Altershe^veis, etc., p
2. C'est de plus par une véritable subtilité que Kukula (/. c*.) prétend faire de l'argument chronologique et de l'énumération des statues les deux faces d'un même raisonnement. — Daniel et Kalkmann Çl. c.) avaient déjà essayé d'expliquer les défauts de composition chez Tatien par les habitudes de composition défectueuse des sophistes ; en ce sens, et si on ne précise pas davantage, la remarque, comme jelai dit, n'est pas sans justesse.
une certaine indifVérencc pour le jini^ dans la composition comme dans l'expression ; indillérence beaucoup moins marquée chez Tatien que chez beaucoup d'autres, mais sensible cependant. De la sophistique viennent, avec la recherche du trait, de la formule pittoresque, du rythme et du mouvement, un goût fort douteux et outrancier, les disparates et les bigarrures d'une langue mêlée d'éléments de toutes sortes. La distance est énorme entre cette rhétorique presque continue et la simplicité de Justin^ qui ne s'élève à l'éloquence qu'à force de sincérité et de conviction. Et pourtant il ne paraît y avoir encore chez Tatien, à aucun degré, l'idée, — qui ne se fera jour qu'au iv^ siècle — que le christianisme doit avoir son art, sa littérature, s'approprier, en les renouvelant, les formes classiques. L'art réel qui apparaît chez lui n'est pas à proprement parler conscient et voulu; c'est bien plutôt un legs du passé, une survivance inévitable de sa vie païenne et de son éducation sophistique.
I. Je parle du Justin des Apologies ; celui du Dialogue est parfois moins simple.