Tome III. a
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tous les cinq ans dansTEUdeenThonneur de Junon^ étoient chargées de rentretieii de ce chœur de musique ^ ainsi que de celui appelé le chœur d'Hippodamie. ^^^
A Olympie on voyoit auprès du bois sacré de Pélops, Bacchus et les Grâces, qui avoient leur autel en commun, dans le voisinage de celui des Muses et des Nymphes. On le voyoit dans la même ville, à côté d'Apollon Pythien : on y voyoit Mercure portant Bacchus.
Le célèbre coffre de bois de cèdre, un des plus beaux ornemens du temple de Junon à Olympie, représentoit toutes sortes de figures^ les unes en or, les autres en ivoire, celles-ci gravées sur le cèdre même. Parmi ces figures l'on distinguoit Bacclius, couché tout de son long dans une grotte j il étoit barbu, il tenoit une coupe d'or à la main, une longue tunique lui descendoit jusqu'aux talons; des ceps de vigne, des pommiers et des grenadiers , tapissoient l'entrée de la grotte. ^^^
Dans l'Altis il y avoit une statue de Bacchus ^^. Près la rivière de Leucyanias, qui descend du mont Pholoé et qui se jette dans l'Alphée, il y avoit un temple de Bacchus, surnommé Leucyanite. ^^^
A Elis, entre la place publique et le temple de Diane, étoit un vieux théâtre, et un peu plus loin le temple de Bacchus avec une statue du dieu, faite
^^ Pausanîas, lib. V, cap. i6. = ^ Ibid., cap. 17, 19.= 9^ Ibid. , cap. a6. = <^ Ibid. , lib. "VI, cap, 11.
par Praxitèle. Les Eléens avoient une dévotion partir culière à Bacclius; ils disoient que le jour de sa fête appelée Tliyia, il daignoit leshonorer desapre'sence, et se trouver dans le lieu où elle se célébroit^ à huit stades d'Elis. Les prêtres du dieu apportoient trois bouteilles vuides dans sa chapelle, et les y laissoient en présence de tous ceux qui y étoient, Eléens ou autres; ils fermoient la porte de la chapelle, et mettoient leur cachet sur la serrure : il étoit permis à chacun d'y mettre le sien. Jje lendemain oa re^ venoit^ on reconnoissoit son cachet; oa«enlïroit eJt l'on trouvoit les trois bouteilles pleines de viu. ^^l En allant de Pylos i Cyparis$ie., on trouvoit a«L sortir de la ville et près de la mer , une fontaioie que Bacchus, dit-on, fit jaillir en frappant de sojoi thyrse^ coritre terre. On Tappeloit. la fontaine de Bacchus ^^\ Nous avons encore des imédailles >de Cyparissie, où Ton voit Bacchus .avec le tibyrsp et un vase à boire.
Le culte de Bacchus avoit aussi été établi en Messénie. Suivant une tradition des Messéniens , le mont Evan qui étoit dans le voisinage de la ville d'ithome, fut aii^si nommé du mot eVoe, cri des Baccliantes, parce que, disent-ils, Bacchus et les fenunés dé. sa suite jetèrent ce cri, lorsqu'ils vinreiA pour la première fois dans ce pays. ^^^
La ville de Coroné, autrefois Epéa dans la Mes*
^*^ Pausanîas, lib.'VI , cap. 26. = ^' Pausan., lib. IV , cap. 3ô. = ^^ Pausanîas , lîb. IV , cap. 3 1 .
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sénie^ avoit un temple de Bacclius où il y avoit une statue en marbre de celte divinité ^^K Près de là on voyoit le temple de Diane Mammosa , et celui d'Ino nourrice de Bacchus; c'étoit en ce lieu qu'elle étoit sortie de la mer, déjà reconnue déesse , et décorée du nom de Leucotlioé.
Le culte de Bacchus étoit très répandu dans la Laconie.
