IV. — La pullorination
La pullorination est une méthode semblable à la tuberculination qui est employée pour le diagnostic des animaux tuberculeux. Elle utilise une pullorine analogue à la tuberculine.
Cette méthode est due à Warp et GALLAGHER qui l’employèrent pour la première fois en 1917. Ces auteurs emploient une culture vieille de un mois, tuée par addition de phénol et gardée plusieurs semaines avant d’être employée.
Ils injectent cette culture dans l'épaisseur du bar-
Ne
billon. Un gonflement se produit après trente heures en cas de réaction positive.
Au point de vue de la technique, l'injection se fait dans la partie basse du barbillon. On se sert d'une seringue de Pravaz de 1 emc., graduée au 1/10°, et des aiguilles pour injection intra-dermique. Le sujet est présenté par un aide qui lui maintient solidement les ailes et les pattes. L'opérateur prend délicatement le barbillon entre le pouce et l'index de la main gauches et. le pouce et le médius de la main droite tenant le corps de la seringue armée de l'aiguille, on fait pénétrer celle-ci dans le barbillon.
L'index appuyant sur le piston on injecte alors 1/10° de cmc. de pullorine.
Gasse, LesBouyriès et RixsarD recommandent chaudement cette méthode et, disent-ils : « La réaction chez les infectés doit être examinée vers la 36° heure. Le barbillon est alors œdémateux avec un aspect en pendeloque, l'œdème est tantôt volumineux, tantôt léger, tantôt chaud et tantôt froid. La réaction, parfois appréciable à la seule vue, ne l’est, d’autres fois, qu'avec l’aide du toucher. En cas de doute une comparaison avec le barbillon non injecté permettra généralement de décider si la réaction est positive.
Si le doute persiste, ce qui est extrêmement rare, le sujet sera mis à part et une nouvelle pullorination sera faite quelques jours après dans le barbillon jusqu'alors respecté.
Tout œdème, même léger, doit être considéré comme une réaction positive. Cela est absolument né-
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cessaire pour la sûreté de la méthode. Nécessaire aussi est le renouvellement trois fois par an du test. - La pullorination partage ce besoin avec la séro-agglutination et pour les mêmes raisons que celle-ci. »
Les résultats obtenus par Gasse au domaine de Samoreau, nous ayant quelque peu conquis, nous avons fait plusieurs pullorinations à l'Ecole d’Alfort et une pullorination générale au domaine du Marquis de ViNzELLES, à la Malgagne, et nous devons dire que nous ne sommes pas tout à fait d'accord avec cet auteur, car nous avons obtenu des résultats qui, comparés avec ceux des autres méthodes, ne sont pas en faveur de la pullorination. Il suffit de consulter notre tableau pour être convaincu des divergences évidentes apportées par la pullorine.
Cependant nous devons, en toute sincérité, avouer que nous avons opéré en partie sur un matériel chez lequel l'injection intra-dermique était peu facile. En effet, la race Wyandote qui compose une grande partie de l’élevage de la Malgagne, à Dagny, a un barbillon peu développé et il s'ensuit que la réaction est beaucoup moins nette lorsqu'elle existe que sur une Leghorne par exemple dont le barbillon est volumineux.
De plus, les résultats obtenus par Gasse, d’après l'avis de MM. LesBouyriEs et RiNJARD, seraient dus à l'emploi d’une auto-pullorine, ainsi les divergences que nous avons constatées seraient dues aussi à l’emploi de la stock-pullorine que nous avons employée.