Tome m
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coupe et qu'il ne souffrît pas de boire seul. Tel est sur ©reste le récit du schoUaste d'Aristophane, ou plutôt d'ApoUodore cité par ce scholiaste. Ce fait est raconté par Athénée ^*^ d'une manière un peu différente; suivant Phanodème cité par Athénée, c'est Démophon qui régnoit à Athènes, lorsqu'Oreste y arriva. Il ne voulut pas qu'il fût admis aux cérémonies sacrées, ni qu'il prit part aux libations, parce qu'il n'avoit pas encore été purifié. On celé-* broit la fête des Choès à Athènes , Démophon fit fermer les lieux sacrés, et donner à chacun en particulier un congé de vin j il fit savoir que lorsqu'on auroit fini de boire, personne ne déposerait dans les lieux sacrés les couronnes qu'il avoit sur la tête, parce qu'il s'étoit trouvé sous le même toit qu'O- , reste , mais qu'il falloit eii^ entourer le congé dans lequel on auroit bu, et porter ainsi la «couronae à la prêtresse dans le terrein sacré des Liuunes , ei^uite il permit d'achever les sAcrifi^ces dans le l^emple : c'est depuis ce temps qu'on nomma cette fête, la fête des Choès ou Congés, Suivant Plutarque, Oreste assista au repas des Choès ; mais les Démophoodi* tides l'obligèrent de manger seul, sans même regarder les autres coavives. ^^^
DâBS les autres repas de cette fête, la coupe q«â contenoit plus de neuf livres de via, étoit placée au milieu de la table , et tous les convives huviOÀefit les uns après les autres* u Cét3te coupe , dit Plu-
<*^ Athen. , lib. X , cap, lo, = ^^^ Plut. , Sympos. , lib. VI , Quœst, 10.
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» tarqup en parl^pt des avantages des r/epas en M commun^ p^pst-eUe pa? ujae spigrpe de l^ieùveil- » lai^ce qiii pe jtaf if pour phaqç^ CQpyive que JLors- » qujB ^ çoif est satisfaite ? ^^^ »
n y avoit cette différence entre le repas des Cixaès et ceu^ djss autres purs^des Ijéné^rm^s quç pour les CliQéS; les frais djes ^epas publier ëtqiejit faits par les piagisU'ats: pi p'étoil; de? rjepas particuliers ^ cdgi qui ipvitoit devojt ei^ ÉBÛre les frais ^ , tandis quje dap? les PitJ^égie? ch^ue jponviye apportoit de sa maison ce qu| Atoit nécessaire poi^r je, festin ; mais Ij^ repas publics qui opt existé ^ cQmme on ne peut p^ en .douter d'aprè§ Je passage de Çléarque et cdui de DiQ^re de Sfdle, qu,e nous avpns déjà rapportés, ont jeté aj^^doppés et repris à différentes époques : cetj;e cQjiti^zie n'a çté p; long-temps ni sopvent en vigueur , ejt elle est tombée enfin ep désuétude. Et en effet, suivant Philochore cité par Athénée ^^^ , les Ajth^nie^s p'^sistQie^t au spectacle des jeux badiiqp^s qu'^ijprèf iayoir dipé : cet .p*sage est /ponfîrmjé par Ao^isjQje dan? le .dixièipe Aivre de son ouvrage de Moribufy adressé à Ni,comaque. Eustrate, dans son commepta;if e sur ArisJtQte , <Jit que dans son t€$mps , c'étoit encore r.ijis^ge à Gopstaptipople. Les Athéniens assistoiept à ces jeux ayapt upe couronne sur Ja jtétej pepdant toute ja scqpe op lepr yersoit du vin et pp Ic^ur appof tojlt de? pâ^§eries. Ph^'ré-
"> Plut., Sjrapos.yhh. VJ, Quœst. lo. = ^'^ Athen., lib. VXI , cap, I. = ^'^ Alhen., lib. XI , cap. 5.
