Tome II
45û NOTtS.
qmaub itm$ haieÈÊnr j lA — TrtphofniuB* On tSMTfe entre Mercuse et Tiophonh» quittes nppoiCs y dTaprèt- lesquob Gcéron a pu itabHr Fîdentitè de cea dewc divkiîtéa. TnqplK^ ■îm était regartt par le» Andens comiHe \sA ^TÎnité cbtko- BÎeane : son «racle à Lébedée étoit un de« plus lespeetés èer^ Grèce. Dene son temple tout impiroit la craÎBte^ Fantre teoif eacoie phxa affireux; ce ojtà en augmentât beaucev^ ^her- -HPaiy c'est qiVil y aveit peine de mort pour ceus qui osoîeiit inteiveger cedîeusani lÀ préparation» nécesseîpes , et les An- CMS n'sfvoient pas d^xprcssion de âFatyeuF plus fbïte- qae la eemperaison arvec le» initiée de Troj^KMnue^. Merciure aToît unantre oenune Tn^phenifos. ^
{mmmf Pif. so4-
Alcie dît que Meeenie, dieu dftFtdfesae el jteh irâeccfat, 4tdt récbansoA de» dienXi et on Kt dana Sapho oefasai^: MueéMm. Jam^ êrat ambftmm pocmlum^ Mmmfiu^ mUem
{nnny Fag. ^if.
H y anroit dan» le» iFÎUee deelieux destMeà 1» promenede; OA 11» appdbit Agyiœ.
Eustatke ftdt dériver le mot Agyiet du verbe gieo ttgem ^ AtcePÊy conduiie.
On appeloit agyiatide» (mjkmuke i4ali»j des domestiques femelles qui se tenoient dans les vestibules des maisons ou sur le seuil de la porte , prêtes à faire les courses qui leur étin^it ordonnées. ^^
Etienne de Byzance définit le mot Agyceia^ locua ostendens piam , quœ ducit in urbem.
(i> A»stoph. , im Numus. ^ »> OrpU, de L^iUi^ - »> Atben., lib. X, cap. 7. — (^ EsOnth., Çom.Uomiêr. m< JliadLj^T.lU^^^A
Leei ciie^iiii» qui èktâeni dans l'anoeûAs desTiUefi s'appdoienl; Agyiœ* Diamè Txiyia ou Hécate avait «lun ponroir wm lei dMn^îna. ^^
{poo) Pag. 220.
Lé nom dllermopolis a été donné à plusieurs villes cPÊgypte ; Hermès ou Thott , le Mercure égyptien , y étoit adoré en divers lieux pour les Bienfaits afcans nombre qu^on ïuî attri* buoit : il avoit un temple à Hermopolis Magna dans ITÏeptanomide et à Hermopolis Parça dans la partie occidentale de la basse Egypte. La YiHe d'Hermonthis au-dessus de Thebes lui étoit consacrée.
{PPP) ?ag- 2125.
C'est le cafftctètfe distinctif \» {^ti» remarquable du dsttat de l'Egypte que 1» fécondité ou la stérilité dea teri^ y dé*^ pende d'un séid phénomène. Partout ailleiiir^ une fetlle de circomtances influent sur la fertilité et les proâ«etiona du M , elle n'eat en Egypte que le résultat du débcnrâetnent du Nil a les mêmes terrés y sont fécondes ou stériles ^ suivanC qnf elles iNAt participé au biei^t de ce débordement y ou qu'elle» en ont été privées f e€ comme la hauteur à laquelle le fleuve^ »'é)èye et par conséquent l'étendue du pays qu'il s^bmet^ y varient •d'une année k l'autre^ on est ob%é tous ks ans* apres^ k r€H traite des eaux.^ de^ mesurer la superficie des tevi^s qu» ont été inondées 9^ parce qu'étant les seules susceptiUes de culttire ^ elles soia^ aueû lee seules qui doivent acquitter k redevance des propriét4^€^, et les imp&ta que le g^vernement perçoit ^^^ Ce qu'cm pratiqiœ aujourd'hui en Ëgyple est k veprésentatieit fidèle de ce qu'on y a pratiqué dès les premiers tea^ de k civilisation de cette contrée : ses habitans forcés de renouveler périodiquement k mesurage de leurs terres^ devinrent habiles
(1) Voir Zoè'ga, de ObeUsc, p. 210. — ^*V Hërod,*, lib. Il, éap. idg»