Vis-à-vis la place de Sparte, où l'on vendoit de tnenues marchandises^ il y avoit un endroit nommé Golona^ et un temple de Bacchus Colonate^ vers ce temple une enceinte étoit consacrée au héros qui servit de guide à Bacchus , lorsqu'il vint à Sparte : les Dionysiades et les Leucippides sacrifioient à ce héros, avant de sacrifier au dieu lui-même. Onze autres femmes nommées de même les Dionysiades, y disputoient le prix de la course, ainsi que Favoit prescrit Toracle de Delphes ^^ : Hésychius prétend qu'elles dévoient être vierges.
Sur le trône d'Apollon Amycléen l'on voyoit Bacchus et Sémélé debout, près de Jupiter et de Mercure, qui conversoient ensemble ^^^^ Ino étoit à côté de Sémélé 5 Bacchus étoit, avec Apollon, la divinité la plus honorée à Amyclée : les Amycléens lui donnoient le nom de Ptilas (les Dorions disent
^^ Pausan., lîb. IV, cap. 4« = ^ Pausan., lib. IIÏ, cap. i3. — Ihid, , cap. 19.
**^ Quœ antiquissima , sunt apud Gnscos , cum Mlnervm po^ liadist tum Apollonis delU, item Bacchi onvyclœL ( Philastrat.| lib. III, cap, 3.
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ptilay au lieu de ptéra^ ailes). Ils donnoient ce nom à Bacchus, parce que le vin élève l'homme, et rend son esprit plus léger , de même que les ailes élèvent les oiseaux dans les airs, , •
A Gytliium, sur la place publique, il y avoît une statue de Bacchus près de celles d'Apollon et d'Hercule, que les habitans regardoient comme les fon~ dateurs de leur ville ^^\ Goltzius*(in Thés. p. 216) donne une médaille de Gythium, où l'on voit d'un côté une tête de Bacchus, couronnée de lierre, et de l'autre une Victoire placée sur la proue d'un vaisseau avec une couronne. La statue de Bacchus se voyoit encore à Las, à 4o stades de Gythium.^
Au-dessus du Migonium, canton de la Laconie situé sur le bord de la mer, vis-à-vis l'île Cranaé, s'élevoit le mont Larysium , qui étoit consacré à Bacchus. La fête de ce dieu y étoit célébrée au commencement du printemps : on racontoit différentes particularités de cette fête, et entr'autres qu'il s'y trouvoit du raisin mûr. ^^
Les habitans deBrasies, la dernière ville des Eleuthérolacons sur le bord de la mer, prétendoient contre la tradition de tous les autres Grecs, que Gadmus, ayant découvert queSémélé avoit eu Baochus de Jupiter, enferma la mère et l'enfant dans, un coffre , et les jeta dans les flots ; que ce coffra échoua sur leurs côtes; que trouvant Sémélé déjà morte, ils lui firent des funérailles magnifiques, et
Pausanias, 11b. III , cap. ai. = ^ Ibid.^ cap. sa.
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prirent soin de réducation de Bacclius : ce fut alors^ contiduoient-ils, que leur ville nommée auparavant Oréates^ prit le nom de Brasies, à l'occasion même de cet événement. Et en effet le terme ecbebrasthai s'emploie pour dire qu'un objet a été Jeté par les flots ^\xt le rivage. Les Brasiates ajoutoient qu'Ino, alors errante et sans asile ^ étant venue dans leur j^ays, voulut bien être la nourrice de Bacchus. Ils montroient l'antre où elle le nourrit^ et ils donnoient à la plaine le nom de Jardin de Bacchus ^^\ Sur le mont Uium il y avoit un temple de Bacchus.
