‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 31 sur 90 · Cf. p. i52, note i, et p. i53, note · texte numérisé non relu

Cf. p. i52, note i, et p. i53, note

5.0n peut aussi y ajouter celle de Corinne, identifiée par M S Reinacl, Ct p. IDI, note 1. ^ iieinaui. ui.

52 TATIEN Li: DISCOURS AUX GRECS

sujets cju'il mentionne n'est pas non plus h elle seule un motif de suspicion. Car il faut éviter une confusion contre laquelle Kukula a eu laison de mettre en garde, Tatien parle de femmes à qui il est arrivé d'étranges aventures ; mais il ne dit nullement que les sculpteurs qui firent leur efïigie avaient représenté ces aventures ; il s étonne seulement qu'on ait songé à conserver la mémoire de celles qui en furent les héroïnes et qu'on les ait coulées en bronzeV En somme, il n'y a d'autre raison // priori d être en défiance que celle-ci : Tatien n'était pas homme du métier, il n'était pas critique d'art ; rien du moins ne nous incline à le croire ; et ce n'est pas par un intérêt scientifique, mais par une intention de polémique qu'il a été conduit à introduire dans son Discours cette énuinération. Reconnaissons donc que s'il a commis des erreurs, il n'y aura pas lieu d'en être trop surpris. Mais ces erreurs doivent être prouvées. Refuser a priori tout crédit à ses assertions serait aussi excessif que lui accorder sans contrôle une confiance aveugle.

Que faut-il penser de l'affirmation de Tatien, quand il proclame que tout ce qu'il vient de nous apprendre, il le sait par expérience personnelle : « Je n'ai pas appris d'un autre les choses que je viens de vous exposer, mais j'ai parcouru beaucoup de pays, j'ai enseigné vos doctrines, je me suis mis au courant de beaucoup d'arts et d'inventions, j'ai séjourné en dernier lieu dans la ville des Romains, et j'y ai vu les diverses statues qui ont été transportées de chez vous chez eux » (commencement du ch. xxxv). A prendre à la lettre ce texte intéressant par la prétention, en somme légitime, que Tatien y atfiche à la polvmathie, il aurait vu de ses yeux toutes les statues dont il parle, et la plupart d'entre elles à Rome ; car peut-être ce dernier point ne doit-il pas s'entendre nécessairement de toutes, puisqu'il parle auparavant de ses nombreux voyages à travers tout l'Empire. J'accorde à Kukula que nous n'avons aucun droit d'accuser Tatien d'insincérité, et Kalkmann du reste a dit expressément (p. 622) qu'il ne

I. Ainsi la phrase : riavTc'j/ioa (ou navvuy'oa ? Cf. Kalkmann, /. c), auXXajx- Çâvouaav i/. oOooiojç EJOu/cpaTr,; àyaXxoupYrjacv est certainement écrite avec gaucherie, et le participe présent pourrait induire en erreur. Mais tout le contexte prouve clairement qu'elle équivaut à ot-. auvcÀaSe (cf. dans la phrase suivante oxi T,x'.rt''.ryt [xÉXav i/.jrjiEv). Je ne suis pas mAmc certain qu'il faille accorder, avec Kukula, au sujet de la statue de Glaukippé, que les mots /.aOcô; osixvua'.v, etc., prouvent que Nicératos avait indiqué {)ar un attribut quelconque que Glaukippé avait enfanté un monstre.

l'accusait d'aucune (( falsification voulue )> (bewusste Fœlschuiig). Peut-être cependant irait-on trop loin si l'on voulait exclure à toute force qu'il se servait, comme aide-mémoire, au moment où il écrivait son discours, de quelque source manuscrite autre que ses propres notes. Si l'on admet — ce qui est d'ailleurs possible — qu'il se fiait uniquement à ses propres souvenirs, c'est alors justement que les chances d'erreur ont pu se multiplier sans qu'on ait le droit de le condamner trop sévèrement.

Page 1