouté : Si oraculi venerahilis fine prolato vnum invictum IN SE nscEsaiT. Le traducteur français n^a pas senti la valeur de cette dernière partie de la phrase d'Apulée , lorsqu'il traduit, la déesse disparut. H n'a pas rendu l'idée mystique que présente cette phrase ; elle lui étoit cependant indiquée par l'ancien commentateur : Cum enim hœc dea sit rerum natura parens , nusqucan poterat recedere niai in se ipsam. C'est ainsi qu'Ovide a dit de la teiTe :
suumque BetuUt 08 in se, ( Ovid. , Met. II. )
UjJ) Pag. i68.
Get attribut étoit commun à toutes les déesses mères : Quœ ^») Diod. Sic, , lib.I. — Ct) Euripid., Hyppoh, acl. IV, «ccn. 4.
448 1IOTE&*
advim ittiSf in omnia êûblunaria j Urramjuxtààc mare j
tribiUmmj refêremda venùmù. Yéiins ppésidoit à )a mer,
cdttunelsû; Cérès; Diane, JnnoB; etc. Jbttferat hœc tendis,
noatrUque doloribue una ( MEus., k^Lemtdrù, ) ; m> Im âvmt
élevé tm grand, nombre de toMpIea stir le bordde 1» mer ^^'. Ota
lit daM rAn&ologie une^ épigiaimiie^ où ^^dniéiie dédie à
YétfiSB «ne beUe stataepowr qu'elle soit la gavdidmie de la na-
vigation^ : « La dééJBtfe, èit le poète Posidippe, aa;o9ddera i^e
i> lieiireuse nav^ation 4 <^ux qui rinvoqoei^cmt, et mlhm au
» fort de la tempête, elle adoudi^ les flots iitités ^ )>. Gelât
tm capitaine de vaisseau, nommé Callicrate', q;tii, api^ être
échappé au danger d'mie tempête, éleva le temple de Vému
sur le promontoire de Zéf^yrium, entre €aiiope et Alestandïie.
L'empire que Vénus avmt stir la mei* luî fit donner le nom de
Marina par Horace ^, et par Kcmnus les épiihiè!tes de ThallBiB-
sais, Eiualis, Bruxie, qui ont la même sijgliification.Lénom
de Salacia étoit commun à Vénus et à Âmj^trite , elle por-
toit aussi le nom de Pélasgiqtie comme Isis ^^^ La fameuse
Vénus sortant de la mer, si connue dans les arts sous le nom
d'Anàdyomëue, présageoit une heureuse navigation, surtout
aux navigateurs qui l'avoient vue en songe. En gén&àl
Vénus étoit favorable aux marins et aux navigateurs ^j
elle présidbit aux ports, et étoit adorée par cette raison sous
le nom de Limnésia ^\ Elle avoit à Hermione im temple sous
le nom de Pontia et de Limnésia , c'est-à-dire, qui préside à
la mer et aux ports. C'est pourquoi Philodème a dit dans
l'Anthologie ^^^
Venus amans portuum , seu , stationi noi^ium propitia , Orgiorum amans , ^erpa me Venus Romanos jam, ad portus ^ o domina,
0) Pausan., lib. I, cap. 2o ^ ai.— Strai). ,,lib. 17 , p. io52.=«<® ^11thoL grœc, , p. 620. — ^^ Horat. , Carmen, lib. III, Od. VL ■■ W Reinesius, Jhtaenpi,, XCOlf cU ï, f^ijfj. — ^> Artem.Y lib. XI, cap. 35. «^«ï Serv., Mneid,y lib. I, v. 720.— ^> Antholog., lib.I, cap. 3i , Bp. V.
Il y avoit sur le bord de la mer ^ dans le territoire d'Epidàure , une statue de Vénus ayant le visage tourné du côté des ondes. Le poète Anyte Ta célébrée par cette inscription : « Ce n lieu est consao^ à Vénus y puisqu'elle se plaît à voir la mer » de dessus le rivage , afin de favoriser la navigation du nau- » tonier. La mer ^ en voyant cette belle statue , craint de )) s'irriter. » Vénus étoit appelé Acrœa , lorsque ses temples étoient bâds sur des promontoires : Junon étoit aussi connue sous ce nom^ et Jupiter sous celui d'Acrios ^ qui vient du mot âcxptç^ summitas. A Gnide il y avoit un temple de Vénus Euplœa y c'est-à-dire ^ de l'beureuse navigation ^^^ \ la statue de la déesse étoit \m ouvrage de Praxitèle ^. A Bolos^ habitation de pécheurs sur le Bosphore de Thrace y elle avoit un temple où elle étoit adorée sous le nom de Placida ; ils cro^oient qu'elle donnoit des vents favorables, et qu'elle les apaisoit lorsqu'ils étoient en fureur. G)non fit bâtir sur le bord de la mer à Aphrodisium y un des trois ports du Pirée y un temple à Vénus, en mémoire dé la victoire qu'il remporta sur la flotte de Lacédémone y auprès de Cnide y en Carie. ^'^
{khh) Pag. 172.
Chess les Germains, Isis étoit représentée sous la figure d'im y^seaiUi Signum ipsum Isidis in modum lAbumœfi" guratuTTij docet adçectam religionem ^^\ Les Grertnains regaïdoient comme indigne de la majesté des dieux, de leur donner aucune ressemblance humaine. ^^
{Ut) Pag. 2o3.
Gcéron^*^ distingue cinq Mercures. Voici comment il s'exprime sur le second : Alter valentis et Phoronidis filius ^ is
<ï) Paosanias, lib.I, cap. 1. — ^*> Clem. Alex., Protrept,, T.I, p. 47. — W Pausaniasy Attic.^ lib. I, cap., 2. — ^*^ Tacit., deMor, Germ. — <» Tacit., ibid. — C6) Cicer. , de Nat. Deor.