‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de laChapitre 9 sur 36 · I I& CÉRÈS · texte numérisé non relu

I I& CÉRÈS

c^ltitrej pn pe tarda pas» à instituer 4es £$^es dojfit le principal but fut le désir de rassembler les hpiiuades et (^ les unir par V^iti^> en leur fais£int partager u^ divertissement agréable ^^\ Les premières réihip^ions y les preçoiers sacrifices de cette espèce eurent lieu après les récoltes , et lorsqu^on voulut oflFrir à la divinité les. prémices des fruits de la terre. Les l^oètes nous ont fait des peintures charmantes de ces premiers sacrifices qu'on offrit à Cérès et à Bacçbus ^^^ : à la naissance des fêtes d'Eleusis le? femmes s'assembloient autour du puits nouimé Gç^lliçhore , et y exécutoient des danses religieuses. Il n'est pas probable que dans ces temps reculés , et dans l'enfance de la civilisation , où la religion avoit pour but principal de réunir plus étroitement les citoyens et les familles, il y ait eu de ces fêtes exclusives où les initiés évitoient les regards, et où il enlroit tant de mysticité : alors les fêtés étoient publiques, et se bornoient aux danses et aux chants,

§ m. Les Eleusiniennes et les Thesmophories étoient les deux fêtes les plus célèbres de Cérès, La première avoit pour objet F invention de l'agriculture y la seconde l'établissement des lois, suite nécessaire de la culture des champs, ïsisjut aussi législatrice.

Les deux fêtes les plus célèbres de Gérés , les Eleusiniennes et les Thesmophories , avoient pour

^^ Diod. Sic. , lib. I. — Tihul., Eleg, S, lib. l , v. 29. <^> Tibul, , Eleg. 5 , lib. XI, v. 95,

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objets la première, l'invention de l'agriculture^ et la seconde rétablissement des lois, suite naturelle de la culture des champs.

Ovide a eu raison de dire qu'en fécondant les terres , en procurant aux hommes une plus douce nourriture, Gerès leur avoit en même temps donné des lois ^^^, et que toutes les douceurs de la vie étoient un présent de cette déesse. Ainsi , snivant la remarque de Grotius, lorsque les anciens ont donné à cette divinité l'épithète de législatrice , et qu'ils ont appelé une fête célébrée en son honneur du nom de Thesmophôries , ils ont fait entendre par là que le partage des terres a produit une nouvelle sorte de droit, le droit de propriété différent de celui qui résulte de la loi naturelle^ et en effet la législation dut naître aussitôt que les hommes cessèrent de vivre des productions spontanées de la terre ; pour ensemencer il fallut distinguer les champs , de là sont sortis le droit de propriété, les règles qui l'étabUssent et toute la législation qui en découle. On a donné à Gérés des balances à cause de l'iuven*** tien des lois. ^^ ,

Orphée appelle Bacchus Thesmophoros comme dieu de l'agriculture ^^K On disoit aussi qu'à son

^^ Prima Ceres unco giebam dimovit aratro , Prima dédit fruges , alimentaque mitia terris , Prima dédit leges , Cereris sont omnia munus. ( Ovid» , Mctam. , V. 342. )

^ Cabin, de Stosch, ch. It , sect. 5 , no 274, 275.

^'' Le pavot étoit mis quelquefois au nombre des symboles

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retour de Texpëdition des Indes^ il.avoit tout trouvé dans le désordre et Tanarchie, qu'il avoit puni le crime et établi les lois. La déesse Isis avoit aussi donné les premières lois en E{(ypte , elle avoit enseigné aux hommes à se rendre la justice et à bannir la violence par la crainte du cliàliment ^*^: dans ses mystères un ministre porloit la main de justice. C'^st comme déesse de la justice qu'elle envoya au roi Bocclioris un serpent qui, s'enlortillant autour de sa tête , le couvroit de son ombre, pour l'avertir de juger avec équité, afin qu'il ne cédât pas à toutes les instances, par la crainte de s'entendre appeler un homme dur et iLt.aittble ^\ A Herm.opoHs, elle étoit adorée comme déesse de la justice ^^^ j ^lle étoit l'emblème de la justice et de la sagesse. ^^^

La première loi de Gérés fut celle des limites et du droit que le cultivateur avoit aux récoltes. On Usoit dans la célébration des mystères d'Eleusis, les lois qui avoieut été établies par Triptolème discij^le

mystiques de Bacchus , avec les fërules , les ihyrses, etc., j( S. Clém. Alex., ProtrepL^ p. i^, ). Dans les inoDumens antiques qui SQnt relatifs aux Dionysiaques, on voit souveutla grnppe entre des dpis, ( Montfaucou , Supl.^ T. Ij, p. io3. )

^*> Diod. Sic, lib. I.

