Tome III
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l'autel. Il aidoit rhiérophante dans ses fonctiaos^ et il remplissoît d'autres fonctions qui ne nous sont pas connues : on prétend qu'il représçntoit la lune.
Nous avons déjà rematqué que la purification par Pair j et la cérémonie des oscilles qui étoient communes à toutes les fêtes de Bacchus y appartenoieot plus particulièrement aux Dionysiaques. Comme nous sommes entrés dans des détails assez étendus sur ce sujet, nous nous contenterons de faire obseryar ici que , dans les Dionysiaques comme dans les mystères d'Eleusis, le van mystique étoit l'emblème de cette purification , que dans l'ui^e; et l'autre de ces solennités, il étoit entouré d'un serpent, et qu'il étoit --porté^ dans les Dionysiaques , sur lat tête d'une* prêtresse nommée par cette raison, Lichnophore ^^^ \ ces purifications étoient accompagnées de formules magiques: Torge, l'eau de mer, * le sel , le soufre, la résine, le laurier, servoient aux purifications. Les orphiques se servoient du son et de la boue , mais ils n'étoient pas les seuls ; un article du lexique d'Harpocration porte à croire que l'usage en étoit commun à tous les mystères , et qu^il avoit prévalu sur celui du plâtre, dont les Titans se couvrirent pour se déguiser lorsqu'ils
nuit des mystères d'Eleusis , qui étoit consacrée à la représentation des courses de Cérès, le dadouque marchoit à la tête des. lampadophoreSy et le jour suivant il remplissoit les mêmes fonctions dans la procession d'Iacchus. ( Meurs. ^ in Eleusin, ) ^*^ Proclus, in Tint. , Plat, , p. ia4-
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massacrèrent ^lacclius ^*\ Apres cette cérémonie purificatoire^ on étoit introduit dans le temple; tous les mystères s'y passoient dans les ténèbres de la nuit^^ C'étoit le caractère de toutes les fêtes de Bacchus , aussi portoit^il le nom de NyctéKus , Nootorne^^jUavoit un templeà Athènes, qui lui avoitété consacré sous ce nom. Un bœuf noir étoit le symbole de Bacchus Nyctélius; cpielquefois Bacchus Nycté- Uus étoit représenté avec un manteau étoile ^^. Chez les anciens la nuit et Fobscurité corfvenoient aux rites rehgieux ; la plupart des cérémonies de nos ancêtres se faisoient dans de sombres forêts couvertes d'arbres antiques y nous - même nous avons pensé que le jour sombre ménagé dans nos temples ajouteroit à la pompe et au respect de nos cérémonies. Les allégoristes disent que les mystères de Bacchus se pélébroient pendant la nuit , et qu'il reçut le titre de Nyctélius ou Nocturne, parée que ce titre caractérisoit le dieu dont la puissance tira l'univers des ténèbres où il étoit plongé, et que l'on révéra sous le nom de Bacchus. ^^^
Les Dionysiaques même étoient appelées Nyclélies ^^^ : tous les pères de l'Eghse et les anciens écri*
^*^ Harpocr. , v. Air o/Aoét t«v.
^^ Hase vero sacra noctu an interdiu facis , demande Penthée à Bacchus. Le dieu répond : Noctu plerumque , ienehrœ enitn habent aliquid augusti, ( Euripid. , Baçch. v. 4^5. )
^ JVoctumusque vocat clamore Cithœron, ( Virg. , JEneid, 4. )
^ Vîscont. , Pio Clément, , T. I, tav. 44. ) = ^ D'Hancarv. , T. I, p. 71. =: ^^ Bervius, jEneid., v. Soi , 5o2.
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vains ecclésiastiques ont attaqué avec violence ces représentations mystérieuses, ils ont prétendu qu'elles étoient souillées par des scènes ou des actions honteuses; ils n'apportent d'autres motifs de leur opinion que l'usage constant de célébrer ces fêtes pendant la nuit. Cependant toutes les religions ont eu leurs nuits saintes, leurs Pervigilia; quelques pratiques peuvent avoir fourni le prétexte de ces véhémentes déclamations, mais ces soupçons disparoîtront bientôt, si l'on considère J'éfficacité des moyens employés pour s'assurer de la chasteté des personnes qui célébroient ces mystères : l'âge , la gravité , la pureté des mœurs des mystagogues concouroient à leur concilier le respect. Ces fonctions jouissoient d'une grande considératiou; les panages même qui n'étoient que des ministres subalternes attachés au culte mystérieux d'Eleusis , subissoient une espèce de consécration qu'on regardoit cpmme très honorable, leur nom indiquoit une pureté parfaite. Quoi de plus vénérable que les fonctions de l'hiérophantide I on datoit les actes publics par l'année de son sacerdoce ; on ne choisissoit pour prêtresses que des femmes environnées d'un grand respect , et d'une pureté de moeurs reconnue partout. Plus le culte mystérieux pouvoit avoir d'influence sur les mœurs , plus il fixa l'attention des législateurs qui firent divers réglemens pour y maintenir l'ordre et la décence. Pour être initié , il falloit non-seulement avoir les mains pures et être exempt de crimes^ mais encore être réservé dans ses discours, avoir
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vécu avec équité ^^^ ; on excluoil des mystères tous ceux qui s'étoient laissés corrompre ou qui avoient manqué aux devoirs de la probité et de l'honnêteté : il et oit défendu aux enfans illégitimes^ aux esclaves^ et aux femmes de mauvaise vie , de participer à ces mystères ^^\ Ce qui s'étoit passé aux mystères d'Eleusis ou aux Dionysiaques étoit soumis à un examen sévère du sénat ^ d'après les lois de Solon ^^>^ dans toutes les cérémonies nocturnes les mystes étqient toujours accompagnés par les ministres supérieurs du culte : la pureté de ces mystères est solennellement reconnue par les anciens auteurs Grecs, et par Aristophane lui-même ^*\ Mais ce qui répond victorieusement à toutes ces odieuses imputations de débauche et de corruption, c'est cette réflexion judicieuse de Fréret, qu'il n'y a jamais eu de religion qui ne se soit proposée de contribuer à une plus parfaite observation des lois morales, en ajoutant les motifs religieux aux motifs politiques de. la crainte des lois. ^^
$V. les Dionysiaques ont été formées iài mélange du culte d Eleusis et du culte de Bacchus dieu du vin. — Caractère particulier des Dionysiaques» — Omophagie^ — Bacchus Oma^ dius.
U y avoit ime très grande ressemblance entre les
^*^ Orîgen., contr.Cels., lib. III, p. 47»
^ Isaeus, Orat, de Philoct. = ^*^ Andoc, de Myster, , p. i5 , i6.= ^*^ Aristoph., Ban^ — Euripid., Bacch,, y\ ioo4, 6. = ^ Fréret , Acad. Inscr. , T. XXIII , p. î54.
