r:âvj 'jiÀtaTOv (3, 2), 7:avu ttÀîîou; (4, i), etc
2. Tatien em[jloie •xh yas (répété fastidieusement au ch. 11), oOsv, oï, ts, vuv Se, vip, [jlÈv ouv, î'.Ta, x.aî yap, ot'-.o-j, ax: 'j.r|T'.y3, yx'. aXÀto; ok, /al aXÀ' ouôc', xal os, y.x: a:a, yo-jv, TOiyapoJv. — D'autre pari, nous avons vu qu'il aime rasyndète et même en abuse.
RECHERCHES 3i
qu'il est incorporel, àîjwjxaTOç, n'est pas bon, mais s'explique cependant par l'antithèse (à'vOpo)-cç sa C7âp;, i6, 22), pour le plaisir de laquelle Tatien n'est pas seul à faire violence h Tusar^e ; ïrJ,- [j^oyOc; ne nous est connu qu'au sensde/>>é/?/^/e^ partoutailleurs (jue chez Tatien qui lui prête le sens de patient. Schwartz critique l'expression toT; TreasoTç àOjps'.v (10, 7), parce qu'àOjps'.v aurait la nuance de sens \ pueriliter ludere, non pas simplement : ludere\ mais y a-t-il une si grande dilFérence entre l'emploi qu'en fait Tatien, et celui qu'en avait fait par exemple Apollonius de Rhodes (iv, Qiyj, qui nous a dit, de jeunes filles jouant h la balle : c^a^p-/) àOjpojsiv ? àTï'.ço'.T-j^jôiç àc7TÉpwv 28, i), parait bien être une locution impropre, quoique intelligible; l'expression eçapTJs'.vTovTuo/cp.ûv Twv Yp^l^'l^'^'wv (28, i5) que Schwartz blâme parce que le verbe è^apTjeiv est pris au sens de susciter, faire naître la guerre, tandis qu'il signifie proprement préparer, peut être excusée par l'exemple d'une locution comme celle-ci {^uriT^'iàe, Héraclides , Aiq): £'. oà Zr^ z^xziù iboz, — c'r/.sioç r^r^ 7:b\t\xzz à^apT'Jtiai.
Par contre telle autre expression que Schwartz n'a pas notée n'est pas irréprochable ; ainsi 27, i2,t{^£uûo[;.aprjp£ç ci lueTuaiâeuixévoi -'(z^frioi.it^ où 7:s7:a'.Ocu;ji<=vc'. = vous à qui on a fait accroire (que nous commettons des meurtres rituels), est fort étrange ; '::paY[xaTEj£(j6at È-ava^Tajs'.; y.r/.CKpayia; '3o, 2) mot h mot : provoquer des manifestations de méchanceté, s'explique par l'emploi que Tatien a fait dans la ligne précédente du verbe £7uavatp£Ta0a'-, mais est un emploi abusif du substantif £7uavà(7Ta(Tiç. Dans d'autres cas l'interprétation qu'il faut donner de tel ou tel terme est bien obscure. Comment faut-il comprendre le mot àvaG£7'.ç dans l'expression Sù-i jj'.6A(a)v ai àvaÔcJ£i; ? (27, 21). Le sens parait être celui d's/,0£7'.ç (Otto: librorum vestrorum pertractationes). Faudrait-il lire àvitOécciç (contradictions P)! i3. i3, si (aï ÔEioiaïai £p[AYJV£La'.) ai /.aià 7pGV0v âià Ypaç^ç £^£AY)A£Y[jiva'. signifie vraiment : diçina oracula tempore procedente litteris consignata (Otto), eçeAeyxw est assez impropre.