^^ Plut. , Ti^ailé da lafausse honte, T. VII , p. 4i. = ^^ Plut., Traité d* Isis et tT Osiris^ — Posasse vero dicunt etiam leges Isin^ per quas sibi invicem hqmines darejus et deslitisse ab illegitima violentiâ et contumelid propier metum punitionis,,Propterea etiam antiquos Grœcos Cererem légiférant nominare , utpote legibus primum ab ed positis. (Diod. Sic, , lib, I. ) = ^^^ Plut. , Ibid,

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et favori de Cérès : la première e'toit d'honorer son père et sa mère ; la seconde de n'offrir aux dieux que des fruits; la troisième défendoit de tuer les animaux qui serv oient au labourage ^^\ Dans la suite ces lois furent gravées sur l'airain et conservées dans le temple de Cérès à Eleusis: elles étoient aussi consacrées à Athènes dans le Mctroum ^^^ C'est en mémoire de cette heureuse législation qu'on établit tous les ans, les Thesmophories dans lesquelles on portoit respectueusement en triomphe le livre des rites et des lois. Cette fête étoit donc particulièrement consacrée à Cérès législatrice , ainsi que l'indique son nom lui-même , comme les fêtes éleusiniennes furent consacrées plus spécialement à rappeler les autres bienfaits de Cérès déesse de l'agriculture. Quoique le but de l'institution de ces deux fêtes ait été reconnu dans tous les pays où elles étoient observées, cependant les cérémonies étoient absolument les mêmes djms l'une et dans l'autre, et les deux objets de reconnoissancc envers la déesse n'étoient jamais séparés ^^K Le seul caractère qui pût faire distinguer les Thesmopliories des fêtes d'Eleusis étoit que dans les premières^ les femmes seules pouvoient en- être les ministres ^^^j les Thesmophories étoient anmjelles, et elles se célébroient au temps des semailles. Les cérémonies , en rappelant le rapt de

^*^ Porphyr. , de Abstin. , lîb. IV, 5 q2. = ^^ Servi us , jEneld., lib. IV, v. 58.= ^^Pausanias , lib. X.— Gruler, InscripU^ p. SoQ. — Cicer. , de Legibus^ lib. II, cap. 14. = ^*^Salmas, Exerc'U, plinian. ad Sçlin,j p. 7 Sa.

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Proserpine , avoient pour but prindpal de faire allusion au temps que le blpd alloit rester caché au sein de la terre ^^\ Il paroit très vraisemblable que les femmes qui ëtoient employées dans les sacrifices des Tli( smophories , étoient les mêmes qui avoient été^ initiées aux mystères d'Eleusis j les Thesmophories étoient^ aussi bien que les mystères d'Eleusis, des cérémonies nocturnes qui se faisoient à la lueur des lampes et des flambeaux. Du reste cette allégorie primitive d'Isis et de Gérés , est claire ; elle est uni'quement relative à l'établissement de l'agriculture , à l'abondance qu'elle produit et à la législation qui en découle. Virgile décrit les instrumens nécessaires au laboureur, tels que les ordonna la déesse d'Eleusis ^^^ : le soc , le corps de la cbarruç , les chariots , les rouleaux ferrés, les traîneaux , les herses , les lourds râteaux, les ouvrages d'osier inventés par Celée, les claies d'arboisier, le van d'Iacchus. Tous les attributs , toutes les épithètes de Cérès (nn) éloient primitivement relatife à l'agriculture ^^^ et à

^*^ Fhurnutus, in Cerere. — Arnob*, lib. V.