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fêtes mystérieuses de Bacchus dans les Dionysiaques, et ses fêtes à Eleusis -, Dêinostliéne remarque que celles des Dionysiaques étoie»t plus récentes , et cette assertion est parfaitement conforme à l'histoire : Pégase d'Eleuthère apporta à Athènes le culte de Bacchus Thébain ^ long-temps après que les mystères d'Eleusis y avoient été établis; les Dionysiaques qui n'appartinrent d'abord qu'au culte du dieu du vin, reçurent le mélange des rites d'Eleusis établis bien antérieurement dans l'Attique^ La tête des initiés étoit ceinte, comme dans les mystères d'Eleusis , de branches de myrte ; ces initiés avoient d'abord été, comme nous l'apprend Athénée, couronnés du lierre, qui étoit consacré particulièrement à Bacchus Thébain. Leur corps étoit revêtu d'une peau de faon, appelé Nebride: ce vêtement jouoit un grand rôle dans le moment même de l'initiation ; celui qui initioit devoit en être revêtu et il en couvroit ceux qui dévoient être initiés. Euripide l'appelle vêtement sacré ^*^; Je remarquerai ici que je ne crois nullement fondé , le reproche fait par M. de Sacy à M. de Sainte- Croix d'appliquer arbitrairement tous ces rites et usages aux fêtes mystiques de Bacchus. M. de, Sainte-Croix avoit probablement sur les grandes et les petites Dionysiaques les mêmes idées que je m'en suis formées ; ces deux fêtes de Bacchus , étant
^^^ Ut Hinnuleos secundum arcanam quamdam rmtionem diia^ ccrarent, (Euripid. , Bacçh, , v. iS^,)— Suidas> ▼. Ne6/i4{«>v.
pour aiasi dire deux parties du même tout , ayant le même objet ^ présentant à l'adoratîoa publique la 'même divinité avec plus ou moins d'appareil , mais toujours avec les mêmes attributs mystiques et les mêmes emblèmes tbéogoniques , leurs rites ont dû être d'une identité parfaite : aussi n'aperçoit - on aucune trace de diflFérence dans les diverses espèces de Dionysiaques^ parce qu'il n'en a jamais e:3âsté* Ce qui confirme cette identité ^ c'est la ressemblance qui se trouve souvent entre les rites des Dionysiaques et ceux d'£leusis^ lorsque leur objet est le même , c'est-à-dire , lorsque dans l'une ou Fautre de ces solennités on veut présenter l'emblème du pouvoir' générateur j et cepaidant les deux fêtes loin qu'elles formassent un tout^ comme les grandes et les petites Dionysiaques y étoient entièrement dissemblables pour l'époque et le but de leur établissement: lés ressemblances qu'on y trouve ne sont dues qu'aux interpolations d'un de ces mythes dans l'autre. Or y si déu:K £êtes aussi différentes présentent les mêmes rites ^ conutient ne seroient-ils pas les mêmes dans les solennités qui sont absolument identiques? A quelques légères erreurs pr^ inséparables d'un sujet où il règne tant d'obscurité^ M. de Sainte-Croix s'est toujours fondé sur les autorités les plus «ûres y et il a émis les opinions les plus vraies , ou du moins les plus vraisemblables y lorsqu'il ne pouvoit pas att«indre à la certitude ; le mythe de Bacchus ne forme qu'une très petite partie de son travail y il n'a pas dû s% livrer à de
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grands développemens sur ce mythe ^ sa concision a pu être prise pour la confusion des choses diverses , mais qu'on Tëtudie profondément^ qu'on le compare avec les anciens^ et l'on jugera qu'il a admis toutes les distinctions qui étoient dans la réalité même des choses , qu'il a séparé tout ce qui devoit l'être. Si on ' lit attentivement l'ouvrage de M, de Sainte-Croix , on verra qu'il n'admet , comme nous l'avons fait , que deux fables différentes de Bacchus : il distingue seulement le Bacchus d'Eleusis , du Bacchus Thébain ; il marque essentiellement ces différences et il en donne les preuves qu'il a puisées aux meilleures sources. Chacun de ces mytheç avoit leurs rites particuliers qui étoient entièrement distincts : le mythe de Dionysius, ou si l'on veut les Dionysiaques ont été formées pour ainsi dire du mélange de ces deux mythes , et l'on y trouve les rites qui appartiennent à l'un et à l'autre j elles ont de plus un caractère particulier qui n'a pas été aperçu par M. de Sainte-Croix ou du moins dont il n'a pas cru devoir parler, elles présentent comme nous l'avons dit dans notre introduction, le symbole de la force reproductive de la nature agissant sur les esprits. Tous les rites de Bacchus sont compris dans ces trois grandes divisions , ainsi que toutes ses fêtes et ses ^^^olennités ; ils y sont presque toujours mélangés, mais le cachet de chacune d!elles n'y est pas moins empreint, on l'y reconnoît facilement^ et chacun de ces myllies a toujours conservé le plus grand nombre de ^tes qui ^ient de sa nature primitive.
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Toutes les autres fêtes de Bacchus sous quelque dënominatioD qu'elW se présentent, appartiennent à Tune ou à Vautre de ces trois divisions j elles en sont y pour ainsi dire , les émanations , elles contiennent plus ou moins de leurs rites : nous aurons l'occasion de voir que la plupart n'étoient que des fêtes particulières toujours célébrées sur le type plus ou moins étendu de ces trois grandes fêtes publiques , les Eleusiniennes , les Dionysiaques et les Triérétiques. Cliercher des fêtes et des cérémonies hors de ce cercle , seroit inutile ; en trouver seroit impossible, il les renferme toutes. Aussi M. de Sainte-Croix n'en est-il pas sorti, et en cela il a été guidé par la connoissance profonde qu'il avoit de la mythologie, connoissance qui lui servoit encore de guide lors même qu'il étoit égaré par ses souvenirs ou trompé par sa mémoire : par exemple M. de Sainte-Croix dit que les initiés aux Dionysiaques offroient à Bacchus les prémices des fruits. Pour fonder cette assertion il cite un passage de Plutarque dans son Traité de la soif des richesses ^*^ , ce passage ne paroît pas appliquable aux Dionysiaques, mais bien aux Bacchanales; et si l'on veut que Plutairque ait parlé des fêtes de Chéronée, il ne seroit pas appliquable surtout aux Dionysiaques d'Athènes. « Rien n'étoit plus simple et en même temps plus agréable , dit Plutarque , que la manière dont on célébroit autrefois , dans ma patrie , la fête des
Plul. , de Cupid, divit. , T. I., p, 527.
