‹ Recherches sur le culte de Bacchus: symbole de la force ..., Volume 3Chapitre 28 sur 39 · Tome III. aS · texte numérisé non relu

Tome III. aS

386 li ACCRUS

» commandé qu'on lui jouât un air bachique , se » mit à danser la danse du Pressoir, imitant suc- » cessivement les vendaqgeurs, ceux qui portent la » hotte y ceux qui foulent les raisinjs , ceui, qui em- » plissent. lés tonneaux , et ceux qui boiyçot le 'via )) dou^, pryas, en dansant, exprima, 3i naturelle- » mçut toutes ces. choses^ aq.'il sençibloit que Ton vît » effectivement des vignçs, un pressoir, des ton- » hç^ux , et que Dryas bût yéritableme^t. » Philostrate, déci:ivant le tableau de Pyrrhus Qt des Mysien§ , parle d'une danse de yei^,(Jau§euxs ^^^ j et Tacite, parlant des débauches, dç Messaline, fait aussi mention, d'une danse d^ cette espècje ^^^ H. y âvoit encore des dï^nses pantomim^s.ou l'on çepçésentoit les aventures dès dieux, et qui la plupart pôrtoient le nom de ces divinités.: telle est la dan^ dont Xénophon doi>ne la descri^ptipi^ dao^ spp banquet, où on représenta Ari^di^p entrant dans la chambre nuptiale, et B^çhus, v:eo0;||t ensui|:e la trouver.

Les dansQS baphiqxtes se f^ispi^^t Le pk;^. ordinairement au son des cymbal^s^ dj* crotale ^lànscabillurriy instrument de fer ou dp boi^, qjii, p^r la pricssion de deux lames Tune s^^ l'autre, rendoit un sou particulier, instrument qu'on, a. mal. £{ propos conr fondu ayecles cymjjale^ et le crotftle : ç€î^ imtfumens étoient; aussi consjtcrés 4 Prifip^. ^^^

^*> Philost., Icon. 10. = ^^^ T^pfU, Armal^y lib. II. ^ <jymbala cum crotalis^, prurfginiSy anna Priapo

Ponit, et adductdtjrmparift puisa manu, ( Anthçf, , Ejùg, 27 , lib.V.)

Aitribiàs de Bacchûs.

§ I . Le» Tliyrses. — J î». Ia Férule. — J 3. Les ânes consacrés â Bàcchus. — S 4* Le Lierre.

JL JSe^T^rse^

Nous avons vu que les bacohantes. portoiant les ornemenset les attributs que Bacchu^^ pcortoit lui^ même. Elles étoîent^ comme Baochus^ arm^eç dit thjrse : le tbyrse ëtoit la verge de Bacchus ^ on ap-* peloit encore de ce nom le flambeau que L^on portoit en son honneur. ^^^

La verge de Bacchus s'appeloit aussi thjtha ; alors elle ëtoit faite de branches et dé. feuilles de figpi^* Quelques-uns prétendent quV)n appeloit.de ce nom tout ce qui ëtoit pose sur les auteb^de Baoïiha^^ d'autres donnent cernom à la feuille de. vigtta,/aU lierre^ aux branches d'arbres^ aux fërule&> aux;ti^ times^ aux couronnés^ aux libations: faitesren Fhoii-^ neur de Baochus. ^^

^ où lit daîDts'ifnè épigràmme de 1 Anthologie : Pani Biion capéUam , nymphis rosas , thyrsôs Baçcko , IHpUïK^sub-paiuèis-arborwhfronèkkiés doniwn dëêUca^itï ( Anthol. , Hb. VI, cap, 7 , Ep.lLX^ ) ?> Suidas, v.2V<A«.