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crate le comique assure que de son temps on n'assistoit pas au spectacle à jeun j Fhanodème rapporte que les Athéniens tiroient du vin à leurs tonneaux^ et le portoient au temple de Bacchus qui ëtoit aux LimneSk
Il y eut une époque où les tepas publics se donnoieut dans un lieu appelé la salle des Thesmothètes ^*^ j ces Thesmothètes étoient les six derniers magistrats d'Athènes dans le temps où ceux-ci étoient au nombre de neuf: les deux Archontes, le Polémarque et les six thesmothètes. Il y eut des époques où le premier archonte appelé Eponyme, donnoit dans sa maison le repas consacré aux fêtes de Bacchus^ et cet usage avoit passé dans d'autres villes de la Grèce : Plutarque qui avoit été éponyme à Chéronée sa patrie, parle des repas nocturnes * qu'il donna dans sa maison pour les fêtes' de Bac- y chus. ^*>
A la fête des Ghoès^ les tonneaux étant ouverts , on s'invitoit à boire : un héraut annonçoit ce combat , on devoit boire au son de la trompette ; on donnoit une outre remplie de vin pour prix, elle étoit adjugée à celui qui avoit bu le premier une certaine mesure de la capacité d'un congé. Dans la comédie des Acharniennes , le héraut fait cette proclamation : « Peuples , écoutez ; suivant les rites de » vos pères, buvez au son de la trompette, le pre«
^^ Plut., Sympos., Hb. I, Quœst. i. = ^Plut., Sjrmpos. , lib. II, Quœst lo.-^Lib.VI, Quœst, 8.
» mier qui aura bu^auFa Poutre Ghthésiphonienoe. » Dans ce combat , le buveur derolt être debout sur Toutre même remplie de vin , et boire dans cette position ; indépendamment de l'outre ^ il reœvoit encore une couronne de feuilles. U paroît que dans la suite 9 les couronnes données au vainqueur furent d'un plus haut prixj car Elien raconte que, pendant les Choés^ Xénocrate de Ghalcédoine avoit obtenu la couronne d'or qui avoit été proposée pour prix à celui qui boiroit le plus : Xénocrate la prit et ^ en sortaat du repas , il la plaça sur la statue de Mercure ^ comme il y avoit déposé précédemment les couronnes, de fleurs, de myrte et de lierre qu'il avoit gagnées ^*^ j quelques-uns prétendent que cette couronne d'or avoit été fond^ par Denys tyran de Syracuse;
Dans les Achamiennes d' Aristophane, un courrier vient avertir Dicéopolis que le prêtre de Bacchus^ l'invite à venir au banquet muni d'une corbeille et d'un congé, u On vous attend depuis long-temps ^ » tout est prêt ; Hts, tables, coussins, couvre- » pieds ^ couronnes, parfums f il y a galettes, M gâteaux, offrandes au sésame, gauffres, char- » mantes danseuses, en un mot tout ce qui fait » les délices d'un joyeux festin. » Dicéopolis revenant du festin, dit: /^ai mis le premier mon congé à sec : il ajoute plus bas en parlant à Lamachus : Est'^e qu*on paye son écot dans la fête des
^^ iElian. , HisL Div., lib. II , cap. 4»
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coi^esPVou se tappcUe qu'il étoit défendu d'exiger la cote-part de (îelui qui étoit iilvité atix repas Solennels que l'on donnoit dani la fête des ChoèS ; Dicéopolis dit ensuite : (ji/oH nie conduise vers les juges! oit est le chef du banquet ? qt/oh nie donne ^ r outre y voyez comme ce congé est 'Utdde , fanfare^ victoire : fai vuidé un ifase tout plein de vin pur et sans prendre hdlèine.Jjè chôfeut» xfanfàfv, 'victoire! oh vaillant buvèui*! allez y V outre est àvotzs! nous vous suivons y nous vous célébwns t)ou^ et le prix qite vous venez de remporter.
