‹ Recherches sur le culte de Bacchus: symbole de la force ..., Volume 3Chapitre 30 sur 39 · Tome UL · texte numérisé non relu

Tome UL

4ol BA.CCHUS

ei aUributas et vinnm ^ j^roptef excitandam Uhidi-^ nem; unde etfrons ejus pampino cingitury sed ideo coronam viteam et cornu kabetj^uia^ cum grate et moderate vinum bibitury lœtitiam prœstat; cum ultra modunij excitât liteSp idest^ quasi comua dat.

Fhumutas dit aussi que les cornes sont le symbole des bommes ivres> se livrant à leur impétuosité^ usant die violacé, et extrêmement dffîoiles à retenir.

On le représentoit la pNôitrine nue^ parce que les ivrognes mettent au jour tous les secrets de leur cœur, n est monté sur des tigres, parce que Fivresse conduit à la îévoîçité : les panthères lui étoient consacrées, parce qu'elles aiment le vin ^^^ Son char étoit traîné par des panthères^ il les pressoit ai leur versiâit du vin sur le corps au lieu de les fouetter: tussi disoit-on que le thériclée , vase dont il se servoit à cet usage >av(Ht été ainsi nommé des peaui de betes féroces ( Syîpt'ew/ ) qu'on y figuroit ^^ Philostrate appelle les panthères^ le symbole de Bacchus, et les poètes ont feint que ses nourrices avoient été changées en panthères. Leur amour pour le vin est tel que, suivant Oppien, les chasseurs ne se servent pas d'autre artifice pour les prendre, que de placer à leur portée un vase rempU de vin, dont elles ne manquent pas de s'enivrer. Aussi les anciens avoientils l'usage de placer aux pieds de Bacchus, dans ses statues, une panthère sur laquelle ce Dieu versoit du vin avec un vase qu'il tenoit de la main droite.

Î5 Oppian. , de Fenat. IV. = ^^ Alhen., lib. XI, cap. 6.

thébain; ^o3

H étoit véta d'un habit de femme ^ emblème de bi volupté que k vin excite ^^^ : la sérique j^p^e Sjiw ma^ Crocota on Bassara^ habit de fctame^ ëtoit le vêtement de tous ceux qui se cousacroient au ciilte Baocbud.Il ëtoit appelé Lyaeus^ parce que les espritâ excites par le vin j se cidmenL On le représentoit toujours jeui», parœ que jamais les ivrognes n'ac<qidèrent de matarite. On le représentoit souvent nud^ pour montrer Toubli des bienséances, et la dissolution des mœurs qui suivent l'ivrognerie ^^ Le son, des cymbales et des tambours, que l'on employoit dansla célébration des mystères des orgies, désignoit le tuniulte des ivrognesé Les bacdbantes parcou<roient les montagnes et recberchoient la aolitude^ parce que le vin croit dans les champs^ La pie, oiseaa causeur et querelleur, étoit consacré à Bacchus. U portoit une mitre fort étroite , afin de se préserver des maux de tête que le vin cause à ceux qui en pren* nentavec excès; les anciens disoient que c'étoit de <^tte mitre qu'étoit venu Tusage du diadème des rois* Il portoit le nom de Mitrophore ^^K Les bac** chantes ceignoi^it aussi leur tête d'une mitre, et elles l'attachoient sous le menton, de peur qu'elle ne tombât, si le vin les fai^oit chaoceler ^^\ La mitre ,

^*^ Tibul. , Eleg. 7 , lib. I.— S'it. , Achitteid. , v. 161 , a63.

^ Proxùnus a Ubew patri inlemperantiœ gradus ad incon^ cessant Venerem esse consuevU. ( Valer. Maxhn. , Ub. lî , cap. I.) ^

^^ Diod. Sic. , lîb. IV , cap. 2.== <♦> Propert. , Éleg. 2 , lib. IV. -^Ettrîpid. , Baech* , v. 8^3.