^ Tardaque Eleusinœ matris voheniia plaustra, (Virg., Georg. , lib. I , v. i6o. )

^^ Nutrit rura Çeres, almaque faustitas. (Horaf., lib. IV, Od, V , V. 18.) Faustitas vient dejaustus, faveniia divina , la grâce du ciel : c'est ce qu'Horace appelle dans le Foëme Séculaire aquœ salubres , et Jovis auras* Cette grâce du ciel n'est autre chose que des eaux saines et un air pur ; les Romains en avoient fait une divinité qu'ils appeloicnl Fausiitas,

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la Içgistation. On lui offroit une couronne d'épis ^^^ ; on pendoit quelquefois cette couronne à la porte de ses temples ^'^\ le plus souvent on lamettoit sur la tête de la déesse. On joignoit les pavots à Fépi Céréale papai^er ^P ; les Mélisses (po) prétresses de Gérés ^ portoient aussi une couronne d'épis, un pavot, et elles avoient une clef appendue sur leurs épaules. Gérés, déesse de l'agriculture, est souvent placée sur un bœuf ^^^ tenant deux flambeaux à la main, Le^ Grecs célébroient en l'honneur de Gérés plusieurs autres cérémonies , où on observpit à peu

^^^ Feriilisfrugum pecorisque tellus Spicea donet Cererém corona ; Nulriant fœtus et aquœ salaires Et Jovis aurœ» ( Hor., Carmen Sœcidare , v. 29. ) /

Primiiiasjrugum dant spicea serta suarum, ( Ovid. )

ImpoSuitque suœ spicea serta comœ, ( Ovid. )

^^ Flava Ceres , tibi sit nostro de rare corona

Spicea , quœ templi pendent anlè foi^s. ( Tibul. , lib. I , Bleg.\.)

^' et spicis tempora cinge , Ceres (Tibul., lib. II,

Eleg.l.)

Dans une ëpigramnie , Cdrès est appelée 2a;^yo(Téyavoç, couronnée d'épis. Les poètes latins l'appellent Spicifera,

^^^ nia jUgo tauros collum prœbere cogit, ( Ovid. , lib. IV , V. 4o5. )

Calliraaque donne à Cërèsle surnom de Melophoros^ Ovifera. Quœ cura boum, qui cuUus habendi, sit pecoris, ( Sopboc» , Philoct, , V. 396. ) **

Comme chargée du soin des troupeaux , Cérès étoit la même que Pales.

près les mêmes rites que les Egyptiens pratiquoient dans les fêtes d'Isis. Les Athéniens, avant que d'ensemencer les terres , faisoient un sacrifice à Cérès , pour que les fruits fussent abondaiis ; c'étoit un jour de fête que l'on appeloit les Proe'résies {pp) ^^\ Les Athéniens y sacrifioient pour tous les Grecs: ces fêtes furent établies, dit-on, d'après les ordres de l'oracle, à l'occasion d'une famine affreuse qui désola TAtti jue et toute la Grèce ^^\ Après la moisson , ils lui ofTroient les prémices des fruits en actions de grâce de leurs récoltes. Dans la fête nommée Epachthès, les BJotiens portoient en cérémonie ce qu'ils appeloient la maison de Cérès Achaïa , et cette fête se célébroit dans le mois des sepiailles. Dans l'île d^ Cos, on célébroit en l'honneur de Cérès des fêtes appelées Thalysiennes, qui ont été chantées par Théocrite ^^^ j ces fêtes thalysiennes étoient publiques et particulières, comme les Dionysiaques à Athènes: Phrasidame et Antigènes, dans l'Idylle de Théocrite , les célèbrent à leur campagne. Des médailles antiques représentent Cérès Courotrophos ^^^ ; deux

^^ Hesychius. — Scliol. Soph. , ad QEdip,-^Sch6\, Aristopb., ad Equités, = ^^^ Suidas. — Plut., in Conv,, sap. "VII. = ^>Theocnt.,/^j'//.\II. ^

^*^ lia tellus, sive Ceres varias habet poiestates , atque ut «utrix^ constitutionem imilatur i effeclricem : Juxlà quàm, j^the^ nienses, more apud majores recepio, eam Courotrophon laudant. Il y a voit à Atliènes un temple de la terre Courotrophos ( Pausanias. ) : ce temple avoit éié consacré à la terre nourricière des enfans, par Erîchthonius , qui le premier avoit offert un sacri-