Dans cette fête , leà nouveaux haUitans qtii n'avoietit pfâs rang dé citoyens , avoient defe vétèmens irougës et J)drloiënt des vâèes j lés citoyeils vêtus à leur vdlonté portoierit uhfe outré ^ d'où ils ont été appelés «(Dcoyopat. ^*'
Le jour de la fête dés Choès, c^es gètis ivt^ës qui
^*' Suîdas , V. A(yxoç KT>îtrtf wvroçi -^ L'on sait ctmibifeli les .Athéniens étoient jaloux de la qualité ei des piitiléges de citoyen , et combien ils accordoient avec peine certaizies ^érogatives à ceux même qu'ils admettoient parmi eux. C'est ainsi que la loi déFendoit de revêtir d'aucun sacerdoce , ceux qii'è le peuple d'Athènéç avoit fait -citoyens. Démosthènes rappot-te à cet égatd le décret rehdu en faveur des ^latéens qui â'étoietit l-éfbgiés à Athènes lors des désastres tle leur Ville par les Lacédémoniens et les Théhaîns : n Les Platéens , à » compter de ce jour , seront Athéniens ^ ils jouiront de tous » les privilèges dont jouissent les Athéniens ^ ils pai'tieiperont » à tous les objets sacrés et civils auxquels ils participent^ ex- » cepté au sacerdoce et aux emplois sacrés , excepté encore k » k dignité des neuf archontes. »
avoient disputé le prix , placés sur des charrettes , se moquoient des passans , leur adressoient des injures et leur feisoieut de mauvaises plaisanteries.
Les Athémens envoyoient^ le jour de cette fête, des présens et des récompenses aux sophistes , qui de leur côté invitoient leurs amis pour les régaler , comme le prouve un passage d'Eubulide dans sa pièce intitulée les Comastes , cité par Athénée.
« Tu fais le sophiste ! mais pour avoir un souper » délicieux , il faudroit que la fête des congés te T) procurât quelques présens ou quelque salaire. ^*^ »
Bacchus recevoit le nom de Choopotes du jour des Clioès qui lui étoit consacré.
Thémistoclê ayant été revêtu à Magnésie de la dignité de Stephanéphore ou sîacrifîcateur , fit à Minerve un sacrifice public qu'il nomma. Jeté Panathénée, et il sacrifia ensuite à Bacchus Choopotes j ce fut aloré qu'il institua dans cette ville la fête des Choès* ^>
Mais le jour des Choès n^etmt pas uniquement looidtsacré au dieu du vin , on y faisoit des cérémonies sacrées en Fhonneur des divinités chthoniennes. CTétoit aussi dans le mois anthestérion que les peuples de la Grèce célébroient la fête générale en ITMmneur des morts; les cérémonies alors observées
^P Athen., Deipn., Ub. X, cap. 10. =^ Id. ^ lib. XII , cap. 8.
par les Athéniens portoientle nom de Choés inferiœ^ on y faisoit des libations semblables à celles delà fête des Choès {s) : Eschyle donne le nom de Choéphores à ceux qui honoroient ainsi la mémoire des morts ; Plutarqiïe nous a laissé le détail des cérémonies et des libations^ annuœ inferiœ , que les Grecs faisoient tous les ans en l'honneur des guer-« riers morts à Platée. Ces cérémonies se terminoient ainsi : « La procession qui^ dès le point du jour ^ » s'étoit mise en marche y étant arrivée au lieu où » étoient les tombeaux^ l'archonte des Platéens » immoloit le taureau noir sur un bûcher; il adre^ » soit ses prières aux divinités chthoniennes ^ il » appeloit au festin et aux libations funéraires les » âmes des guerriers morts pour le salut de la » Grèce à Platée. Puis il remplissoit de vin un » choès y et il le versoit en s'écriant : Je présente ce » choès à ces hommes courageux qui se sont sa- » crifiés pour la liberté de la Grèce. ^^^ »
J IV. Le jour des Choès étoU consacré aux mystères de Bacchus» — Des personnages qui présidoient aux mystères , du roi des sacrifices, de la reine des sacrifices , des Gererœ , des Parèdres ou assesseurs f de VHiérocéryXy du Lampadifer, — Les mystères de Bacchus étoient nocturnes. — Bacchus NyctéUus. — Nyc^ télies.
