‹ Recherches sur le Diagnostic de la PulloroseChapitre 12 sur 25 · RÉACTION · texte numérisé non relu

RÉACTION

Il est bon de disposer de pipettes de 0,2 cc. graduées au 1/100 de cc. et assez longues pour que 1/100 de cc. soit compris entre deux traits suffisamment éloignés, pour faire une lecture aisée (pipettes capillaires graduées jusqu’à la pointe).

A la pipette on prélève 1/100 de sérum suspect qu'on met ensuite sur une lame de verre spécialement préparée comme suit :

Cette plaque a les dimensions suivantes :

LE ET ee Pr nc 5 LATRSUP ER ame ra 18

À la meule on y creuse quatre séries longitudinales de cinq cupules de 3 % 5 de long sur 2 % 5 de large et 3 ‘4 de profondeur au centre.

Le tout doit être bien poli pour être parfaitement transparent.

Après cette première opération, la pipette est rincée par aspiration d’eau. Dans ce but un cristallisoir contenant deux litres d’eau distillée est diposé à côté de l'opérateur.

Il est inutile d’essuyer cette pipette immédiatement après, comme le recommandent LEYNEN et WiLLEMms, c'est une précaution supplémentaire mais parfaitement inutile d’après les expériences que nous avons faites, en prenant immédiatement après un sujet positif, un sujet négatif, nous avions une réaction négative aussi nette que si nous avions pris la précaution d’essuyer la pipette avec un linge propre. Cela se conçoit d’ailleurs, car le linge, en aucune manière, ne peut essuyer l’intérieur de la pipette qui a contenu le sérum du sujet positif.

Lorsque la pipette a été mouillée, il suffit généralement de la plonger légèrement dans le sérum pour que celui-ci y pénètre par capillarité, sans qu'il soit nécessaire d’aspirer. On arrête à temps l'ascension du liquide par la pression du doigt.

Après avoir ainsi garni de sérum les vingt cupules, on y ajoute dans chacune d'elles 1/20 de cc. d’antigène concentré. Dans ce but on utilise un flacon compte-gouttes qui débite vingt gouttes au cc.

Ensuite, à l’aide d’une tige de verre on mélange

rapidement sérum et antigène en prenant soin de laver et de sécher rapidement la tige entre deux essais.

Dans l’angle supérieur gauche de la plaque on indique au crayon rouge le numéro correspondant au premier sérum de la série de vingt.

Après cela, la plaque est mise dans un cadre métallique, puis glissée horizontalement dans une étuve chauffée à 42°. On y laisse pendant dix minutes exactement.

Après dix minutes d’étuve la plaque de verre est retirée de la chambre chaude et abandonnée pendant deux minutes à la température du laboratoire + 18°.

Ensuite on procède à la lecture des résultats, de la façon suivante :

La plaque est glissée sur la partie supérieure d’une caisse en bois, fermée de toutes parts, sauf à sa partie supérieure, où vient s'appliquer la plaque; l’intérieur est peint en noir très mat et est pourvu d’un dispositif d'éclairage composé de deux lampes de 75 ou 100 watts.

Les lampes sont placées latéralement, et grâce à deux écrans à leur partie inférieure, le fond de la caisse est laissé en noir, tandis que la plaque est éclairée par des rayons très obliques.

De cette façon, les émulsions bactériennes contenues dans les cupules tranchent très nettement sur le fond noir sous-jacent.

Les réactions positives se caractérisent de la façon suivante : Les sérums fortement agglutinants provoquent une agglomération très nette des bactéries en

gros flocons blanchôtres très visibles à l'œil nu. D’autres réactions moins prononcées présentent un précipité plus fin. Il arrive même que l’agglutination soit très fine. En cas de doute, on peut examiner à la loupe et si on constate la présence d’un précipité même très fin, mais uniformément réparti, on déclarera la réaction positive.

La lecture de cette réaction est très sûre.

La répétition de l’examen d’un même sérum donne toujours des résultats identiques.

Les sérums d'animaux indemnes d'infection ne provoquent aucune modification de l’émulsion bactérienne qui reste parfaitement homogène. Les réactions douteuses sont peu nombreuses, du fait de la rapidité de la réaction et du bref séjour à l’étuve on supprime toute possibilité de développement des germes banaux, de sorte que l’écueil des fausses agglutinations qui gênent surtout l'observation à l’agglutinoscope est supprimé. Enfin le diagnostic est acquis avec promptitude, sans que la réaction ne nécessite un matériel considérable ou ne coûte un temps précieux. En se reportant au tableau général dressé à la fin de cet ouvrage, on se rend compte aisément que les résultats obtenus concordent d’une façon générale avec ceux obtenus par la méthode lente, et même que certains sont plus nets avec la méthode rapide.

Nous ne considérons comme positifs dans la méthode lente que les sujets qui réagissent au 1/100. Car au 1/50 et à plus forte raison au 1/25 trop de sujets

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réagissent (analogie avec le sero-diagnostic dans le cas de suspicion de tuberculose chez le chien).

La méthode rapide est par conséquent d’une très grande efficacité.

On lui a reproché cependant de fournir un nombre de réactions positives trop élevé par rapport à l’agglutination lente.