4o4 BACCHtJS

comme tous les autres emblèmes de Bacchus, a été appliquée au Dieu des mystères: dans ce système elle représentoit dans sa forme ovelaire y Fpeuf de la création : cette forme étoit celle des bonnets des Dioscures, par lesquels les Grecs exprimoiént la fable de leur naissance. L'œuf dont accoucha Léda, et que Ton montroit suspendu à la voûte d'un temple à Lacédémone, partagé par la moitié, faisoit la forme des mitres données à Castor et à Pollux. Bacchus étoit également représenté sous les traits de la vieillesse et sous ceux de la jeunesse, parce que le vin convient atout âge, lorsqu'il est pris modérément: aussi étoit-il représenté tantôt barbu, tantôt sans barbe. Polémon, cité par Athénée ^^\ dans le 5« livre de l'ouvrage qu'il dédia à Adée et à Antigone, dit que Bacchus étoit représenté comme un homme d'un âge mur, assis sur un rocher, ayant à sa gauche un satyre chauve, qui tenoit de la main droite un cothon, ( vase à boire ) orné de losanges : les satyres et les silènes aimoient les rochers, les treilles et l'ombre des bois; c'est toujours au pied d'un arbre, ou d'une vigne, et à côté de Bacchus, qu'on les voit sur les antiques. Les anciens mettoient infuser dans des vins trop violens des baies de myrte pour calmer cettte violence ^^ : c'est ce qu'on appeloit le vin myrrhin ou myrtitf. Les Romains, pour exprimer cette opération, disoient que Bacchus fouetta Fatua sa femme, avec une poignée de

W Athcn. , lib. :^I, cap. lo. = ?> Athen., lib. I , cap- aS.

THEBAIir. 4oS

B^yiie^ jusqu^à la £dré expirer^ parce qu'il Tavoit trouvée ivre.

L'intérieur des antres de Bacchus ëtoit tapisse d'arbrisseaux^ de vignes, de plantes et de fleurs de foute espèce. Plutarque leur compare l'antre du Léthé où fut conduit Thespesius; il s'en exhaloit une vapeur douce et agréable, qui répandoit au loin une odeur délicieuse, et faisoit éprouver une sensation pareille à celle du 'vin : cette vapeur odoriférante dont les âmes se repaissent, les pénètre de pie,, et dans leurs transports, elles, s'embrassent avec une tendresse mutuelle: ce n'est, partout aux environs de ce gouffre, que jeux, que ris , que chants, et divertissemens agréables. G'étoit par là que Bacchus étoit monté au séjour des dieux, et qu'il y ^oit dans la suite conduit Sémélé ^^\ Socrate l'historien rapporte qu'Antoine séjournant quelque temps à Athènes, fit construire à la hâte sur le théâtre, un édifice qui étoit en vue de tous côtés, et orné d'une verdure épaisse, comme celle qui couvre les antres de Bac^ chus: il y fit joindre tout l'appareil des jeux bachiques, des tambours, des peaux de faon, et célébrant cette fête avec ses amis, il se mit à table au point du jour et s'enivra. Il ordonna que dès ce manient on le proclamât Bacchus par toute la Grèce ; les despotes débauchés ont souvent pris le nom et les attributs de ce Dieu: l'Empereur Galigula s'appela lui-même nouveau Bacchus; il sortott assis absolu»

f^^ Plat. ^ des DélaisjU la jusUce divine;.

4o6 JACGHUf

meot comme ce Dieu^ et jugeoit inéiKie sous cet appareil. («

L'on se raj^Ue ce que nous avons dit des rapports des satyres arec 1^ centaures q^i ne fitisoieïvt qu'imè famille de buveurs. Aussi plusieurs médailles repr^sentent^'dles Bacdias et Isis^ portes sur on cliar par des oentaures. Sur une médaille de Pru^as roi de Bitliynie, on voit un centaure sagittaire sous Teffigie de Bacchus ^^ : dans une autre médaillft de Jujie épouse de Sévère ^ deux centaures de rem et l'axitre sexe^ traînent Bacdius et Ariadne sur un char ^h il en est de méoie d'une médaille des Nir céens^ où Bacdius et Isis étoient traînés $ur un char par deux centaures. Suivant Euripide^ une troupe decaitaures vint aux noces de Pelée, ad coiwmum deorum et craterem Baccfu, ^*^

