‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 78 sur 90 · Taticn joue sur les mots /.pîojçayt'a et âvOpoj-o^çav-'a · texte numérisé non relu

Taticn joue sur les mots /.pîojçayt'a et âvOpoj-o^çav-'a

4. 'Ep^ix'i) y.x: -'x 'IIvr,7iOj <x'j^OM^r['j.ot.-7. y.x: Mivavo^o; xfj; sxsîvOJ -yAaJTXir]; ô i~'./o~o'.6:. Celte phrase est une véritable énip^me, dont je ne réussis pas mieux que mes prédécesseurs à deviner le mot. J'ai laissé, sans les traduire, les mots -f\; èxsi'voj YAr-i"r,: auxquels je ne vois pas de sens. La mention de Ménandre après Euripitlc est toute naturelle, si c'est le poète comifjuc qui est le ax-yo-O'-o; en question. Mais quel est l'IIégésias dont Tatien parle ici, et quel est le raj>port (ju'il élahllt entre llégésias et Ménanrlrn? Parmi les divers Ilégésias que nous connaissons, un sculpteur, un cvnlquc (cf. Sûsemihl, Gcschichte der gviechischen

TRADUCTIOJN FRA]NÇAISE ET J\OTr:s (xXFIl) 1^9

faire d'admirer Faulète pythique* et, à l'exemple d'Aristoxène ^, de m'occuper du Thcbain Anti^énide ? Nous vous abandonnons tout ce qui est inutile; et vous, ou bien croyez à nos doctrines, ou, comme nous vous cédons les vôtres, cédez-nous les nôtres'".

I.itcratur in dor Alexanclrineizeit, t. T, p. 3i), un aulour d'écnls sur ragricullnrc cik' par \ arron (cf. ib., p. 8^17), le cyrénaïqiie surnommé IIs'.G'.OavaTO; (/A., p. i3), et l'orateur asialif{iie Jlégésias de Magnésie, ces deux derniers sont les seuls assez importants pour que Tatien ait pu songer à eux. Mais il ne peut être question du Pisithanafe ('rjQoAo-^T^o.o^-oi.); quanta l'orateur, ce mot de fa h le s peut lui convenir; il était aussi historien, et on le comparaît, pour son amour de l'extraordinaire, à Ctésias et à ses pareils (cf. Siisemihl, t. H, p. /jG.")). Mais quel rajiport pourrait-il y avoir entre Mcnandre et Hégésias? J'en ai trouvé, en cherchant bien, un, à la rigueur. Hégésias passe pour avoir imité Charisios (at Charisii auU Hegesias esse similis, dit Cicéron dans le Biittas, 83, 28G), et d'autre part il y avait des gens qui prétendaient que jMénandre était le véritable auteur des discours attribués à Cjharhios (Quint ilien, X, i. 70. Nec nihil profecto viderunt qui orationes, quae Charisii nomine edimtur, a Menandro scriptas putant. — J'emprunte ces textes à Sûsemihl, t. II, p. :^Gi). Tatien aurait-il confondu Hégésias et Charisios.'^ Ou bien voudrait-il que Charisios étant le modèle d'Hégésias, celui-ci dépendît ainsi lui-même de Ménandre? Mais je vois à cette hypothèse toutes sortes de difFicultés; 1° je vois mal ce que viennent faire ici, oiàron n'attend que la mention de fables dramatiques, les récits merveilleux d'Hégésias l'historien; 2° je ne puis donner un sens aux mots IMc'vavopo; tf,; r/.ci'vou yXwTxriç 0 'jzi/OT.oiôç. Le texte doit être altéré, sans que je voie exactement comment. — La variante 'IJyrja'.Xàoj du Parisinus paraît moins autorisée que la leçon des deux autres manuscrits; ceux qui l'ont préférée (comme Harnack) ne l'ont fait sans doute que parce qu'elle [)rèle à la correction souvent proposée : 'Axua'.Aaou. Mais la mention d'Acusilaos n'est pas non plus ce qu'on attend ici. Quant à 'Iiyr,a'.Àao'j même, il n'y a rien à en tirer, malgré l'existence d'un philosophe de l'Académie qui a porté ce nom (Siisemihl, t. I, p. 127). — S'il ne paraissait bien probable que Mô'vavopo; 6 ctti/o-oio; est le comique, on pourrait se demander si cette phrase irritante, au lieu de se rattacher au morceau sur Euripide, n'introduit pas le suivant, sur les aulètes? Hégésias (ou Hégésilaos) serait-il un aulète? Sa yXfoTTa serait-elle la languette de sa flûte? Je me risque à exprimer toutes les imaginations qui me sont venues en tête, au cas où l'une d'elles pourrait mettre sur la voie de la solution quelqu'un de plus subtil que moi. — Il est encore question (Athénée, 620 d.) d'un Hégésias dont on nous raconte ceci : 'la^ojv £v ToiTtij TZZC)'. Tc5v 'AXcÇavopo'j 'IcOfov èv 'AXe^avopHia ©rj^iv sv t(o asyccXto ôsaTOfu uroxpîv aaOai 'Hyrja:.'av tov zwy. woôv Ta 'Haidôou; •j.'jOoXoyrjuaTa pourrait s'entendre de quelque chos3 de pareil, mais xf,; £Xc(vo'j yXoj-tr,;.**

