II
ï64 BACCHUS
Ainsi ils avoient une tête, des jambes et des bras posticbes , l'immense ouverture de la i>ouche étoit tellement figurée ^ qu'elle augmentoit le son de la voix; ce porte-voix étoît nécessaire pour remplir la capacité du lieu , aussi bien que les vases d'airain placés dans les intervalles de l'ampbithéâtre. Il donna aux acteurs les non tes, les internonces, en un mot tout le cortège des héros. Aussi les Athéniens l'appelèrent-ils le père dé la tragédie, et quoiqu'il fût mort, ils l'invitoient à haute voix à assister aux Dionysiaques. »
On ne saur oit nier la justesse de ces réflexions que j'ai tirées du discours sur l'origine de la tragédie par le P. Brumoy» Ainsi, sqivant ce savant et judicieux écrivain, le hasard et Bacchus donnèrent les premières idées de la tragédie en Grèce j cependant au lieu de restreindre Tôrigine de la tragédie au bourg d'Icarie, au hasard d'un bouc immolé par les habitans de ces contrées, à leur joie et à leurs chants autour de la victime, historiette qui n'a peut-être été créée par les Athéniens que parce quece botrrgavoit vu naître Thespis, je trouve bien plus sûrement l'origine de tonte poésie en général et conséquemment de la tragédie, dans le caractère et l'e^it des premiers âges. Lorsque les Pélasges se rassembloient pour oflTrir aux dieux les prémices des grains et des vendanges , ils exprimoient leur joie et leur reconnoissance par des danses et par des chants ; ces assemblées étoient ^composées surtout de jeunes gens des deux sexes , qui en Ibr-
DIOSTSIUS. l65
moient la plus belle et la plus nombreuse partie; le culte religieux preuoit ^empreinte de la gaieté bouillante d'un peuple vif et turbulent. Ces fêtes étant particulièrement consacrées à Bacchus^ ceux qui , parmi les jeunes Pélasges , avoient le plus d'imagination , échauffés par les présens du dieu qu'on célébroit ^ composoient des chants en son honneur. Mais après la formation des premières^ peuplades chez les Grecs ^ les assemblées solennelles des Pélasges , leurs chants y leurs danses n'eurent plus seulement pour objet Tadoriation de leurs di-» vinités y mais la célébration de quelqu'événement heureux , par exemple d'une victoire remportée sur les ennemis. Le récit qu'on en faisoit donnoit un nouvel aliment à la joie publique : l'on sait que la danse des anciens ^ comme celle des barbares de notre temps ^ étoit une représentation mimique de quelque fait j la narration de cet événement heureux étoit donc accompagnée de la représentation de la chose même par la danse ^ par un chant approprié au mouvement du corps , par le son d'un instrument de musique qui ^ en même temps qu'il marquoit et régloit les mouvemens du corps , régloit aussi ceux du discours; le discours luimême étoit cadencé et tenoit de la poésie, il devoit fixer, d'une manière frappante, le fait dans l'esprit des auditeurs : cet ensemble d'abord grossier se perfectionna dans la suite, et fut soumis à des régies qui dévoient naître de l'expérience même, puisqu'on remarquoit les choses qui déplaisoieut et
t66 BACCHU9
celles qui faisoient une impression agrëable* Chaqtiç année on célébroit Tanniversaire de cet heureux jour et le récit se renouveloit; mais chaque année aussi on y faisdit entrer des circonstances nouvelles^ et le fait principal^ vrai et certain d^abord^ ne fut bientôt qu'une fable : les chefs de famille leë plus recommandables éto&ent placés par ces récits au rang des héros ; Ids louanges des dieox^ qui aupavaih formoieilt le seul objet des solennités^ furent an>algamés ayec les hauts faits de ces héros. L'on reconnoit l'origine du poëme épique et même de la tragédie dont les au jets furent puisés dans tes récits ^ D'est-à^dire^ dans l'histoire et dans la fable ^ on reconnoit le germe de la poésie en général qui f^éleva par la suite à un si grand point de perfection chez les Grecs* De là il arriva quHls eurent un génie qui leur étôit propre, génie qui a eu une grande influence sur leur système rehgieu:it.