Tous ces attributs ont été interpolés dims le culte des mystères: c'est ainsi que, sur les médailles de Fergame, les centaures sont dadouquesj c'est ainsi que la nébride tachetée ( peau de £aon ) qui étoit un des attributs du Dieu du vin, et que les bacchantes portoient, avoit été appliquée à Bacchus Dieu du «oleil, èt|qu'elle étoit l'emblème de la variété des astres. Les panthères, les léopards, les lynx, con*sacrés au Dieu du vin, ont eux-mêmes été donn^ comme les symboles de Ik vitesse du soleil. L'allégorie morale de Vénus, compagne du Dieu du vin, ■n même été appliquée à un autre ordre d'idées: <*> AthcD., lib. IV, cap. la. = ^Span. , Dissert. Y. ^ ^> Seguin. = ^^ Eurîpid. , Iphig. in Aulid., v. io6o , 1061.

TBéBAlIf. 4^7

Venus a été alors l'amante de Bacchus qui^ sous ce rapport^ n'est autre chose qu'Adonis y ou Ëubu^ lée^ par qui Yéaua eat deveaue mère du Mercure des enfers } dans les idées dea corphiques^ Venus ou Çypxisy qui étoît la nuit^ étoit ie principe de toutes c^oses^ dans k même sens que Gërès et Isis:et Saochus qui étoit le principe générateurs jouait à scpi égard le même rôle qu'avec Gérès^ et lus. Orphée doi^ie les attributs, les vétemens, et les ornemens de Bacchus > conusie la preuve que le Soleil et Bacçhus i^ont la même dimnité. ^^^

$ II. Bacchus considéré comme dem-âieu.

Çesi f^ttrihut^^ appliquables aux divers rapports sous lesquels Bacchus étoit adoré ^ le sont surtout au sy sienne de l'apothéose, c'est-à-dire, au culte de Bac^ chu?, comme deoiir-dieu ou héros, cult^ que le$ Grecs n'ont jamais séparé de celui qu'ils lui rendoient comme divinité nfiturelle, c'esl-à^r-dire , comme le symhole de la produçtioii du vin.

Gomme demi-^dieu ou héros, les Grecs représentoient Bacchus beau, bien fait, surpassant tous les autres hommes par les agrémens de sa personne et de sa figure: beautés qui ont été célébrées par Orphée, Théocrite, Ovide, et tous les poètes de l'antiquité ^^Ml çtoit fprt adgnné au:^ plaisirs de Vénus;

<tt Orph., Bymn. 55, 56, 57.

(?) Jlhi enim inconsumpta juventa est

Tu puer œternus ,Jbrmosissimus alto

Çanspieeris cah. ( Ovid. > Met. , lib. IV. )

4o8 BACC^TTS

dans se$ mornéus de loisir à table ^ U étcât le plus aimable des héros. Mais falloit-il agir ^ personne n'étoit ni plus terrible, ni plus actif ^ ni plus ardent; guerrier redoutable, il avoit le talent de faire suo céder la paix à la guerre^ le charme des plaisirs aux fatigues des combats ^^\ Dans ses expéditions il étoit accompagné des muses, qui le délassoient de ses travaux par le charme des beaux arts. A la guerre il portoit ses armps et une peau de panthère ^^^ ; en temps de paix, et surtout les jours de fête et de rassemblemens publics, il étoit vêtu de riches étôfies, brillantes par leur finesse et l'éclat de leurs couleurs ^^^ : ses beaux cheveux blonds flottoient sur ses épaules et exhaloient les plus doux parfums, son teint fleuri portoit l'empreinte de la gaieté, ses yeux avoient toutes les grâces de Vénus : leur éclat étoit encore relevé par la blancheur et la délicatesse de sa peau, tous les traits de sa figure étoient pleins de charmes, et inspiroient l'amour et .la volupté. Bacchus et Sémélé sa mère ont toujours été représentés avec une grande chevelure, d'où il est appelé affpoxofjtyjs et evxo^iTYii dans une épigramme de l'anthologie, et cùpuxairyiçpar Pindare, Lesbacchau-

W Sed idem

Pacis eras mediusque bellL ( Horât. ^ Odf, 19 , lib« II. )

^ Bacchus, comme Herci^le, portoit aussi la peau de lion. L'habit de chasseur étoit encore celui de Bacchus. ( J. Folluz, lib. IV , cap. 1 8 , seg* 1 1 8è )

Ç? Diod. Sic. , lib. IV, cap. 3. — Plut. , Vît. Démet. Poliore.

