Tome IIL 3q
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' déesse lui avoit fait présent d'un cratère d'or , ouvrage de Vulcain ^*^ : Ton sacrifioit à Vénus et à Bacchus en commun. Apulée ^^ nomme Bacchus Veneris armiger. Orphée ^^^ appelle Vénus Parédre de Baccîius , ^dTc^oio izotpeSpe. Anacréon en fait l'amant de Vénus et le père des Grâces. ^*^
Bacchui avoit à Myunte un temple de marbre i)lanc; c'est le seul beau monument q[ue Ton remarquât dans cette ville. ^^^
Bacchus éloit honoré à Smyrne. On y célébroit les Dionysiaques, comme on le voit dans Aristide et dans Philostrate. ^^
C'est en célébrant la fête de ce dieu que les Eoliebs perdirent Smyrne, Hérodote raconte que des Coloplîoniens ayant eu du désavantage dans une sédition, avoient été obligés de s'expatrier. Les habitans de Smyrne leur domaèrent un asile : ces fugitifs ayant observé que les Smyrnéens célébroient hors de leur ville une fête en l'honneur de Bacchus, en fermèrent les portes, et s'en emparèrent ^'^. Smyrne et Gnide produisoient de très bon vin , et en abon-
^^Non., Z>/c?/i.,lib. XIX, V. ii8, 119, laa. = ^ Apul., Met,^\{h. Il, p. 4^.= ^'^ Orpli. , ffjrmn. LIV, v. 7.= ^*^ Anacr.^ Od. XLI. »= ^^^ Pausanias, lib. "^11, cap. 2.
^ ybcant enim te primo vere cum aguntur Dionysia , dit Aristide : Pompa fertur mense anihesterione , jublimis triremis^ in forum , quam dirigU Liberi patri sacerdos ut gubernaior, dit Fhilostrate.
^^ iWrod., lib. I, cap. i5i. .
i)ancé ^^\ A Cnide il y avoit deux belles statues de Bacchus^ Tune de Br^axis et l'autre de Scopas. ^^^
On voit sur quelques médailles de Smyrne^ Diane^ c'est-à-dire la lune avec son croissant, au milieu d'Hercule et de Bicchus , avec leurs attributs. Plusieurs autres médailles de Smjrne représentent Bacchus debout avec un tliyrse et un cantliarus.
Les habitans de Perperme, ville deTEolide, adotoicnt Bacchus , comme le prouvent leurs médailles où l'on voit ce dieu aVec une ceinture, le thyrse et le cantharus, et un tigre à ses pieds.
Bacchus étoit aussi adoré à ApoUonie de l'ionie, où il avoit un temple, dans lequel il étoit représenté avec le thyrse et le cantharus.
Adramytiuni dans la Mysie étoit aussi une colonie d'Athènes où Bacchus étoit adoré : c'étoit Bacchus lacchus, comme lé dit textuellement Arrien. ^^^
Il étoit aussi adoré à Milet, colonie d'Athènes; ses fêtes y étoient célébrées avec une grande solennité. Dans la 4® année de la g3^ olympiade*, quelques habitans soutenus par Lysandre et par les Lacédémoniens, qui aspiroientà l'oligarchie, anéantirent le pouvoir populaire. Ils saisirent l'occasion des fêtes de Bacchus que l'on célébroit dans leur ville, pour piller les maisons des principaux citoyens
^^ Cnidus , Smyma y aliaque obscuriora loca vino excellant, sîve ad jucumditatem , sive ad usus medlcos requiras, ( Strab. , lib. XIV , p. 637. ) = ^> Plin. , Hist. nat. , Ub. XXXVI, cap. i.
^ Arrian., de Exped» Alex, ^ p. 8?. .