Âpres la fondation d'Athènes l'art de la tragédie qui avoit pris naissance dans les fêtes de Baccfaus , à là campagne, passa dans la ville en y traînant un tortège qui fit toujours reconnoltre son origine ; le drame satyrique particulièrement , dont les chœUfs étolent composés de satyres , étoit un spectacle uni<^ quement consacré à Bacohu^, et que les poètes avoient été obUgés de joindre à leurs tragédies pei*«^ fectionnées , dans le dessein de contenter le peuple qui s'écrioit toujours en voyant ces pièces nouvelles, Quid ad Bacchum ^^^ Les jours désignés pour la
(i) Du'hv ftjDoç tov Acévvffov. On a donné <liverses ëtjmologies
DiOiliYSIUS. 167
repréaeDtatiQn des pièces dramatiques ^umouçoient encore le dieu qui Wor avoit donné xiaisg^ançe , puisque ce n'étoit que dan^ les fêtes de']^£^)cbus que Cf$ spectacles étoient doAu^s à Athènes» Ainsi la tragédie et la comédie restèrent toujours liées à la solennité de ses fêtes ^ toi:^ les théâtres et tous les jeux acécâques lui ^oi^pt uniquement consacrés j c'est pourquoi les combats sur le théâtre ont été a[^dés Xtionysiaques. Les acteurs étoient aussi appelés SiQvvaioLKoi xUvnai y ouvriers de Bacchus. On ne représenta d'abord des pièces qu'aux fêtes Lénéennes
à ce proverbe. On rapporte qu*£pigènes de Sicyone , ayant fait une tragédie sur Bacchus , les spectateurs lui crièrent, qiUd ad Bacchum ? mais il n'y a rien de si invraisemblable que ces relations , et en général que Texistence de ces tragédies et de leurs auteurs avant Tbespis :
Ignotum tragicœ genus invertisse Camamœ
Diciiiir, ^plaustris vexisse pœmaia Thesqtis. ( Horat, , th | Ar^ poet. )
Sur quelle autorité peut être fondée l'existence d'unThéomis, que Ton dit être le contemporain d'Oreste , et dont les tragédies furent imitées par Minos et par Auléas , ainsi que cell^ d'Epigènes de Sicyone , qui étoit séparé de Tbespis par seize gênératîoiBS? D'après une tradition beaucoup plus vraisemblable, le» combats littéraires en l'boi^nei^r de Baccbus commencèrent p^ les pièces appelées Safyngues, peu à peu on en vint aux tragéidies , dont les sujets étoient puisés dans l'histoire et dans la fiible , sans qu'il fût question de Baccbus , d'où quelques-uns s'écrièrent , qidd ad Bacchum ? Suivant Plutarque ,ce proverbe (ut appliqué à Phrynicbus et h Eschyle , comme nous l'avons vu : en général on appliquoit ce proverbe à ceux qui s'éloignoient du but qu'ils s'étoient proposé. ( Suidas , v. Ou Jf v. )
i68 BAcoinjs
et aux Dionysiaques de la ville ^^^ , ensuite on donna des représentations dramatiques aux Panathénées ; Samuel Petit assure qu'avant la troisiàne année de la quatre-^ingt-treizième olympiade qui eut Gallias pour archonte, les poètes donnoicnt trois représentations par an*
Si l'observation de Samuel Petit est vraie, il faut que le plaidoyer de hysias pour un citoyen accusé dé s'être laissé corrompre par des présens, ait été fait après la troisième année de la quatre-vingt-treizième olympiade; car dans la péroraison de ce plaidoyer qui nous est restée, il fait dire à ce citoyen : « Inscrit dans le catalogue des citoyens sous l'ar- » chonte Théopompe et nommé Chorège pour les » tragédies , je tirai trente mines de ma bourse j » trois mois après, pendant les Tbargélies, j'obtins » le prix avec le chœur d'hommes faits, et il m'en » coûta 22000 drachmes; plus "^ dé huit cents sous » l'archonte Glaucipe, pendant les grandes Fana- » thénées; sous le même archonte, dans W fêtes » de Bacchus, je remportai le prix avec le chœur >} d'hommes faits, dont les frais avec la consécration » du trépied , montèrent a cinq mille drachmes ; » ajoutez trois mille sous l'archonte Dioclès , pendant » les petites Panathénées pour une troupe de musi-
» ciens, danseurs Sous l'archonte. Euchde,
» j'exerçai la fonction de Chorège dans des comé- » dies : Céphisodote étoit chef du chœur , je vain-
^*^ Scholiast. Arist. » Ach» , v. 5o3.