petits enfans portant la corne d'abondance sont places sur son seia : cli^z les anciens, les enran$ éloient le symbole de la fécondité. Les figures du Nil étoient accompagnées de deux enfans, Tun placé sur un hippopotame, l'autre jouant avec une corne d'abondance. Lorsqu'ils vouloient représenter la fertilité d'une contrée , ils le faisoient avec des enfans : Cérès est souvent représentée avec la robe de mère de famille, tenant une poignée de pavots et d'épis, Jupiter ayant promis à Cérès que Proserpine sa fille demeureroit six mois avec elle, le calme reparut sur son visage, elle entrelaça des épis dans sa chevelure, et la récolte des grains fut si abondaate que les aires ne purent' la contenir ^^K Les femmes invoquoient Cérès pour obtenir la fécondité. ^^

ficeà celte tlivînilé (Suidas, V. Erichthmius, — Marmor. Czon^ Epocb. 10. )• ^1 ^st passé en loi , depuis cette époque , de com* iDCDcer par offrir un semblable sacrifice à celte divinité ,^ avant que de sacrifier à quelqu'autre dieu que ce fiU.

^*^ Ovid. , FasUy lib. IV, v. 6i3. L'usage de représenter Cérès avec des épis de bled , lui avoit fait consacrer le signe de la Vierge > l'épi étant une belle étoile de celte constellaiion. Les astrologues disoienl que lorique cette é oile commençoit à paroître au dixième degré de la vierge , elle devoit inspirer auK nouveaux-nés le goat de l'agriculture :

Al cum per décimant consurgens homda parlem Spica feret prœ se vallantes corpus arislas , Arvorum ingenerat siudium rurisque colendi, ( Manilius , lib. V, v. 271, 273. )

^ Enneœ Cererem nurus frequentanU

On lit dans le même Mauiiius ( Astron, , lib. Il, v. 433. ) :

Enfin , Isis comme Cérès, étoit la terre mère, en- , visagée tantôt comme la partie supérieure de la terre et nourrissant tous les êtres , tantôt commela partie inférieure qui les reçoit et les renferme dans son sein. Le culte d'Isis ou Cérès et de Badchus il'e'toit que celui de la nature, considérée comme utiique, re- , -lativenient à sa fécondité et à la génération dont elle a fait une loi , mais divisée suivant ses opérations et ses présens , adorée primitivement dans le bled

Spiclfera est virgo Cereris, Celte idée est confirniëe par la position de ce signe aux pieds de la constellalion du bouvier (Thëon, àdAraL, p. i5. ), Non- seulement les temples de Cérès e'toient ornes de gerbes de bied , ils étoient encore décore's des instruitocns de la moisson ( Apul. , Met, , lib. III , p, 558. ). te toain étoit le symbole de Cérès sur plusieurs monumens» ( Begér. , Thés. Brand., T. 1 , p. 6. ). Virgile , Ovide , et un grau^ nombre de poètes , ont employé le nom de Cérès pour le bled et pour le pain. On voit sur un monument du cabinet de Stosch ( Ch. II, sect. 5 , no ii^. ) Cérès tenant de la main droite une tête de bélier , animal qu'on lui sacrifioit. On lui offroit aussi des brebis qui ne dévoient pas avoir plus de deux ans f Vire jËneid,^ lib. IV, v. 57, 58.— Servius, in hoc loco. ); mais lé porc étoit l'offrande la pins jcommune. LMnslicct qu'a la foui'roi de ramasser des grains de bled, l'a fait placer sur lermonumens de Cérès : l'un représente ces insectes h ses pieds , l'autre lés place sur son char ( Cabinet de Stosch, sect. 5 , no 227, aSa. ). Les coqs plaisoient à Cérès ; on en voit sur le Modius, tenant au bec une souris , qui est regardée comme l'ennemie de la déesse des moissons. On trouve au revers des médailles qui représentent Cérès , un épi de froment , dont les feuilles sont surmontées d*un de ces animaux ( Sainte-Croix, M/stères du paganisme , T. II , F* 224. ).

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sous le nom de Gérés et dans le vin sous le nom de Bacchus.

$ IV. Isis principe passif qui embrasse toutes les générations et la nature entière. Cest Vlsis ou Ig, déesse des mystères, -^ Ses d^fféréns noms.