dans cet art, et ce fut diez eux que les autres peuples en puisèrent les premières notions; c'est pourquoi tous les témoignages de l'antiquité se réunissent pour attribuer aux f^^jptiens l'invention de la géométrie, science dont le nom seul annonce qu'elle se réduisoit dans son origine aux opérations de l'arpentage. Parmi les livres hermétiques conûés à la garde des prêtres , et dont eux seuls avoient connoissance , il y en avoit deux consacrés à la description détaillée de l'Egypte et du cours du Nil ^^^ : c'étoit ime espèce de cadastre dont ils. étpient dépositaires. Les débordemens du Nil pouvoieut > chaque année , confondre les propriétés en faisant dispapître une partie de leurs limites j le droit de conserver les registres qui contentent la description de ces propriétés , étoit im des principaux privilèges de l'ordre sacerdotaL m Les prêtres , dit Diodore de Sicile, }> font apprendre à leurs enfans surtout la géométrie et l'ari- )> thmétique ; car comme le fleuve en se débordant tous les M ans , change^^ouvent la* face de la campagne et confond les )» limites des* héritages, il n'y a que des gens habiles dans l'art '' d'arpenter et de mesurer les terres, qui en assignant à cha- » cun ce qui lui appartient, puissent prévenir les procès qui » naitroient<3ontinuellement entre les voisins. Ainsi l'arithmé- » tique leur sert non-seulement -pour les spéculations de la ». géométrie , mais encore pour les besoins de la société. ^ »
Lorsque l'Egypte eut été conquise , l'ordre sacerdotal perdit l'influence qu'il avoit eue auprès des anciens rois et dans le gouvernement ^'^ ; cependant ks conquérans furent intéressés à ménager ceux qui , employés dans les détails de l'administration du pays, eiî connoissoient tputes les ressources , et pou- Voient seuls fournir les moyens d'asseoir et de lever les tributs. Ils durent au besoin qu'on avoit dexleurs services de rester possesseurs de la description détaillée de l'Egypte , de
<«) S. Clcm. Alex., lib.I, p. 566. *= ^^^ Diod. Sic. , lib. I, sect. a. — ^3) Herod., lib. m , cap. 5.— Diod, Sic. , lib. I, sect. ii , cap. 35.— Strab.,lib. XVII.
demeurer chargés d'observer chaque année les accroissemens du Nil , de mesurer les terres qui avoient été inondées, et de répartir sur ces terres à proportion de leur étendue, la masse des imp&ts et des releyances. Les fonctions d'arpenteur et et d'écrivains du fisc ayant été conservées dans les familles égyptiennes qui en étoient en possession depuis un temps immémorial , il se composa de ces familles une corporation de financiers qui n'étoit qu'un démembrement de la caste sacerdotale , et qui conserva ses attributions sous les princes étrangers , tandis que les prêtres qui se livroient à Pétude de l'astronomie et des sciences spéculatives, ne pouvant appliquer utilement ces sciences à l'accroissement du revenu du prince , perdoient successivement leurs richesses , leuxs privilèges, et enfin l'intelligence de leur écriture sacrée. ^*^ ^ Sous les rois grecs , les registres où se trouvoient indiqués le nombre des villages de l'Egypte, l'étendue de leur territoire et la division des propriétés^ particulières, restèrent entre les mains de ceux des prêtres égyptiens qui faisoient les fonctions d'écrivains et d'arpenteurs, lesquels continuèrent en employant leurs anciens procédés d^asseoir l'impôt et d'en percevoir le produit. Lorsque les lois des empereurs de Constantinople eurent obligé tous lea habitans de l'Egypte à embrasser le christianisme , les prêtres égyptiens qui se rédtûsoient alors à ceux dont les fonctions étoient utiles au gouvernement pour l'assiette et la perception de l'impôt , se conformèrent à ces lois ; mais ils maintinrent dans une corporation qu'ils formèrent, leurs anciens procédés de mesurage. Après la conquête de l'Egypte par les Arabes , il ne fut rien changé à cet état de choses -, les Arabes , les Mamelactks et les Turcs , trop occupés de guerre , et dédaignant les détails de l'administration intérieure , laissèrent les fonctions d'arpenteurs et d'écrivains entre les mains des^ Ck)ptes : ceux-ci ont continué de les exercer en suivant les anciennes pratiques qu'ils maintiendront d'autant plus long-
œ Strab., lib.XVB, p. 806.
tcmpft que leur religion et leurs moeurs les éloignent de tons
les usages qu'ils n'ont pas reçus èe leurs pères, ^
(qqq) P^. m5.
