Souvenir de V Ep. aux Romains, I
4. Phrase difficile : manuscrit wijTicp 8s tj/u/^ (^Mutinensis et Parisinus ; ']>'J/f], Marcianus) 7:apo)|j.o'.o)o.£vov ; Schwartz : (ors-zp ôà t^ 'jXtj... Wilamowitz: (07-00 oï J^u/rj -rj GXr]... Tatien distingue deux sortes d'esprits, et plus bas, chapitre xii (cf. Recherches, p. 65), il appelle, en général, celui de la seconde catégorie, (Lj/rj, par opposition à l'esprit saint. Ici, il semble que, n'ayant pas encore donné de définition précise, il veuille faire comprendre ce qu'il appelle le Tîvsuaa xo 6ià -fj; jAt]oifjXOv, cette sorte d'âme du monde, par la comparaison avec lame humaine, principe vital du corps. C'est du moins le seul sens qu'on puisse donner au texte, s'il n'est pas altéré ; il l'est peut-être.
5. J'emprunte la traduction (pour le mot d'û-o'jta^'.;) de Mg. Duchesne, Les origines chrétiennes, p. 210.
xvii. — Le discours de Tatien. 8
1 1 'i TAT1E> LE DISCOIRS AUX GRECS
en lui-même toutes choses par le moyen de son Loj^os^ Par la
I. Ci^passaee a ét6, de l'aveu de tous, altt'n' ; il ropondait mal aux théories orthodoxes do répotjue postirieurc (cf. la scholic d'Arélhas qui accuse Tatieii d'arianisme). En rétablir sûrement le texte original est ardu. Toutefois, je crois que Schwarlz. aidé de ^^ ilamowitz, v a réussi en somme assez bien. 11 me paraît certain que dans le i*"* membre de phrase : y.aOo oà -à^a oJva'i.'.; ôsaTfov t; zal àopaTwv auTo; •j-oaTaii; r,v aùv a-jTto ~x ~-xv~x..., il faut supprimer les mots aÙTo; C-o^Ta^c que je considère comme une glose de zaOô -àia ôJva;j.'.;. etc. ; (le glossateur a voulu par le rappel de l'expression de la phrase précédente indiquer le sens), et renoncer à la ponctuation ordinaire qui est celle d'Aréthas, voir la scholie, p. 44-5 de l'édition de Schwartz). cest-à-dire couper le !*=•■ membre de phrase, non après r^v, en réunissant 7JV aÙTw et Ta navra, mais après aJv ajTw. en reliant ta nâvTa à ce qui suit; on obtient ainsi une proposition : xaûô oï -à^a ojvajx'.ç ôsaTojv -ï y.aî àooaTtov r,v c7jv ajTfô, en tant que toute la puissance des choses visibles et in\isibles était avec lui (= en lui), qui s'oppose [larfailement à y.x-x usv T7;v iir/ji-fo ^^i-^-v^r^'iV/r^^^ -o'!r,7'.v, en tant que la création n'avait pas encore eu lieu, dans la phrase précédente. Dans l'autre hypothèse, en écrivant xaOô oi -a-ja oJva-jL'.ç. ôsaTcov -i -/.a-. ào:aT(ov ocjtÔ; uTZf'j'm.'j:; r-i (outre les difficultés que présentera la proposition principale), on ne peut même pas pour la proposition gouvernée par /.aOo obtenir sans peine le sens que propose Harnack, Sofern aber jegliche Kraft in ilim lag, and er selhst dcr Griind (die Ilrpostase) ailes Sichlhnreii iind Unsichtharcn war, et qui est celui que suit (en supprimant la conjonction eC) et en modifiant aussi légèrement la traduction de -àia ojva|jL'.:, Mg. Duchesne (/. c.) : mais comme puissance universelle, comme principe substantiel des choses visibles et invisibles. Car la traduction de Harnack, pour les mots -à^a ojvaui'.ç (en tant que toutes les forces étaient en lui) ne se peut défendre si le second membre contient les mots auto; (sujet) et J-o'^Ta-j'.: (attribut); celle de Duchesne se peut accepter; alors, en effet, le sujet de r,v est toujours Oso:. Dieu, et -à^a ojva|j.'.; comme j-o'aTaa-.; sont attributs ; mais il manque une particule de liaison entre ôûva-xt; et j-oaTaT'.; ; ~i, en cfTet, ne peut être distinct de y.al et sert à lier étroitement o'A-Ci'yi et àopaTwv, non à réunir les deux sujets. — Quant à la proposition principale, T hypothèse de W ilamowitz, que les mots /.%: ô Ào'yo:, o; r;v èv aj7(o, sont une interpolation, me paraît, toute raison dogmatique même mise à part — ((?,r scriore fide interpolata, ^^ ilamowitz dans la note de Schwartz), tout à fait vraisemblable ; car 1° les mots /.al 6 Àoyoç o; T,v iv ajTw sont inadmissibles après ô'.