4^ BACCHtrS
qui s'cirt^soient à leur ambition j ils en égorgèrent
quarante. ^^^
Cléârque, tyran d'Héraclée ^ fut tué en allant à un spectacle des fêtes de Bacchus, la la^ anùée de son règne ^ et la 4* àe la igO^ olympiade. ^^> ^ Ge fut aussi pendant la £êle des Bacchanales qna Mithridate s'empara de cette ville. Elle se gouver- Tloit alors par ses proprés lois, et elle venoit d'élire pour son premier magistrat un de ses citoyens nonmié Ijamaclius , qui étoit attaché depuis long-tomps k Mithridate. Le prince envoya une personne affidée proposer à Lamachus de le recevoir dans la ville avec ses troupes. Lamachus promit de laisser ouverte la nuit une des portes delà ville, pendant le festin pu- Wic qu'il alioit donner aux hàlwtans , à l'occasion de la fête de Bacchus. Le roi se tint dès lé soir en embuscade fort près d'Héraclée, et aussitôt qu'il entendit le tumulte des Bacchanales, il se saisit de la por^e , et fut maître de la ville avant qn'on y eut le moindre soupçon de son arrivée. Le lendemain il harangua le peuple eii termes pleins de bienveillance , s'excusant de la ^rprise dont il avoit usé, sur la nécessité des circonstances; il laissa dans la place quatre mille hommes de garnison , et retourna à Sinope, capitale de ses états ^^K Mithridate surprit Héraclée en automne.
Nous avons donné les détails de la fête de Bacchus
<»> Diod. sic. , lib. XUI , J 104. = ^' DÎod. Sic. , lib. XVI , j 3g; --. (S) ffist. Rom. , Saïiust. , Desbros. , T. II , p. 1 28.
à Alexandrie. Nous rap-peUèrotis «jaufemçnil ici que Polybe parle du théâtre die Bacchus dans celte viUe^ à Toccasion du aécit de Ja chute d'AgathocUs, ministre de Ptolemëe Pliilopator ^^\ Il dit qu'aji cornjnmcemeot du soulèv^i^e&t^ tout le terrain d'autour «du palais et de la placç ^toit oo^yert de toutes sortes Âe ge^S| et surtout de ceux quifréfifueotoiewl; le the'&tre de Bacjdius. D'après Eusèbe, un des P.to^emëes a pris le surnosn ^e Dionjrsius» Ce fiit Ptolemée 4* du nom : singulière manie qu'eurent les princes grec^ d'Egypte ^ d'Asie, eit dans la suite les empereurs jomains^ 4e prendre le ciQm de Bacobus, et de se iairiB rendjpe les honneurs dus à. ce dieu. N<>us avoiis jàé\k vu ceux rendus à Plolemée Soter, à Antigone^ ^à J>emétrius Poliorcète, à Antoôcie^ à Weron «t k Caligula. Lorsque Mithridate eut fait ëgorgeren une nuit cent mille Romains dans l'Asie, ses partisans publièrent que Bàcchus étoit descendu du ciel, et •qu'il s'etoit manifesté dans la personne du roi d« Pont. Ausâtôt on éleva d« toutes parts des temples ^tdes autels. Les collèges de prêtres firent couler le sang des victimes en l'honneur de Baochusj le prince -prit le nom dç Dionysius. Xia défaite et la mof t de -Mithridate anéantirent les honneurs, et le dieu. Lpnsrqu'Ântoine se donnoit pour le noaveau Bacchus ou Osiris, Gléopâtre paroissoit en pubhc avec la robe d'Isis. Antiochus Epiphanes est représenté sur les monnaies de Gaza avec une courpnne de lierre. Je
Polyb., lib. XV, cap; 5.
pourrois citer une foule de prinœs grecs qui ont montre cette folie; elle peut avoir eu deux causes* Bacchus étoit le bienfaiteur de Thumanité, et ces princes vouloient qu'on les reconnût comme les pères, Içs bienfaiteurs, les conservateurs de leur pays, quoiqu'ils en fussent les fléaux. 2^. La florissante jeunesse de Bacchus, ses guerres, ses triomphes éclatans, ses exploits, ses longs voyages , les plaisirs, la joie, le bonheur qui l'accompagnoient partout, flattoient leur orgueil, lorsqu'on leur en faisoit l'application. Les Grecs avoienteu plusieurs colonies en ItaUe ^^^ : Tarente avoit été fondée par les Lacédémoniens ^K Ils avoient également fondé Crotone et Locres, sur le promontoire Zéphyrium ^^\ Les Tyrrhéniens habitèrent long-temps avec les Lacédémoniens le mont Taygète, et les environs de Ténarej ils habitèrent même Athènes, suivant Thucydide ^^^; ils demeurèrent aussi à Lemnos, ainsi qu'à Imbros ^^^ où les cérémonies Gabiriques étoient en grand honneitr. 11 est hors de doute que les Tyrrhéniens apprirent pendant leur séjour dans la Grèce , les religions des Egyptiens et des Phrygiens qu'ils importèrent en ItaUe, comme le firent les colonies grecques ellesmêmes. Les Tyrrhéniens surtout durent les faire connoitre à ceux de leurs compatriotes qui habitoientles bords du golfe Ionien : c'est de là que les Bacchanales,
^^ Firmicas , de Erroné prof, reiig. = ^^ .Strab. , lib. VI. — Hesych. , v. Taras,z=z <*> Pausan., Lacon, == ^^ Thucyd., lib, IV. = ^ Tbëoph. , iW^f.— Plut. , Quœst. Grœc. XXU^De Firt^mu* lier, y cap. 8.