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Bacchanales : deux hommes mavchoient à la tetc du cortège , dont Tun portoit une cruche de vin , et l'autre un cep de vigne; un troisième traînoit un bouc^ un quatrième avoit un panier de figues > une figure du Phallus fermoit la marche ; on néglige aujourd'hui cette heureuse simplicité y on la fait même disparoitre sous un vain appareil de vases d^or et d'argent, d'habits saperbes^ et déguisemens bizarres. » Il me paroit certain que M. de Sainte-Croix a cité de mémoire , et sa citation n'est pas exacte , surtout lorsqu'il parle de prémices de fruits dont il n'est pas question dans Plutarque, 'mais au fond son assertion ne m'en paroit pas moins fondée sur la connoissance générale qu'il avoit de l'origine dés Dionysiaques. Il est certain qu'avant la fondation d'Athiènes, les Grecs durent se rassembler plusieurs fois pendant l'année pour offrir aux dieux leur reconnoissanoe des fruits qu'ils en recevoient, il y avoit deux époques où ces fêtes qui étoient particulièrement consacrées à Bacchus ^ dévoient être plus solennelles , l'époque où on faisoit la vendange et celle où se faisoit la dégustation du vin nouveau ; très certainement dans l'une ou Tautre de ces fêtes on ofiroit à Bacchus les prémices des fruits , avoir dans le mois de mars , les prémices du vin nouveau 9 et dans le mois d'octobre , les prémices de la vendange. Lorsque ces fêtes passèrent à Athènes on en conserva les anciens rites y et conséquemment l'usage de faire les mêmes offrandes qui se pratiquoient dans les. campagnes. Quoique la
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fête du mois de mars ait été la première admise à Athènes^ celle du mois d'octobre ne s^y établit pas moins avec les rites anciennement observés qui y du reste ^ ne durait différer de ceux de la fête du mois de mars^ <jue pour les objets qui n'existoient plus à l'époque de ces fêtes ; au mois de mars par exemple^ on œ pouvoit offrir les prémices des fruits de la vendange ^ ni au mois d'octobre les prémices du yiii nouveau : à la vérité > les fêtes du Idmnœ ^ient presqu'abandonnées dès le temps de Thucydide; elles furent à peu prés abolies par Ginésias contemporain d'Aristophane, mais; elles furent rétablies par l'orateur . Lycurgue et transportées au Pirée , et l'on a pu dire avec vérité de ces fêtes à Athènes , ce que Plutarque a dit de celles de sa patrie , que simples dans leur origine on y offroit les prémices des fruits , mais qu'elles prirent plus d'appareil et des formes plus brillantes et plus pompeuses à mesure que le goût des arts et du luxe s'introduisit dans Athènes.
Dans les Dionysiaques, comme dans les fêtes d'Eleusis, on sacrifioit un porc^ tandis que dans les Bacchanales la victime étoit un bouc.
L'hiérophante, ou quelqu'autre initié^ faisoit aux initiés le partage des viandes; ce partage appartenoit à la partie des mystères relatifs à Thistoire de Bacchus, mis en pièces par les Titans. Les initiés étoient obUgés de manger crues les parties qui leur étoient distribuées ; , ce rite s'appeloit omophagie , et le partage des viandes créonomie. Ce partage se
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faisoit sur le van mystique j Isis niit sur un van les membres d'Osiris déchirés par Typhon. Si on en croit Eusèbe et Arnobe ^*^ , les habitans de Chio représentoient cette partie des mystères en sacrifiant à Bacdius un homme dont les membres étoient mis en pièces. Cette barbarie avoit aussi lieu , dit-on , à Tënédos : les écrivains anciens ne parlent pas de cette horrible coutume chez les habitans de Chio et de Ténédos j ils représentent seulement les femmes de ces îles, comme étant célèbres par la fureur et les empertemens avec lesquels elles célébroient les fêtes de Bacchus, et ils les placent à cet égard sur la même ligne que les femmes de la Béotie et de la Thrace, dont les actes furieux ont fait si souvent retentir les théâtres de la Grèce ^^^ Les habitans de Chio donnoient à Bacchus le surnom d^Omadius , cruel\ Plutarque lui donne aussi le nomd'Omestes^^\ Il raconte que Thémistocle étant sur le point de livrer la bataille de Salamine , faisoit un sacrifice sur le vaisseau amiral , lorsqu'on lui amena trois jeunes prisonniers d'une grande beauté, magnifiquement vêtus et chargés d'ornemens d'or : on les disoit fils d'Antarctus et de Sandancé, sœur du roi; le devin les eut à peine aperçus , que , d'après un signe donné par les victimes , il prit la main de Thémistocle, et lui ordonna de vouer ces trois jeunes gensà Bacchus Omestes, et de les lui immoler:
^*> Euseb. , Prœp. Ev. , lib. IV. — Arnob. , ad Gentes , lib. V, p. tfie.XibL Pair. = «»> iElian., lib. II , 5 42- = ^ ^1»»., de ira cohibenda, — Id. , Vit, Anton» ^ cap. a3.
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iî'étoit , dit-il y le seul moyen d'assurer aux Grecs le salut et la victoire. A cet ordre barbare , Thémistocle consterné ^ resta immobile , mais la multitude se mit à invoquer le dieu tout d'une voix , et menant les prisonniers au pied de Tautel , elle força Thëmistocle d'achever le sacrifice, comme le devin l'avoit ordonné : tel est , dit Plutarque, le récit de Phanias de Lesbos, historien ^*\ Hérodote ne dit rien du sacrifice de ces trois jeunes Perses , et Plutarque luimême cite l'autorité de Phanias comme douteuse et isolée; rien n'annonce en effet dans l'histoire qnie les Athéniens aient immolé des hommes à Bacehus, il étoit plutôt honoré à Athènes comme un dieu bienfaisant.
$ YI. Procession des Dionysiafjues,
La procession des Dionysiaques étoit célèbre ; les rites appartenant aux différentes fables de Bacchus y étoient réunis. On y remarquoit d'abord tous ceux relatifs au dieu du vin : elle représentoit le triomphe de Bacchus ; on y voyoit le même cortège qu'avoit, dit-on, ce dieu lorsqu'il fit la conquête de l'Inde;.
Il paroît que la marche étoit ouverte par les Silènes, les Satyres et les dieux Pans j du moins c'est ainsi qu'étoit ordonnée la fête donnée par Ptolémée Philadelphe à son avènement au trône, en l'honneur de Ptolémée Sôter son père , à l'imitation des Dionysiaques de la Grèce. Dans cette fête la
^*^ Plut., Fit. Themist.
division dionysiaque étoit précédée de Silènes^ les uns couverts d'une robe pourpre .foncé , les antres d'une robe pourpre dair ^^^ \ ils étoient suivis des Satyres portant chacun une lampe dorée. Antoine fit à Ëpbèse une entrée semblable à la solennité de Bacchus dans les Dionysiaques ^ et Plutarque dit que le cortège étoit précédé de jeunes gens habillés en Pans et en Satyres. On appeloit Antoine Bacchus Bienfaisant y dit Plutarque ^ mais pour le plus grand nombre c'étoit Bacchus Omestes et Agrionien (cruel et féroce, )
Dans la description qu'Athénée nous a laissée de la fête de Ptolémée Philadelphe , et qu'il avoit tirée de l'histoire d'Alexandrie écrite par Callixène^ la procession des Dionysiaques est traitée dans un si grand détail , que ce morceau peut bien suppléer au silence qu'ont gardé les écrivains grecs sur la plus grande partie des cérémonies de cette procession à Athènes j car cette fête étoit purement grecque , et en écartant tout ce qui y avoit été introduit dans le dessein de rendre à Ptolémée Sôter les honneurs divins, en ayant soin de n'admettre aucune circonstance due à l'exagération du narrateur , en s'en tenant scrupuleusement à ce qui est de l'essence du culte de Dionysius, en rejetant ce qu'a pu y introduire le luxe inséparable de l'objet de cette fêté et entièrement étranger aux Dionysiaques , on pourra se former une idée des rites de cette proces-
<*> Athen., lib.V, cap. 6. ^
Dioinrsivs. i43
sion célèbre à Athènes , et avoir une notion assez exacte du culte de Dionysius à Alexandrie.
