Cf. Norden, p
aO TATIEN — Li: DISCOURS AUX GRIXS
et longueur approxiniati vemrnl égale des y,(i)Xa, est encore un artifice que Talien a appris à l'école des rhéteurs ^ C'est aussi par un artifice du même genre qu'il se met en scène avec complaisance', ou (|u'il apostrophe un interlocuteur fictif^. Les passages nomhreux où il prend ce ton ne peuvent pas être invoqués sûrement comme la preuve que nous nous trouvons en présence d'un véritable discours. Ils peuvent n'être qu'un procédé oratoire, propre h piquer l'attention, et ils s'expliquent d'autant plus simplement que le dialogue avec un interlocuteur fictif est même la figure usitée entre toutes par les moralistes stoïciens ou cyniques, dans la !'.aTp'.6vî, dont Tatien dépend — nous le verrons en étudiant ses sources — non moins certainement que de l'éloquence sophistique. Du reste, en ce qui concerne la forme, c'est à la cia- Aîç'.ç ou à la ij.îXsTr^ que Tatien se rattache directement, plutôt qu'à la Q'.x'piS'fi, et l'on ne retrouve pas chez lui, en particulier, une forme qui est en quelque sorte caractéristique de celle-ci : l'objection que l'on s'adresse à soi-même, en la prêtant à un adversaire imaginaire, et en l'introduisant *^ par cpr^ai.
Le vocabulaire et la svntaxe de Tatien mériteraient une étude détaillée ; il serait bien désirable, pour lui comme pour Justin, que l'on possédât un index bien fait et complet, donnant le relevé non pas seulement comme celui de Schwartz, des mots les plus importants ou les plus obscurs, mais de toutes les particularités grammaticales notables. Ce travail, qui serait fort utile, ne serait pas très considérable, le Abyoq n'ayant qu'une cinquantaine de pages. Je dois me borner à quelques indications générales qui puissent contribuer à déterminer quelle place occupait à peu près Tatien dans le monde littéraire de son temps.
Un écrivain aussi amoureux de l'effet, qui se plaît comme lui à user des artifices mis à la mode par la rhétorique et la sophistique, qui recherche les alliances de mots nouvelles, les images hardies, les rythmes expressifs, qui, dans la construction de la phrase autant que dans l'expression, a du dégoût pour la simpli-
1. P. 28, 1. 8, Ti -/.aTc/cTc ax.c'jr) TcXTOv.xi, TSXTaivs-.v [J.r] Y'.yvtocjxovTc; ; xt "kôyouç, È-avaiOci'jOc, Tôiv ipyoïv u.a/pàv à'^c'jTWTc; ; cl ailleurs.
2. P. ^, 1. 6, PcXw xa'i T/;v <î>£pcx'joo'j; ypao^oyiav.. . P. 6, 4» >'-3cî yàp aùtô; âyô) XxXo) ; p. 9, 27, èraivû 'jt vuv, w AacpvT]... Comparer à ces tours oratoires la simplicité avec laquelle Justin se met lui-même en scène.
3. P. II, 2, 0côg, £',;:£ txoi, ... p. 21, 22, ôpu;, elizd [xo'...., p 9, il, jJLapTuprJaei [xoi v'jv "EXcuaiç... Ibid., 1. 19, Xeys'rto [j.ot vùv ô lxat7)PdXoç...