» quis mes rivaux , et je dépensai seize mines avec » la consécration des habits , plus sept mines dans » les petites Panathénées , pour une troupe de » jeunes danseurs. » Ainsi à l'époque où ce discours fut prononcé , il y avoit des représentations dramatiques non -seulement aux grandes et petites Dionysiaques, mais encore aux grandes et petites Panathénées et aux Thargélies.
• Antiphon fait dire aussi au Ghorège pour lequel il fit un plaidoyer : « Lorsque je fus nommé chorège » dans les fêtes Thargéliennes ^^>, et que le sort » m'eut donné Pantaclée pour maître de chœur et » m'eut assigné la Tribu Cécropide, outre TErech- » téide dont je suis, je remplis ma charge avec » tout le zèle et toute l'équité dont j'étois capable. » Je commençai par disposer , pour instruire ma » troupe, de la salle la plus commode de ma mai- » son , qui m'avoit déjà servi quand j'étois chorège » dans les fêtes de Bacchusj ensuite je formai la » meilleure troupe que je pus sans faire de peine » à personne, sans enlever des gages de force , sans » me faire liair. Tout se faisoit de la manière la » plus satisfaisante et la plus avantageuse pour les » deux parties, j'engageois les citoyens par la voie » de la douceur à m'envoyer leurs enfans : ils me » les envoyoient d'eux-mêmes et sans contrainte , » ma troupe de jeunes gens étoit formée , mais iïe
^^ Les fêles Thargéliennes se célébroient dans le mois de juillet en l'honneur d'Apollon et de Diane , ou plutôt en l'hoûneur dif soleiL ( Meursius , Grœc.fer.\ lib. IV , p. 879. )
1 70 BJlCCHUS
» pouvant assister iii veiller à son instruction ^ j'en » chargeai Pfaanostrate mon gendre. Je pris avec » lui Amynias de la Tribu Erechtéide^ coimu par M sa probité, que les citoyens de la Tribu ont » nommé pour rassembler les jeunes gens, et pour » veiller partout aux intérêts de la Tribu, et un )) autre de la Cécropide, qui est aussi dans Tusage » de rassembler les jeunes gens tle sa Tribu. Je » prL» pour quatrième Philippe^ que je chargeai » de faire les achats et toutes les dépenses que de-*- » manderoit le maître du chœur ou quelqu'un des » trois que je viens de nommer, »
On voit qu'un chorège avoit le droit de forcer les citoyens de sa tribu de lui envoyer leurs enfans^ et de prendre des gagea qui lui répondoient de leur exactitude à les envoyer.
Ce plaidoyer prouve quelle ardeur on mettoit à s'intruire pour briller dans ces sûleimités. Un jeune homme de la troupe de ce chorège avoit pris une drogue pour se former la voix : cette drogue Fempoisonna, il mourut sur le champ; ce plaidoyer a pour objet de défendre le chorège de Taccusatian portée contre lui à cet égard.