Nous avons dit que le jour des choès étoit consacré aux mystères de Bacchus; il y avoit une grande analogie entre les mystères de Limnes , et
^*^ Plut., -^n5^, $36.
DIONYSIUS. lai
ceux célébrés tous les ans par les Argiens sur les bords du lac Alcyonée, dont nous avons parlé. Ils avoient Tun et Tautre la même origine; dûs aux colonies étrangères , ils ne furent mélangés avec le culte du dieu du vin qu'après l'introduction de ce Culte dans TAttique : c'est aussi sur le bord du lac Saïs que les Egyptiens célébroient les mystères d'Osiris. ^«
U est nécessaire de rappeler à l'occasion des mystères de Bacchus au Marais que la religion extérieure à Athènes avoit trois principales^ parties, les sacrifices, les pompes et les jeux : les sacrifices consistoient dans regorgement des victimes, et les vœux adressés aux dieux pour la prospérité publique. Les pompes consistoient dans les assemblées d'hommes et de femmes, qui accompagnoient avec un grand appareil dans une procession publique , toutes les choses appartenant aux mystères. Les jeux que Ton appeloit àymlcu , étoient des spectacles publics tels que les jeux scéniques des Dionysiaques ou les jeux gymniques , créés en l'honneur des dieux ^ et dont les préparatifs se faisoiént à grands frais j mais ce n'étoient pas les mêmes personnages qui présidoient à ces difierentes parties de la religion ou qui étoient chargés de leur direction. A Athènes, il y eut à toutes les époques^ un roi des sacrifices, c'est-à-dire, un personnage chargé de présider à cette partie de la religion. Cette in-
^^ Hérod., lib. II , cap. 170.
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tendance des sacrifices fut^ dans toos les temps^ une dignité éminente : lorsque les Athéniens étoi^it gouvernées par dei? rois , ayant un pouvoir absolu , le roi étoit chargé de tous les sacrifices y et son épouse , à titre de reine , avoit les plus secrets et les plus respectables dans ses attributions* Thésée ayant ensuite réuni les Athéniens dans un même heu , fondé la ville d'Athènes , et étabH son gouvern^anent sur des principes plus populaires > on nomma le roi des sacrifices, et on le choisissoit toujours parmi les personfaes les plus recommandables. La femme du personnage choisi pour roi des sacrifices remplit les mêmes fonctions tju'exer* çoit auparavant l'épouse du roi , et elle fut appdée la reine des sacrifices ; dans la suite le roi des sa« çrifidBs fut donné par le sort. Un passage du plaidoyer de Démosthène contre Néera ne laisse aucun doute à œt égard : « Théogène homme de bonne w famille, mais pauvre et peu au fait dés affaires, » ayant été nommé par le sort roi des sacrifices , » Stéphanos l'aida de son crédit pour qu'il fut » approuvé, et de sa bourse pour fi^uitiir aux )) dépenses lorsqu'il entra en charge* » Je trouva dans la première Philippique de Démosthène »n passage aussi précis : ecPourcpioi, dit l'orateur en s'adressant aux Athéniens, pourquoi les Panath^ées et les Bacchanales «e célèbrent-elles ton* jours dans le temps marque, que les personnes que le sort en a chargé ^ soient inteUigentes ou non , etc. ? »
DIONYSIUS. I3é3
Le roi des sacrifices prçsidoit aux mystères aVec les farèdres ou assesseurs qu'il se clioisissoit luimême et dont il étoit le maître dé fixet le tiombre ^^K Dânoslhène dit que Stéphanos acheta de Théogène une chatge d'assesseur au roi des sacrifices , Siptès quoi il lui donna pour femme la fille de Néeta , cette Phanon auprès de laquelld Epenète, citoyeti d'Aûdros, aroit été trouvé en adultère, cette Phanon, dont Démosthène démontre la qualité d'étrangère et dont il dévoile les turpitudes. « Une telle M himae y Athéniens ( s'écrie ensuite Démosthène ), fi à fait pouîr vous , au nom de la ville , des sacri- » fices iecfets ; elle a connu des choses dont la vtie » lui étoit interdite comme étrangère. Une Phanon >i est entrée où personne que l'épouse du roi de^ » sacrifices iie peut entrer , elle a fait prêter ser- M ment à des prêtresses consacrées au service de n Bacchus, elle a été donnée pour épouse à ce- » dieu , elle a fait au nom de la ville les anciens » sacrifices, dont plusieurs sont secrets et des plus » respectables, des mystères que tout le monde ne )) peut connoître tnême par ouï-dire , la première » VèiiùB , peut-elle Saûs iînpiété les administrer , et J) sùnout une fettune telle que Phanon ? ^^^ »
^^ J. Pollnxj lib. VIII , cap. ^, seg, gii.