THÉBAlir. 4<>9

tes avoieût un soin particulier de leurs cheveux: dans les orgies elles laissoient flotter leur belle chevelure au gré du vent, d'où elles ont été appelées hjtnédeipai par Nonnus, et ypt^auxsveç par Pin-^ ^are.

Tant de charmesne nuisoientpasaux grandesqualités de Bacchus^ non-seulëment comme guerrier redoutable^ mais comme bon général , qui savoit pourvoir auxbesoins de ses troupes. On lui attribuqit le pain obelie qu'il avoit inventé dans ses expéditions; ces pains étoient d'une medimne, de deux> ou tout au plus de trois: les vases dans lesquels on les faisoit cuire , appelés o^eXiwv , leur avoient donné leur nom: dans la suite ces pains furent portés -dans les fêtes publiques de Bacchus^ su^ les épaules des obéliopbores. ^*^

Ainsi le culte de Bacchus Thébain lui-même, doit être considéré sous ces deux rapports : le premier est simplement le culte de Bacchus comme divinité naturelle, c'est-à-dire, comme Dieu du vin, ou comme sj^mbole de la production du vin; le second est le culte rendu au fils de Sémélé; ce ne fut d'abord, comme nous l'avons déjà prouvé au commencement de celte seconde partie , d'aprèd la tradition rapportée par Diodore de Sicile, qu'une simple théophanre; dans la suite les mythologues firent de Bacchus un personnage réel, un héros ^

^^ Athen., lib. III , cap. 16. — J. Pollux, lib: VI , cap. seg. 75. — Tzelzès, Chiliad, 7 , t« 770.

lï >

4lO BÀCCHirf

un demi-dieu ,doDt ils firent l'apothëose^ ils allèrent même jusqu'^à fixer Tëpoque de cet B^othêose, mw cette époque n^est évidemment que eeUe de l'établissement du culte de Bacchus à Thèbes. Eurir pide lui-même nous a copservé l'une et l'autre de ces traditions dans sa tragédie des Baccliantes^ où Bacchus exhale ainsi ses plaintes ^^^i « Les sœurs » même <le celle à qui je dois le jour^ refusent de >) reconnoitre ma céleste origine: elles osent accuser » Gadmus et Sémâé de rejeter sur Jupiter le crime )) d'un simple mortel^ et disent que c'est pour venger I) sa gloire outragée^ que ce Dieu la frappa de ces » traits embrasés^ mais leurs outrages ne resteront » pas impunis. » Voilà le héros^ le deminlie»^ qui reçut dans la suite les honneurs de l'apothéose; Penthée dit plus bas: « On nous annonce » un Dieu sous le nom de Bacchus^ que Jupiter a V cpusu dans sa cuisse^ tapais que le Dieu du » tonnerre a fait périr le fils de* Sémélé et l'a con- » sumé avec elle. »* Voilà le fils de Sémélé mort en naissant^ suivant la tradition rapportée par Diodore de Sicile^ mort qui fut suivie de la théophanie^ laquelle est prouvée par cette mort même, puisque Bacchus Thébain fut adoré comme dieu et comme fils dq Sémélé.

Enfin cq culte de Bacchus Dieu du vin ^ ou fils de Sémélé, reçut un grand nombre d'interpolations du culte du Dieu des mystères, comme ce qui pré-

§^ Euripid. , Bacch, t. aÇ.

cède Ta d^jà prouve, ^t côDime le prouveront les noms de Baccbus^ 4oiit noua allons donner la suite, où Ton retrouvera le mélange des diffiérens Bacchuff.