Le cortège étoit ouvert par la bannière de Pétoile du matin. Après la trompe de Sflènes^ de Pans, de Satyres, dont nous avons parlé, quarante autres Satyres, précédés de cent-vingt enfans, s'avançoient ceints de couronnes de lierre j ils avoient à la main une seconde couronne de pampre. Ilss^étoient peints le corps, les ^ uns de couleur pourpre , lea autres de vermillon et de diverses autres couleurs j deux Silènes les suivoient en chlamydes de couleur pourpre ; Vim d'eux avoit un chaperon et un petit caducée, Fautretenoit une trompette. Au milieu d'eux marchoit une statue représentant un homme de quatre coudées , avec un masque et un habit d'acteur tragique , tenant la corne d' Amalthee. Derrière lui marchoit une très belle femme de haute stature, richement parete j elle port oit dans une main une branche de palmier^ et de l'autre une couronne de feuille de l'arbre qu'on appeloit persea : die étoit suivie des quatre saisons , portant de beaux ornemens et les fruits qui distinguent ces saisons. Yenoient à leur suite deux vases appelés thymiatères , propres à brûler des parfums , au milieu desquels étoit un autel carré ^ puis des Satyres couronnés dé lierre et vêtus de pourpre , les uns portoient des vases dW propres à verser le vin, les autres des coupes à boire. Ils étoient suivis par le poète Philiscus, un des sept auteurs de la Pléiade , qui étoit prêtre de Bacchus , et par les auteurs , musiciens ,
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danseurs^ et autres personnes de cette profession attachées au culte de Bacclius : tous ces personnages étoient compris sous le nom générique de xtxvïxai , artistes. On portoit ensuite des trépieds semblables à celui de Delphes^ prix destinés aux difierens exercices; les uns étoient destinés aux adolescens^ les autres aux hommes faits. Un char d'une grandeur extraordinaire venoit ensuite; sur ce char étoit une haute statue de Bacchus faisant une libation avec une coupe : le dieu avoit une tunique traînante et par-dessus, une autre tunique appelée crocotum , d'un tissu transparent j c'est la robe sans autre ouverture que celle pour passer la tête , à laquelle ressembloient les chappes des premiers évêqûes chrétiens i extérieurement il avoit un autre vêtement de pourpre broché en or* Devant Bacchus , sur le chariot , étoit un cratère de Laconie, contenant quinze métretès, mesure grecque, d'un tiers plus grand que l'amphore romain , ui^ trépied sur lequel étoit un thyamétère et deux coupes pleines de casda ( espèce de laurier ) et de safran. On avoit formé autour de Bacchus un berceau de pampres, de lierre et autres feuillages , d'où pendoient des couronnes , des guirlandes, des thyrses, des tambours, des bandelettes , des masques tragiques, comiques et satyriques : sur ce char étoient aussi les prêtres et les prêtresses , des ministres et interprètes des nâystères, des troupes bachiques de toute espèce, et les femmes appelées lichnophores, qui portoient le van. L'on reconnoît ici le mélange des rites du
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premier Bâccbus avec le dieu du vin^ mélange dont Onomacrite fut un des premiers introducteurs dans la Grèce, comme nous Pavons dit j ensuite venoient les Bacchantes, autrement les Macétes, Mimallones^ Bassares , Lydiennes , ayant les cheveux épars et portant des couronnes composées de serpens et de branches d'if ou de lierre : elles avoient à la main , les unes des poignards, les autres des serpens. Après elles mar choit un autre char , portant la figure assise de Nysa , haute de huit coudées.^ Les uns ont prétendu que cette statue représentoit Nysa nourrice de Bacchus , qui fut enterrée près de la ville de ce nom en Arabie j suivant d'autres c'étoit la statue de l'une des villes de Nysa, qui toutes étoient consacrées à Bacchus^ et probablement celle de Nysa en Arabie, puisque la fête se donnoit en Egypte. U est ordinaire de voir sur les monumens de l'antiquité, les villes représentées sous la figure de femmes . plus grandes que nature et assises. La statue de Nysa étoit revêtue d'une tunique jaune brochée en or , par-dessus laquelle étoit un surtout de Lacopie: cette figure se levoit artificiellement, sans que personne y touchât î elle versoit du lait d'une coupe et elle se rasseyoit. Elle tenoit de la main gauche uu thyrse , autour duquel on avoit roulé des bandelettes , sa tête étoit couronnée de Uerre et de raisins^ elle étoit assise à l'ombre d'un feuillage épais : aux quatre angles du char étoient quatre lampes dorées. Après Nysa venoit un autre char , sur lequel on avoit construit un pressoir rempli de raisins , qui Tome III. 10
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étoient foulés par des Satyres^ diaatant au son de k flûte la chanson du Pressoir. Silène étolt à la tête de la troupe , et le vin doux couloit tout le long du chemin. L'a joie des fêtes de Bacchus étoit toujours accompagnée de chansons et de musique : Homère , dans la descriptioh d'une vendange gravée sur lé bouclier d'Achille, met au milieu des vendangeurs, un jeune homme qui joue de la lyre. Le goût et Fttsage des chansons a été de tous les temps et de tous les lieux. Les Grecs n'avoient pas encore l'usage des lettreié, qu'ils avoient celui des chansons, ils chantèrent leurs lois , c'est ce qui ,, d'après l'autorité. d'Aristote, a fait donner le inéme nom grec ( vdfxoc ) aux lois et aux chansons. Ils diantèrent aussi les événemens de leur histoire , et pour tout ce que la nation avoit intérêt à ne point oublier, ils employèrent ce moyen naturel de îe faire passer des pères aux enfans. L'usage de chanter toutes sortes de sujets étoit tel dans la Grèce, iqu'il continua même après que les lettres furent introtluites ; tous les ouvrages des écrivains grecs antérieurs à Cadmus de Milet et à Phérécyde de Scyros , étoient des pièces de vers qui se chantoient. Chaque profession dans la Grèce avoit une chanson qui lui étoit particulièrement consacrée, les airs du Pressoir étoient une de ces chansons, ils étoient célèbres et dévoient être hiultipliés j cependant on ne trouve rien de particulier dans les auteurs anciens sur les airs du Pressoir , Athénée et PoUux n'en ont conservé que le
nom |ll^OÇ CTTtXvjVtÔç..
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Suivoit un autre ehav ( tous ces chars étjoiaint me- D^ par des hommes) qui porioit une outre de grafideur ënorme y &ite de pe^ux de panthère cou-sues ensemble ; la liqueur en couloit lâohée peu à peu ie long de la mardie. Il ëtoit accompagné de Satyres et de Sylènes tous couronnés , qui portoient les uns des pots et les autres des coupes. Les out?es étoient ordinairement faites de peaux de chèvre ; celle-sïci étoit de peaux de pant^ière , animal cdn-r sacré à Baockuâ. Les panthères , dit Appien dans son poëme sur la Chasse , furent les nourriqes du 4ieu des vendanges j c'est poWr cela qu'elles aiment le vin et qu^elles le reçoivent avec joie oomme un présent de ce dieu^ qui étoit souvent représenté couvert d'une peau de panthère.
Près de cette outre on menoit un crat^e d'argent, porto sur un char à quatre roues , qui étoit auivi d'une grande quantité de vases et de trépieds dottt GalUxène donne le détail et la descriptionu
A la suite marchoit un grand nombre d'enfaoâ , vêtus de tuniques blanches > les uns couronnés de Ueri^e, les autres de pin. Ils portoient des ponges ,. et difierens vases propres au service du vin; c^s yin$ ayant été mêlés dans les urnes et les tonneau^ , ceuK qui étoient dans le stade le goùtoient avec mfidér ration.