^ Les femmes adultères non-seulement ne pouvoient participer à aucun sa(;rifice , mais Tetiti'ée de tous leà temples publics leur étoit interdite. Si elles y entroient , malgré la dëfénsédè la loi, il étoit permis, â quiconque le vouloit , de leur faire souffrir toutes sortes de mauvais Irailemcns , excepté
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Ces passages deDëmosthène démontrent clairement Terreur des écrivains modernes qui tous ont cru que FArchonte-roi d'Athènes étoit le roi des sacrifices dans les Dionysiaques^ et que son épouse étoit la reine des sacrifices. Ces deux' charges publiques étoient entièrement indépendantes l'une de l'autre j l'on sait combien les Athéniens étoient jaloux de leur liberté , ils n'ignoroient pas qu'il est . essentiel au maintien de la démocratie y que non-seulement les magistratures ne soient accordées que pour un temps y mais que celles qui ne demandent pas un certain degré de lumières soient données par la voie du sort ^*^ : aussi Solon ordonna-t-il qu'elles seroient annuelles ^ que les principales seroient électives et que les autres seroient conférées par le sort ^\ La plus importante des magistratures étoit celle des Archontes j deux examens subis, l'un dans le sénat et lautre dans le tribunal des Héliastes, dévoient précéder leur nomination ^^^ : cet examen , les conditions qu'on exigeoit d'eux, la réception au sénat de l'aréopage qui les attendoit et qui étoit le plus haut degré de fortune pour le mérite et la vertu, prouvent qu'un homme tel que Théogène ne pouvoit pas avoir été nommé Archonte -roi. Théogène n'ayant pas été Archonte-roi, et Phanon sa femme ayant été la reine des sacrifices , il s*en-
la mort > sans qu'elles en pussent tirer vengeance devant aucun tribunal.
^** Arist. , de Repub. , lib. VI , cap. 2. = îî iEschin. , in Tim., p. 63. =^'^ Démosth., in Leptin.
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suit que Fépouse de FArchonte-roi n'étoit pas la reine des sacrifices j l'office du roi des sacrifices n'avoit donc rien de commun avec la magistrature d* Archonte-roi. Démosthène va prendre le soin de nous le prouver d'une manière encore plus positive j c'étoit Faréopage qui étoit chargé de poursuivre les délits contre la sainteté des mystères deBacchus^ comme des autres parties du culte : « A l'époque, » dit Démosthène , où les sacrifices de Bacchus » sont terminés, et dans le temps que les neuf ar- » chontes en des jours marqués, montent à l'a- » réopage, ce sénat informa contre l'épouse de » Théogène , et lorsque les faits furent prouvés, » prenant à cœur le soin des sacrifices , il infligea » une punition à Théogène pour avoir pris une » telle femme, et pour lui avoir laissé faire les sacri- » fices secrets. »
Ainsi les neuf archontes, au nomhre desquels se trouve l'archonte-roi qui tenoit la seconde place parmi eux, réunis à l'aréopage, condamnent Théogène roi des sacrifices; l'archonte-roi et le roi des sacrifices n'étoient donc pas le même. Les fonctions de roi des sacrifices étoient bien de la nature de celles qui, dans l'esprit de la démocratie, devoierit être tirées au sort, puisqu'elles ne demandoient pas wi certain degré de lumières.