$ m, Noms divers de Bacchus.

SuivantServîus, Bacchus ftit ainsi nommé àeBaç^ chatiOyfolie ^*^: quelques mythologues ont imaginé une nymphe Bacche, qui avec sa sœur Brome avpît nourri Bacchus sur le mont Nysa, et lui avoit donné son nom. Suivant Diodore de Sicile ^\ on Ta appelé Bacchus, à cause des Bacchantes qui l'acompagnoient. Nos critiques, dit Fréret ^^\ sont allés chercher Fétymologie du mot Bacchus jusque dans le fond de TArabie: il est plus naturel de le tirer du mot éolien, ^<x}ty[^ea, jSorpus, une grappe de raisin. Suivant d'autres il reçut le nom de Bacchus, hzo xo\j j3a'x;f€tv, id est, ab incomposite voc^ferando : Eustathe dit textuellement que telle est Fétymologie de ce nom, jSa'xj^etv, qui signifie ululare etincondite çlamarey comme avoient coutume de le faire les Bacchantes. D'autres font dériver le nom de Bacchus d'une espèce de couronne, qui éloit appelée bacchei Bacchus, dit Varron, est le nom du vin, en Espagne. Quelques Grecs opt pensé que ce nMtoit pas le nom du Dieu, mais d^un denses prêtres, et aussi le nom d'un rameau dont on se servoit dans

^*^ Servius , ad rirg,, Ecfog. VI, i5. = <=« Diod. Sic, lib, VI , cap. 2. = ^'> Academ. des Inseripi,, t. XXIII, p. 258.

4ia BACCÊLUS

les cérémonies de cette divinité, et sur lequel oa cbantoit ou on crioit jSaxxéfoxxoç." Le mot Bacchœ signifioit aussi les couronnes de lierre que Ton portoit dans les fêtes de Bacchus : Ton appeloit encore bacchanal le lieu où Ton célébroit les fêtes de Bacchus^ non ego unquam, nisi hodiè, ad Bacchas veni,in bacchanal coquinatum *^^j les gloses d'Isidore en* donnent la même définition: bacchanal sacrarium Liberi patris. Hésychius dit au mot Bac^ chia que c'e'toit une fête de Bacchus; il est probable que cette fête est la même que les bacchanales, la glosse grœco-latine traduit le mot ^ay^x^a par bac^ chanaUa.

Bacchus a été appelé Thyoneus^de Sémélé sa mère qui avoit reçu ce surnom : quelques-uns et particulièrement le poète Panyasis ont fait Thyoné nourrice de Bacchus et non pas sa mère. D'autres font dériver ce surnom de Bacchus du mot grec ^uw, idest,5«cn- JicOy à cause des orgies et des mystères sacrés de ce Dieu : ceux-ci le font dériver du mot ^uw avec la signification ye/veo , insanio, impetu feror^ pour désigner la violence du vin pï'is avec excès. Thyoné est le nom de la terre, et ce ne seroit plus alors le surnom de Sémélé fille de Cadmus, mais qielui de Gérés ^ et sou fils seroit le jeune lacchus* Cette dénomination appartiendroit au Bacchus des mystères. Dans l'opinion de ceux qui regardent Bacchus comme le vin seulement, ou comme une divinité naturelle,

5*> Plaul.,:rfaW,, m, I, 3.

THÉBAIH. 4^^

la terre fut nommée par les Anciens Sëmëlé^ c'està-dire, vénérable, (jgfxvyj, à cause de la vénération que Ton portoit à la terre-mère , et Thyoné, de S-udix, sacrifices^ à cause des sacrifices qu'on lui fai** soit ^^\ Les Evhéméristes disoieht que Sémélé n'avoit eu le igiom de Thyoné , que lorsqu'elle avoit été, reçue au nombre des déesses. Les Rhodiens ap-^ peloient Bacchus Thonidas, et lui avoient bâti un temple sous ce nom. Les Athéniens, suivant Hésy-* chius> appeloient Bacchus Théoimos, et ses fêtes Théonies.