Lycurgue, d'après l'ordre de l'oracle de Delphes, avoit divisé Sparte en six tribus ; la troisième tribu étoit celle des Limnates/ Cette dénomination tiroit son origine d'une certaine partie de la ville qu'on appelôit limnœ ,mdiTBis ^ partied'eau stagnante, comme à Athènes. Cette partie fut dans la suite desséchée, et on y bâtit un temple à Bacchus. ^^^
A Brysée, ville située au pied du mont Taygéte, il y avoit un temple et des statues de Bacchus : une de ces statues étoit en plein air 3 quant à celle qui étoit renfermée dans le temple, les femmes seules avoient la permission de la voir , parce qu'elles seules pouvoient célébrer les mystères. Homère fait mention de Brysée ^^\ Il ne faut pas confondre Brasies dont nous venons de parler , avec cette ville de Brysée.
La ville d'Alagonie que l'on comptoit parmi celles
^^^ Pausanias , lib. III , cap. 24. = ^^ Cragius , lib. I , cap.. 6. = <*>i/iW. B.
des Eleuthérolacons, avoit de remarquable le temple de Bacchus et celui de Diane.
Les Lacédëmoniens adoroient encore Bacchus^ sous le nom de Sjcitès ^ Ficidneus yfSLTce quW avoit trouvé et cultivé le figuier ^^K Nous avons déjà vu une tradition d'après laquelle la semence du figuier avoit été donnée par Gérés a Phy talus, comme récompense de l'hospitalité que la déesse en avoit reçue. Mais Gérés et Bacchus sont ici la même divinité j c'est le principe ou l'agent de la reproduction. Gomme inventeur du figuier, Bacchus étoit encore appelé Milichius , parce que cet arbre est appelé milicha. Nous devons remarquer néanmoins que les anciens écrivains appeloient les dieux Milichii , lorsqu'ils vouloient exprimer leur douceur et leur bonté : Milichii y id est, Blandiy Placidij Mites y Jucundi^ Mdnsuetiy Clémentes y Placabiles. Les habitans de Naxos faisoient les statues de Bacchus tantôt de bois de vigne, tantôt de bois de figuier. En général, les anciens avoient toujours quelque motif pour employer dans la composition de leurs statues, une matière plutôt qu'une autre : par exemple lorsqu'ils vouloient faire la statue du dieu du viii, ils employoient le bois de vigne; lorsqu'ils voul > entreprésenter remblême de toute autre productio ? , ils en employoient le bois. Il paroît que le bois de figuier étoit en général employé pour représenter les divinités com me symboles dq la force reproductive de la nature j car
^Alheri., lil:. IV, cap» 5.
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la statae de Priape ëtoit en général faite de bois de figuier, ainsi que lesPhailes. C'est ainsi qu'on avoit égard, dans la structure des temples, à la nature et aux fonctions des dieux, pour lesquels ils étoient élevés. Suivant Vitruve, les temples de Jupiter Tonnant, dîi Ciel, du Soleil, de la Lune, dévoient être découverts. On observoit cette tnéme convenance dans les ordres d'arcbitecture : les temples de Minerve, de Mars et d'Hercule dévoient être d'ordre ' dorique, dont la majesté convenoit à la force de ces divinités. On employoit pour ceux de Vénus, de Flore, de Proserpine et des Nymphes, l'ordre corinthien. L'agrément des feuillages, des fleurs et des volutes, étoit en harmonie avec la beauté tendre et délicate de ces déesses. L'ordre ionique qui tenoît le milieu entre la sévérité du dorique et la délicatesse du corinthien, étoit employé dans les temples de Junon, de Diane et de Bacchus, en qui il y avoit un mélange d'agrément et de majesté. Tous les ornemens d'architecture de ces temples faisoient aussi connoître la divinité quiy présidoit.