En somme Tatien est loin d'être irréprochable ; il pèche tantôt par négligence, tantôt par affectation, tantôt parce que, comme beaucoup de ses contemporains, il emprunte, un peu de toutes mains, des expressions classiques qu'il déforme en les détachant du contexte. Mais ce serait le prendre trop facilement au mot que de voir en lui un Barbare. Comme Tertullien, quoique avec infiniment moins d'originalité, c'est un écrivain prétentieux, mais habile. L'étude de sa syntaxe le montrerait comme celle de son
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vocabulaire, peut-être mieux encore. Les fautes qu'il commet sont de celles qui en son temps étaient à peu près inévitables pour tout écrivain qui ne se piquait pas de purisme. Ainsi certaines confusions dans l'emploi des temps; le parfait employé au lieu de Taoriste ^vsvcviTwv, 3, 28. -:£TL;ao)pYjxaTS, 28, 26. vAyj.r,zxi, II, 2) ; parfois dans l'emploi des modes : 7, 5. Osbç... ctî ^zùhi'x'.... à-îy.aTaTTr,j£'., pour cTav gsjXrîTa'. ; peut-être de même, 16, 22; £'. avec un subjonctif: £-. y.àv w; vas; fi (^ P. ^t M. V. Schwartz, ûr,^). Je ne parle pas d'irrégularités plus vénielles, comme celles qui consistent dans l'emploi de l'infinitif au lieu du participe, avec les verbes signifiant montrer (3, if\, etc. "),ou dans la confusion de cj et de jxr^.^Ce qui surprend souvent h bon droit dans la phrase de Tatien, outre certaines singularités d'expression, c'est moins l'irrégularité de la syntaxe que l'arrangement bizarre des mots. J'ai déjà parlé de certaines hyperbates qui s'expliquent par le rythme ou le désir d'éviter l'hiatus, et j'ai dit à ce propos que, néanmoins, Tatien avait le goût de l'hyperbate pour elle-même. Il peut être dit un mot ici de la fréquence d'une construction particulière qui apparaît sans cesse dans le Asyc; sans être toujours justifiée par le sens. Tatien sait parfaitement, quand il veut, se conformer aux règles classiques sur la place que doit occuper l'article relativement au substantif et aux diverses déterminations qui l'accompagnent, et il écrira très régulièrement : tyjv c-à Ypa;j.;j.âT03v zy.'.ztly^t [1, 8), al 7:ap' A'.y'j-Tic'.çTwv ;(p6va)v àvaypaçiai (i. 12), r^Ylt^ZLsy) r.z-i •^Ya(7a;j.£vr< Y'jvr^ (i, i5), ou bien tw zvsjy.aT'. tw ày'w (16, 5). Mais à chaque instant, quelquefois parce que la nuance du sens est mieux rendue, le plus souvent sans que cette raison intervienne, il place d'abord le substantif sans article, pour le faire suivre de l'article et de l'épithète ou du complément : 0£bç c y.aô' r^iJ.a; (4, 29) se justifie^, mais 0Y;;j/.c'jpY''av t^v 'j-;:' aÙTcO Yî^cvr; [j.évr// (5, 7) devrait être régulièrement -:y;v Jz' ajTCj ^(t^(err,[).érq'i or^\)^o'JpyioL'f ; on
1 . Il ne me paraît nullement sûr qu'il faille accepter la correction de Schwartz. La construction v. avec le subjonctif n'est pas évitée, au 11^ siècle, même par un aussi bon écrivain que Lucien (cf. les exemples donnés par Jannaris, an Historical greek gianiniar § 199)- — Noter peut-èlre aussi àv et le futur, 2 2,3 (c'est la leçon des mss, corrigée par SchAvartz en /.av).
2. Au contraire, Tatien emploie régulièrement le participe avec les verbes qui signifient voir (12, 28, 26, 16, 2^, 21, 29, 28, etc.).
3. De même le sujet pluriel neutre est tantôt suivi du singulier, tantôt du pluriel. !i. De même, 5, 10, 7iv£'j{xa yàp, -ô o-.à tt;; ulr^; oif;-/.ov, par opposition à toù"
OîioTc'pouTTvî'jaatoç, plus bas. 16, 6, '^u/t^ [J-îv o-Jvfj twv àvGpoj-cDv, et d'autres exemples.