I^a musique étoit au nombre des sciences sacrées , réservée en Egypte aux prêtres ej:çlusivement ; la qualité de chantre élevoit celui qui l'ayoit acquise aux premières dignités sacerdotales, mais pour obtenir cette distinction il falloit que ce prêtre eût appris et sût par cœur deux des livres sacrés attribués à Mercure ; l'un qui contenoit des hjmn^B en l'honneur des dieux , et l'autre où étoient renfermées des règles de conduite pour les rois* Dans les grandes solennités ce chantre étoit à la tête des dignitaires du^coUège sacerdotal ; il portoit pour marque distinctive de sa dignité un des symboles de la musique.
(rrr) Pag. 226.
Lliiérogrammâte y dit Saint-^Glément f Alexandrie, est obligé de connoitre les hiéroglyphes ^ la géographie, le mouvement du soleil, de la lune et des cinq planètes, la chorographie de l'Egypte, le cours du Mil, la desonptiQn des temples et des Ueux consacrés , des mesures et de toutes les choses qui servent à l'usaige des temples. ^
(m) Pag. 339,
A Rome il y ayoit un Mercure Makvolus^ parce que deux statues qu'il avoit dans les places des mardiands, étoient placées de manière qu'il ne regardoit daiis aucune boutique. Cette dénomination est due à l'opinion de tous les peuples ^ciens que les regards des dieux mairquoient Ibi^" faveur et
0) Descript. d'Egypt, , Mémoire sur les mesures agraires de$ arh' ciens Egyptiens , par M. Girard. — ^ dem» iifX. , Strom* , C9p. IV.
TROISIÈMS SECTION. 4^5
leur protection ; dans le prophète Jérémie , Dieu dit : Ahscondens faciem meam a cipitate hoc ^ propter omnem malitiam eorum, ^^
{m) Pag. 24 ï.
Le Clerc dérive Hermès du mot hébreu Haram j tromper ^ être fin et rusé : il signifie aussi amasser , le mot Mercure chez les Latins faisoit principalement allusion au mot mercisj mar^ chandise \ marc^ merc, dans les langues de l'Occident , signifie hauteur , élévation ; borne, frontière. Mercure, se^on M. de Tal(»s, est l'ancien nom de Montmartre; Hermas en grec signifie , ume pieiTe , selon Hésychius. Pausanias parle de grandes pierres rassemblées dans un gymnase , et nommées lplf.a^t ^\ n signifioit aussi ime borne, selon Bésycliius et tout ce qui arrête, comme horem en hébreu.
{uui^ Pag. 254.
Aristide ^ , parlant des Hermathènes , on de la réunion du culte de Minerve et de Mercure , dit que Sfincrve présidoit avûL combats de la lutte , et qu'elle en conduisoit les Athlètes comme Mercure; qu'elle présidoit aussi au commerce. Les Hermès qu'Athénée ^^ remarque avoir été placés à Athènes , au lieu où se célébroient les Panathénées , étoient indubitablement des Hermathènes : Minerve étoit adorée dans les gymnases , comme la protectrice de ces jeux , et on y plaçoit Até Hermathènes.
Océron dit que les Hermathènes étoient placés dans les bibliothèques comme ornement. *
U) Jërém., 55,5. — <«> Paosan., lib.l, cap. 17. — ^) Aristid., Mhg. A^en.f p. 26. «^^ ^ Athen. , Dtipnos^ lib lY.
(a) Pag. ^fS.