Le ihyrse étoit proprement un petit javelot enveloppé de pampres de vigne ou de feuilles de lierre qui en cachdient la pointe. On a donne à ce symbole diverses interprétations j il étoit enveloppé de bandelettes , parce que les Egyptiens attribuoient le javelot ( et le tbyrse est un petit javelot) à Osiris ou au soleil, et les bandelettes à Isis ^^K Quelquefois jon àtiachoit au thyrse de petites outres longues en guise de bandelettes. Suivant Phumutus^*^, le thyrse indique que les pieds des ivrognes ne font pas leurs fonctions : il est donné à Bacchus ettiux bacc^ntes^ poui' marquer que les grands buveurs ont l>esoin d'un bâton pour se soutenir, lorsque le vin a troublé leur raison. Les thyrses contenoient des lances cax:;hées , pour désigner que les repas dans lesquels on se livre à rexcès du vin , se terminent rarement sans quelques malheurs et sans quelques blessures graves, suite des provocations et des injures que profèrent si facilement des hommes excités par la fureur et par le vin. C'est de là que Bacchus a été appelé Ménale, et les bacchantes: Ménades Hésy-cbius dit que ceux qui ont perdu la raison dans les fêles d^ fiacchus sont frappés du thyrse. Dans les Bacchantes d'Euripide ^^^, Penthée demande à Bacchus : de quelle main dois-je tenir le thyrse? de la droite, répond Bacchus, en soulevant le pied droit. Le thyrse

^*^ Pigbius , ExpL Myth. , ad anni partes. = ^ Phurnut. , lib. de Naturd deor,^ de Bacch., cap. 3o. = ^^ £aripid.> Bacch. y T. )3 et 54«— CatuL , de Aiy* ,¥«19,24*

étoit couronné de branches de kerre ^^^ : on appeloit ceux qui portaient le thyrse, dans les fêtes de Bacchus , Konophores; le fruit du pin s'appeloit conon. La pomme de pin étoit toujours employée dans les mystères de Bacchus , on la plaçoit au sommet des thyrses : l'arbre de pin a été consacré à Bacchus^ soit parce que Bacchus avoit enseigné à cultiver tous les fruits ^*^ , sort parce que fes lieux qui- donnent l'arbre à pin produisent aussi du très bonvin y ovty suivant Plutarque, parce que cet arbre adoucit le vin , et que cette liqueur est bien meilleure dans les pays qui abondent en pins ^\ La Phrygiê produisoit beaucoup d'arbres à pin ^ aussi étoit-elle consacrée à Gérés aussi bien qu'à Bacchus. On voit Bacchus représenté avec le thyrse sur les médailles de plu^sieurs empereurs. PeUerin ^^^ a publié un beau mé-* daillon de Septime Sévère, frappé sous la préture de Glaudianus Terpander ^ qui représente un sacrifice offert à Bacchus^ placé sur un cippe^ tenant un pot delà main droite et un thyrse de la main gauche. Dans les sacrifices de Bacchus dieu du vin ^ on em^ ployoit un vase appelé guthum , avec lequel se ver* soit goutte à goutte du vin ou du* lait sur la victime, qui ordinairement étoit une chèvre ou un bouc. On voit souvent ces vases dans Jes monumens anciens. Les mythologues et les poètes attribuoienl aux

^^ Enrij^ïd., Bacch.^ y. gSS, io3îi. = ^ Athen., Ub. III , cap. 7. = ^^ Plut. , Siympos. , lib. V.— Quœst. 3. = ^*î relier. > Supp. IV, p* 7.

Sqo bacchus

tbyrse$ m^ vert^ magique. Une bacchante, dans £uripî4e^ ^yaolt frappe un rocher de son thyrse y il ep «ortijt $m*-4e^cbamp une fontaine d'eau vive j une ai^tre 0t jaillir de la même manière une source de yin, ^^vant le «ném^e poète , les bacchantes qui Viouloieat avoir du lait h'avoient qu'à frapper la l^rse.^ bout d^ leur thyrse , et on le voyoit couler de toutes parts; les thyrses ëtoient environnés de bouquets de miel. Eurîpidô a voulu seulement présenter le tableau de l'abondance qui suivoit partout Bacchus; c'est dans le même sens qu'il dit dans cette même tragédie des Bacchantes : Bacchus est le chef 4e cette troupe sacrée , évohé. On Ooit couler dans la plaine le lait y le vin et le nectar des abeilles ^^^ Bacchus étoit appelé Biisœiis y mellis inventor; d'autres font dériver ce nom des nymphes appelées Brisae y parce que les premières elles avoient fait le miel 5 et les nymphes étoient les nourrices de Bacchus. Corputus, l'interprète de Perse, le tire du mot bris y qui signiûè jucundus; Bochart trouve son origine dans la langue syriaque, où briz doubsa signifie un lac de miel. On célébroit les JVéphaUes en l'honneur de Bacchus Brysseus : les NéphaUes JUviffakia, àûcfia y sobrium sacrificium y ne se faisoient pas avec du vin , mais av^c de Phydromelj on fai-