Callixèpe ajoute à tous ces dé|ails^ dit Athéné^^ des taUes sur lesquelles cm px)rtoit beaucoup Aq choses 4ignes de remarque : on y voyoit entr'aùiire^ le Ut de Sémélé.
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On voy oit encore un grand char sur lequel ëtoit un autre char fait de lierre et peint en rouge , d'où jaillissoient deux sources^ Fune de lait et l'autre devin. Les nymphes qui entouroient ce char ëtoient couronnées; on y voy oit Mercure avec de riches ornemens.
Un autre char prësentoit tout l'appareil de Bacchus à son retour des Indes. H étoit assis sur un éléphant^ vêtu d'une robe de pourpre , avec une couronne de herre et de pourpre , tenant en outre un thyrse : il avoit pour chaussure des brodequins. Devant lui et sur le col de l'éléphanf^ étoit assis un petit Satyre , couronné de branches de pin ; de la main droite il sembloit vouloir donner un signal avec une corne de chèvre en or. A la suite marchoient de jeunes filles , vêtues de tunique de pourpre, et ceintes d'une tresse: celles qui étoient en tête avoient des couronnes de pin. ^
Puis s'avançoient les bandes d'animkux consacrés à Bacchus ou qui lui avoient servi dans sa conquête des Indes , des ânes montés par des Silènes et des Satyres, des éléphans, des chameaux, des boucs, des snaks , des Bubales attelés à des chars , montés par des enfans armés de thyrses et couronnés de pin ou de Uerre ; des mulets traînoient d'autres chars où étoient placées des femmes qui représentoient les captives indiennes j quelques chameaux portoient des productions de l'Inde, comme butin fait par Bacchus. Près d'eux étoient les Ethiopiens portant leur présent : ils étoient suivis de deux chasseurs
portant des javelots et menant des chiens de llnde , d'hommes portant ou conduisant ^es animaux de rinde de toute espèce.
Ensuite venoit sur un char Bacchus y représenté au moment où y poursuivi par Junon , il se sauva à l'autel de Rhéa j Priape étoit debout^ à côte de lui^ couronné de lierre. On voy oit la statue de Junon ayant une couronne d'or.
Un autre char portoit un thyrse et une lance d'une grande élévation.
Enfin venoit un Ph$dle d'une grandeur démesurée, dbargé de diflFérentes figures, entouré de guirlandes, et ayant un astre à son extrémité. Il étoit aussi traîné sur un char.
Sui voient les musiciens^ puis les cortèges des autres dieux et celui d'Alexandre ; cette marche pompeuse étoit accompagnée de cavalerie et d'infanterie magnifiquement armées, et on y donna dans cette fête des combats gymniques dont les prix portés triomphalement faisoient partie du cortègç.
Masurius l'un des convives du banquet d'Athénée n'avoit d'autre objet,, en faisant l'extrait de cette description de .Galhxène que de prouver qu'U ^'y avoit aucun royaume aussi opulent que l'Egypte, et que Ptolémée Fhtïladelphe fut un des princes les plus mhes qui eus^nt janrais. existé. Il remarque donc que dans cette pompeuse cérémonie il n'a voulu parler* que -de ce qui pouvoit donner l'idée de ces immenses richesses, et qu'il n'a voulu présenter que les objets qui.éloienten or , en argent^
i9o BÂCCfttm
où tefi matiélreis {^réciehses j Masut'ius ne se séroit pas anssî dâ] res intëntioRs ^ ipi^Uias
eussent es^ ear il Bte s'est fèi*t
^endti ( lu dulte de Bacchus
relatives ai employtait un plus
gi^nd ik ërielles telles tjne les
VaSsèS', ï( rs^les tlîyrses, etc.,
étoient ] t une hante idéetJes
l^ii$h<esses parties my^ques *qui
n'exigeoi 1* Aùisi voit^on ^e
Ma^iritiï extrême concision de
Uôute la partie mystique. de ce culte; il iglisse poxiîv àin'si dire sur la partie du cortège où se troutment les prêtres, les prêtresses^ les niînistres et ies ibtér- ^î:*ètes dies tayslérès, il parle à peine des Ltcblio- 'ipliores, de Mercure, dés traal|ras :bad2iiqhe8 r^}»livés k la tibgédie )et aux arts^ dm fîàallus r^otode Rhék II est regrettable qu'Athénée he>HQus^ laitipàs nJmnsaiii les détails sur œttefjarûe iaiyittiqilj^.>>qw be tto>dtH2>ieiit ii^eessaireiiieiit dans fonbvrage: dè?Galiishnèi iitiaistel qu'il iaens est parVeMi^icennMBnkàent ^-ei^ pastuoins pi'ë^iévit pour^kr^connéifisknite de'la ^plk>ée£6p)on ées Dionysiaques , «tiqcdel<|u'fesa^giéTatidn 'quel\>û y trouve, l'on Teocamoît facilemeDltiipie ^i^ètte exagëratioci oi'ei^ relative i^tfâ là^ma^ifiœnoe letÀia ricliessëde œbte fête qaii yieBtpcnNm à km ^int incvoyable, mais qu'elfe ^st:«kn:*axig3re «ta àëlails du "Culte de >Bacabus* A (Athènes > aa niiUeu ^è 'cens >saty pes , de ces pans^ de ces koimnies couvetHis êie l^'f^voL de rfa<m,^ niolàés sur dés âaies^, dégtôsés
DiOItYSIVS. iSfi
en femme» , méUnt leurs crb afu bruit des instrumeus^ ise livrant aux convulsions de la fureur , ou aux désordres de Tivresse, exécutant des danses^ de> vases à la main^ au milieu de cette troupe de forcenés^ s'avançoient 'gravement et dans un bel ordre les.différens cliœurs députés par les tribus, et une quantité de jeunes filles y portant les cistes sacrés , marchoient , parées de leurs plus beaux ornomens ^ et de toutes les grâces de la jeunesse et de la modestie. ^^^
J^es mystes portoient tous des rameaux; ces Dendropbories ou gestations de rameaux app^irtenoient à la partie mystique -du culte de Bicchus^ jelles éUÀent communes à. .totos les cultes dans lesquels entrpit c^tte mysticité: cjUes appajjtenoient à: Dipnysius, ^ ApoUon, à. Hécate^' aux. muses et ^urtguj à Géi^s , qui tous étaient caractérisés par des rites teo^uûDt de Torgie ou du.baeliique., isiiivant Texpriession de Strabon* Daii(5 les PÂQQysiiaques -comm? dans les fêtes 4'Eleafiis, les jeuije^ cai épbores, div tinguées par la pureté de leurs moçurs , comme par la noblesse de leur naissance , portoient dans les cistas les. symboles des mystères. ^^>
^*>Strab.,iîb.'Xi, p.46S.