Le but de ces pratiques religieuses étoit de conserver à Tame le libre exercice de son intelligence -, tout est lié dans l'homme, si l'ame agit sur le corps, le corps agit aussi puissamment sur l'ame , et il faut convenir que nos passions sont toujours le résultat de notre organisation et de l'état habituel du corps-, le genre de vie que l'on mène , influe plus ou moins sur l'habitude de l'ame, et lui donne plus ou moins de facilité, pour pratiquer les vertus , qui en général tiennent beaucoup du tempérament, mais l'abus de ce principe peut jeter dans des excès contraires à ceux que l'ont veut éviter et qui ne sont pas moins funestes qu'eux. Celui qui veut maintenir le calme de sa raison doit préférer un genre de vie sobre, réglé , et n'obéir qu'à ses besoins plutôt qu'aux attraits de la volupté , accorder aux puissances de l'ame plus qu'à celles du corps et éviter tout ce qui peut multiplier ses besoins' et irriter ses désirs ; voilà ce qu'une sage philosophie nous prescrit et à quoi elle doit se borner. Mais on a cherché ime prétendue perfection dans l'excès des abstinences ; Pythagore disoit : // ne faut nullement négliger la santé du corps. On doit lui donner apec mesure le boire et le manger j et les exercices dont il a besoin : j^appelle mesure j ce qui V incommodera pas ^^. Mais l'esprit de mysticité faisoit croire qu'avec ces austérités, on parvenoit à contempler plus aisément le premier dieu , le dieu intellectuel ^^ : on croyoit écarter ainsi tous les nuages que la matière peut répandre sur l'ame, la partie
<i> Vers dorés, XXXIH, XXXIV, XXXV- = C«) Plut., delsid. et Osir., p. 591.
divine de l'homme qu'Horace appelle dipinœ particulam aurœj Virgile , auras simplicis ignem y Vochema ou le véhicule de l'inielUgence-y théorie mystérieuse sur laquelle on peut consulter Hiéroclès dans son conunentaire sur les vers dorés de Pyjthag(H:e ^*^ , théorie qui étoit fondée sur ce principe , que ce qui est impur ne pouvant se réunir à ce qiii est pur , il est nécessaire que Tame soit dégagée de la matière ^ pour qu'elle puisse soutenir la communication avec les êtres purs auxquels elle doit se réunir. Car , dit Hiéroclès , la tendance qu'ont les différens êtres à s'unir entr'eiix, est toujours fondée sur l'analogie de leur nature; la dissemblance au contraire ^ sépare ceux qui semblent être plus voisins : c'est de ce principe qui se retrouve chez tous les Platoniciens , que l'on partit pour enseigner aux hommes que le plus sûr moyen de plaire aux dieux et de s'en rapprocher , étoit de mettre entr'eux et soi la plus grande ressemblance possible, et d'imiter leur nature incorporelle.
{h) Pag. 277.
Saint- Augustin nous a conservé un passage de Gicéron , dans lequel cet orateur philosophe regarde le péché originel dés âmes dans le monde supérieur , et leur incarcération icibas , comme faisant partie des dogmes enseignés dans les anciens mystères ^^ Le péché dont s'étoient rendues coupables, ces âmes dans la vie supérieure , c'est la concupiscence de la ma* tière , c'est le désir de connoître le monde sublunaire , où le bien et le mal se trouvent mélangés , c'est d'avoir voulu y descendre par la génération. Suivant la doctrine platonicienne, lorsque l'ame est entraînée vers le corps , dès le premier instant où elle se prolonge hors de sa sphère originelle, elle com-
t^^ Hiéroclès, p. 293,' c(i vers, 67. — Blbl. des phihsoph, y T. I, p. 68, 124, i3o. — ^T. n, p. 109, 202. — (^) Saint-August. , adpers, Peïasg. , lib. W.^Frag, Cicer, opéra, éd. d'Olivet , T. VU! , p. 677.