^^ Ces vers d'Horace sont dans le même sens : Fas pervicaces est mihi thyadas , Vîniquefoniem , lactis et uberes Cantare rivos , cUque truncis Lapsa cavis iierare mella, ( Od, 19, lib. II. )

THÉBA.IN. 391

soit «les libations de miel qui ëtoient au tiombre des offrandes faites à Bacchus»

Le thyi'se est, dans les mônumens relatifs au théâtre, le symbole de la tragédie, parce qu'elle etoit sous la pretection de Bacchus.

§ II. La Féruiè.

Les bacthantes portoient la fértde, qui étoit un des atttibutis de Bacchus : la fêrule est une espèce de roseau qui ctoît àbondamn^eùt dans les îles de Tarchipel de la Grèce. Là nàbéllé qu'elle renferme se coniUâie peu à peu et conserve long-temps le feu qu'on y âllUme^ sans brûlef le bois qui Tentoure : Prométhée, selon Hésiode, se servit de ce jonc pout de'rober le feu du ciel. Là férule dltalie, qui difflere tin péU de Cellfe de la Grèce, servoit de canne aui vieillards et de sceptté aux pédagogues ^^\ Cet usage explicjùe le seUS tjuè lé iùoïjerute a dans notre langue.

Ce symbole , cottittle tous ceux relatifs à Bacchus, a reçu diverses interptétâtions. iSilivaiit iPhurnutus , la féfule que Bacdhus tieht en main signilae, par Fobliquité noUeusô de ses jointures, que les ivrognes chancelans vont deçà delà ^ et les articulationii de cette même fét-ule sorit TemBléme de la loquacité des

^*^ ferulœque Iristes

Scepirayœdagogorum. ( Martial. , Épig* X. )

39^ EACCfiUS

ivrognes^ qui a^ pour ainsi dire^ ses artieulations^ dit Euripide. ^^

Bacchus voyant que le passage de rivrognerie aux rixes étoit facile , défendit le bâton dans ses réunions^ et ordonna de porter de* férules^ avee lesquelles on pouvoit repousser les attaques , mais avec lesquelles on ne pouvoit pas se tuer ^*\ C'est pourquoi chez les Anciens il est souvent fait mention des férules lorsqu'il s'agit de Bacchus -, Aristide prétend que la férule est l'emblème de la puissance de Bacchus ^^\ Il reçut le surnom de NarihécoporuSy du mot grec vapfiyîl, qui signifie yërwfe : la férule de Bacchus suffit pour punir les ivrognes , dit Plutarque ^^ j mais s'il châtie avec colère , au heu de ce dieu charmant^ qui bannit les chagrins et inspire la joie, il n'est plus qu'une divinité cruelle et furieuse. Suivant le même Plutarque, les Anciens avoient consacré à Bacchus l'oubli et la férule, pour faire entendre qu'il ne faut pas conserver le souvenir des fautes commises dans l'ivresse y c'est à quoi fait allusion ce proverbe : Je hais un cons^we qui a de la mémoire. On faisoit de la férule un attribut de Pluton : Euripide appeloit, dit-on, les férules contU" meliosœ , parce que c'est une pâture très agréable aux ânes , et un poison pour les jumens. ^^

^'^ Circum autemjèrulas contumeliosas

sanctificemmi, ( Euripid., Bacck»^ Y* Ii3y ii4* )

^ Plut. , Sympos., lib. VII, Quœsi. lo.-^Dîod. Sic, lîb. IV, cap. 2. = ^'^ Arist., Orat. in Bacch. = ^^ Plut.^ Traité de la colère. = ^} Plin. , lib. XX, cap. a.— Lib. XXIV, cap. i.