Le chorège devoit avoir quarante ans passés, afin qu'il n'eût de baisons avec les enfans qu'il £brmoit que dans un âge mûr/^^
On distinguoit à Athènes deux sortes de charges publiques onéreuses, les unes pour l'utilité, les autres pour le plaisir ; ces dernières étoient prin-
^*^ Eschin. , Orat, in îhnarck.
cipalementles charges de chorège, de gymnasiarque et d'estialeur. On ne pouvoit pas être exempt des charges pour Tutilité, mais l'exemption des charges pour le plaisir étoit une des grâces dont les Athéniens récompensoient les services rendus à FEtat. Les étrangers étabUs à Athènes y on ceux qui ne demeuroient pas à Athènes, mais qui avoient été gratifiés du titre de citoyen, étoient obligés de remplir les charges de chorège , de gymnasiarque , et d'estiateur ; il falloit passer une fois pendant sa vie par ses charges^ mais on n'étoit obhgé d'y passer qu'une fois. ^*^
Le citoyen qui étoit revêtu de la fonction publique et sacrée de chorège , s'engageoit à former à ses dépens une troupe de musiciens et de danseurs pouf célébrer les fêtes de Bacchus. Il paroît que chaque tribu n'étoit pas tenue de nommer tous les ans un chorège , car la loi ordonnoit de tenir un mois avant les Dionysiaques une assemblée des chorèges de toutes les tribus , et cette assemblée ayant été convoquée selon l'usage, tous les chorèges s'y trouvèrent , excepté celui de la Tribu Pandionide j Démosthène voyant la honte qui rejailliroit sur tous les habitans, si pour la troisième année ils ne pouvoient pas encore fournir un chorège , s'offrit pour l'être et reçut les applaudissemens universels; dans cette assemblée on tiroit au sort pour le choix d'un joueur de flûte , le sort procura à Démos-
^*^ Démosth., in Lepti'n,
théne l'avantage de choisir le premier, et il désigna Téléplianes le plus habile d'entr^eux. IJ y avoit une grande émulation entré les chorèges des diiSerentes Tribus : celui dont la troupe étoit la mieux formée et la mieux décorée obtenoit une couronne, et c'étoit un affront cruel pour le chorège que sa troupe ne fût pas instruite , et qu'elle ne pût pas obtenir le prix.
Le chorège portoit une robe brochée d'or uniquement destinée à cet usage, et la troupe étoit décorée de couronnes d'or j du moins^ celle dont Déraostliène fut le chorège portoit ces décorations. ^*^
§ VIII. Des Chœurs. — Ils étaient de deux espèces , les Chœurs isolés et ceux des pièces dramatiques.^-De leur composition^
On distinguoit à Athènes deux sortes de chœurs, les chœurs isolés et ceux des pièces dramatiques. Dans l'origine tous les chœurs étoient isolés, ce n'étoit d'abord qu'une troupe d'hommes et de femmes, de jeunes gens et de jeunes filles qui chantoient et qui dansoient pour célébrer les fêtes et implorer la protection de Bacchus. Dans la suite Thespis, comme vient de nous le dire le P. Brumpy, introduisit un acteur qui donnoit au chœur le temps de reprendre haleine -, Eschyle joignit un second acteur, puis un troisième qui Uoient conversation entr'eux et qui créèrent le ^dialogue, conséquemment
^*' Démostb., in Mediam,
une action et une pièce dran^atique. Cette nouveauté eut tant de succès que le chœur employé exclusivement à chanter Bacchus, étant conséquemmentle principal, devint l'accessoire; ces chœurs ne chantèrent plus que pour délasser le spectateur^ et ils furent renvoyés aux intermèdes , ou bien ik parurent dans la pièce comme simples acteurs : ils devinrent agissans^ tantôt nymphes, tantôt furies^ quelquefois courtisans , souvent peuple , mais toujours intéressés à L'action. Eschyle jugea seulement qu'il étoit convenable d'abréger les chants du chœur, et ce fut par où il commença. Il fit donc na double usage du chœur ; le coryphée entra dans l'action