HT STÈRES
gora$^ que les aociepii auteurs ornignant de vendre leur^ écrits dësn^ëables en y ^aiployant la saphis*^ tique à découvert 9 avoient su la caeher soms diffii» rens voi)es : Honaèt^n y Hésiode et Simonide sous celui de U poésie et de la fiction y Orpbée et Musée sous celni des pratiques relî|;ieuses et dfs prophéties. tliéroolès attribuait à Orphée la doctrine de Platon ^ur la providence ^^^ , Platon cite Orphée dans le Cratyle ^*> j il 4it, dans les lois ^^ , que Fon ne fait pas remoilter à plus de tniUe ou deux mille aat, les découvertes que l'on doit à Orphée*
Ijucien i dans le dialo^e des esdaves fugitifs , fait dire ^ la philosophie : n ie viitô en Thrace où » î'iuilûtai avec Ëumolpe et Orphée^ )e les choisis n tous d^ux pour être mes précurseurs en Grèee ; )> le premier que j'avois instruit de t«Mit ce qui >y concerne la religion^ y devoit initier lois Grecs , » le second^ par le charme de la musique^ devoit >> les attirer k moi« )^
D'après upe tradition rapportée par Jostin ^ ^ ce Midas si i^justemeut décrié qui bâtit un temple en l'honneur de l\héa^ et qui introduisit les aoystères chez les Phrygi^ps ^^ avoit été initié par Orphée..
Suivant le béiuoigMS^ d'OlyBqfàodore ^^^ Hérodote avo^t écrit Vhistoise d'Orphée. Athétiée e|t ApoUg^iufi d'Aphf odisium citent un livre sur ÛÉ^piéç. C6>
^ Biéroclèft , ^ PtiavidÊntia mk fiém, p. 944. mt ^ »at., T. I „ 40O ^ 403i. W ijbidu , T* IH. «a W JusM»^ Ijb. Xf , «a{K ^.as:
^ Apud Photîom, C«A 80. o ^ AiImi., lîb. XIT, otj^ 9.
MYSTJCEES. ig
StraboQ plaœ Orphée parmi les plus anciens musiciens da la Grèce ^^^ ; Virgile fait paroître Orphée le premier dans l'Elysée , à la tête de tous ]m initiés, parce qu'U passoit pour avoii* civilisé les sauvages de la Grèce, par le moyen de la musique et des mystères. U le fait paroitre ea robe longue cojinme un lùérophante ^ il marioit les accens de sa voix aux 9ons harmonieux de sa lyre ^^^i$ on lui devoit ainsi qu'à Musée le Ritud des initiations ^^\ La Grèce étoit inondée d'une foule de rituels qui leur étoient attribués j ils prescrivoient la forme des e}(piations« Horace attribue le passage de la vie sauvage à la vie civilisée^ à la force de Tharmopie, aux charmes de la musique et à l'empire de la poésie dont Orphée avoit su si heureusement se servir ^^^ : l'usage de ces moyens fiit employé dans toutes les institutions religieuses. lia danse et la musique font un ejSet puissant sur le peuple; les hommes les plu^ grossiers et les plus sauvages peuvent être aisément réunis par ce genre de plaisir , et rieu ne se per-^ pétue autant parmi eux qu'une institution qui le leur procure. Ce goût naturel aux homznes fut bien senti par les anciens législateurs qui unirent toujours les banquets sacrés y la musique et la danse aux actes pid)licsde religion, et à la célébration des mys^ tères, Strabon ^^^ reconnoît que les premiers qui
^*> Strab., lib, X , p- i?!- - ^^ yEneid., lib. VI, v. 64o, = ^ Plat. , de ÈèpubUc. , lîb. II , p. Sô^J. == <^ Horat. , Art. Poet,^
ao MYSTÈRES.
cultivèrent la musique étoient les mêmes qui avoient établi les initiations et les mystères ^ Orphée , Musée, Eumolpe, dont le nom rappelle la beauté de son chant. Il ne sépare pas la ^lusique de la morale qu'elle servoit à établir originairement , ni de la philosophie qui l'employa : il cite Fautorité de Platon et avant lui , celle des Pythagoriciens qui donnèrent à ia musique le nom de philosophie. Timée de Locres s'exprime de la manière la plus claire à cet égard :
« La musique et la philosophie qui la conduit , » ont été établies par les lois et par les dieux pour )) perfectionner Pâme. Elles habituent^ elles per- » suadent, elles forcent sa partie irraisonnable I) d'obéir à l'autre^ elles adoucissent la partie ira- » scible , elles tranquillisent la concupiscence , et » les empêchent toutes deux de se mouvoir contre » la raison , ou de rester oisives , quand la raison » les appelle soit pour agir , soit pour jouir j car » c'est là toute la sagesse , agir et 3e retenir selon w la raison. »
Quelques-uns.ont prétendu qu'Orphée étoit égyptien ^*\ Les prêtres disoient qu'il étoit venu S'instruire parmi eux ^*^ ; parmi les monumens égyptiens on trouvoit Horus ou Harpocrate environné de plusieurs animaux, ne pourrôit-on pas en conclure que les Grecs , en mettant à la suite d'Orphée diflTérens animaux, avoient puisé cette fable en Egypte? ^^
<*> Pausanias , lib. VI , cap. 20. = ^^^ Diod. Sic. , lib. I , J aS , 96. = ^^ Caylus , jéntig, égypL et étrusq.f T. III, pi. 10 , no 1 1.