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peut aussi comprendre \'z^(zz b Èzcjpav'.cç, 7, 6, mais il n'y a aucun motif d'écrire 19, 12, spa/.(.)v 5 [AjTT'./.i; ; 10, i3, 7,j(,)v c Tqq 'IIp'.- YÔvr;; ; 10, i/i, jy.opKb; 6 r^; 'ApTi;j.'.co; (îic'/;Oi^ ; 11, 25, -(hzza tyjv •/.aO £'.;xapy.£V/;v ; 22, 11, Tr-rÉpw'u yip •/; t^; 'i^jyr^ç ; 28, i, TrvsùiJ-a to cjpav'.cv ; 20, 2^, Ôôirr;; r^ 7,aO' j-j-aç ; 33, Xd^cu yàp tcj o-/;[xc::{c'j, etc. En général c'est au début de la phrase qu'il s'exprime ainsi : et il cherche à donner plus de reliefàce début en y plaçant en vedette le substantif; mais ce n'est pas toujours le cas non plus, et aucune cause particulière n'explique ailleurs cette tournure pour laquelle il a une prédilection marquée.
Ainsi, malgré trop d'afTectation souvent, trop de négligence quelquefois, Tatien n'est ni un ignorant, ni un écrivain maladroit. Il a cependant certaines singularités d'expression ou de tour qui déconcertent. Mais plutôt encore qu'en ces caractères particuliers de son vocabulaire et de son style, la véritable cause des difficultés qu'il ne nous ménage pas assez est dans ce que la composition a chez lui de décousu et d'arbitraire. Trop souvent la suite d'un développement a pour règle, plutôt que la logique, de brusques associations d'idées ou d'images qui s'évoquent les unes les autres dans un cerveau tumultueux \ Quelques efforts qu'ait faits surtout Kukula pour laver Tatien du reproche qu'on lui a si souvent adressé de mal composer, ce défaut est indéniable. On en pourrait donner bien des exemples caractéristiques. En voici un, pris à peu près au hasard. Analysons le ch. xxvii ; je mettrai entre parenthèses les idées intermédiaires que nous sommes obligés de suppléer. Tatien vient de parler des atticistes(fin dexxvi). Il conclut en disant aux païens : ce Si vous tenez à ces subtilités, pourquoi ne tolérez-vous pas mes croyances ? (Ces croyances sont innocentes). Mais vous nous condamnez sur le nom seul de chrétien. (Vous avez cependant épargné d'autres impies). Ainsi Diagoras^, Léon, Apion. (Ces impies d'ailleurs avaient raison) ; car vos dieux ne sont rien \ Aussi ne renierai-je pas ma foi; je ne suis pas un
1. B^aut- il reconnaître dans ces sautes brusques d'idées la mobilité d'une imagition orientale, la marque d'une origine assyrienne ? C'est par exemple l'opinion de Ponschab. (VA. suprà, p. 23.) G est ce qu'il est difficile d'affirmer comme de nier.
2. De plus, dans la phrase où Diagoras est mentionné, s'il ne faut rien corriger, et lire tcTctxwpT^xaTc (Maran cependant corrige en écrivant T£T'.;j.r]xaTc), le membre de phrase sur le châtiment de Diagoras est une parenthèse non seulement inutile, mais qui va contre le sens général.
3. Ici la transition est particulièrement abrupte. J'ai résumé le texte de la façon la plus concise, parce qu'une partie du détail (le membre de phrase sur Epicure) est tout ce qu'il y a de plus obscur.