Les Lacédémoniens adoroient encore Bacchus sous le nom de Euyalius, qui étoit le surnom de Mars. Ils le représentoient alors armé d'un javelot: Macrobe a traité, dans le 19e chapitre de ses Saturnales, de l'identité de Bacchus et de Mars. En même temps que Bacchus tient ce javelot, il a un thyrse qui n'est aussi qu'un petit javelot caché par le lierre : ce qui montre, dit Macrobe, que l'impétuosité des guerriers doit avoir un frein j car le lierre
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a la propriété de calmer la chaleur du vîn , qui souvent pousse les hommes à la fureur. Ces deux effets étant les mêmes, on a voulu que Mars etBacchus fussent la même divinité. Les Romains leur donnoient une dénomination commune, celle de Pater y Liber Pater, et Mars Pitres y Mars Pater. Bacchus étoit le dieu de la guerre, puisqu'il fut le premier qui reçut les honneurs du triomphe: Macrobe s'attache ensuite à prouver que Mars est le même qiife le Soleil^ et conséquemment Bacchus.
II. Culte de Bacchus dans les autres parties du continent de la Grèce»
Nous avons déjà parlé du culte de Bacchus dans FEtolie, à l'occasion de Bacchus OEsymnéte, de Bacchus Messateus, Antheus, Arœus.
Le culte de Bacchus étoit en grand honneur à Caljdon. OEnée roi de Calydon reçut le premier de Bacchus le fruit de la vigne. Yoici quelques traditions sur le culte de Bacchus dans cette partie de la Grèce. ^^^
Hécatée de Milet, cité par Athénée ^^, dit que Oresthée fils de Deucalion étant venu s'établir dans l'Etolie , sa chienne y accoucha d'un tronçon^ de bois : il le fit enterrer, et ce tronçon produisit un cep de vigne chargé de raisins. En mémoire de cet événement il nomma le fils qu'il eut ensuite, Phytius (planteur). Phytius fut père d'Œnée, qui
Apollodor. , lib. I , cnp. 8. = ^^ Ildcal. , lit; II , cap. a8.
fut ainsi appelé , parce que les Grecs nommoient alors la vigne oinéy ohn* Suivant une autre traditioa rapportée par Servius ^^\ OEnée roi d'Etolie^ avoit un berger nommé Staphylus. Ce berger s'étant aperçu qu'une de ses chèvres s'écartoit du reste du troupeau pour paître, et qu^elle devenoit de }our en jour plus grasse^ la suivit : ayant vu qu'elle mangeoit du raisin, il en goûta lui-même. Il trouva ce fruit si agréable, qu'il en porta à son maître; OEnée en exprima le jus, et en fit une liqueur qu'il appela oinos y et par reconnoissance pour le Berger, il donna au fruit le nom de staphjlé. Voici le récit d*Hygin : Bacchus étant venu chez OEnée, devint amoureux d'Althée sa femme. OEnée s'en étant aperçu, feignit d'être obligé de s'absenter pour un sacrifice, et les laissa seuls. Bacchus eut d'Althée une» fille nommée Déjanire. Pour récompenser OEnée de sa complaisance, il lui apprit à cultiver la vignc^ et donna son nom au vin. ^^
Nicandre de Colophon, cité par Athénée, dit que ofvoç , mot qui signifie vin, est venu d'CEnée : OEnée ayant exprimé du jus de. raisin dans des vases amples y donna son nom au vin.
^*^ Servius , lib. I , v. 9.
^^ Silène ( Scèn. I , du Cyclope d'Euripide. ) , apercevant ses fils qui revenoienten dansant avec les troupeaux de Polyphèrac, s'écrie : Hélas ! pourquoi ces danses légères ? croyez-vous donc aller au son des instrumens , comme autrefois , accompagner Bacchus dans ses expéditions amoureuses , dans la maisaa , d'Althée?
Les habitans de Naupacte célébroient les Dionysiaques. ^^^
Dans la Thessalieon célëbroitles fêtes de Bacclias au pied d'une montagne nommée brios ^ qui étoit située dans FAchaïe Phtiotide ^\ Le territoire de Lamia , ville de la Phtiotide , étoit très fertile en vinj il étoit consacré à Bacchus ^^^ Nous avons encore des médailles de cette ville , avec une tête de EacchuSy ceinte d'une couronne de lierre, et au revers le Cantliarus: les Fables des Titans qui jouent un si grand rôle dans FHistoirede Bacchus, appartiennent à la Thessalie. C'est le mont Olympe, situé sur les contrées de la Thessalie et de la Macédoine , dont on a fait le théâtre de leurs exploits.