BfYSTÈAES. ai
Orphée paroît avoir le premier réduit en sy»tème la doctrine égyptienne qui avoit été apportée dans la Grèce par Danaiis , Gécrops et Gadmus , il forma une espèce de corps de théologie qui forma la base de la religion hellénique ^ Homère n'a pas fait de théogonie^ il ne parle des dieux que d'après des traditions généralement reçues. Homère et Hésiode avoient puisé dans une source commune; et^ suivant Athénagoras ^ ils avoient suivi Orphée dans tout ce qu'il disoit des dieux. ^*^
M. Clavier conjecture qu'Orphée ayant employé le vieux langage de la Grèce qui étoit dur et peu agréable , ses poésies durent perdre la plus grande partie de leur prix^ lorsqu'Homére et les autres poètes Ioniens eurent accoutumé les Grecs à une harmonie inconnue jusqu'alors : elles tombèrent toutes dans l'oubli à l'exception de celles quiétoient consacrées par la religioa; ceUes-ci même étant devenues inintelligibles^ il fallut les rajeunir^ et Onomacrite entreprit ce travail: c'est le même Onomacrite qui mit en ordre les oracles de Musée et les poëmes d'Homère. ^^>
Ceux qui nioient l'existence d'Orphée ne s'ap.puyoient pas seulement sur le silence d'Homère et d'Hésiode j Vossius le premier qui ait eu cette opinion ^^^ y et Mosheim le plus célèbre de ceux qui ont suivi Vosçius ^*^, l'ont fondée sur ce passage de
^^ Albenagoras , Legatio pro christianis , p. 64. = ^ Clavier , HisU des premiers temps de la Grèce ^ T. I , p. 85. = ^ Vossius ^ de Arlepoetica , cap. 1 3 , 78. = ^^ JYot. in Cudwortk,, Syst. intell.
Cieévon : Orpheum poetàm docet Arisioteles' nuri'quant fuisse ^*\ Le passage d'Aristote est perdu et il est certain que cAui de Cicéron peut très bien s'explKjuer ainsi : Aristote enseigne qu^ Orphée ri a jamais été poète ^ c'est-à-dire, que les vers qu'on lui attribue ne sont pas de lui j Fabricius Fatoit entendu de la sorte. Davies à qui nous devons une excellente ëditioû du traité de la nature des dieux. Fa entendu de m^e que Fabricius : cette interprétation a été adoptée par d'autres sayans et particulièranent par Trillerus, Harles, Tiedemann^ et surtout par Gessner qui y dans ses prolégomènes y a donné une savante dissertation sur ce passage de Cicéron; le rapprochement d'un autre passage d' Aristote ( in philosophia ) s^nble confirmer Finterprétation donnée par Fabricius. Aristote dit positivement dans ce passage que les poésies appelées Orphiques ne sont pas d'Orphée j il semble par là non-seulement admettre l'existaice de ce personnage, mais rappeler le sens du passage cité par Cicéron j du reste les autres preuves données par Vossius pour appuyer son interprétation, onj: été avantageusement combattues par Thomas Burnet. ^*^ Mais, en admettant même le système de Vossius et de Mosheim, que prouveroit le passage d'Aristote contre des témoignages aussi nombreux et aussi authentiques, auxquels je pourrois joindre une foule
*»> Cicer., * ^ol. 4ear. , liiK I , J 3«. « «* jtrckeoL phUas, , cap. 9»
MYSTÈRES. a3
d'autres tirés de l'éloge de Busiris par Isocrate , de ses plaidoyers oonire Pakfiiède et contre Alcidamas^ de Platon dans, le Gratyle , dans la RépnbHqne et dans le bu[iquet> des histoires diTerses iTElieii, des expéditions d'Alexandre par Arrien , d'Uygin dans ses fables et dans son astronomicon, delà yie d'Orphée par Diogène Laerce , de Maxime de Tyr, de Ladeii^ deQuintus de Stuyme, de Virgile, témoignages qui sont confirmés par les narrations de GoÀon^ par les ouvrages de Suidas, de J. Malala, de Saint-Clément d'Alexandrie, d'Eudociè, de Produs, d'Hiérodès, pir le poëme de Phanoclès dont 8î(A>ée nous a eonserré uùe partie de l*Elégiô dllermesianait (^ à Léontîum, citée en partie pat* Athénée , et sarvammefrt explic^uée par Rhunkenius ^ et j>âr un grand nottibré d'autres autorités^ etc. ? SânsTOuloit faire cotkiparoitre ici toute f antiquité ,^ nous nous bornerons k conclure de cette dissertation qu'Orphée n'est pas le fondateur de» mystères d'Eleusis , qu'il ne l'est pas davantage de ceux de BacehuSy ptésquele culte de Bacchus a été apporté en Béotie pat les compagnons de Cadmus , dans l'Argolide par Mélampus , et dans FAttiqûe par Pégas^é (ÏEleuthcre, mais que Feîîstence d'Orphée n'est pas moins certaine , et (pi'ii a exercé une grande influence sur les idées religieuses des Grecs, soit qu'on, admette un ou plusiairs Orphées , soit que ce nom ne soit regardé que comme la dcnoiïiination collective des réformateurs des mystères. On croit surtout qu'il fit des changemens considérables dans
le culte dé Bacchus , et que les femmes furent bannies des nouveaux mystères. La mort d'Orphée, selon Gonon ^*^, fut causée par la fureur que le nouvel établissement des mystères causa aux femmes Thraciennes.