Julius PoUux qui parle de la charge du roi des sacrifices comme de fonctions uniquement bornées à ce point , dit que non-seulement il présidoit aux mystères de Batchus , mais qu'il administroit tous
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le3 sacrifices publics tçls qu'ils ëtoient déterminés par le3 anciens rites : il recevoit les dénopqi^tiops des 4ê\iU comu^is k Topcasiou des solennités, il in^ teptoit les actions pour fyils d'impié^i et cj.e ^crilèg^ , il indiquoit Ip jour du jugement , il deyoit fSatir^ cijt^r trois fois .€^ trpis pioi^ et plaider Je qi^^ tr^èx»© ^*^ ; il j*ep4pit ses d^ciçipns dans t9ijLt .ce qui étoit relatif a^x dho^es Si^crées. Il portojt à Far^paS^ }l^ pQurs^uibes pour c^i^se d^ ^eiurtre en ce gie^re , U y jsiégeoi^: lui-n|én?^ ^pr^s ayoir dépp»^ sa couroni^p. U ^terdi^oit ^ çeij?t qui ^toient isous le poids dç la justice , l'us^s^gje 4^$ mystères, et jd avoit le droijt 4e cj^assor de r^.emj)lée de^ prêtres, celui qu'il jugeoit indigne d'qtr^ sqï^ ^s^e^^ur. ïhéogèneusa de^e dernier droit epvers Stéphanos : r^r^éopage ^voit eiji pitié des larjpies /et des applications de Tliéogène j convaincu qu'il avpit été trompé par Stéphanos , et ayaji^t cga?;d à la wnpUcité du ca^ractère cje ^hépgèsie ef à son inejqpérieiiiGe dans les affaires , l'aréopage sijispendit l'effet de son Jugem^nt , Tliéogène chass^ xie sa maison la J&|le de Wéera, et e?^lut de l'^issemblée des prêtres , Stéph^nps qui l'ayoit ah^j^é. Les fonctions et le pouyoii' de Tliéogène comipe roi des sacrifices s!étendoient donc au-dejà du ,temp3 des Dionysiaques , c'étoit une fonction annuelle du i;iombre ide celles qui étojieijit dévolues par le sort.
L'une des puéi^ogatives les pluç importantes du roi des §acrifiqes dans les Diony^^iaques , étoit de
^*^ Discours d' Aniifbon pour un ckoreg.
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ciloisir quatorze femmes appelées Gerarae ou Gererse , qui dévoient exercer le ministère de prétresses dans ces cérémonies. La reine des sacrifices^ accom-^ pagnée du héraut du temple, Vlùérooérjx y recevoit leur serment auprès de Tautel , avant qu'elles touchassent aux objets sacrés. Démosthène nous a conservé la formule de ce serment : w Je suis irrépro- M diable, chaste et pure de tout ce qui peut » souiller ; je n'ai eu de commerce avec aueua » liomme franger : je célèbre la naissance divine » et les mystères de Bacchus , suivant les anciens » lïsages et les temps prescrits. » Le texte porte : Je célèbre les Théogonies et les lobacchies , c'està-dire , que le culte de Baechus aux Dionysiaques avoit deux parties , la commémoration de sa nais- * san«e et les mystères relatifs à ses attributs et à son ©ulte comme divinité. Ausâ , dans leurs mystères, les gererae repr^sentoient-elles la naissance de Bacchus, fils de Jupiter et de Proserpine, di Faccouchement de Proserpine avec les mêmes rites qu'aux mystères d'Eleaisis ^^ : du moins c'est ce qu'atteste positivement Kiihnius. Ce qui prouve k v^érité de la conjecture de Fréret , que la rewe des sacrifices passoit la nuit dans le temple aimec les quatorzie gererae , occupées aux sacrifices ^secTOts. Démosthène emploie une expression remarquable etf parlant de la i^ine des sacrifices ,
iarmis saqnjtûiis, de quUmsÀiMfidtur BixkiQmS^{fimmeM*viZ . PqIluci, lib. VIII, 5eg. io8.