Nous avons déjà parlé du culte et des fêtes de Bacchus dans la Macédoine et dans la Thrace. Nous avons vu avec quelle ardeur Olympias célébroit les rites de cp dieu. Athénée cite une lettre de cette princesse à Alexandre, qui lui avoit demandé un homme expert dans les sacrifices : « Reçois de ta mère Pilc- « gnas, reçois-le bien ; car il sait tous les rites des sa- « crifices de tes ancêtres, ceux des Orgies et des fêtes « de Bacchus ^^\ » Il parôît néanmoins que le culte de Bacchus fut négligé en Macédoine dès le temps d'Alexandre^ et qu'il le fut par Alexandre lui-même;
^'^ Suidas, V. Dionysia. = ^^ Diod. Sic. , lib. V, cap. 3i. = ^^^ PHn., nisL iVa^,lib. IV, sect. 14. = ^^> Athon., lib. XIV cap. 22.
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car Arrien ^*^ y. racontant le meurtre de Clitus, dit qu'il arriva le jour consacre par Iqs Macédoniens, aux fêtes de Bacclius, qu'Alexandre avdrt coutume de célébrer tous les ans; mais négligeant le culte de Bacclius^ il avoit consacré ce jour aux Dioscures. Après le meurtre de Clitus, les prêtres répandirent qu'il falloit ici reconnoître le courroux de Bacchus, indigné de ce qu'Alexandre eût négligé son culte. Trop heureux de pouvoir rejeter son crime sur la colère céleste, Alexandre sacrifia à Baochus. L'on remarque aussi que les monumens anciens, consacrés à Bacclius, sont rares pour la Macédoine , tandis qu'ils sont très nombreux pour les autres parties de la Grèce. Cependant Alexandre faisoit célébrer les Dionysiaques, comme nous l'avons vu, probablement à cause de la pompe des jeux Scéniques. ^^ Bacclius avoit un temple à Aphyte. Ce temple fut visité par Agésipolis, roi de Sparte, lors de ses expéditions contre OlyntheetTorone. Dans les grandes chaleurs de l'été, une fièvre brûlante le saisit j il voulut revoir les bocages touffus et les eaux fraîches et limpides du temple de Bacclius. U y fut porta encore vivant; mais le septième jour de sa fièvre il mourut hors da temple. ^^^
^*^ Arrian., Expedit, Alexand, , lib. IV, cap. 8 , p. i6i.
^^ Ce prince , ou selon d'autres Python de. Catane , fît céle'brer CCS fêtes sur le bord de l'Hydaspe. On représenta la pièce satjrique ayant pour titre VAgen, qui avoit été composée pour cette fête. ( Athen. , lib. XIII , cap. 7. )
^'> Xénoph., HisL Grt^c, lib. V, cap. 3.
