‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 66 sur 90 · Souvenir de VEp. aux lîoniains, A^Il, i · texte numérisé non relu

Souvenir de VEp. aux lîoniains, A^Il, i

3. Sur les théories de Tatien dans ce chapitre, cf. L'eclierches, p. 65.

4- "A~opov, mot à mot, sans issue (c'est à-dire : bonne à rien, sans rintervention divine."^) est le texte des manuscrits. Wilamowitz : à-eipov. Scbwartz (préface): a-oiov, adopté par Ponschab, p. 16; c'est probablement la vraie leçon.

12'| TATIKN l.i: DISCOURS AUX GRKCS

et réij:lt*e. C'est ninsi que le ciel et les astres du ciel sont sortis de la matière; la terre avec tout ce qui vit sur elle a la même constitution, de sorte que toutes choses ont une commune origine. Cela étant ainsi, il y a des ditrérences dans les choses matérielles: les unes sont plus belles; les autres, belles en elles-mêmes, sont cependant inférieures aux premières. Car comme la constitution du corps a son unité qui répond à un plan, — c'est là qu'est le principe de son existence', — et néanmoins il y a des dilTérences de «gloire entre ses parties, l'une étant l'œil, l'autre l'oreille, l'autre la disposition des cheveux, d'autres la disposition des entrailles ou l'assemblage de la moelle, des os et des nerfs, et toutes, malg-ré leurs dilTérences réciproques, par suite du plan qui les met d'accord, formant une harmonie; de même, le monde, qui, c:ràce à la puissance de celui qui l'a créé, possède des parties plus brillantes, et d'autres différentes de celles-là, a reçu de celui qui l'a fabriqué un esprit matériel. Le détail de tout cela peut être compris par ceux qui ne méprisent pas follement les divines révélations, qui, dans la suite des temps, ayant été rédig^ées par écrit, ont appris la vraie relif^ion à ceux qui les écoutent. Quoi qu'il en soit- donc, les Démons, — comme vous les appelez — ayant été formés au moyen de la matière et ayant reçu l'esprit qui vient d'elle, sont devenus débauchés et g:ourmands; il en est parmi eux qui ont préféré ce qui est plus pur^, mais d'autres ont choisi ce qui dans la matière est inférieur, et ils se conduisent conformément à la matière. Ce sont eux, ô Grecs, que vous

1. Phrase encore très obscure. Voici le texte: ^'Cl^r.îz yàp f, aiv xoD' ŒoJuLaro; sjiTa'j'.; jjL'.a; I^Tiv 0'.xovo;xia;, tzzzI oï auTto {sic, le Mulinensis et le Parisinus, a-jTO, le Marcianiis), i's-i toD Y^Y^v^crOat -o al'-: lov. Je ne donne ma traduction que comme un à -peu-près, répondantapproximativement an sens qu'appelle le contexte. Kukula (p. 3'i-25)se satisfait peut-être trop facilement en traduisant : dièse (= die einheitliche Organisation) ist ja die Ictzte Ursache seinerExistens. Car jaia 0'/.ovo|j.{a, si notre texte est exact, ne peut être le sujet du second Isti ; ce sujet, s'il fallait le prendre dans le premier mend^re de phrase, serait f, ajaTa^'.ç, à quoi on peut ajouter, en suppliant l'idée d'après ce même membre de phrase : aià: O'./.ovoaia; oJia. Avec cette réserve, j'accepte donc en somme le sens proposé par Kukula qui a bien commenté l'ensemble du passage. Mais je ne suis pas sûr que to aiTiov toj '^^vn^Jr^'J^x'.%oii attribut plutôt que sujet, ni que la construction avec ~io\ soit ici facile à expliquer (l'emploi du datif, si Ton admet avec Sclnvarlz et Kukula la leçon du Muiineiisis et du Parisinus est en tout cas excc[)tionnel en prose). Je ne sais donc pas si le texte n'est pas en effet gâté. — Quant à la conjecture de Schwartz que Kukula déclare à tort inintelligible, je crois bien la comprendre ; mais je reconnais qu'elle est trop compliquée.