xvir. — Le discours de Tatien. 3
',\\ TATn:> — LH niscoins al\ grkcs
lâche. » Suivent des exemples d'erreurs commises par les païens : allusion à la théorie d'Anaxagore sur le soleil, à la théorie d'Ilérodore sur une terre supérieure. Enfin, pour conclure le développement, nouvelle airirmation de l'inutilité de toutes les sciences profanes et de Tatticisme. — Evidemment toutes ces idées, prises une a une, sont parfaitement à leur place dans cette partie du Discours, qui est celle où la polémique domine. ^lais quelle contusion dans l'ensemble, si l'on ne se donne pas la peine de rétablir les transitions nécessaires, presque partout supprimées! Je crains donc que ce ne soit aussi une entreprise quelque peu chimérique que d'essayer de montrer dans la composition générale du Discours un plan régulier, quand on ne saurait trouver dans un seul chapitre peut-être une suite entièrement satisfaisante. Nous avons constaté que Tatien, qui avait été sophiste, savait écrire, et s'y appliquait encore, môme après sa conversion. Mais la composition n'a jamais été le fort des sophistes, surtout de ceux de l'école à laquelle il nous a paru se rattacher; préoccupés de Teffet, du morceau brillant, du trait, ils ne pouvaient avoir le souci de donner h leurs œuvres l'unité, l'harmonie, qui naissent d'une idée directrice partout présente et d'une relation organique des parties. Devenu chrétien, ce n'est pas à l'école de Justin que Tatien pouvait prendre l'habitude d'une composition serrée ; car il n'y a rien de plus confus que les Apo/oiiies, si ce n'est le Dialogue. Les grandes divisions du Discours, telles qu'elles ont été indiquées par llarnack, d'après Dembowski, seraient: i« une introduction; 2° une partie dogmatique (v-xix, exposé (incomplet) des doctrines chrétiennes, dont le début est très nettement indiqué parla fin du chapitre iv : oasptoTcpcv cà èy.OYi jo;j.a' Ta r^\)À'tzx; la fin me paraît indiquée par le début du chapitre xix: 'IV^; c'a TCJTojv c>/. È'ycvTô;TY;v7.aTâAr/V.v); 3'une partie de polémique(xix-xxxi) qui se termine parle récit de la conversion de l'auteur fch. xxix et xxx) ; 4" la démonstration de l'antériorité des doctrines judéo-chrétiennes par rapport h celles des autres peuples, ou Vargument chronoloi^ique. Mais il est certain que ce plan n'en est pas un, car les deux parties constructives, qui devraient être étroitement liées, sont séparées mal à propos par la partie de polémique destructive; et il est encore certain que ce plan n'est qu'imparfaitement suivi, car en réalité la polémique ne se borne pas à remplir la 3' partie, elle pénètre toutes les autres; elle est partout. En sorte que l'on pourrait être tenté de donner raison à Kukula, tant qu'il se borne à distinguer entre l'exorde, le corps
du discours et la péroraison, s'il n'avait essayé en même temps, avec infiniment d'ingéniosité — trop d'ingéniosité — de subdiviser le corps du discours en deux parties très nettes, ellesmêmes très régulièrement subdivisées en deux, d'y faire apparaître une Proposilio, une Confirma tio^ une Refutalio, une Dli^roisio, en un mot de faire de Tatien un élève conscient et docile d'IIermagoras'. Mais pour admettre que le morceau, fort mal désigné — je l'accorde à Kukula — par le nom de Catalogue des Arllstes^ qui est devenu usuel en Allemagne (xxxii-xxxv), soit à la place qu'il occupe, non pas parce que l'auteur s'est trop peu soucié d'une composition régulière, mais au contraire par l'effet d'un adroit artifice, pour se laisser persuader qu'il joue là le rôle de la TraprAoaji; qu'llermagoras (selon Cicéron, de Inv., i, 5i, 97) recommandait d'insérer avant la conclusion, et qui devait contenir « aut sui laudeni aut adversai^ii <^itupevationem^ m il faudrait, je crois, constater, dans l'ensemble de l'œuvre, plus d'habileté à agencer les parties. Et, s'il était vrai que Tatien, qui n'ignorait pas la rhétorique, eût songé à en appliquer particulièrement ce précepte, on devrait nous accorder du reste que dans l'exécution il a eu la main bien lourde et bien gauche; car il n'avait nul besoin en aucun cas% de commencer sa démonstration de l'ancienneté de Moïse au chapitre xxxi, pour l'interrompre bruscjuement avec le chapitre xxxii. Mais les mots par lesquels il revient h son sujet dans le milieu du chapitre xxxv : oià oà xo y.aTcKîTYCv ty;^ £;y;Yy^!7£a)^ OzspOit/svîç, sont sans doute plutôt de ceux par lesquels on excuse une négligence que de ceux par lesquels on souligne un artifice.
Les défauts et les qualités du discours de Tatien, considéré comme œuvre littéraire, en tant qu'ils ne sont point l'effet naturel du tempérament passionné de l'auteur, de son imagination ardente, s'expliquent donc les uns comme les autres, en proportions à peu près égales, par l'influence du christianisme et celle de la sophistique. Du christianisme vient — avec l'éloquence sincère, l'élévation et l'émotion, qu'on y rencontre parfois —