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Bacchus étoit surtout honoré dans la Thrace, Les montagnes de ce pays étoient toutes couvertes de lierre; c'est peut-être la véritable origine de l'usage où. l'on étoit de représenter Bacchus et les Bacchantes avec des couronnes de herre. Suivant Pisander, cité par Suidas, les Agathyrsi, peuple qui habitoit l'intérieur du «mont Hœmus, avoient été appelés de ce nom, des thyrses de Bacchus. ^^^
Dionysiopolis , ville placée par Pline dans la partie de la Thrace que baignoit le Pont Euxin, étoit appelée autrefois Gruni, ou la Fontaine, Elle prit ensuite le nom de Dionysiopolis, parce que la statue de Bacchus y fut apportée par mer, et que 5on culte s'y établit. Maronée, ville de la Thrace maritime, fut surtout célèbre par ses vins dès la plus haute antiquité. Nous avons vu que les mythologues tiroient l'étymologie de son nom, de Maron, compagnon de Bacchus. Non-seulement ils adoroient Baccims, mais ils adoroient encore Vépus, comme épouse de ce dieu, ainsi que le prouve une ancienne inscription rapportée par Gruter ^^\ Ils adoroient encore Bacchus sous la dénomination de Bacchus Soter. Nous avons plusieurs médailles de Maronéej ^insi que de la ville d'Adrianopolis dans la Tlirace, qui représentent Bacchus debout avec un thyrse et un vase à boire. Il est de même représenté sur celles de PhilopopoUs.
Bacchus étoit adoré à Périnthe ou Héraclée, dont
^ Suidas, V. JgathjrsL^^^ Grwter , p. 69.
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les médailles le représentent debout avec l^ itiyrse et le cantharus.
Dans Fintérieur de la Thrace s'élevoient l'Hsemus, le Rliodope et TOrbélos, montagnes célèbres par les fêtes de Bacchus. ^*^
Il y avoit entre la partie de la Macédoine , qui touche aux frontières de la Thrace et Pallène, un promontoire appelé Gigomda.Ariéimdove et Etienne de Bjzance disent qu'il y eut une ville de ce nom sur ce promontoire. Hérodote ^^^ et Thucydide ^^^ placent la ville de Gigone sur les frontières de la Macédoine et de la Thrace, non loin de Potidée. Ce promontoire et cette ville furent ainsi appelés, non duroi Gigon vaincu par Bacchus, comme le prétend Etienne de Byzance, mais de Bacchus lui-même^ qui étoit surnommé Gigon et qui étoit adoré en ces lient.
Les Thraces avoient trois divinités : Mars dieu de la guerre ^ Bacchus dieu du vin, et Diane déesse de la chasse. Les rois y joignoient Mercure qui présidoit à leur^ conseils, qui étoit le principal objet de leur culte, et dont ils se disoient descendus. ^*^
Les poètes ont donné à Bacchus le nom d^Edonius^ desEdoniens, peuple de la Thrace; et les Bacchantes portoient le nom à'Edonides ou à!OEdonœ. ^^^
^*> Pomp. Mêla, lib. II , cap. a. — ^Herod., lib. VII, cap. ia3 = ^^^ Thacjd. , lib. I, p. i4o. = ^*^ Herod. , lib. V, cap. 7.
^^ Non ego sanius bacchabor Edonis. ( Horat. , Carm, II.)
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Darius étant sur le point de faire son expédition dans la Scythie, fît ériger sur les bords du Bosphore, deux colonnes de pierre blanche ; il fit graver sur l'une en caractères assyriens, et sur l'autre en lettres grecques, les noms de toutes les nations qu'il avoit à sa suite. Depuis cette expédition des Perses, les Byzantins ont transporté ces deux colonnes dans leur ville, et les ont fait servir à l'autel de Diane Ortho--siène, excepté une seule pierre qu'on a laissée auprès du temple de Bacchus à Byzance. Byzance avoit un temple de Bacchus , comme le prouve ce fait rapporté par Hérodote ^^K Du reste cette ville avoit tous les symboles de l'abondance qu'elle devoit à son heureuse position, à la bonté de son sol, à son commerce et à sa navigation , comme le prouvent les médailles de Byzance, où l'on voit les figures d'Apollon, de Diane, de la Fortune, de Cérès, les attributs de Cérès et de Bacchus, des Bacchantes, des branches de vignes , des cornes d'abondance, des €pis de froment, Neptune, son trident, des vaisseaux, des agrès de vaisseaux, des proues, des dauphins, des victoires, Pallas, Mercure, des Caducées.