à Àoy./.ri; ouvaustoç, s'ils appartiennent à la même proposition ; et on ne peut les détacher de la proposition qui a pour verbe 'j-iz-.r^'jvj qu'en coupant, comme on faisait avant Schwartz, le première partie et le milieu de cette phrase si dilTicIlc, c'est-à-dire en écrivant : -/aGô... r,v, aùv ajTfo... -.x -â/ta. z'j-/ aj-rw o-.à Àoy./.?,; ojvâ|j.30L); (tout était avec lui, dans sa raison, Duchesne) ; ce qui pour les mots aJv... ojvâ'jLîw:. donne un sens excellent, mais ne permet plus de se tirer d afiaire avec la fin de la ])hrase, ajTo; xa'. 6 Àoyo; o; v/ Iv ajTfo j HE 'JTr, -;£•/. qui n'a plus de complément; ^^que peut signifier, en toute hypothèse, cette dernière partie de la phrase.*^ Harnarck, en y rattachant o-.à Ao-^-.y.r^t ryj/x'x-oi:, a traduit : Avec lui existait (Mit ihm existirtirte), par la puissance du Ao'voç, aussi le Logos lui-même, qui reposait en lui. Mais '^-in-ypi ne peut avoir qu'un sens actif. Duchesne (en rejetant dans la proposition précédente o-.à A. 0. — il ne donne de plus — et il en est évidemment de même de Harnack — sa traduction que comme approximative), a rendu : car c est avec son Verbe qu'il a tout créé. Cela vaut beaucoup mieux, mais alors : i» nous n'avons plus le droit
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volonté de sa simplicité, sort de lui le Lofj^os \ et le Loo^os, qui ne s'en alla pas dans le vide ^ est la première œuvre du Père. « C'est lui, nous le savons, qui est le principe du monde. Il provient dune distribution, non d'une division. Ce qui est divisé est retranché de ce dont il est divisé, mais ce qui est distribué suppose une dispensation volontaire et ne produit aucun défaut dans ce dont il est tiré "'. » Car, de même qu'une seule torche sert à allumer plusieurs feux, et que la lumière de la première torche n'est pas diminuée parce que d'autres torches y ont été allumées, ainsi le Logos, en sortant de la puissance du Père, ne priva pas de Log'os celui qui l'avait engendré. Moi-même, par exemple, je vous parle, et vous m'entendez*, et moi qui m'adresse à vous, je ne suis pas privé de mon logos parce qu'il se transmet de moi à vous, mais en émettant ma parole, je me propose d'organiser la matière confuse qui est en vous, et comme le Logos, qui fut engendré dans le principe, a engendré à son tour, comme son œuvre ^, en organi-
de nous servir comme complément de Ta zâvra qui a été utilise dans la partie médiane de la phrase ; 2" j-pi^îTava'. doit avoir le sens actif, mais il ne signifie pas : créer, et. surtout, il ne pourrait le signifier, selon toute vraisemblance, dans un passage où 'jr.fji-y.i'.; est opposée à -oiVji'.ç ; il ne peut signifier, comme ur.ôrs-a.rji;, dans la phrase précédente, que la création latente, en puissance ; 3" la mention de la création dans la phrase qui nous occupe viendrait trop tôt. Ce qu'on attend d'abord, c'est la mention de la naissance du verbe, et c'est ce que la phrase suivante (OsXr^- (j-aTi oï -cfj; à-XoTrjTo; aJTOÙ ~po-rfii Xo'yo;) nous donne en effet ; le membre de phrase que nous discutons réclame donc -x rrâvta comme complément direct, et tout est clair si, après avoir adopté la ponctuation de Schwartz et l'athétèse de Wilamowitz, on comprend : il renfermait eu lui-mcine toutes choses par le moyen de son Logos ; 4° ajoutons enfin que le singulier uTziizrirszv n'est guère admissible avec le double sujet aùiôç xai 6 Àoyo; ; j'ajoute moins d'importance à la suppression de l'hiatus que l'on évite ainsi. (Sur l'hiatus dans Tatien, cf. Recherches, p. 17,)
1. Mg. Duchesne, p. 210, après avoir traduit littéralement, comme je viens de le faire, explique ainsi entre parenthèses : par la simple volonté. Mais l'expression dont se sert Tatien, OsXr^jjiaTt ty;; k-\ùxr~.0', ajTOj ne peut être ramenée à cette signification. Elle dit plus; Harnack l'a bien vu quand il a traduit en paraphrasant: ans einem freien Willensact der Gottheit, deren Wesen nicht zusammengesetzt ist, c'est-à-dire par un acte de libre volonté de la divinité, dont l'essence n'est pas composée.