à la tête des autres personnages dii chœur , au nom desquels il prenoit la parole : ses autres fonctions consisloient à chanter dans les intervalles , le chœur s'en acquittoit comme auparavant, en mêlant des marches graves et majestueuses au chant de toutes les voix réunies, avec cette différence que depuis l'invention de la tragédie , et même au temps de Thespis , il ne chantoit rien qui ne fût Ué à tout l'ouvrage. C'est ainsi que , sans cesser tout à fait d'être ce qu'il avoit été, le chœur changea la matière de ces chants, et ne devint qu'une partie d'un grand tout. Les chœurs chan-* toient et dansoient comme avant Thespis ; quand le nombre de cinquante personnages fut réduit à quinze, ils paroissoient sur trois rangs de cinq, ou sur cinq rangs de trois , et de même à proportion
174 BÂCGHUS
lorsqu'on les réduLsit à douze. Il paroit q«e ce lut Esobyle. qui réduisit les choeurs à douze persannages^ Sophocle les porta à quinze; ils faisoient ensuite diverses évolutions et pnenoient des airs difierens de joie ou de tristesse , selon l'inipres^iofi que leui* donnoit leur guide ou leur carypbée ; le chœur alloit de droite à gauclie, ce tour s'appelait strophe ; H décUnoit ensuite de gauche à droite ^ c'étoit l'antistrophe ou le retour, e»fin lechfBpr s'arreleit au miU^u du théâtre pour y chanter «un morceau qu'on «oBimoit épode(«). Le chœur se divâssoit quelquefois ^n deux parties^ c'ost ce qu'on appdioit HfLtp^opia.
On conserva néanmoins des chc3^ra isolés , c'està-dire^ des troupes de musiciens et de dai^ei^rs qui dan^oient aimpleipent , ou qui, cp dansant ^ cUantoient de3 hynmes en rhpnn^Qif de Bapchus, Ces musiciens portoient le n^m de Phallophoces ^ d'IthyphMleg^ et AutocahdaIes«
Les FhaUop}iore3 ne niettoieAt pas de masques , ils se ceignoient d'un ,plastr.Q» feit d'un tissu de «eypolet, su i monté de feuilles d'ac«nthe : ensuite ils se meltoient une couronne iépai$sie eaatrelacée de lieçre et de violettes ei .paroissoi^nt vêtus d'une canûce.y s'avançant les uns par l'entrée ordinaire, les autres par le milieu des chœurs , et en meaure , ils débutoient toujours jainsi :
« Bacchus, c'est à toi que nous consacrons ^oes ») chants^ variant nos accents sur un rhythme ^simple,
DIOMYSIUS. 175
» mais ces chansons seroient peu convenables d&* » yant des vierges, nous allons commencer un » hymne nouveau. »
Après ce début , ils s*avançoient en courant et persiffloient qui bon leur sembloit; le, coryphée des Phallophores marchoit tout droit et tout barbouillé de suie. ^^*
Les Autocabdales prononçoient leurs chants avec lenteur^ ils cherchoient à y mettre de la grâx;e , on les appela dans la suite ïambes^ eux et leurs pièces. Us portoient une couronne de lierre.
Les Ithyphalles portoient on Hiasque qui étoit celui des geos ivres. Us avoient la tunique talare ( robe traînante) qni^étoit bigarrée moitié de blanc ^ et ils fisLcÂent , avec une t^einture , une taraitine qui les ^ouvroit jusqu'aou: talons $ leurs manches de divrerses couleurs et tentes conviâtes de fleurs lent tomlioîent sur les mains. En entrant par la grande porte Hs^ WBsdioient en silence , et lorsqu'ils s'étoient jrvancés jusqu'au milieu de l'orchestre ^ ils se toun&biedt >veife le théâtre et disoient :
« Rangez-vous^ Mtes place audieu^^ carie dieu n «vevt passer droit , sur la chaussure dont il a les » pieds ceints* ^^^ »
Adiénée^ ^^^ &iit la description du repas que Gaoranus donna en Maeédoioe pour ses noces , et
^ Athen.^ lib. XIV,, cap. 3,4» — Suidas , v. P7uillophoroi.== ^ AÙien.*, tibi(i,-^^\ l*dn veut avoir plus de détails sur les Ithyphifies et leur orîgiue , il fa4t voir Euêocie, dans les Anecdotes Grecques àe^.'SlSlkàsùu^f,I^t'ï. os, ^ Alïieii., lib.JV^cap. i.