elocata Baccho uocor; c'étoit une des cérémonies secrètes des dionysiaques qui ne peut nous être connue ; elle consistoit à donner à Bacchus une épouse^ et d'après l'expression de Démosthéne^ c'étoit la reine des sacrifices. Fréret conjecture avec beaucoup de vraisemblance que c'étoit à l'occasion de ce mariage mystique y que l'on saluoit Bacchus par cette formule : Salut, nous^el époux y sahù nousfelle lumière!
Les sacrifices secrets et les mystères qui se celébroient aux Dionysiaques et qui commençoient le jour des Clioès , étoient confiés aux quatorze gererse seules, ayant à leur tête la reine des sacrifices. Les hommes étoient bannis de ces mystères; les gererae étoient obUgées de s'y préparer par des purifications et p^r une continence de plusieurs jours.
Suivant Denys d'Halicarnasse , ces prétresses ont été appelées gererae du mot grec yepaipeiv, omare et honorare deum istum.
Outre le roi et la reine des sacrifices^ les parèdres ou assesseurs, les quatorze gererœ et Thiérocéryx ^*^ dont nous venons de parler , il y avoit le dadouque ou lampadifer dont l'une des fonctions
^*^ La fonction du hiérocëryx ou chef des hérauts sacrés, étoit d'écarter les profanes et tous ceux qui étoient exclus par les lois> d'avertir les initiés de ne prononcer que des paroles relatives à l'objet de la cérémonie , ou de garder avec eux un silence respectueux , de réciter avant eux les formules de l'initiation : il représentoit Mercure ( Euseb* , Prœp. Ev.^ lib. III. )• Ce sacerdoce étoit perpétuel , comme ceux de l'hiérophante et du dadouque.
DIONTSIUS. 129
étoit de porter le flambeau sacré en s'e'criant ; KaXet âeovy voca deum, avertissement aux initiés d'invoquer Bacchus leur divinité tutélaire , et les assistans répondoient, SépieXe lax^e, itloOSoTcc. Semeles JiUIacche y divitiarum Ictrgitor. Dans les sacrifices, pendant le temps des libations y on faisoit continuellement cette acclamation xaXei deov, Içs- initiés y répondoient par des hymnes en Fhonneur du dieu ^*^. C'est au dadouquc qu'appartenoit le soin de purifier les adeptes avant l'initiation , cérénionie dont l'un des préliminaires étoit de couvrir le sol du temple avec la peau des victimes immolées à Jupiter ^*^ 'y on craignoit que sans cette purification le temple ne fût profané par les pas de quelque assistant,, souillé de crimes. Les ornémens portés par le dadouque étoient magnifiques ^^^ ; image vivante du soleil , on le décoroit de tous les attributs sous lesquels cet astre est représenté. Sa dignité étoit perpétuelle comme celle de l'hiérophante; il avoit aussi le droit de ceindre le diadème, non-seulement lorsqu'il étoit en fonctions, mais 4ans des circonstances qui n'avoient nul rapport à son ministère ^^\ Indépendamment de l'hiérophante , du dadouque et de l'hiérocéryx, il y avoit dans les mystères de Dionysius, comme dans ceux d'E- ' leusis, un quatrième célébrant ou prêtre du premier ordre , c'est l'épibome j il faisoit le service de
^^ Aristoph., Ran„ v. 4^2. — Scholiast. in h. vers. — Ez.-Spanheim, Com. in Han, Ib,=^^ Suid., voce Acôc Ko^^tov.^^^ Euseb., Prœp. Ev. , lib. III. = ^*^ Plut. , in Arislid, — Dans la cinquième