2. Le Logos .se réalise à ce moment ; jusqu'alors il était immanent à Dieu ; il s extériorise et devient la. première œuvre du Père, ïo^O'/ TrptoTo'to/.ov xoj Ttaipô;. (Cf. Ep. aux Colossiens, l, i5, tzsoto'-ox.o; -âaT]; xtictsw;.) Sur tout ce passage, cf. Recherches, p. 56.
3. Les phrases entre guillemets sont données d'après la traduction de Duchesne (/. c).
4. Ce passage est un de ceux qui ont paru prouver à Kukula que le Discours de Tatien a été réellement prononcé. Cf. Recherches, p. 3.
5. Je rends ainsi les mots auto; sa-jTto que ni Harnack ni Duchesne n'ont rendus et qui ont leur valeur. Le monde est la création du Logos comme le Logos estl'œuvre
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sant la matière, la création que nous voyons, ainsi moi-même, à l'imitation du Lo^os, étant réi^énéré et ayant acquis linteUij^ence de la vérité, je travaille à mettre de l'ordre dans la confusion de la matière dont je parta«::e lorij^ine. Car la matière nest pas sans principe ainsi que Dieu, et elle n'a pas, n'étant jvts sans principe, la même puissance que Dieu, mais elle a été créée, elle est l'œuvre d'un autre, et elle n'a pu être produite que par le créateur de l'univers.
VI. — Et voilà pourquoi nous croyons que les corps ressusciteront après la fin du monde, non pas, comme le veulent les stoïciens, pour que les mêmes choses se produisent sans cesse et périssent selon la succession de certaines périodes, sans aucune utilité, mais, une fois les siècles de ce monde accomplis ^ définitivement, en considération de l'état des hommes seulement, en vue du jug-ement. Et nos ju^es ne sont pas Minos et Rhadamanthe, avant la mort desquels, selon la fable, aucune âme n'était ju^i^ée, mais celui qui doit nous éprouver, c'est Dieu lui-même, notre créateur. Vous pouvez nous tenir, tant que vous voudrez, pour des bavards et des radoteurs -; nous n'en avons cure, puisque nous avons foi àcette doctrine. Car, comme je n'étais pas avant que d'être né et j'ignorais qui je devais être — je n'avais en efîet qu'une existence latente dans la matière générale de la chair, — et comme une fois né, moi qui n'existais pas autrefois, j'ai cru à mon existence par suite de ma naissance, ainsi, moi qui suis né, qui par la mort ne serai plus et que nul ne verra plus, je serai de nouveau, de même que je suis né après un temps où je n'étais pas ^. Si le feu détruit ma misérable chair, le monde conserve cette matière qui s'en est allée en fumée ; si je disparais dans un Ileuve ou dans la mer, si je suis mis en pièces par les bêtes féroces, je suis en dépôt dans le magasin d'un maître opulent. Et le pauvre — je veux dire l'athée — ne connaît pas ce dépôt, mais Dieu, le souverain maître, quand il le voudra, reconstitura dans son état ancien la substance qui n'est visible qu'tà lui seul.
Vil. — Ainsi donc le Logos céleste, esprit né de l'esprit, raison issue de la puissance raisonnable, a créé l'homme à l'imitation du père qui l'a engendré ; il a fait de lui l'image de l'immortalité, afin que, comme l'incorruptibilité est en Dieu, de même l'homme participe à ce
du Père. — J'emprunte à Duchesne l'expression : la création que nous voyons j)our rendre Tr)v xaO' r,'j.Ôiç, -oir^'zv/.