‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 43 sur 90 · P. 89 et suiv · texte numérisé non relu

P. 89 et suiv

3. Harnack s'est déjà posé cette question, dans le cbapitre ûe V Ueherliefc/nng, consacré à Tatien ; il conclut qu'un emprunt de Tatien à un juif est peu probable, parce que les successeurs de Tatien lui fout toujours honneur de sa chronohi'^ie. L'argument n'est j)as décisif; il suffirait, pour expliquer le succès qui accueillit l'étude chronologique de Tatien, que celle-ci fût une nouveauté chez les chrétiens.

mes opinions par celles d'autrui ; tout ce dont j'ai acquis la compréhension moi-même, voilà ce dont je veux composer la rédaction. » Cette phrase suit directement le calalo^ae des statues et le vise plus particulièrement. Cependant elle est conçue en termes assez généraux pour s'appliquer aussi aux chapitres qui suivent et qui contiennent V argument chronologique, et même à l'ensemble du Discours. En ce cas, il est visible qu'on ne pourrait la prendre à la lettre, et je crois avoir suflisamment montré que Tatien dépend très souvent de sources écrites, bien que nous ne puissions d'ordinaire les déterminer exactement. Mais, dans le cas particulier qui nous occupe, on doit laisser ouverte l'hypothèse que Tatien a réuni lui-môme les éléments essentiels de son argumentation. Il n'en est pas moins certain que son originalité n'est pas entière. Il n'a guère pu ignorer, même s'il ne s'est servi d'aucun d'entre eux, que les juifs hellénistes l'avaient déjà précédé dans la tache qu'il allait entreprendre. Nous nous sommes déjà demandé \ à propos de certaines similitudes que présente l'apologétique chrétienne, en sa polémique contre la philosophie ou la littérature grecque, avec l'apologétique judéo-alexandrine, si Tatien avait appris quelque chose à l'école de celle-ci; mais nous n'avons pu en trouver aucune preuve convaincante. Peutêtre, dans les derniers chapitres du Discours que nous étudions en ce moment, y a-t-il un indice qu'il ne l'ignorait pas. Je crois le trouver dans le titre du traité que Tatien (fin du ch. xl) annonce comme étant déjà sur le chantier — il en a tout au moins conçu déjà le plan, — et qui devait, dans son intention, servir de complément à la dernière partie du Discours ; ce titre devait être (nous ne savons même pas si le traité a été en réalité composé plus tard, ou s'il est resté à l'état de projet) : -ûpàç lo^jz, à-Kîç-^va'jivo'j; Sy. xspl Gîoj. Ce qu'il devait contenir est très exactement indiqué par Tatien : xEpt [jiv ouv tyj; xaO '*r;;j.a; -iuoA'.Teia; b'op'Iaç Tî r?;; xaTà toj- Yj'xsTspo'jç v6[;.o'jç cŒa ts £'.p*<5/.ac7'-v 01 Tuapà xoTç 'E/sA'/;7i \'z^(\z\ v.yX r.i^z'. y.xl t''v£ç zhh cl [xv/;y.sv£'j(7avx£;;, âv tw r.fzq 'zohq ci:7cG©Yjva[j.=vo'j^ xi T.ip\ Oecu cEr/OVJTîTau « Tout ce que les savants parmi les Grecs ont dit de notre discipline et de l'histoire selon nos lois, le nombre, le nom de ceux qui en ont traité, je montrerai tout cela dans le traité : r.po: tcjç, etc. » Notre discipline, notre histoire, ce ne peut être évidemment la discipline chrétienne, l'histoire du christianisme au sens étroit du mot. Car quels seraient,

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