1. Je lis avec Wilamo%vitz et Sclnvarlz II'jO'./.Ôv pour [jluOi/.ov.

2. Aristoxène de Tarente, le célèbre théoricien de la musique, auteur d'un ricp"'. ajXrjTcov.

3. Je lis (contre SchAvartz et avec Kukula, p. 7) r^~v.n^T-z toTç ooy|j.a'7'.y f, ;j. wy (avec le Marcianus et la 2*^ main du Parisinus), fj /.ara tô oaoïov to)v 7][j.cTc'p'j)v r]|jLiv £■/./ wprjiax; (fj[i.cTc'pwv, 2*^ main du Parisinus). Ilarnack a accepté la leçon f,;j.oJv dans le i*"'" membre de phrase (ihr aber mregt entweder unseren Lehren (îlauben schenken) et je ne vois pas qu'on puisse contester qu'elle seule donne un sens satisfaisant; mais faut- il lire, comme il l'a fait (et comme la tradition manuscrite y

lio TAÏIE> Li: DISCOURS AU\ GRFXS

XXN'. — Queront doncde ^rand et d'extraordinaire vos philosophes? Ils laissent une de leurs épaules découverte', portent une lonjj^ue chevelure, laissent croître leur barbe, ont des ont^les comme des bêtes féroces, et, alors qu'ils prétendent n'avoir aucun besoin, à l'exemple de Protée- il leur faut le corroyeur pour leur besace, le tisseur pour leur manteau, et le bûcheron pour leur bâton, sans parler des riches"^ et des cuisiniers pour leur ^gourmandise. Homme qui rivalises avec le chien, tu ijj^nores Dieu, et tu descends à l'imitation d'animaux sans raison*. Mais toi qui cries si fort en public et en imposes aux autres, tu sais défendre tes propres intérêts^, et, si on ne te donne pas raison, tu réponds par des insultes: la philosophie est pour toi un art d'acquérir. Tu suis les doctrines de Platon : le disciple d'Epicure se dresse en protestant contre toi; tu veux au contraire^ te rattacher à Aristote, et un disciple de Démocrite t'injurie. Pythagore prétend avoir été jadis Euphorbe et est l'héritier de la philosophie de Phérécyde; Aristote

incline, je l'avoue) JiJLctc'ptov dans le 2^ ? On est tenté d'abord de croire que l'antithèse doit être entre f,;jLciiv et uixcxepwv, je le reconnais. Mais sera-t-on satisfait du sens qu'adopte Harnack : oderwas das n.iemliche ist, — uns die eurigen preisgeben? Cette répétition n'est-elle pas trop plate? Karà -ô oaoïov ne veut sans doute pas dire que r/./foprjaaTc = ~£ÎaOr,Tc, mais le rapproche de ~apaycopo'j;i.cv Gaîv Ta [jlt) io3cÂ;tj.a, le sens étant : mais vous, ou bien convertissez-vous, ou bien faites comme nous, c'est-à-dire cédez-nous nos dogmes, tolérez-nous comme nous vous tolérons (iy.ywpsTv tivi' T'.vo; ne peut d'ailleurs signifier que céder quelque chose à quelqu'un).

1. Mot à mot : ils négligent une de leurs épaules (que le pallium ou le Tpi6ojv laisse nue). Cf. Cyprien. De bono patientic'e : exserti et seminudi pectoris inverecunda jactantia.

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