Digitieed by VjOOQIC

§ IIL Les ânes consacrés à Bacchus.

Les ânes ëtoient consacrés à Bacchus : Ton se rap* pelle le rôle qu'ils jouent dans la guerre de Bacchus contre les Géans, dans son expédition des Indes, dans ITiistoire des Silènes et des Satyres. Voici d'autres faits relatifs à Bacchus , dans lesquels figurent les ânes , et qui rendent raison de la consécration de ces animaux à cette divinité: 10 Us montrèrent aux Naupliens la manière de tailler la vigne ^*> ; 2<* ils réveillèrent Vesta à qui Priape ou Bacchus tendoit des pièges pendant qu'elle dormoit^\ Ils étoient admis dans les mystères de Vesta, à Rome, et la véritable raison étoitsans doute que Vesta étoit la même divinité que Gérés, Gybèle ou la terre, dans les sacrifices de laquelle ils étoient admis. Les boulangers chargeoient un âne des pains qu'ils offroient à Vesta le sixième jour des ides de juin :

^ece coronatU panis dependet ctsellis. ^'

Priape voyoit avec plaisir le sang de l'âne couler sur son autel , parce que son cri l'avoit empêché de satisfaire sa passion avec la déesse qu'il avoit trouvée endormie; l'âne en porta sur-lcrchamp la peine :

Morte dédit pœncis auctor clamons ; et hœc est Hellespontiaco vietima grata deo.

Récemment on voyoit encore à Rome , auprès de

^^'Pausanias, in Corintk. = H Lactance^ lîb. I , cap, 5?Ovid.,/ïVw^VI,Y.3ii.

394 BACCHtJS

la porte Flaminia , Prif^pe ayant à sa droite une têle d'âne , avec la liacîie des sacrificateurs , et une pamUe à sa gauche avec un long couteau ; ce symbole ^toit relatif à une pititique superstitieuse des Etrusques« Le tête d'un âne dépouillée de la peau ^ s^às-^ jpéndue sur uûe terre labourée et ensemencée, avoit, selon eux, la vertu de préserver les i^emeiices de tout accid€int. Suivant Hygin, les Anciens attachcHent aussi des têtes d ane avec un cep de vigne aux co-^ lonnes du lit, pour exprimer le plaisir qu'ilsy^voient goûté. On ajoutoità la tête d'âne une Âonnette^pour lui donner plus de ressemblance avec l'âne de Silène, qui en porte toujours une sur les monumens% L'on voit sur plusieurs monumens Silène , le père nourricier de Bacdius> descendu de ^on âne, qu'il conduit par la bridé , et y ayant Êdt monter par honneur le dieu son élève, 3» Un âûe ailé reconduisit Yulcain dans le ciel : cette fable signifie, suivant Aristide, que la puissance de Bacchus est telle, qu'il rend léger et adroit l'âne, cet animal si slupide ^*\ 4*^ Dans les temples de Bacchus , en Sicile , on voyoit une tête d'âne , devant laquelle leis femmes soupçonnées d'adultère juroient de leur innocence. 5° A la naissance de Bacchus ^ l'âne porta cë diéU nouveau-né j les bacchantes l'enveloppèrent dans une corbeille couverte, et le chargèrent sur un âne* Q^ On raconte que Bacchus ayantété rendu furieux par Junon , s'enfuit dans la Thesprotie. Il se rendoit à Dodone

Arist. , Orat, in Bacch.