moBoe à tçmnrer le désordre rigaaait dans la matike qm s'unit à sa substance -, c'est ce que I'ob tnmye dans le Phédon de Platon, lorsqu'il nous peint l'ame diancelante et prisa d'une nouvelle ivresse qui la fait tomber vers le corps. Koua avons , dit Maciofoe , un symbole de cette ivresse mystërieuBa dans la coupe de Baccbus : c'est là que Foubli, compagnon da l'ivresse , commence à se glisser insensiblement dans les âmes ^. On trouve la même idée philosopbique dans Platon , qui hit partir les âmes d'tm endroit lumineux *, elles s'assemblent dans les champs de l'ouMi pour y boire Feau du fleuve Âmélès ^. Cette fiction n'a pas échappé i Yii^e ^ : si les âmes , ocmtinue Macrobe , portoient jusque dans les corps y la connoissanca qu'elles avoient acquise des choses divines , dans leur séjour aux cieux , il n'y auroit jamais entre les hommes de partage d'ofônion siu: la divinité; mais les unes oublient plus, les autres moins.
L'opinion que les âmes étoient exilées sur la terre , perce qu'elles avoient péché dans le ciel , est fort ancienne et fort commune , dit Beàusobre. ^^^
Toute cette théologie relative aux âmes est très bien développée dans Macrobe et dans l'ouvrage de Porphyre sur l'Antre des nymphes. On y enseigne que la vie est un état malheureux, et que la mort est le terme de nos maux, puisqu'elle nous rend à la félicité primitive , lorsque nous avons vécu con* fbrmément aux principes de la justice. ^^
(c) Pag. 278.
Voici comment les philosophes éclectiques et Platon luimême avoient spiritualisé l'ancienne doctrine sur les puis-
(*> Macrob. , cap. 12 , p. 49. — (*> Plat. , de hg, ,^p. 621. — ^ Virg. , JËnàd. , lib. Vt , y. 749. >» (^ BeauBobre , Hist. du Mamch. , T. II, p. 7. — (^) Macrob. , Somm. Scip, , lib. I , cap. 13 , i3.— Porpbyr. , de Ajitro v^mpharum , p. 19.
sance» ^e la natani , ils diaoient que le pfemier Etre est Têtre plein et parfait; ce premier être parfait renferme trois choses : 1^ Le bien qu'ils nomment Dien^ le p^ de Touvrier du monde, le père du verbe; ofi L'intelligence qu'ils nomment le verbe f ^^go^y auquel ils at^buoieut la production de toutes elioses; S** L'esprit ou la vie.
Le premier Etre n'ayant pi avoir dfautre motif, en produisant le monde que sa pure bonté, nous concevons Dieu sur la pure idée du bien et du bon , avant que de le concevoir comme producteur, ouvrier, verbe, intelligence , termes synonymes
' dans Platon ; c'est pourquoi il appelle le bien , le père du verbe , et par là il justifié la prééminence qu'il accorde au bien sur l'intelligence. Plotin développé* ce raisonnement dans ses six Ennéades où il nomme le bien , le père de l'intelligence ; Porphyre expliquant dans son quatrième livre de l'histoire de la philosophie, la pensée de Platon: « Platon, dit- il, enseigne » que l'essence de Dieu procède jusqu'à trois hypostases ; que » le dieu suprême est celui qu'il nomme le bien , que celui qui » est après lui ou le second est le producteur , et que la troi- >» sième hypostase est le monde, son esprit, sa vie, la divinité » procédant jusque là. »
Tous les Platoniciens ont fait honneur de cette trinité à
•Platon leur maître , tous les SS. Pères la lui ont unanimement attribuée ; elle est en effet textuellement exprimée dans ses ouvrages. « Vous avouerez , dit Socrate dans le Philèbe , que » l'ame et l'intelligence , qui sont le troisième et le second » ^ de l'énigme , ont leur origine dans la nature de Jupiter. » Dans le même Philèbe, Platon parle distinctement du bien, de l'intelligence et de Famé ou la vie ; il y met le bien audessus de tout , c'est dans la nature du bien que l'intelligence et l'ame ont leur origine. Il dit que l'intelligence est inséparable de Famé: C^eat cette intelligence ou le i^erbe très dii^in^ dit-il^ qui a fait et arrangé le monde. Il établit la synonyinie des termes verbe et intelligence* U intelligence ou le verbe ,
46o HOTES.