THEBAIN. 4?!
les Dionysiaques, et toutes les fêtes de ce genre , quelque soit leur nom, passèrent chez les Etrusques Campaniens, de qui les Romains empruntèrent tous leurs rites et toutes leurs cérémonies religieuses. S. Clément d'Alexandrie a donc eu raison de dire que c'é* toient les Cory hautes qui avoient été la source d'où ce culte étoit passé en Italie ^^\ Néanmoins c'est en Italie et à Rome surtout qu'est soigneusement marquée la différence des Dionysiaques et des Bacchanales, Les premières furent toujours en très grande vénération, tandis que les Bacchanales excitèrent la sévérité du sénat, et furent proscrites par un décret rendu l'an 567 delà fondation de Rome, 186 ans avant Jésus- Christ. Depuis long-temps elles avoient été apportées en Etrurie par un Grec tellement ohscur, que Tite- Live lui-même ignoroit son nom : c'est de cetterégion qu'elles passèrent à Rome , mais elles n'avoient jamais été introduites dans le culte public,, tandis que les Dionysiaques en faisoient partie , et qu'elles en étoient la partie la plus brillante , comme on en peut juger par le récit de Denys d'Halicarnasse, dont nous allons présenter ce qui est relatif au culte de Bacchus. La procession étoit composée des principaux magistrats de Rome, qui partoient du capitole; ils étoient précédés par toute la jeunesse, les fils des chevaliers à cl:ieval, et les autres à pied, tous marchant en ordre. Après eux venoient ceux qui conduisoientles chars à deu]( et à quatre chevaux, et
^^ s. dem. Alex., in Proirep., p. 16.
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ceux qui montoîent les chevaux iô selle, et que les Grecs appeloient célètes. Cette troupe dtôit suivie des athlètes , après lesquels marcliôient les chœurs divisés en trois ; le premier des hommes faits , le second des jeunes gens, et le troisième des efùfans , suivis des puetirs de flûte et autres instrumeûs. Chaque chœur ëtoit précédé par Un homme cîiargé de merier et de régler la dause q\ii étoit toute guerrière. Après ces danseurs et musiciens màrchoient des chœuts de satyres , qui datisoient une danse à peu près sem'blahle à celle que les Grecs appeloient "siciitnis. Ceuxqtfi représentoient les Silènes étôient vêtus de tuniques de peau, et portoieïrtdes chapeaux de fleurs^ ceux qui figuroient lés Satyres avoiefnt des peaux de bouc , et de grandes aigrettes de crin sur la tête. Cette troupe deSatyrés contrefaisoit les moxivemens des danseurs et les tottrnoit en ridicule. Cette bande étdit suivie d'une nouvelle trdupe de jofueurs de flûte et d'autres instrumens. , Après les sacrifices on ouvroit lalice pour la course des clikrs, ie combat des athlètes et les jeux scéniqùes, au milieu desquels on couronnoit les bienfaiteitrs de Rome, et Ton étaloît les dépouilles prises à la guerre. Les comédiens, à 'Rome , comme en Grèce, étoient consacrés à Bacchus. La divinité que les Romains appeloient la Bonne Béesse, étoit làmère de ^Bacchus. La phiplart des 'faits mythologiques que nous avons •présentés dans cet ouvtrfge, avoient passé à Rome. Outre les grands jeux et Içs Liberalia , les Romains
avoient deux espèces de Vinalia, les une? appelées PriorUy qui se célébroient le neuvième des kalendes de mars j elles avoient été instituées pour la dégustation du vin nouveau : les autres, appelées Posterioruy se célébroient en automne ^*\ Mais nous ne devons entrer dans aucun détail sur le culte de Bacchus à Rome, et nous terminerons là notre travail.
^*^ Pb*D, , Feslus in Finalia et calpar.