pour consulter l'oracle de Jupiter sur les moyens de recouvrer sa raison : arrive au bord d'un grand lac qu'il ne pouvoit passer , deux ânes se présentèrent à lui ^ Û monta sur l'un d'eux et traversa le lac sans être atteint par l^eau. Etant arrivé au temple de Dodone^ il fut sur-le-champ délivré de sa fureur: il témoigna sa r6C(Hinois«ance aux deux ânes^ et pour les récompenser il les mit au nombre des con*stellation^ ^*^. 7<> L'ân^ étoit destiné à porter tout ce qui concemoit les mystères ^^\ Ce rit étolt égyptien ^ comme la plupart des rites observés dans les mystères, surtout dans <ieux d'Eleusis. Typhon, après sa défaite s'étoit enfui sur un âne, et l'âne étoit devenu par cette raison l'objet de la haine publique ^^ . Sous le nom de Seth, l'âne eut dans cette contrée des mystères particuliers, et sa présence étoit absolument nécessaire dans les mystères d'Isis <^\ Suivant St. Epiphane, ce n'étoit pas proprement l'âne qu'on désignoit sous le nom de Seth, c'étoit Typhon dont l'âne étoit le symbole ou le représentant ^^\ Les adorateurs du dieu Sérapis , surtout , avoient les ânes tellem^it en horreur, qu'ils ne pouvoient même pas souffrir le son des trompettes, parce qu'ils y trbu-

^^ Tum, perjovem^ ego s^^ asinus portons n\ysteria»

Sed non feront hanc oneris n\olem diutius. ( Aristoph. , Ran,^ V. iSg , p. 120. — Schol.f.ad h, L -^ Suid., et Hé&ych. , in voce ûvoç oifei ftyjçiptx,= ^ Plut. , delsid. et Osir»= ^^ Minut. Félix , Ed. jRig. , p. 24. ï= <«> S. Epiph. , lib. III, p. 1073.

396 BACCHtrS

voient quelque ressemblance avec la voix de ces anîihaux. Les coplies précipitoient les ânes du haut d'un rocher.

jrv. Le lÂèrre.

La tête de Bacchus ëtoit ceinte de lierre; k lierre spécialement consacré à Bacchus y étoit celui à fruit doré y comme PUne s'exprime d'après Dioscoride et Théophraste: les. Botanistes modernes l'appellent Hedera Dionysios. Bacchus étoit couronné de lierre, par une foule de raisons, suivant les mythologues, soit comme inventeur de cet arbuste, soit en mémoire de CSissus qui ayant fait une chute en sautant, tandis qu'on célébroit les orgies, mourut, et fut métamorphosé en lierre, ou parce que le lierre, toujours verd, est Temblême de la jetinesse de Bacchus, ou parce qu'il a un certain esprit qui trouble la raison :. aussi les bacchantes se portoientelles droit sur le lierre, le déchiroient et le dévoroient ^*^; ou parce qu'il est contraire à tous les remèdes contre l'ivrognerie ^*\ ou parce que Bacchus encore enfant, fut caché par sa nourrice sous des feuilles de lierre,' afin qu'il ne tombât pas en la puissance de Junon ^^>. Suivant Plutarque, Bacchus apprit à ceux qui se sentoient animés de ses fu-

<*> Plut. , QuœsU rom. CXIII. = <^ Ex. Varr. , Serv. ad Fîrg. Ed. Vm. = S^ Ovid., Fast., y. 769, 770.

Tcurs à se couronner de feuilles de lierre, à cause de la vertu qu'elles ont d'empêcher qu'on ne s'enivre ^*\ Les poètes étoient couronnés de lierre, comme étant consacrés à Bacchus, comme aimant le vin', et comme étant animés de la fureur poétique. Le lierre toujours verd, estFembléme de l'éternité qu'obtient la poésie ^\ CaUixène met l'if parmi les couronnes , des bacckantes ®^ , et Pline dit que l'if est une plante semblable au lierre ^^^ : les bacchantes garnissoient de lierre leurs thyrses et leurs coiffures. Les Grecs croy oient que le premier lierre avoit paruà Acharnes, ou le culte de Bacchus étoit en grand honneur; dans les pompes de Bacchus on lui plaçoit une ombelle composée de feuilles de vigne et de feuilles de lierre: souvent les couronnes de Bacchus étoient composées de ieiiilles de vignes, de pampres et de rameaux de figuier. Le médecin Philonide cité par Athénée ^^^, donne pour origine aux couronnes de Bacchus, la nécessité de soulager ceux qui. avoient la tête frappée des fumées du vin : il prÂend que le plus facile de tous, celui que la nature sembloît indiquer, parut être de la serrer • On se servit d'abord d'un lien; de ce lien on passa aux couronnes de lierre, qui croit partout en grande quantité, d'autant plus qu'il ne déplaît pas à la vue, qu'il ombrage bien le front par ses larges fei^es et sesr