dit Platon^ est engendré de celui. qui est Ut cause ou le principe de toutes choses. Dans le sizième livre :de la république , ^ Socrate n'ose entreprendre de parler du bien^ la première hypostase ine&ble. « Mais je veax vons parler^ dit-il^ de )> celui qui me paroit engendré du bien ^ et lui être très sem- » blable; parlez-nous de lui^ lui dit-on, car vous nous » apprendrez ainsi ce que c'est que le père. Prenez donc yien, TU ma pensée, répond Socrate , touchant ce fils engendré du » même. » Platon dit dans l'Ëpinomis que l'homme heureux ( c'est-à-dire , le philosophe et le vrai sage ) , attache d'abord son admiration sur le verbe très divin, qu'il connoît le père ou seigneur de l'ouvrier du monde : il veut que l'on jure par l'ouvrier du monde et par son père.
Platon a mêlé cette théologie dans tous ses dialogues ; il ramène toujours à la contemplation du bien , de l'intelligence et de l'ame ou la vie. Le bien est \e premier ^ l'un parfaitement un y le mêms toujours le même, le beau, le parfait ^ V utile , la fin de tout ce qui se fait, ce que toute ams poursuit, le roi de tout, le père de Fintelligence et de Vaine , le principe de toutes choses ^ V ineffable. L'intelligence est dieu y le verbe très divin , le fils , Vidée , la cause, la sagesse , le chef, Poui^rier de toutes choses , le second y le monde intelligible y l'être y elle a un père ineffable. L'ame est dieu, ayant son origine dans le principe de toutes clwses , Vame divine y Vame du monde , la perta, la pie , V esprit, elle est répandue et infusée dans tout ce qui se meut , principe de tout mouvement, et ce que qu'on peut nommer le troisième.
Le but de Piotin, dans s^s six Ennéades, est non-seulement d'établir et d'éclaircir ce dogme de Platon par les seules lumières de la raison, mais aussi de prescrire à l'homme une méthode pour s'élever à la connoissance et à la découverte des trois hypostases en commençant par la troisième. Par la connoissance de l'ame particulière , de l'ame commime , de celle du grand corps qu'elle anime, et qui est tout ce'monde sen-
sible/ame que nous voyons et sentons partout, nous parvenons à la connoissance de Tintelligence ou du verbe qui est le principe immédiat de cçtte ame, et l'exemplaire ou le modèle du monde. Par la connoissance du verbe ou de l'intelligence", nous nous convaincons qu'il ne peut pas être le premier principe , qu'il procède nécessairement de quelque chose, qu'il est engendré , qu'iL a un père et que ce père est le bien , le très parfait et l'unité ; il n'y a que ces trois principes dans l'ordre intelligible.
' Plotin , après avoir déployé sur ces trois principeé imc métaphysique plus ou moins abstruse , dans les sept premiers chapitres du premier livre de la cinquième ennéade , remarque que cette doctrine est celle de l'antiquité , que. c'est le vrai ternaire dont Platon étoit redevable à Parménîde, que Pythagore , Anaxagore , Heraclite , Phérécyde et Aristote lui-même étoient dans les mêmes principes. Tous ces philosophes admets toient donc trois principes ou hypostases archiques sous diverses dénominations. C'est notre sainte trinité que Saint- Justin , Saint-Clément d'Alexandrie, Eusèbe de Césarée, Saint-Augustin et plusieurs autres pères de l'église ont vue dans les ouvrages de Platon. «On trouve, dit le P. Lafitau ^^^ , w des vestiges des mystères delà Très Sainte Trinité dans » les mystères d'Isis, dans les ouvrages de Platon, dans les )) religions des Indes, du Japon et des Mexicains : ceux qui » prétendent avoir une intelligence plus parfaite de la science M hiéroglyphique des Isiaques, croient y voir ce mystère com- )) pris sous divers symboles. »
Voici la différence qui existe entre la doctrine des philosophes anciens sur les trois hypostases et la doctrine des chrétiens sur la Trinité. Les anciens admettent une infériorité respective' des trois hypostases ; ils placent au-dessus de tout la première cause ; ils veulent que ce soit quelque chose de fixe , d'immobile , et dans une inaction générale : c'est ce
0) Lafîlau,T. I,p. g.
