‹ Recherches sur le culte de Bacchus: symbole de la force ..., Volume 3Chapitre 2 sur 39 · HT STÈRES · texte numérisé non relu

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temps l'établissement de l'agriculture et de la législation.

C'est sur une semblable preuve négative que se sont principalement fondés ceux qui ont nié Fexis-^ tence d'Orphée. Les plus anciens écrivains^ Homère et Hésiode ne parlent pas d'Orphée j donc ils ne l'ont pas connu ^ donc il n'existoit pas ; sans doute on ne peut admettre un seul personnage ^^\ sous le nom d'Orphée qui ait été par exemple l'instituteur des. mystères, et le compagnon des Argonautes dans leur expédition à Golchos ; mais il est conforme aux règles dé la saine critique d'admettre, puisque toute l'antiquité nous le présente avec une unanimité désespérante pour les incrédules, un devin, un mystagogue , que les Grecs ont appefé Orphée ,x fondateur d'un mélange de religions et de superstitions, un Orphée archétype , pour ainsi dire^ que la postérité a ensuite chargé de tous ses mensonges^ de toutes ses fictions, de toutes ses monstruosités , auquel elle a attribué les faits les plus incohérens y sans distinction de temps et de lieux, tel enfin qu'avec ce fardeau, il est impossible qu'il ait existé. On ne peut dire maintenant sans doute qi^and, ni en quel lieu a vécu ce premier Orphée, ni, quelle étoit la doctrine qu'il enseignoit, mais ce n'est pas une raison pour nier son existence. Pindare ^^ appelle

^*^ Les uns ont voulu qu'il y eut cinq Orphées , les autres sept , Hérodote deux seulement. On a réuni les faits appartenant k tous ces Orpbées sur le même personnage. =: ^. Pind. , P^th^i^

MYSTÈRES. r3

cet Orphée ^ si justement célèbre y dit-il ^ t enfant {TjipoUon , le père de la Ijrre et du chant. Si du temps de Pindare , Orphée n'eut pas été un personnage, dont l'existence fût, pour ainsi dire, consacrée, ce poète n'auroit jamais eu la pensée de le créer, il ne Tauroit pas appelé le père du chant, et Onomacrite qui passe pour l'auteur des hymnes d'Orphée, et qui vivoit peu de temps avant Pindare n'auroit jamais donné ses hymnes sous ce nom, s'il n'eût été célèbre dans toute la Grèce;. ce n'est pas subitement que de pareilles fables acquièrent de l'autorité. Sa célébrité chez les Athéniens rempUssoit tous les esprits , lorsqu'Euripide leur présentoit Orphée sur la scène comme l'auteur des mystères ^*^ , qu'il leur parloit de ses miracles et de l'excellence de ses poésies ^^ ; les mêmes réflexions se présentent lorsqu'on lit dans Aristophane tous les passages relatifs à Orphée. Socrate( dans son apologie par Platon) dit qu'il se réjouit de converser dans les enfers avec Orphée, Musée, Hésiode et Homère. ^'^

Dans l'Alceste d'Euripide ^*^ le chœur s'exprime ainsi: c< Vainement chercheroit-on dans les écrits de » Thrace dictés par le touchant Orphée, un préservatif » qui pût garantir les mortels des coups du destin. » « Que personne, dit Platon dans le huitième livre » des lois, ne s'avise de chanter aucune composi- » tion de musique , qui n'ait eu l'approbation des

^> £uHpid. , Med. , 543. — Iphig. in Aulid, = ^ Euripid. , Mhes. V- 943. = ^} Plat. = <*> Euripid. , Alcest. , v. 968.

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}) gardien* 4fi$ lois, qiiau4 «lêi»^ ellje Éicroit.plus » agréable que les hymaes de Thamyiisy et que M les hymnes dX)rpbée. ^

Il j avoit doue du temps d'Euj?îpide et de Platon des écrits .qui portoient h wmi 4'OrpJMe, so^t-ce <5aflxque nqus aVous? Ojipiuamte vivait du temps 4es pisistratide^ et de Xeraès , CQzi$éq\\emment avant Euripide et Platon. ^^^

Pausanias après avoir rapporté rhistoire d'Orph& telle à peu près qu'on la trouve dans tous les mythologues , ajoute : Ce sont autant de jfidions à travers desquelles je crois dânéler qu'Orphée fut un grand poète, fort supérieur à tous ceux qui avoient existé aiïsant lui, et .qu'il se rendit respectable en enseignant aux hommes les cérémonies de la religion , et .en leur persuadant qu'il avoit trouvé le secret d'expier les crimes, .de purifier ceux qui les avoient commis, de guérir les maladies et. d'apaiser la colère des di^ix.^^^

Hérodote parle d'Orphée xxHxuqe d'un perspnnage réel.

Saint Justin ^^^ l'appelle primus doctovum deo^ rum , et Origène^*^ lui-Hoaemeae nie pas l'existence d'Orphée ^ il doute seulement de l'authenticité de ses ouvrages ^^\ Philochore dans sojf, A rie vc^ticinandi ,

^*^ Hérpd., lib. VI , cap. 7. = ^> Pausan. , lib. IX , cap. 3p.=i: ^^ Saint Justin , Exhortaiio ad Gentes de Monarchia^ io4. = <*> Origen., contr. Cels. , lib. VII, p. 367 , 368.