2. Si cette phrase suivait immédiatement la phrase sur l'organisation du corps et du monde, Kukula serait en droit de lire ô'xioz pareillement, au lieu de o;j.o):. Mais elle en est séparée par la phrase -ix. oï xaO'â/.a^Ta, etc., après laquelle Tatien peut bien reprendre o'jxoiç, lecture que les particules o'oJv semblent confirmer.

3. Ce sont les bons anges. Arélhas, dans sa scholie, voit ici, sans grande nécessité, une influence platonicienne.

TRADUCTION FRANÇAISE ET NOTES (xiI-XIll) 125

adorez, eux qui sont nés de la matière et qui se sont tant éloignés du bon ordre. Ces démons, poussés à Torgueil par leur folie et s'étant rebellés, ont osé devenir les ravisseurs de la divinité; le maître de l'univers les a livrés à leur superbe jusqu'à ce que le monde prenant fin se dissolve, que le juge paraisse, et que tous les hommes qui, par la révolte des démons, se sont détachés de la connaissance du Dieu parfait, reçoivent plus complètement au jour du jugement son témoignage pour l'éternité ^ Il y a donc un esprit dans les astres, un esprit dans les anges, un esprit dans les hommes, un esprit dans les animaux; et cet esprit, qui est un et le même, a cependant en lui-même des différences. Nous ne disons pas ces choses du bout des lèvres, ni d'après des conjectures ou des imaginations et avec un appareil sophistique, mais nous reproduisons les paroles d'une révélation divine; hâtez-vous donc, vous qui voulez savoir; vous qui ne répudiez pas le Scythe Anacharsis, ne vous scandalisez pas à la pensée de vous laisser instruire par ceux qui suivent une loi barbare. Acceptez nos doctrines, comme l'art divinatoire que vous avez emprunté aux Babyloniens ; écouteznous parler aussi bien qu'un chêne prophétique. Et dans tout ce dont je viens de parler [la divination et l'astrologie) il n'y a que contrefaçons de démons insensés, tandis que notre enseignement est supérieur à l'intelligence de ce monde.

XIII. — L'âme humaine, en soi, n'est pas immortelle, ô Grecs : elle est mortelle; mais cette même âme est capable aussi de ne pas mourir. Elle meurt et se dissout avec le corps si elle ne connaît pas la vérité, mais elle doit ressusciter plus tard, à la fin du monde, pour recevoir avec son corps, en châtiment, la mort dans l'immortalité ; et d'autre part, elle ne meurt pas, fût-elle dissoute pour un temps"-, quand elle a acquis la connaissance de Dieu. Par elle-même elle n'est que ténèbres,

1. Je n'ose donner cette traduction comme certaine; et la phrase est très diiïicile : xaî "ocvTc; o- àvOpoi-oi o-.à zr]:, tcov oa'.[i.ova)v £7:avao'"à'Jîco; Iz/ii^.ivo'. Trj? zou zzAziou Oeou YVW'JSfjj; TîXsioic'pav ô'.à tûv àywvwv Iv r^u.ipy. zpLa£0)ç xfjV maoïuoiav Xâ6oja'.v. J'ai accepté les deux conjectures de Schwarlz àçic'fjisvo'., et acwvojv, malgré ce qu'a d'assez peu naturel le rapprochement de BiocTôiv aùôvwv et de sv 7][jLipa/.p''c7£oj;. Mais ie ne suis nullement sûr que àyoivwv ne doive pas être maintenu, et que l'idée générale ne soit pas que les bons recevront, à la fin du monde, une récompense plus complète parce qu'ils auront plus lutté. Alors, il est vrai, je ne comprends plus -àvTs; oi àv0paj7;ot... EOisacvot qui ne peut être équivalent à o'. avOpoj-oi ou t(ov àv6oco;:a)v 0'. ioiiio-cvoi. De plus oià xr\ç, twv Sa-.ao'vfov s-avaaTaacco; paraît incompréhensil^le. En résumé la i''«^ partie de la phrase, parées mots oià, etc. me semble, favorable au texte des manuscrits à'jic'tj.£vo'., et ce texte s'accorde mal avec la seconde, surtout avec O'.à rtov àyfovwv si on conserve âywyojv, et même avec TSÀî'.oTs'oav. C'est une contradiction dont je n'arrive pas à sortir; et j'avoue ne pas avoir la clef de cette phrase.

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