Il y avoit chez les Budins, nation scythe , une ville de Gélonus qui avoit des temples consacrés aux dieux de la Grèce. Cjbs temples étoient bâtis à la manière des Grecs,, et ornés de statues, d'autels et de chapelles de bois. Tous les trois ans les Gelons célébroient les fêtes de Bacchus f aussi étoient-ils Greci
^*>Herod.,lib. IV, cap. 87.
d'origine. Chassés des villes grecques du Pont-£uiin^ ils s'établirent dans le pays des Budins : leur langue étoit lin mélange de grec et de Scythe. ^*^
Il existoit au pied du mont Hœmus dans la Thrace, un bois. avec un temple qui avoit été consacré de tout temps à Bacchus. On raconte qu'Alexandre, après s'élre ouvert le passage du mont Haemus^ et après avoir pénétré dans la Thrace, voulut y sacrifier à Bacchus à la manière des barbares : comme il jetoit du vin dans le feu, la flamme fut si forte qu'elle passa le faîte du temple, et s'éleva dans les airs ; ce qui fut regardé comme un présage que la gloire d'Alexandre n'auroit d'autres bornes que les
cieux. ^^\
$ III* Culte de Bacchus dans les îles de la Grèce.
Si du continent nous passons aux îles de la Grèce, Naxos se présente d'abord comme celle où le culte qu'elle rcndoit à Bacchus étoit le plus célèbre. Les habitans de Waxos prétendoient que ce dieu avoit été toujours chez eux ^^^ ; que leur île lui àvoit été toujours chère : c'est pourquoi on Ta appelée Dionysiade. Quelques-uns font même dériver le nom deDionysius de Dia, ancien nom de l'île de Naxos, qui fut consacrée à Bacchus après son mariage avec Ariadnc : ils
^*^H6rod.,lib.VI,cap.87.= ^^QuÎDt.Curl., lib. I, cap. ii. =® Naxon , ait Liber , cursus advertite vestros :
Illa mihi domus est , vobis erit hospUa tellus. ( Ovid. , Met, , lib. III. )
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racoatent que Sémélé ayant été cousumée par la foudre^ Jupiter sauva son fruit en l'enfermant dans sa cuisse; que le terme de sa naissance étant arrivé^ il choisit ^axos pour cacher cet enfant à Junon^ et qu'il en confia le soin à trois nymphes de cette île, Philis, Coronis et GJéide. Ces peuples se vantent d'avoir été récompensés de l'éducation qu'ils ont donnée à Bacchus^ pav la longue félicité de leur île; ils donnent même l'excellence de leur vin comme une preuve évidente de la reconnoissance et de la faveur de Bacchus ^^K Les INaxiens addroient aussi Bacchus sous le nom de Milichius, parce qu'il leur avoit fait connoitre le figuier : la tête de Bacchus des mystères étoit de figuier, au Ueu que la tête de Bacchus dieu du vin étoit de hois de vigne. ^^^
L'ile de INaxos a été , conune on le sait, le théâtre de l'histoire de Bacchus et d'Ariadne abandonnée par Thésée : cette fable est trop connue pour que nous ne soyons pas dispensés de la rapporter. Hésiode parle d'Ariadne en ces termes : « Bacchus à la cheve-^ » lure d'or fut uni à la belle Ariadne que Jupiter » rendit immortelle, et qu'il exempta des rides
^*> Dîoid. Sic. , lib. ÎV , § 3 1. — Suivant une fable des Grecs , rapportée par Asclépiade y les femmes de Naxos accouchoient au bout de huit mois. Junon, suivant les uns , après s'élre réconciliée avec Bacchus,. leur fit ce don; mais le plus grand nombre croyoit que c'étoit parce que Bacchus étoit né dans le huitième mois. Ils disoient encore qu^ dans cette ile il y avoit une fontaine qui donnoit un vin très agréable. ( Steph. Byz. V. Net? oc — Suidas, v. Naxos. = ^ Athen., lib. III , cap. 5.