Cf. suprà, p
2. Je reconnais que de ces deux hypothèses la première seule, ici, est vraisemblable, parce que le Catalogue des statues ne peut pas être un morceau improvisé ; Tatien l'a, dans ses notes, tout préparé ; et il faut qu'il lui fasse un sort ; mais il ne sait où le placer ; il le place comme il peut, c'est-à-dire très mal, — Voir dans ces chapitres une addition postérieure à la première rédaction de l'ensemble est une hypothèse qui a pu venir à l'esprit ; mais nous n'avons aucun autre indice que le Discours ait eu deux éditions successives.
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suite de ses développements se montre bien mieux encore, quand, sans plus de façon, de l'idée que les chrétiens évitent au contraire l'incertitude des opinions humaines, il passe tout droit à celle-ci que chez eux, on ne fait aucune distinction d âge, ni de sexe. Il est conduit ainsi, on le voit, à réfuter les criticjues que les païens adressaient aux chrétiens, quand ils leur reprochaient de faire une trop grande place aux femmes dans leur communauté, et les accusations d immoralité où cette polémique venait naturellement aboutir. Mais la réfutation proprement dite des légendes calomnieuses qui couraient chez les païens sur les chrétiens est plus que réduite au minimum dans le Discoin^s ; on peut dire qu elle en est presque absente, et c'en est un des caractères les plus notables. 1 atien n'aime pas la défensive ; il ne sait se défendre qu en attaquant l'adversaire et en lui portant les plus rudes coups. Deux ou trois phrases semées au courant de son développement lui sufliront pour aOirmer l'innocence des vierges et des veuves chrétiennes. Mais lonouement. en accumulant les exempies topiques, il démontrera par contre que les païens n'ont pas su honorer la femme, qu'ils n'ont glorifié en elle que ses faiblesses ou ses vices. Et c'est pour le prouver qu'il énumérera les statues élevées à des courtisanes ou à des poétesses immorales. Le sens de tout ce morceau est donc bien — Kukula a raison sur ce point — d'opposer à la corruption de la civilisation païenne la pureté de l'Eglise chrétienne. Mais combien peu naturel est le tour que Tatien a donné h son argumentation ! Il est aussi surprenant en lui-même que la place occupée par ce développement est peu légitime. La vraie réponse à faire aux païens, Justin l'avait déjà faite, avec autant de simplicité qu il y a chez Tatien d'artifice ; c'était cette admirable peinture de la vie chrétienne qui remplit la dernière partie de la i^*" Apologie. Pourquoi Tatien ne La-t-il pas imité ? Parce qu'il préférait l'offensive à la défensive ; qu'il se préoccupait avant tout de couvrir ses adversaires de ridicule ; sans doute aussi précisément parce qu'il ne voulait pas imiter ; parce que de parti-pris il cherchait la nouveauté. J'essaierai de montrer, par d'autres exemples, que certaines singularités du Discours de Tatien, l absence, ou, dans d'autres cas, lextrème brièveté de certains développements qu'on s'attendrait a v trouver, ou à v trouver plus importants, et qui sont en réalité des éléments essentiels de toute Apologie, s'expliquent non pas seulement parce que le Discours n'est pas proprement une Apologie, comme celle de Justin ou d'Aristide, mais