Nous avons pu contrôler à Alfort que toutes les fois que l’agglutinoscope n'avait rien révélé à l'examen rapide, il décelait des agglomérats à un examen plus minutieux et que par conséquent la méthode rapide est plus sensible que la méthode lente.

Le professeur MiEessxer et le docteur BERGE ont signalé qu'un certain nombre de réactions sont difficiles à interpréter lorsque les sérums ne sont plus frais ou qu'ils sont hémolysés.

A l'avis de LEYNEN et Wizems et au nôtre, seule la présence des globules rouges, due à une centrifugation insuffisante, est susceptible de fausser les résultats.

LeyNen et Wizcems l'ont d’ailleurs démontré, en contrifugeant à fond; les résultats qu'ils ont obtenus sont identiques à ceux obtenus à partir d’un sérum frais.

Cependant, nous devons aussi signaler que nous n'avons pas vérifié s’il se produisait, comme cela est probable, de fausses agglutinations dues aux graisses ou protéines, comme l’a signalé Marnews.

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IT. — L'hémo-agglutination

C'est en 1929 que BunyxEA, Hazz et DorserT, en Amérique, préconisent l’agglutination rapide à la goutte de sang.

En 1931, « la Conférence européenne sur les maladies des volailles », siégeant à Berlin, discuta de la valeur de cette nouvelle méthode. Tous les auteurs sont d'accord pour lui reconnaître une certaine valeur diagnostic, mais tous sont convaincus que la meilleure des méthodes, celle qui doit rester la seule méthode de diagnostic du vétérinaire, est la séro-agglutination lente.

Beck, qui emploie l’hémo-agglutination, se sert d’antigène qu'il fabrique et d'’antigène fabriqué à l'Institut d'hygiène. Les résultats obtenus sont différents.

M" D’ Von Borxsrepr obtient des résultats analogues.

Sans aller plus loin dans cet ordre d'idées, il convient de signaler dès maintenant la composition d’un antigène dont les réactions se rapprochent de celles obtenues avec la séro-agglutination lente.

Voici la composition de l’antigène qui nous à servi dans nos expériences et l’on peut constater sur le tableau inclus dans cet ouvrage qu'il nous a pleinement satisfait dans nos recherches.

A partir de 4 souches de Bacterium Pullorum prises différemment et d’un pouvoir agglutinant marqué, ensemencées sur gelose ordinaire, en boîtes de

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Roux laissées 48 heures à l’étuve à 38°. Elles sont ensuite lavées au moyen de la solution suivante :

Chlorure de sodium...... 12 gr.

Acide phénique .......... 0 gr. 5 Padistie 5 0,4. 100 gr.

On laisse en contact quelques minutes puis on agite légèrement et on recueille l’émulsion. La dilution est opérée avec la même solution solide, jusqu'à l'obtention d’une émulsion laiteuse riche en germes.

Jusqu'ici aucune différence dans la préparation de l’antigène avec la préparation de l’antigène pour séro-agglutination rapide. A 100 cmc. d’antigène ainsi préparé on ajoute 8 à 10 cmc. d’une solution de cristal violet à 1 pour 100.

On agite pour opérer un mélange intime et on porte à la glacière pendant 24 heures à +3°. On filtre ensuite sur une très mince couche d'ouate hydrophile pour obtenir une émulsion homogène sans dépôt.

L'antigène est ainsi prêt pour l'emploi.

Pour cette méthode, le matériel est peu coûteux et voici comment nous avons opéré chez M. le Marquis de VivzELLEs, à Dagny (Seine-et-Marne), avec l’aide de mon collaborateur et ami M. Ducnawp, de l'Ecole d’Alfort.

Après avoir contrôlé la valeur de notre antigène à l'Ecole même, sur des sujets que nous savions infectés et sur d’autres que nous savions indemnes et constaté sa parfaite sensibilité, nous avons, le 25 mars 1933, commencé par faire une prise de sang à chaque

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sujet en vue d’une séro-agglutination lente et d’une séro-agglutination rapide.

Ensuite nous avons procédé à l’hémo-agglutination de la façon suivante :

Sur une table, en plein air, et devant chaque poulailler ,nous avons disposé une feuille de papier blanc recouverte d'une rangée de lames-porte-objets bien essuyées préalablement.

À proximité, le flacon d’antigène, une boîte de lames, un essuie-main, un cristalhisoir contenant 2 litres d'eau distillée.

Pendant qu'un aide prenait les volailles et les présentait à mon collaborateur, je disposais au milieu d'une lamelle sur la feuille de papier faisant fond blanc, à l’aide d’un agitateur effilé une goutte d’antigène coloré. À l’aide d’un bistouri, une légère blessure pratiquée à la crête nous fournissait une goutte de sang que je recueillais sur le coin d’une lamelle préalablement essuyée après avoir été plongée dans le cristallisoir.

Je mélangeais ensuite cette goutte de sang à ma goutte d’antigène et deux minutes après je pouvais lire le résultat.

La précaution à prendre est de bien mélanger sang et antigène sur la lamelle.

L'avantage de cette façon d'opérer est de pouvoir lire encore une demi-heure après le résultat de la réaction, car les lamelles restent en place jusqu’à ce que le diagnostic soit entièrement posé à la suite de la lecture de la réaction et ce n’est pas négligeable

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