^ Thucydide (lib. VI , § 56.— ^lian. , UisL lib. XI , cap. 8.), raconte qu'Hipparque , fils de Pisistratei voulant outrager Uarmodius y chassa honteusement sa jeune sœur qui sVtoit présentée pour porter le ciste jpaystiquey'en soutenant qu'eUe n'ëtoitpas d'une naissance à remplir cette fonction. Parmodius et son aan
l52 BAX:CHTJS
Le chœur des femmes dans la comédie de Lysistrate par Aristophane , dit : J'ai fait les fonctions de Canéphore, quand j'étois grande et belle fille et j^avois une guirlande de figues. ^^^
Ceg^assage et celui de Plutarque que nous avons déjà cité ^^ , prouvent que, dans les fêtes de BacchuSjlesCanéphores portoientdes figues. Les figuQS étoient consacrées à fiacchus : parmi les tableaux d'Herculanum , on voit deux jeunes filles tenant de la main droite une corbeille de figues et de la gauche un va&e penché. Les éditeurs des antiquités d'Herculanum ont reconnu que ces deux jeunes filles ofFroientà Bacchus lès prémices dés figues j on voit dans ces mêmes tableaux phisieurs autres figures de femmes qui portent des figues dans i;n petit plat, et les présentent à Bacchus le jour de sa fête. ^^^
Les cistes qui> dans les preiniérs tempa^ étoient simplement de jonc, d'osier ou de bronze, furent ensuite d'or suivant le témoignage du scholiaste d'Aristophane ^^^ j ^parmi les objets mystiques que
Arîstogiton^ indignes de cet outrage, s'en vengèrent par la mort d'Hipparque.
Les Romains faisoient au contraire jpeu de cas des cistophores , si Ton en juge par une épigramme de Martial :
Dumte possenega^, nisi latOy GelHuy clavo JVubere, nupsisti, Gellia , cistifero, ( Martial , lib. V Ep. 17 , V. 3.)
^*^ Kaxav>îyôpouv ttot' ov<tx
Hatç ïLoàh , èxoÎKt' lxa<^wv oppaôbv. ( Arist. , Lysistr. , v. 647 .) ^ Plut. , de Cupid. div. = ^^ PHt. d'Ere. , tav. 22, îi3. = ^*^ Aristoph. SchoL , in Achar.
DIONYSIUS. i53
contetioient les cistes dans la fête des Dionysiaques , Ton distinguoit les rameaux de myrte, les férules , les gâteaux de diverses espèces, le sel, les pavots, le serpent , le couteau des sacrifices ^*^ j mais Tobjet priiicipal renfermé dans ces cistes étoit le Phallus. Cet emblème de la génération ne figuroit pas seulement dans les cistes , il étoit porté triomphalement dans la procession des Dionysiaques. Dans les Acharniennes d'Aristophane , Dicéopolis quitte l'assemblée des Athéniens pour venir célébrer cette fête avec sa famille ; le Phallus étoit un rite tellemeirt essentiel dans ces solennités , qu'il n'étoit pas omis même lorsqu'on les célébroit en particulier dans rintérieur de la maison. « Attention, atten- » tion ! dit Dicéopolis; vous Canéphore, soyez » plus avant, et que Xanthias tienne le Phallus » élevé j posez -là votre ciste, ma fille, pour que » nous commencions. Ma mère, passez-moi la cuiller )) pour que je passe la farine sur le gâteau. Voilà qui » est bien préparé: maintenant, divin Bacchus, » ayez égard à la reconnoissancc qui préside à cette » fête , et aux sacrifices que j'offre avec toute ma » famille I Permettez que je célèbre sans accident » les bacchanales des champs! allons , ma fille, jolie » comme tu l'es, veille à porter joliment le ciste, » les yeux fixés sur le tymbrophage ( le Phallus ) ; » vous Xanthias , tenez-vous près de la Canéphore ;
^^^ G'ëtoit un petit glaive appelé xavbc , du mot xavfïv y occidére , suivant Suidas ( Suid., v. Kavovv.)^ ce qui ayoit fait donner le même nom xavoOv au ciste.
t54 BACC^US
)) portez toujours le Phallus âévé , je Youis sorvrai » en chantant l'hymne à ce dieu ;mk femme, otx^rvet » la fête de dessus la plkte-forme*
Les Phalles étoient faits d'un morceau de bois obldng ayant à sa spitimité un membre viril de cuir. Lie membre viril fut fait^ daxïs le principe, ;de bois de figuier; dans la suite, il fut ùàt avec des peaux, on l'attachoit au col ; dans les Dionysiaques on le faisoit mouvoir et on le sautoit. ^*^
Les Ithyphalles étoient des pr^res de Bacchus qui sui voient le Phallus^ revêtus d'habits de femmes. On appeloit aussi ithyphalles les hymnes que* l'on chantoiten dansant en l'honneur du Phalle élevd» ^^^
La pompe ithy phallique marchoit en public au milieu des femmes les plus recommaindables '^^^ Cette pompe étpit appelée PeriphalUa; ceux qui portoient la machine ithyphallique s'appeloient Phàllophores ^^V^ le cantique du choeur,. Vappieloit Phai-^ licou ydsma , Çuntilenam de pêne açcinjum^ La foule^ dit Strabon^ suivoitla pompe djiPhallus ^en portant des branchies d'arbre et eïi 4ansanL ^^^
Les hcmteuses 0aUed?ies dto Athéniens envers Démétrius Poliorcète soot célèbres-j lor^ue ce prince revint de Leucaâe et de Çortbu à Athèaes , on alla au-detant de ïui atec des ithyphalles qui dansqient en ^uivaiit la mesuré des hymnes. Ilss!ayrétoient par inlJerVialle au milieu de la foi4e, d^n-
^^ SiiiéBS , V, f'haUoisnf^ ^das , V. Ê(kyphulM.:tr!^ Atigûsl., = ^'Strab.,lib.X;
DIONYMUS. l55
soient , repondoient sait, hymnes chantés ea l'hon^ neur de Démétrius, dans lesquelles ils faispiënt une partie. Athénée nous a conservé l'hymne Ithjphal^ Uque chanté en l'honneur de DéméUius ^^\ U n'a aucun rapport avec l'emblème de la génération , objet àes hymn^ diantés dans les Diopysiaitjue^ , mais y. ne fait pas moins connoitre la nature de ce g^nre de poésie : les notes de Casaubon sont fort curieuses à icet égard»
Le chant Ithyphallique étoit cobsâcré exclusivement à Bacfc^us comme le Peau à Apollon.