Bacchus a reçu le nom de Dithyrambus , parce qu'il a vu la lumière par deux portes , le sein de Sémélé et la cuisse de Jupiter. ^^

« O fille d'Achéloùs, auguste et fortunée Dircé, la M plus belle des nymphes, tu reçus dans ton onde » purele fils du grand Jupiter,lorsquece roi des dieux » ouvrit sa cuisse pour dérober aux flammes immor-* » telles celui qu'il avoit fait naître , alors il lui adressa » ces paroles affectueuses : « Que le corps de Ion » père soit pour toi le sein maternel. Jeune Bacchus I » j'instruirai les Thébains à t'adorer sous le nom )) glorieux de Dithyrambe. ^^^ n

Diodore de Sicile, Origène et Eusèbe, font dériver ce mot de la fable de Cérès, mère de Bacchus, dont elle assembla les membres épars et à qui elle rendit la vie après qu'il eut été mis en pièces par les Titans : «tto toû 8h ^h S'upav (xuaSaiveiv, id est, a bis in

<*> Diod. Sic. , lib. II I, cap.62.= ^Suidas , lib.V. = ^- Euripîd. , JBacch. , v. 967.

4l4 B4GCBIJS

Januam ingrediendo^Smvsai quelques-uns^ Bacclms* fut appelé Dithjrrafnbe , parce qu'il fut nourri dans un antre appelé en grec ^'0Vjbov > ou parce que les gens ivres ne savent pas garder un secret^ ou enfin parce que l'ivresse produit la fureur et les empor« tèmens> ùrigine qu'on a donnée à la poésie qui porté le même Uom^ et la plus raisonnable de toutes celles qu'a reçues ce nom auquel^ sous le rapport de la poésie^ on a donné tant d'étymologies forcées ; car le preroiei^ cstf'actère du dithyrambe , que l'on sup-posoit avoir été composé dans les transports qu^ia'» spire le dieu qu'il célébroit^ étoît le désordre et la fiireur bachique qui devoi^it s'y faire sentir partout^ dans les danses et la musique ^ comme dans la poésie qu'elles accompagnoient«

Le surfKWA de Dimétér ou Bimater donné à Bac-» âïasy avoit la même origiue que celui de Dithyram** bus. Ceux qui considéroient Bacchus comme une divinité naturelle ^ ou comme le vin lui-» même ^ pré«* tendoient qu'il avoit été nommé Diméter par les Anciens ^ parce qu'il naît une première fois lorsque le plant de la vigne déposé dans la terre prend de l'accroissement y et pour la seconde fois lorsque le raisin sort de ce plant et acquiert sa maturité ^^^y ou , d'après les mêmes opinions y parce que Bacchus na* quit deux fois de Jupiter'; le déluge de Deucaiion ayant &it périr la vigne , les raisins furent reproduits une seconde fois à l'aide de la pluie ^\ Le même

' ^ Academ. des Inscript. , t. XXÏII, p. 258.=t ^ Diod. Sic, lib. m , cap. ôa.

THÉBAIN. 4lS

Biodore àe Sicile y qui admet deux Bacchus ^ le fils de Jupiter et de Proserpine^ et le fils de Jupiter et de Semelé, dohne dans ce système l'explication suivante du mot Diméter. On attribua au jeune Bacchus toutes les actions de l'ancien; la postérité trompée par l'ignorance de la vérité et par la tessmnblance du' nom, a cru qu'il n'y avoit eu qu'un Bacdius^ et Bacchus fiit appelé Diméter, parce que les deux Bacchus étoient nés du même père, mais de deifc: mères différentes ^^K C'est par la même rai-* son, suivant Diodore de Sicile, qu'on lui attribue deux corps, parce qu'il y a eu deux Bacchus. Quel-* ques-uns , ajoute le même auteur , prétendent qu'où lui attribue deux formes à cause des différentes dispositions qu'on rema|*que d^ns les ivrognes, qui sont ou ^ais ou furieux.

