‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 63 sur 90 · Nauck, fr. anonyme · texte numérisé non relu

Nauck, fr. anonyme

2. Les expressions dont se sert Tatien sont ici, comme souvent, singulières et difficiles à rendre. Il dit: q-ov/ z'am'j'.c, 03 aùroT; f^ ufôojcjtg t^v. Le terme 'j-O'.y v.miiz, signifie proprement agencement, acte de former quelque chose avec un ou des é\éments (TTo-.y£iov). Dans les Septante (a*" Macc. VII, 22) il signifie ainsi : constitution du corps humain. Il signifie chez Epicure Çf.eftre à Hérodote, Diog. L. X, 37. = Usener, Epicurea p. 4) abrégé, résumé. Schwartz Çfndex) explique : institutio signorum sive astrologicorum sive magicorum quibus fata humana et destinentur et cognoscantur (parce que le mot aTO:/£Tov peut servir à désigner une constellation du zodiaque). Mais dans un autre passage, cfiapitre xvii, Tatiea emploie aTOiy£ifi)at; dans le second membre d'une phrase où il correspond au verbe ôsûTjfj.'.O'jpyTjy'.aat, employé dans le premier, c'est-à-dire simplement dans le sens d'œm^re, et il n'est pas nécessaire de lui donner ici un sens plus spécial. Quant à Çfowji;, le mot est un substantif verbal dérivé de Çwoco, rendre vivant; il ne peut guère ici imaginer que : la création, l'invention des animaux du zodiaque. La phrase est donc bien équivalente (Schwartz, index, au mot 'Cunai'.Ç) à celle qui est un peu plus bas dans le même chapitre: r\ yàp -où' ^oiô'.ax.où" xjx.Xoj ypa-or] 0£o)v (= oa'.|j.ova)v) Èjti -olr^uoi. Ilarnack a rendu ainsi : Ihr Hauptgeschcieft aber war dass sie Tlùere an dem Himmel versetzten . On peut comparer aussi à cette phrase la première du chapitre vin: \j-60îi:ç, ok auTOÎ; T^; à-0JTa7ia; 0': àvOownoi yîyvovta-..

3. Cette énumération rappelle celle du Cerygina Pefri,dans le fragment cité par Clément d'Alexandrie, Strom., VI, 5, 09-^0 (= Preuschen. Aiitilegomena, p. 62).

4. Il n'y a aucune raison de considérer avec Ponschab (p. iG) cette phrase comme une interpolation.

ijo TArii:> — LK nisr.oi lis ai \ c.rkcs

disent-ils, et celui qui est dominé aujourd'hui l'emportera à son tour une autre fois. Les sept planètes prennent jjlaisir à suivre le chemin que leur tracent ces astres, comme les joueurs qui déplacent leurs pions'. Mais nous, qui sommes supérieurs à la fatalité, au lieu des planètes, ces démons errants, nous avons appris à connaître le maître unique, immuable: nous ne nous laissons pas conduire par la fatalité, et nous ne reconnaissons pas ses iéf^islateurs. Dites-moi, au nom de Dieu : Triptolème sema le blé, et après son deuil Déméter récompensa les Athéniens; pourquoi n'était-elle pas devenue la bienfaitrice des hommes tant qu'elle n'avait pas perdu sa fîlle^? On montre dansleciel le chien d'Erig;one, le scorjiion qui prêta son aide à Artémis, le centaure Chiron, la moitié d'Argo, l'ourse de Gallisto : ainsi donc, avant que chacun deux eût accompli les actions susdites^, le ciel était imparfait ! Qui ne trouvera ridicule qu'on ait placé parmi les astres la fig;ure du Delta, selon les uns à cause de 'la Sicile % selon les autres parce qu'il forme la première lettre du nom de Zeus^? Car pourquoi ne pas honorer aussi dans le ciel la Sardaig^ne et Chypre ? et pourquoi les noms des frères de Zeus, qui ont partagée avec lui l'empire du monde, n'ont-ils pas aussi fourni par la forme de leurs lettres une figure à placer parmi les astres^? Comment Kronos, après avoir été enchaîné et dépouillé de la souveraineté a-t-il reçu la charge de gouverner le cours de la fatalité ? Comment celui qui ne règne plus donne-t-il l'empire' ? Renoncez donc à ces sottises, et cessez de pécher parce que vous nous détestez injustement.

X. — On a imaginé cette fable que les hommes^ peuvent subir des

1. J'ai dû, pour faire entendre le sens, paraphraser le datif ajTOÎ; et substituer aux rzfjZO'. un jeu moderne. Mais je ne crois pas que le texte présente une lacune, comme a pensé Sclnvartz. Cf. Kukula, p. 28.

2. Pourquoi Déméter est-elle mentionnée ici? Tatien ne le dit pas explicitement, mais le contexte l'indique. C'est parce que, à cause de l'Epi, on l'a parfois identifiée à la Vierge, signe du zodiaque (cf. Bouclié-Leclerq, l'Astrologie grecque, p. i3g). — On faisait aussi parfois de la ^ ierge Erigone, et c'est peut-être cette association d'idées qui a amené Tatien à mentionner aussitôt après le chien (Sirius, cf. ibid., p. i^o).

3. Je n'ai pas accepté la conjecture de Wilamowitz : ta^aiç au lieu de -pâçci; ; il s'agit bien d'actions (cf. supra: les bienfaits de Cérès, le secours dorme à Artémis par le scorpion); mais Tatien n'a inditjué que quelques-unes de ces actions ; il s'est contenté de nommer Argo ou Kallisto ; ses lecteurs en connaissaient assez l'histoire.

fi. Qui est triangulaire.

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