Tome III
Milet sur Torigine du monde et la liature des choses^ ses principes 'sur l'eau , sur la force de la nature^ sa théogonie, sa hiérarchie céleste^ ont un €d rapport «recla philosophie orphique^ qu'on les en croiroit une simple interprétation; il en est de même de beaucoup de points de la doctrine d'Auaximandre, tels que l'ame du monde , la force de la nature : les principes d'Anaxagore et des autres philosophes grecs ont tous quelqu€» ressemblance avec les principes orphiques. Le poète? Eschyle étoit lui-même un de ces Pythagoriciens orphiques^ il étoit très attaché au culte de BacchuS , il se prétencïoit inspiré par lui j Eschyle n'étoit pas initié aux mystères d'Eleusis, et cependant il fut accusé d'en avoir révélé lé secret. 11 n^échappd à la mort dont il étoit menacé qu'en prouvant qu'il n'étoit pas initié ; il ne connoissoit dôUc une partie du secret des mystères que commç orphique , d'où il faut conclure que la doctrine dé cette secte y avoit été admise.
Platon lui-même, comme le prouvent lé Timéé et quelques autres de ses dialogue^, s'il n'étoit pas Orphique, s^éloignoit du moins fort peu de ^opinion lies orphiques qui ne se contentoient pas de parler du Dieu suprême ou de rintelKgence, principe de tons les êtres, d'une manière sublime, mais qui donnoient pour fondement à leur théologie, que ce Dieu supn^nétout brillant d'une Imniéfe inaccessible aux intelligences inférieures, étoit invisible pour elles dans le temps même qu'il les édairoit : nous
aatres hotmnes^ c|tii tx>m{)6toli^ le dei^tiier ordre dë6 ioteIligeiices> nouâ ^ p\)UVùnd tiôUB àdi^eseer <;u'AttlL diviaiiés des tdassed mfërlewès ; poùt tiôtls M fàkna écoute^, il faut nous étM rendue favorables lei^ divers ordi^ dé gét^^ die dëm6ns> de héM^ qtii éotit pkcés «itr'elleà et taotié, et qtii fbttheût tttiô tepécè de ôhatne^ âvec kquellé ndui poût^6M, pMir Amà dire^ attirer ks dîecijc supérieure et l^ totàet de s'approcher de nous, parce que nous ne pou^i^lM nous ëlôver jusqu'à eu*. C^est âhisi que les nouveaux ^Utônid^us ou leè Or^ques juatifioîetft noâ-Mul^lrélit le j^lyifaéisine , iUàià^titïOire toutes les prtatiq^s superstitièuées et k tuiigioï^ p^^-^. laire, l'ôdopâtioft des idoles et toême là vèttu de^ formuks magiques qu'oft ctoyoil caf>abl*s dVffrayer les génies >et 4e ks tôUttrAindre d'obéi*;
Aveu de teU^ opîiâiofts, k secte des (Wf^Mqu^ Aé poavoit pas manquer de totuber ^oinptement dati^ les e^tcès lès plus vil^ ^ le plM pNrfbttd ^pris : c'est CB qui attîvâ dès le teftips ée Platoh , qtA le* di^int txsmtné de6 chatiàtâus^ ôb^édanï léi^ IDtàiMhS des ridées > et kur |)^rsùà!<la^t qûè ^'âè t>ut côtthhi* quelque fout^> elle peut êti*e expiée pëtt dés Èkcii^ fioes tet dés «étM^hanlémenS, par des fêtes et des jeujt, eu veirtù é\k potaiVoir^ùe les êïèixi ôtit douué aut mimstiies de k teligldh j que s'il* ont un eniieiin auquel ik teuléut nuire, ils le «peutéfat à peu de frais, qu'ils ont certains secrets pour lier le pouvoir desdieuk^ en disposer à leur ^të. Quaht aui rites des sacrifices, ajoute Platon , les Orf)hiques produisent
une foule cje livres qu'ils prétendent composés par Musée et par Orphée; ce n'étoient pas seulement des particuliers qui ajoutoient foi à leurs promesses ^ c'étoit souvent des villes entières et des républiques qu'ils, séduisoient: ils appeloient telètes les sacrifices institués pour délivrer des maux de l'autre vie, et ils prétendoiçnt que ceux qui négUgeoient de sacrifier , dévoient s'attendre aux plus grands tourmens dans les enfers, ^*^
Théophraste parle des mystères des Orphéotelètes ^, dans le cc^ractère du superstitieux : à la fin de chaque mois, dit-il, il est fort exact à visiter les orphéotelétes pour se faire initier dans leurf, mystères, il y mène ^ femme> ou si elle s'en excuse par d'autres soins, il y fait conduire ses enfans par une nourrice. Le rôle d'initiateur à ces ipy stères qui n'étoient autres que ceux de Bacchus, étoit regardé comme infôme; Démosthène comparant son illustration ^vec la bassesse d'Eschyle ^^^ , lui dit: Vous faisiez le méti^ d'initiateur. Parvenu à l'adolescence, vous aidiez votre mère dans ses opérations mystiques j vous lui Usiez les formules lorsqd'elle initioit; pendant la nuit vous couvriez les candidats d'une peau de faon, vous leur versiez du vin, les arrpsiez d'eau lustrale, les frottiez de son et d'argile, et le? faisant lever aussitôt après l'expiation, vous Jeur ordonniez de ôire, j'ai fui le mal
^*> PUt.,, RepubUc. , Hb. II. = ^ Théophrast. , Caract. XVII. 5= ^^Dem9Sth., Pm^.i/»cor9/ia.
et foi trouvé le bien. Vous vous vantiez de hurler mieux que personne pendant le jour vous conduisiez par les rues ces belles compagnies d'initiés nouveaux^ couronnés tous de fenouil et de peuplier^ vous serriez des serpents joufflus dans vos mains y les élevant sur votre tête et criant de toutes vos forces^ evoë saboë, vous dansiez à l'air de ces paroles hfès attèsy attès kjrès } les vieilles femmes vous honoroient du nom de chef ^ de conducteur^ de portevan et d'autres semblables; elles vous régaloient de tourtes et de gâteaux^ digne fruit de vos peines.
Le même mépris a accompagné les Orphiques dans leur longue existence. Gomment ^ dit Strabon^ ne pas traiter de charlatanisme les pratiques de certains cultes; celles surtout qui s'emploient dans les Orphiques ^*^? Dans les derniers temps les Orphiques n'étoient plus que des superstitieux ridicules ou de méprisables charlatans.
^*>Slrab., lib.X, p. 474*