Bacchus fut surnommé Thriambus, parce qu'en revenant des Indes, il est le premier qui ait reçu dans sa patrie les honneurs du triomplie ^'^K C'est en son honneur qu'ont été écrits les premiers vers chan» tés autour du char des triomphateurs, lorsqu'il revint de l'Inde , monté sur un char traîné par des tigres, et c'est de là qu'on fait dériver le mot de tiiambus. On appeloit thriasis la fureur poétique , soit du mot thria , nom de la feuille du figuier, qui

^'^ Diod. Sic, lib. IV , cap» 4*

^ Comme on peîgnoit ses statues avec du minîum y ce Ait à leur imitation que les triomphateurs se peignoient ie corjpsde la même couleur. ( Plin. , lib. VII» cap, 57.

4l6 BACCHtJS

ëloit consacre à Bacchus^ soit parce qu'avant Finvention des masques , les Anciens .se couvroient la figure avec des feuilles de figuier, et-débitoient des vers iambiques, et que les soldats eux-^ mêmes , imitant les jeux de la scène et se couvrant la figure de feuilles de figuier, lançoientaux triomphateurs des mots piquans et des plaisanteries injurieuses: dans quelques villes de la Grèce c'étoit l'usage, lorsque le figuier fleurissoit , que les enfims arrachassent ces fleurs avec les feuilles, en jouant et en récitant des vers ïambiques. Quelques auteurs font dériver le mot triambus deS-poeiv, accinere^ et tafx^ SiÇeiVy maledicere.

Bacchus étoit adoré comme médecin, c'est en cette qualité qu'il portoit le nom de Hjgiates : quoi en effet de plus salubre que le vin pris avec modération! C'est sous le nom de Hygiales que la Pythie ordonna qu'il fut adoré, comme nous l'avons vu.

On lui donna le surnom de Problastus , du mot grec jBXarot, branches de vignes, qui lui étoient consacrées dans ses fêtes.

Erebinthius , un de ses surnoms, présente également ridée d'une plante légumineuse , le pois chiche , et des parties sexuelles. Sous ces deux rapports y cette dénomination a été donnée à Bacchus, soit comme producteur , soit comme inventeur de l'agriculture. Quelques-uns ont prétendu que Bacchus a été appelé Erebinthius, parce que les peuples où le vin manquoit, y suppléoient par une bois-^ son qui se tiroit de plantes légumineuses.

THÉBAm. 4^7

Bacclius étoit surnommé Maroneus. ^*^

Cette dénomination paroit lui avoir été donnée

comme à une divinité naturelle^ c'est-à-dire comme

au vin:

-Nec vitrapi tantum Marona^ riec hihu

C'est ainsi que les Grecs Tappeloient Ofyoç , <jui signifie proprement le vin.

Le surnom de Melones sï^xnSie furieux y c'est ce qui avoit fait donner aux bacchantes le surnom de Mœnades. Par le même motif, Orphée appelle Bacchus dans ses hymnes , MavDcoç.

On a donné diverses étymologies à lion surnom diEirdphiotes : les uns le font dériver de êppa(pQ(xi , parce qu'il a été enferme dans la cuisse de Jupiter ^*^j les autres de epe^ai, qui signifie eire couronné; ceux-ci de Iptçou y parce qu'il avoit été nourri de lait de chèvre; quelques-uns de spi^oç^ c'est-à-dire disputes y querelles y qifi sont souvent excitées par l'ivresse. C'est cette dernière étymologie que l'on donne aussi à ces deux surnoms : ÈpiSpoiioq , et Épt- SpeiLÎzYi^y id est, perstrepens et multisonus y dénomi-* nations qui conviennent très bien à Bacchus. ^^^

Suivant Suidas, Bacchus étoit appelé Bromius,

^*^ Vîcta Maroneo fœdatus lumina Baccho, ( Tîbull. , liv, IV £leg. I , V. 57. ) = ^ Hesjch., v. Et/)aytwT>îç.

^ Jpse ego sum Dionjrsios Eribromias , èdidit ipsum ,

Me mater Semele , summo commixta tonantL ( Hom., Hym»)

Page 1