Le passade d'Aristophane que nous «avons cité ^ où Dicéopojiis prd^onne à sa femme d'observer <ie dessus ^ plate*£Q»rme la fête des Dionysiaques tju'il célèbre > [seflible indiquer qite les plates-formes des maisons étoient couvertes de spectateurs et surtout de feain^es^ et si l'on i^pproclie 9e vers d'Arîsto»phane4'uQ paissage d'Athénée ^^^ , l'on verra que de leurs plates-£3i7mes ces spectateurs tenoient àes lampes ^t des âasahesinx pour éclairer la pompe qui défiloit, presque toujours pendantla nuit ^^^ Socrate de BJiodes datis son troisième Uvi'e de la guerre civile^ ôit}é pair Athénée, rappoi^te qu'Antmne étant |>arti de la Gilioie^ ^à Çléopâtre qui ^oit vei»ae à sa rencontre, lui avoit donné uli repas câèbpé^ séjourna ^uelq^ie temp$ k Athènes., et qu'il célébra les Diot- ^^qties dans tout leuiT appareiK II joua lie rôle du
^*^ Athen.> lib. VI, cap. i5. = ^ Athen. , lib. IV, cap. 12.= ^^ Sophoc, Antigon., y, i i6i«^-HPlk(isitii. ^ Corinih, ^ 4ia^, S^.
l56 BACCHUS
dieu^ et se fît proclamer Bacchus^ il se rendit à la citadelle^ éclairé par les flambeaux que toute la ville tenoit allumés sur les plates-formes. D'après les rites prescrits par les oracles de Delphes qui avoient ordonné le rétablissement dé l'ancien culte de Bacchus , la procession devoit s'arrêter dans les places et dans les carrefours pour y. faire des libations en l'honneur de Bacchus pour la prospérité de la ville, et pour y immoler des victimes. ^^^
Il est probable que l'initiation précédoit cette procession , puisque la nuit étoit employée à cette solennité et aux autres cérémonies mystiques , et que le lendemain étoit le jour des chytres où l'on s'occupoit des jeux scéniques qui le remplissoient tout entier. Dans ces mystères on employoit les mêmes moyens qu'à Eleusis pour remplir l'ame des initiés d'une sainte horreur. Le récipiendaire étùit probs^blement soumis à peu-près aux mêmes épreuves, et aux mêmes obligations ^ comme les cérémonies d'Eleusis sont amplement détaillées dans un grand nombre d'ouvrages et surtout dans ceux de Mçursius et de M. de Sainte-Croix, et que je n'ai rien trouvé dans les anciens qui fût particulier aux initiations des Dionysiaques, je crois inutile de répéter ici ^ ce qu'ont dit des initiations d'Eleusis ces savans j ce qu'il y a dé certain c'est qu'il existoit une très grande analogie entre les fêtes d'Eleusis et les Dionysiaques, ou plutôt les
Jj^^*^ Ddmosth. , Orat, in Medim.
DIONTSIUÂ. iSy
Dionysiaque;;^ comme nous Ta vous dit, n'étoient qu'un mélange des rites d^leusis et de ceux du dieu du vin. On peut conjecturer avec quelque fondement que lorsque le culte du dieu du vin fut apporté dans FAttique par Pégase d'Eleuthère, cette divinité présentoit des formes trop déterminées pour l'identifier avec Gérés , sans la faire déroger à son caractère ; Bacchus lacchus étoit le seul qui pût être uni à Gérés ^ aussi son culte se perdit entièrement dans^ celui de cette déesse. Les Dionysiaques ne furent probablement imaginées par Pégase que pour pouvoir fondre ces deux cultes sans les faire sortir de leurs attributions respectives^ aussi il y avoit une communauté singulière entre le culte d'Eleusis et les Dionysiaques. Il est très probable , par exemple, que les fonctions de l'hiérocéryx dans les Dionysiaques étoient remplies par l'Hîérocéryx d'Eleusis^ et que le dadouque d'Eleusis assistoit également aux Dionysiaques. Nonnus qui étoit si versé dans les connoissances mythologiques^ et qui connoissoit si bien toutes les nuances du culte de Bacchus y a consigné le fait de cette analogie dans son poëme. « La déesse PaUas^ dit-il^ remit après sa nais- » sance l'enfant (Bacchus) aux pré tresses d'Eleusis. » Les nymphes de Marathon^ couronnées de lierre , » formèrent des danses autour du jeune lacchus y » pour célébrer sa naissance , elles agitèrent pen- » dant la nuit la torche attique.... Elles instituèrent » des sacrifices en l'honneur de l'ancien et du nou- » veau Bacchus^ et en adressant un nouvel hymne
l58 BACCHUS
w au troisième Athènes cambra de triples mys-
» tères »
S Vn. Fét^ des Chfftr^Sy trçisi^me jçur 4^ ^nthe^tifiear^ C'est le jmr de^ Chjrtf^^§ qu^ se livraient les €omh»U, ttrojmtiffues^ Leur origine.
Le troisième joof des Antlieslépies^ ëtoit le jour des chytres ; cette fête se célébroit done le lejade*main des choèft^ le treizième du mois ^thestëwofi i^^ 2 elle ne duroit qu'un }oup puiisqu'elle feisoit p«rti« de^ i^théstëries qui i^'èn duroîent que trois.
Lemot gifeo'xuTjpot/ x^^P^> ^'^^^ signifie marmite^ chaudière ) la cérémonie qui avoit fkit donner le nom de chytres a cette féte consistoit à faire euire dans une grande chaudière oxi marmite, les herbages, /semences ou grains de toute espèce en l'honneur de Bacchus et d§ Mercure Chthqnieiïs : Forigine de cette cérémonie remontoit^ dit-on, à la plus haute antiquité; elle avoit été instituée par ceux qui, ayant sur-véoUj au déluge de Deucalion, offrirent toutes les grainei^ et toutes les semences qui avoient échappé au déluge, à Mercure Chthonien ou Terrestre, pour se le r^idre propice, obtenir de lui lea fruits de la terre, et pour qu'il fût favorable à ceux qui avoienl été submergés sous les eaux ^^ U n'étoit permis a personne par respect peur le dieu de touehei7 à cette offrande j aucun prêtre même ne pou* voit y goûter, elle étoit dispersée par les eam-
^*^ Hitr|pocr., Philoch» oper. de Festif, =? ^^g^idfts, v» ^û-
DioifYSius. iSg
pagnes. Dans la Grèce cette opinion d'un déluge fut généralement répandue dans les temps postérieurs à Pindare, et on trouve un grand nombre de cérémonies qui rappellent cette catastrophe^*^ Çt). A Hiérapolis c(û donnoit comme un rite commémofatif du déluge , Tusage où étoit un homme de passer sept jours et sept nuit» sur l'énorme Phallus que Ton di^oit avoir été élevé par Bacchus lui-même à Feutrée du temple, parce que le déluge obligea les hommes à chercher un asyle contre les eaux, sur le sommet des montagnes et le faîte des arbres ; un autre usage commémora tif du déluge se pratiquoit dans ce même temple, à un certain jour de l'année: chacun alloit puiser de l'eau dans un vase à la mer , et apportoit ce vase fermé avec de la cire et cacheté. Le Vase étoit présenté à un galle qui habitoit au bord d*un laç sacré, peu éloigné du temple j le sceau étoit vérifié par lui et le cachet levé , ensuite tous les vases étoient vuidés dans une ouverture pratiquée sous le temple, et par laquelle, disoit-on, s'étoient écoulées les eaux du déluge ^^^ A Athènes même , dans le temple de Rhéa , il y avoit un' lieu consacré sous le nom d'Olympias : on motitroît en ce lieu un trou par lequel, disoit-on,
^^ SacTét sunt imsittuia dusfalsis a regihus Grœciœ^ quœmdmo* namdiluvii, etab eo Uherationiskomin}imy vïiœque Umc CBrumnQ$(9 modo ad alla , modo ad plana migraniîum , solemni celebritate revocéH^rurU. — ^ Xelt« lest rcxplic«tion qo* S. Augustin donne des lupereales. ( S. Augustin > de €iv. Dei, lib. X.VH, cap. 12.) ^ ^ Lacian. , de Dea 6yri(f^ 5 13, i S, a$ , 39.