^ Origen. , contra Cels, On peut voir sur les ouvrages d'Orphée , GyralduS , T. II , p. 76. — On veut , dit Cîcéron ( de Nat

le metidit au ^ang ides devins ^\ jyémosiïmièy Ddodore jde Sicile^ Plaftaïque ei Théodo^et, d'aprè^ eux ^ le regardoi^iit comme Tauteurde^ JBa€€l;^MKi^ljlea^ des Panathéoées et même des ThesmopJUories^ ( la <îrrè€e defi^oit les Tkesmophofies aux iiUea d^ D^oaâfi ^^ ) , et coQime ayant oonverti Le culte d^^ia et d'O^rû en celui de Ceceset de Bacc&us. ^^^

Au ixiillieu de la Thrace ^ dit Pompomius M^l^ j ^^élevent les moats fiémus , Rhadope jet Orbetus^ q«ti soQt câèlN[«s par les orgies et les céf^4f»Qmes de Bacchus y qi^Orphée le prenùer y iditroduijsijt ^*^ : certes, dit Mezfiriac , Orphée naquît ^ mourut eu Tkrace^ comme je pourrois le prouver par mille exemples. ^^^ ^.

Suivant Diôdore de Sicile , Orpiiée que la u^i^re avoit doué d^un génie extraordinaire pour la poésie et la musique, et<pd le premier enseigna aux Gnecs les mystères et les initiations^ avoit été disciple de ces Dactyles ^^^ qui passèrent dans la âaniothrace , et qui étonnèrent les hahitans de cette île )par leur science dans la divination^ par leurs jpres^ès, leurs enchantemens , leur rites sacrés et leurs mys-

Deor. y lîb. I, $^ 38. ) ^ que les vers qui passent sous le nom d'Orphée, soient d'un pythagoricien -nommé Ceroops.

^^ Athen. , lib. XIV. = ^ Mannor. Oxou. , Epoch. IX , p. 160.= ^^ Theod., Therapeut.=:^^^ Pomp. Mêla, Itb. U , cap. 2. === ^^^ Comment, sur les JSpHi^s d'Ovide, T. I, p.vtôS.

^^ Orphée-fpt <le disciple ,des fiactyks , dit Pau^anias (lib* lU , $ 1 4. — 'Lih. ^^i , S 3o. ) ^ et il puisa dans leur conunevce àe nouvelles idées religieuses. Il alla se faire initier aux mystèrç3 4'Isis

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tères ^^) ^ dans toutes les occasions on Diodore de Sicile parle d'Orphée, il le présente connne un homme célèbre par la beauté de ses vers , et par sa profondeur dans toutes les matières de religion ^^ n le met au nombre de ces Grecs célèbres qui vinrent en Egypte s'instruire des lois et des mœurs de cette nation; il le donne conmie l'auteur de la fable de l'enfer dont les sépultures égyptiennes lui donnèrent l'idée^ ainsi que de la fable des Titans et de l'introduction dans les mystères du rit de Bacchus déchiré par eux ^^^ , comme le fondateur des mystères établis en Thrace chez les Giconiens ^^ ; il dit qu'il ajouta une corde à la lyre et qu'il apporta divers changemens dans les orgies de Bacchus.

Plusieurs nations prétendoient avoir le tombeau d'Orphée: il étoit à Dium près du mont Piérie , il étoit encore à peu de distance de libethra ancienne ville sur le mont Olympe, où l'on voyoit une statue d'Orphéç faite de bois de cyprès ^\ Suidas dit qu'il étoit de cette ville; Strabon veut qu'Orphée demeurât à Pimplia ^^K II avoit à Lesbos , son tom-

en Egypte , où il acquit des connoissances supënetires sur les hiitiatioDS , les expiations y les funérailles, et d'antres points du culte religieux, qu'il communiqua aux Grecs. Il institua les mystères et le culte d'Hécate chez les Eginètes , celui de Cërès à Sparte.

^*> Diod. Sic. , lib. V , J 63. =:= ^'^ Diod. Sic, lib. , p. i5, ï6, 26,27,80, 103,107. = ^/*w^., lib.V, ^. 'jB. =z ^^ Ibid. , 5 77. = ^> Plut., Fit. Alex. , cap. 19. = 5^ straj). , lib. VII, p.^33o.

beau dans le lieu- où étoit le temple de Bacchus^ et sa lyre fut suspendue dans le temple d'Apollon ^*^. Pausanias^ après avoir rapporté la tradition sûr la destruction de Libethra qui avoit été prédite par Toradé, lorsque les os d'Orphée seroient mis à découvcEt, ajoute : « Quant à ses hymnes , ceux qui » ont étudié les poètes > n'ignorent pas qu'ils sont » courts et en petit nombre. Les Lycomèdes les )) chantent par cœur en célébrant leurs mystères : » du coté de l'élégance ^ ils n'ont que le second » rang^ ceux d*Homère leur sont supérieurs; mais » la religion a adopté les hymnes d'Orphée et n'a » pas fait le même' honneur à ceux d^Homère. ^^^ »

Les symboles et les expressions énigmatiques qui sont inséparables des mystères^ étoient conservés dans les poésies d'Orphée^ lesquelles étoient employées dans les cérémonies reUgieuses; on en donnoit l'explication aux initiés. ^> -

Orphée passoit pour l'auteur du serment redoutable qu'on exigeoit des initiés, pour s'assurer qu'ils garderoient le secret qui leur étoit imposé. ^^^

Suivant Platon, Orphée avoit établi le dogme que ceux qui aur oient bien vécu en cette vie , recevroient pour récompense de leur vertu , des plaisirs perpétuels dans l'autre monde , en quoi il le blâme d'avoir proposé la volupté pour but aux actions vertueuses ^^^ j le même Platon observe , dans le Prota-

^^ Lucîan. = ^ Pausanias, lib. XI, cap. 3o. = ^ Clem. àlexf , Strom. , p, 673 , 674.= ^^ Firmi^us , Astrolog. , lib.. VU. --.(5) pi^i^ ^ Paraît, de Cimon et de tuadlus, •

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