Les Egyptiens généralisèrent bientôt ce culte et firent d'Isis le principe passif qui embrasse toutes les générations et la nature entière ^*^ : c'est cette divinité qu'adorèrent les Grecs dans les mystères , et dont il est si souvent fait mention dans leurs cérémonies sacrées , c'est à elle que sont appliquables les anciennes inscriptions qui nous ont été transmises ^^. Ainsi y Isis considérée sous un point de vue plus général ^ devint le symbole de la puissance passive de la nature^ l'emblème de sa bienfaisance; c'est sous sa protection que les Egyptiens se plaçoient immédiatement. Isis, d'après ces idées religieuses est dans la nature comme la substance femelle, conime l'épouse qui reifoit tous les germes productifisj elle est le récipient universel, la nourrice de tous les êtres : on l'appelle Myrionime, parce qu'Oâris ou le premier principe la rend capable de prendre toutes sortes de foi mes. Elle a un amour

^^ Isis est ea natures pars , quœ^ quasi feminea , omnes in sé recipit ortus^ tanquam nutrix quœdam et commune receptaculum.

^ Omniformîs uatura (Grut., Tfies. Grrûc, sect. 24, J. 7. ). Omnium mater. (Grœvius, in lect, — Hesiod., lib. XVII. j

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inné pour ce premier étre^ le même que le bon. principe , elle le désire, elle le rcclicrcbe ; au contraire elle fuit, elle .repousse Typhon ou le principe du mal , et quoiqu'elle soit le récipient ou la matière dqs opérations de l'un et de l'autre, cependant elle a toujours une pente naturelle vers le meilleur des deux : cWc s'ofFre à lui volo tieri , i.fin qu'il la féconde, qu'il verse dans son sein ses influences actives , qu'il lui imprime sa ressemblance. Elle éprouve une douce joie, un vif tressaillement, lorsqu'elle sent en elle les gages certains d'une heureuse fécondité ^^^: telles éloient les idées mystiques des Egyptiens. C'est d'après ces mêmes idées qu'Isis, après avoir si laborieusement cherché Osiris et avoir retrouvé son corps , élève son fils Horus l'einblême des productions terrestres, qu'elle le fortifie par les exhalaisons, par les vapeurs et les nuages dont elle le nourrit; alors elle triomphe de Typhon, mais elle ne le fait pas périr. Cette déesse, mère souveraine de la terre , n'a garde de laisser détruire l'ennemi d'Osiris et d'Horus, c'est-à-dire, la substance opposée à l'humidité ; au contraire elle le relâche , elle lui rend la liberté, afin qu'il serve de tempérament à l'autre, car l'univers ne pourroit subsister, si la sécheresse ou la substance ignée éto^t anéantie. ^^

Isis, comme principe passif, comme mère des générations, représenta d'abord la terre en général,

^*^ Vlut. , de Jsid. et Osir. , p. 1 29. = ^ Plut. , Trait, cuisis et iÔsiriSy p. 101.

et sous ce rapport elle fut appelée Tt9>îvyi , matrix , nourrice , et irav Je^^? su$ceptrix , recevant les influences du premier être. Aussi son corps ctoit-il garni de mamelles. ^^^

Comme principe passif, les Egjptiens lui donnoieirt différents noms. Ils Tappeloient Muth , c'est-à-dire, mère; ils Fappeloient Aihyr ^ id est, 'plena Oriy parce qu'elle étoit la mère de toutes les productions divinisées sous le nom d'Horus, ou comme dit Platon, parce qu'elle étoit l'espace ou le récipient de la génération. Les Égyptiens représentoicnt souvent , par une femme coiffée d'une tête de 'Vaclie ou de feuille "tie lotos, Isis nourrissant son fils Horus , c'est-à-dire, la matière première, le principe passif des générations avec le cosmos fruit de l'union dos deux ^qil^s ^^^ Elle étoit encoi*e appelée Methjer^ nom que Plutarque dit être composé de deux mots plein et cause , car la matière du monde est pleine du premier principe auquel elle est unie. îsis est donc rempli^ du pouvoir, de la faculté efficiente pour produire les êtres, virtutis ejffèctricis plena. ^^^

La terre étant le sein dans lequel tout reçoit les premiers principes de la vie, les Egyptiens ont donné tous ces noms à Isis qui la représentoit.

^^ Isis y juncta religione celebratur , quœ est vel terra vel natura rerum suhjacens cœli ; hinc est, quod continuatis uberibus corpus deœ omne densetur, quià terrœ , vel rerum naturœ altu nutriiur universitas. ( Macrob. , lib. I, Satum», cap. 20. )

^ Sainle-Croix , M^st, dû pagan.j T. I, p. 8. = ^^ Traité d^ Isis et Osiris, p. i36.

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