^^ Tert. y de Cor.miUt.f cap. 7. •= ^ Sei-v,, ad XIH, EcL yirgU. = ^ Athen. , lib. V , cap. 7. = ^ plip,^ lih. XVI, cap, 34. î» ^ Athen. , lib. V , cap. i5.

398 BACCHT7S

espèces de grappes : d'ailleurs il soutient une tension assez considër£j)le^ et il rafraîchit sans répandre d'odeur assoupissante; c'est pourquoi on a consacré cette couronne à Bacchus y voidant qu'iL £(it le médecin des maux qu'il cause par le vin > comme il' a été l'inventeur de cett^ liqueur. Les Grecs appeloient Kittos^ le lierre consacré à Bacchus; uâe espèce de poison qui portoit le nom de Kittos^ lui étoit également consacré^ probabliement^ à cause de l'analogie du nom. Plutarque ^^^ donne l'épithète de KitroçopouvTfi^, portant le lierre, à de \emies débauchés, parce que dans la débauche on poittoit des couronnes de lierre en. l'honneur de Bacchus;. Le lierm consa*cré à Bacchus, lui a fait donner lenomdeGorrabbifer./*>

Bacchus avoit pour attribut une coupai aw Uêu d'un bouclier^^^: cette coupe étoit de lierre ^*^ et s'appeloit cjssièùim ^^^ j mais cette ooupe étoit si grande qji'on pouvoits'ca' seryvii^ oomine-d'un^ bouclier:. Marins,, après sa vintou:etsUK lës^Gimbi^s^, but dans la coupe de Bacchus. ^^,( non dans- une de

»> PlWi , TraUé'de l'Edùaa.

^^ Bssta Corpnbiferl ceUhrabal Grœcia Baechl ( Ovid., /ûwl,, libiVI.)

lies cprypnbea isont ide • petites baies» qiii naisscAït' etf grafppcs sorleflierre;

^^ Aristid. , Orat. in Bacch. = ^♦> Macrob. , lib. V , Salum., oap. 21.=: ^^Aiheù. , Hb. XI , Cap, a.=:: ^^Uq. ^ in>- XXXIII, cap. 9.— Vakr., lib. HI , cap. 4»

ces coupes qu'on appeloit dionysiaques, à cause du genre de lear ciselure , mais dans une de ces grandes coupes que Virgile attribue à Silène nourricier de Bacchus. ^^^

^^ Ei gravis. aOtilapendebai canlharus ansa. (Vîrg. ,JEc/, \J^ V. 17.)

Le cotyle ëtoit un des principaux vases de Bacchus ( Pollux , lib. YI , cap-, 6.) : les Anciens appeloient cotyle tout ce qui éloît concave ( À^ben. , lib, XI , cap., 8. — Schol. Homer. , ad Iliad, t., V. 3i. ). Les cotjles , à'après l'opinion à' Athénée , étaient les mêmes vases que lespbiales. Àristote dit (Arist.^ PoeL, cap. 21.): Similiten se habet phiala ad. Bacchwn et clypeus ad^Martem , dicet ergo clypeum phialam Martls^, et phialam clypeum Bacchi. Ces vases énormes étoient en général consacrés aux héros qui ,. suivant les fictions de l'antiquité > s'en servoient au lieu de vaisseaux : Hercule alla à Erytbée dans la coupe (, phiala) du soleil^ qu'ils avoit- obtenue de Nétée.

4oO "" BACCHUS

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