462 ROTBS.
qatîHê noBBBcnt k bitn. Ha ajoatent qne de loi est ieàtt Fûtfd- Hgenee qui dcricnt parfaite par la amteiii]^Btion du bien ; ils fat nommeiit encore le aeooaod dieu , Fouvrier du monde «t cdni qtd est le pins proclie du Uen -, ils Talwassent &jm degré/et ils lui donnent la seconde place ani-dessons du premier. Us mettent dans le troisième xwcÈg l'ame da m^ide qin n'est pas parfaite de son propre fbnds^ maïs elle se perfectionne et se divinise par ses relations arec l'intell^enee qoi a mie supériorité d'excellence sur elle.
Ainsi les théologiens du paganisme 9 après avoir étaUi qi^ n*y a qu'im seul dien , tombent dans une tiinité de dieux in^aux et leurs trois hypostases ibanent trois naturel, e'est-è-dire, trois dieux.
Ce langage ifest pas celui de 1'^^, les trois hypostasea ne sont pas trais natures^ et elle distingue entre la subsUmee qvi est une, et l'hypostase ou la perscmne qui est comme va attribut de la substance. Les nourrisscms de l'église cetbotique , dit Saint-Epiphane ^^, reccmnoissent que l^bypoataae est auire que la nature; tandis que , comme le dit Produs, les Platoniciens qui ont reconnu tipoîs bypostases, ont reconnu trois dieux. <«
Numenius nomme le premier, le père^ dit Produa : le second Vom^rier^ le troisième Voiwra^^ car le monde est selon lui le troisième dieu, Plotin prend formellement les trois bypostases pour trois natures; car après avoir cité un passage du Parménide de Platon , il ajoute : JPar là on indt que Par^ ménide tombe aussi daccorddes trois natures^ ^'^
Yoici comment Plat<»i explique 80!n divin ternaire dans le Parménide : Un sans autre chose j un qui est jtlusieurs choses ^ un et plusieurs choses. On voit qu'il mettoit par tout l'unità
Tous les philosophes de l'antiquité ont reconnu un seul être qui a toujours été '| il y a eu trois manières générales d'envi-
<ï) Epiph. DiacoD., VI" act. , IT Coricil. Nie, soi 787.— ^ Proclu^ in Tim, « (^ Plotin, Ennead, V^ lib. I, cap. 8.
QUATIilÈME SECTION. 463
aigcr cette umié à& prâcipes. i"* La diTmité s^ile; mais Hdée de la divinité seule , agissant comme cause libre et prodtdsant le monde par sa seule Tolonté , ne se froure clairement exprimée que dans les ]^iicipe9 du christianisme. 2^ |La matière leirïe y. (^étoit Fopinion dea école» d'Ëpcure et de Straton j Bsais elle se bomoit à cea deux sortea de pMlosophes , elle a été généralement proscrite par l'antiquité , et on doit la regarder eomme une liérésie danala religicm des anciens. 3^ La dirinité et la matière conçues: comme un^ dan» un seul éire^ l'une regardée comme cause aetive et l'autre comme cause passive. Ce dernier ajstème étoit celui dea Ori^itaux^ c'étoit aussi celui de pesque tous les philosophes de l'antiqmté^ c'éloit la hase de la croyance reli^ense ^ c'est ce que la nsfture présente aux hommes lorsqu'ils commeneentà ^néraliser leurs idées ^ et c'est le système qn^avoient adopté les théologiens et les législadeurs qui avoient reçu leur croyance i«l%ieuBé du spectacle que leur ofiroit hi nature.
(J) Pag. 298.
Ces principes, qm n'ont été qu'indiqués par Socrate, et qui ont été malheureusement méconnus par la plupart âes philosophes anciens et modernes , viennent d'être développés de nos jours dans des ouvrages qui se font remarquer surtout par la justesse des idées et un amour sincère de la vérité.
Il y a des vérités primitives de plusieurs sortes , dit M. Degerando ^*^ : ces vérités obtiennent un assentiment nécessaire , • constant , universel , sans avoir besoin d'aucunes preuves , étant elles-mêmes plus évidentes que toutes les preuves. Les sciences mathématiques sont fondées entièrement sur des propositions métaphysiques de cette espèce : on peut , par exemple , affirmer d'avance que le tout est plus grand que sa
(1) Hist, comparée des divers systèmes de philosophie.