‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 42 sur 90 · Sur Kallistralc, cf. Sûsemihl, I · texte numérisé non relu

Sur Kallistralc, cf. Sûsemihl, I

3. La phrase t:v;: Oc, etc. Cf. commentaire, p. 1^8, note i. !x. Cf. Sûsemihl, II, 664. 668.

5. Bérose a, selon lui. dédié son livre à Antiochus. le troisième successeur d'Alexandre, qui ne peut être qu'Antiochus I^'' Soler ; Eusèbc a corrigé arbilrairoment en Antiochus, le troisième successeur de Scleucus, cest-à-dire Anlioclui? II Théos. Sur Bérose, cf. Siisemilil. t. I, ji. 605-9.

6. Sur Môchos, cf. Siisemihl, I, 483 (note 182) et Mullcr. F. H. G., IV, 438. — Sur Ménandre d'Ephèse, cf. Josèphe contre Apion, 1. XVllI (et Sûsemilil, I, 636).

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l*our rétablir la cliaîiic entre Inaehoset Aganieninon, c'est h-dire entre le temps de Moïse et celui de la guerre de Troie, Tatien énunière la série des rois d'Argos, et il complète sa démonstration en donnant une chronologie attique depuis Ogygos (ch. xxxix). Ici Tatien ne nous indique plus sa source, mais il copie certainement un des chronographes païens qui l'avaient précédé*; il n'avait que l'embarras du choix. Il procède — en petit — comme feront après lui, d'après un plan plus vaste et avec plus de rigueur systématique, Jules Africain et FAisèbe. Il établit ainsi la conclusion qu'il poursuivait : c'est que Moïse est la source où les Grecs ont puisé, {y^pri tw TrpsaSsJovT' v,y-7. tyjv r^ts/loL't tu'.ttejsiv r^Trep ToT; y-z rat^f,; àpjsay.EVc; "EXayjj'.v, ch. xl). Mais il lui vient un repentir, comme il lui arrive si souvent, ce qui explique chez lui tant de défauts de composition. Il a dit au début de son argumentation qu'Homère était le plus ancien des poètes et des historiens grecs ; il craint qu'on ne lui objecte certains noms, comme ceux de Linos, d'Orphée, de Musée, etc., et il cherche à prouver par quelques considérations assez rapides que c'est encore postérieurement à Moïse qu'il faut placer ces personnages légendaires, dont il donne une liste très étrange^, un des témoignages curieux de cette érudition trouble et indigeste qui était celle de son temps, qui était la sienne. C'est encore un scrupule d'exactitude qui le pousse à ajouter en appendice un autre développement sur les Sages, depuis Minos jusqu'à Thaïes.

Malgré ses défauts, cette partie de l'œuvre de Tatien, si louée après lui, conserve le mérite d'être un essai de démonstration, là où Justin s'était contenté d'affirmer. Cependant, n'est-il pas possible que Justin se soit abstenu d'entreprendre la démonstration parce qu'il la considérait comme déjà faite et presque banale? Cela est possible, et il l'est aussi, bien que peu probable, que

1, Quel était ce chronographe ? Il ne nous l'a pas dit, comme Théophile d'Antioche. — Le membre de phrase où il est question da la succession des rois macédoniens, ptolémaïques et antiochlefis, n'a manifestement rien à voir avec le sujet; si manifestement qu'on s'explique mal qu'il ait été interpolé. Peut-être provient-il de Tatien lui-même qui recopie des notes prises rapidement, sans se donner la peine de les revoir de près.

2. La liste contient des noms comme Isatis, Drymon, Euclos qui sont absolument inconnus ; sont-ils altérés.'* Faut-il lire avec Schwartz Bakis pour Isatis .'^ Cela est très incertain ; le nom de Drymon, si le personnage est inconnu, ne paraît pas suspect par lui-même ; le plus suspect des trois est le dernier, les leçons des manuscrits étant très incertaines (ceux d'Eusèbe, EjxXou ou EjkXoj, ceux de Tatien

EÙtX''xAO'j).

8() TATii:^ — m: niscoiiis aux guixs

Tatien ne se soit pas servi uniquement de sources helléniques, mais ait suivi quelque Juif alexandrin, sans le citer. C'était chose courante, en elVet, dans la littérature apolofréii(|ue judéo-alexandrine, de prétendre que les Grecs avaient copié Moïse, et de le démontrer, eu prouvant que celui-ci était bien antérieur à tous leurs écrivains. Les Juifs hellénistes étaient allés si loin dans cette voie, et cette préoccupation les dominait tellement que Tun d'eux, Artapan, voulant à toute force que Moïse eut tout inventé, lui attribuait même l'origine de la religion égyptienne \ Toutes ces recherches ont abouti au premier livre du traité contre Apion, où Josèphe a fait une démonstration très analogue à o^He de Tatien. Mais la comparaison détaillée de Tatien et de Josèphe a déjà été faite avec soin par Dembowski, et, malgré les ressemblances, les différences sont trop importantes pour qu'on puisse penser un instant que Tatien se soit servi de Josèphe. Je résume les observations de Dembowski'; tous deux, Tatien comme Josèphe, promettent de ne se servir que de témoignages païens ; tous deux commencent par établir quTlomère est le plus ancien écrivain grec et qu'il est antérieur à l'invention de l'écriture, enseignée aux (jrecs par Cadmus ; tous deux relèvent les contradictions des historiens grecs, et tous deux font appel au témoignage des Phéniciens, des Egyptiens et des Chaldéens. INIais pour les Phéniciens, Josèphe n'indique pas Môchos, Hypsicrate et Théodote ; pour les Egyptiens, il invoque Manéthon, et non Ptolémée ; pour les Chaldéens, il entre dans des détails plus complets.

On peut donc considérer comme certain que Tatien ne dépend pas de Josèphe. A-t-il suivi quelque autre juif helléniste que nous ignorons? C'est possible, mais ce n'est point sùr"^. Lui-même semble nous dire au chapitre xxxv qu'il ne doit rien à personne: (( Car je n^entreprends pas, me conformant à la coutume, d'appuyer

1. Eusèbe, Pré/). AV., 1\, 27. Jl faut avouer que celte prétention d'Artapan est fort extraordinaire, et on comprend qu'on l'ait expliquée de façons très différentes, qu'on ait conteste par exemple qu' \rta[)an fût juif. 11 est cependant probable qu'il l'était. Cf. Schùrcr, fîeschic/ile des jdcUschen VoUics iin Zcitalter Jesu-Cliiisti, II, p. 735.

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