176 bacchus
il raconte que tout-à-coup la troupe de ceux qui venoient de célébrer à Athènes la fête des cl^y très , fit une irruption dans la salle ^ ils étoient suivis des Ithyphalles^ des Skerdpaiktes, (c'étoit la troupe de ceux qui disoient des inîuves^skeros ^injure ^ i^ai^eiv, badiner ).
Il y avoit encore d'autres chœurs tels que les Hilarodes qui portoient des habits blancs d'honunes et des couronnes d'or y qui chaussoient des sandales et dont les chants étoieïit accompagnés d'un instrument à corde : on donnoit une couronne pour récompense à lliilarode ou au chef de ces chœurs. Les Magodes et les Lysiodes chantoient des vers de même espèce, et ne différoient qu'en ce que les uns portoient des habits de femmes et les autres des habits d'hommes. Us avoient avec eux des tambours et des cymbales, entreméloient dans leurs jôtes une espèce de magie. Il y avoit aussi le& chœurs orbiculaires, qui chantoient le dithyrambe , et qui dansoient au chant de cette espèce d'hymne , en l'honneur de Bacchus, les .mains tantôt libres, tantôt entrelacées.
Démétrius de Phalère introdui$k des rhap^des sur le théâtre. Chaméléon cité par Athénée dit dans son ouvrage sur Stésichore qu'on chantok non-seulement les poésies d'Hûmère , mais même . celles d'Hésiode, d'Arclnloque, et celles de Mimnerme^et Phocylide: S^mônide de Zacynthe chanta les vers d'Aptiloque sur le théâtre , y étant, assis* Le Rhapsode Mansion dédamoit.des vers ïambiques.de Si-
Dioirrsnjs. 177
monide dans les pompes piibli({ues. Hëgésias déclama des niorceaux d'Hërodote sur le théâtre , et Hermophante^ des morceaux d'Homère. Le dialogue de Platon intitule Ion ou de la poésie^ prouve que les Rhapsodes disputoient le prix sur le thëati^e ^ en récitant les tirades les plus intéressantes des grands poèmes»
Il y ay oit quatre personnes principales dans leé chœurs , le chorège x^P^y*^ T^ étoit chargé dés frais de la troupe; le maître du [chœur qui Fin-N struisoit et* le formoit^ 0 xovç xofo\i<i Si^dtTTttùv ; le co-* ry phée xopvcfahç , il étoit le chjef de la troupe , c'est lui qui la cionduisoit; enfin le joueur dé flûte auXvrnjç, celui qui lui donnoit le ton. Il yavoit ensuite le pi*ésident de la partie droite du chœur^ le président de Faile gauche^ et le président du centre : du reste plusieurs écrivains et particuUq>« rement J. Pollux ^^^ nous ont donne de longs détails sur la composition et la division des chœurs y ainsi que sur le lieu appelé ChorœgiunÉ on l'on pkçoit tout ce qui appattenoii. aux personnages. du chœur et aux acteurs^ les omemens et les décorations de théâtre. Gc^ détails. sont intéressans^ mais ils nous éloigneroieat trop de notre sujet : chaque tribu ( et elles étoient au nombre de dix ) avoit des chœunt qi^i disputoient à l'envi^ le priï de la musique et de^la danse; ce prix iétoit un vase à trois pieds ^ le chorège vainqaeurconsacroit ces trépieds à Baccfausi
*•> J. Pollux , lib. IV , cap. 1 5 et sut.