l60 BACCHUS;
s'ëtoient écoulées les eaux du déluge sous Deucallon^ tous les ans on alloit y jeter en cérémonie des grains d'orge et de miel ^^\ On ajoutoit que c'étoit Deucalion qui avoit bâti ce temple, et on se servoit de cet argument pour prouver le séjour de Deucalion à Athènes ^K On moi^troit même près de ce temple le tombeau d^ Deucalion j dans l'île de Samothrace il y avoit sur les hauteurs des autels qui y avoient été dressés, disoit-on^ en mémoire de ce que l'île submergée par un déluge avoit été délivrée de l'inondation , et tous les ans on offroit sur ces hauteurs des sacrifices aux dieux en mémoire de ce bienfait. ^^^
C'est le jour des chytres que se livroient les combats dramatiques , voici la tradition qui nous a été conservée par Athénée sur leur invention : « C'est au vin , dit Athénée ^^^ , que l'on doit l'in- » vention des pièces dramatiques; elles furent ima- » ginées à Icarie^ bourgade de l'Attique, pendant les )) vendanges. » Les partisans d'Evhemère prétendoient que Bacchus avoit lui-même inventé les théâtres et les pièces dramatiques, qu'il avoit établi des écoles de musique, qu'il exemptoit de toutes fonctions militaires dans ses armées , ceux qui s'éto^ent rendus habiles dans cet art, et qu'il avoit formé des compagnies de musiciens qui jouissoient des plus grands privilèges. ^^^
^*^ Pausanias, ^ttic, p. i6. = ^ Hygin appelle Deucalion , Gëcrops. (Hygin, lib. II, cap. 3o.) =^^ Diod. Sic, lib. V, p. 2513.=^*^ Athen„lib. II, cap.3.=*^^ Diod. Sic. , Ub. IV, cap. a.
DIONYSIUS. l6l
Icarie etoit une montagne de TAttiquÊ habitée par des peuples de la tribu Egéide. Cette, montagne avoit un bourg de son nom qui fut le lieu 4e la naissance de Thespis^ les habitans de ce bourg sacrifièrent les premiers à Baccbus un bouc qui avoit ravagé les vignes. Delà est née. la fable ;dlca-^ rius qui donna le nom à cette contrée : il avoit appris de Baccbus lui«-méme Fart de cultiver la vigne , et rencontrant un jour un bouc faisant du dégât dans ses vignes ^ il l'immola à Baccbus son bienfaiteur. Quoiqu'il en soit de cette fable ^ leà paysans^ acteurs ou témoins du sacrifice du bouc^ $e mirent à danser autour de la victime en chantant les louanges du dieu : ce divertissement passager , dit le P. Brumoy^ devmt un usage annuel ^ , puis un sa<a*ifice public, ensuite une cérémonie universelle, et enfin un spectacle profane j > car comme tout étoit sacré dans Fantiquité païenne, les jeux et les àmusemens se changèrent en fêtes religieuses y et les temples à leur tour se métamorphosèrent eu théâtres^ mais, cela n'arriva .jqt^ par degrés. Jiieô Grecs venant èase polir txanaqportèrent dans leurs villes une fête née du loisir ide la campagne. Les poètes les plus distingxBesttïfiÀQnt gloire de con^ poser des hymnes religieux ^j et jd*y ajouter tout ce que la musique et la danse pouv^iept y répandue d'agrémens. On établit des prix de poésie, e^ccè prilc, au moins à la eampagi^ y étoit. imr beuo'ou* une outre de vin j dejmîs . long-^emps rhyinine l)à--i chique étoit appelé tragédie, f c'est-à-dire , ;chanson
ÏOME III. n -
iGs BACCHUS
du bouc 6u des vendanges ; œ ne fut en ^jQct rien autre chose durant un long espace d'années. On perfectionna le même genre ^ mais on ne le cha!i!igeiA pas^ et on ne trouve ni dans ces hymnes ni dans les chœurs qui les chantoient^ aucune trace de la véritable tragédie j Le P. Tournemine conjecture non-seulement que ces poésies devinrent graves^ touchantes et passionnées^ mais qu'elles eurent pouar objet la mort de Bacchus ou Osiris tué par Typhon.^ lorsque les Egyptiens eurent apporté cette mytho* logie dans la Grèce. Quoiqu'il en soit , ces simples chœurs n'étoient pas de& tragédies : ce qu'on nous raconte de Thespis b^bouillant ses acteurs de lie ^ pour les rendre plus semblables à des satyres , les promenant dans /des chariots^ d'où ils lançoient des épigrammes et des plaisanteries aux passans y donne bien l'prigine 4u drame satyriquâ ; mais l'acteur unique qu'il inftrodtdsit dacns ses chœvors^ fie rend pas aussi bien raison de l'origine de la tra-* gédie.'Get acteur unique pouvoit-^il jouer seul mje tragédie ; il faut pour un drame, un dialogue ^t conséquemnlent deux interlocTiteur&. L-inlj^'odufîûon de cet acteur fut due fbeiireuas innoi^aAion, jX supposoit sans doute ! une ^Mu^n dont il £iisoU le récit ^ mais ce. ne fut ^a'une ébanche fort imparfaite delà tragédie; les po^tesfse las$él*entà lalin de œa éloges, bachiques qui devendiralt faiies comme ]^$ louanges toujèui^s ]^<^4tées!âur le mécnie sujets ,et le récit qui n^toit que l'accessoire l'emporta; peu à peuaar le principal. Phiynicbus, Gherillus et tous
DIOHYSIUS. l63
ceux qui composèrent dan^ le goût de Tliespis^ oublièrent presqu'entî^emeut la destinatioDdu chœur et ne parlèrent plus de Bacchus; delà il arriva que la tragédie ÙA déiouniée de son but, et passa des honneurs rendus à Bacchus à de^ fables et à des représeqtatîons po^sionnëes ^^. Les prêtres s'en plai- ^rent^etleurs plaintes Ébndèrent ce proverbe: Cela est (ffiau^ mais on vly voit rien de Bacchus. a II est surpraiant^ ajoute lé P. Brumoy , que ni Aristote , oi ceux quioot traité cotte matière^ ne nous aient pas montre les divers changemens que reç^t la tragédie depuis sa naissance. Aucun écrivain^ à l'exception de Philostrate et de Quintilien y ne nous ont dit nettement qu'Eschyle fut le véritable inventeur de la tragédie proprem^t ditis^ chose qui résulte néces^ sairement des écrits de tous les auteurs.de l'antiquité. Tousen e^et s'accardentà dire qu'il joignit un second acteui: à loel^i cl^Thespis; tVoiU des int^ocutemrs^ voilà un dialogue , et par conséquent le genre de }a tragédie javaat lui ^ rien de toui^sela^ c'est donc E^yl^ q^i est {véritaMement le père de la tratgédie^ Ce fut lui qui orna le théàtcede idécocalioas convenables an sujet , il masqua le visage .des acteurs^ il les haussa ^ixv h cothurne , et hs nei^elk de robes traînantes pour parokre avec jdus de majesté* H fit âever le théâtre , il donna .à ^es acteurs les formes ^t la taille des héros .qu'ils repré^ sentoient et que les anciens croyoient avoir étp d'une énorme grandeur ( Hercule avoit huit pieds ).
^^ Plat. , Sympos. , Kb. i , Quœst. I. ' ^