‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 9 sur 90 · Altchr. Lit., II, p · texte numérisé non relu

Altchr. Lit., II, p

2. Cf. Zahn, Forschungen (^Tatians Diatessaron, p. 2i4). — Kukula, p. 62: « Ob iu Edessa oder sclion in AnLlochia inuss dahingostellt blciben. »

Edesse que dans une contrée plus proprement hellénique. Antioche conviendrait donc mieux*. Mais en réalité nous ne voyons clairement qu une chose : c'est que Tatien avait quitté Rome.

()uand lavait-il quittée ? On peut regarder comme établi, par le double témoignage d'Eusèbe, dans la ChronKjuey et d'Epiphane (/. c.Y (en apportant à ce dernier texte une correction nécessaire\ que la rupture de Tatien avec l'Eglise et son départ définitif de Rome doivent être placés dans la 12*' année de INIarc- Aurèle, c'est-ii-dire en i"2-3. Mais Ilarnack, qui croit avec raison que \Oratio n'a pas été composée à Rome, est persuadé en même temps, d'accord avec Zahn sur ce point, qu'elle n'est pas postérieure de beaucoup h la conversion de Tatien, et il est obligé par suite de construire un système assez compliqué^, et qu'aucun témoignage ne confirme, d'après lequel Tatien aurait quitté Rome après les attaques dirigées contre Justin par Crescens, y serait revenu après une absence pendant laquelle il aurait composé VOratio, — absence assez courte, — et depuis aurait continué à fréquenter Justin et à enseigner (Rhodon fut alors son disciple: Eusèbe, II. E. V., i3, i), jusqu'au moment où il se détacha de l'Eglise catholique et alla fonder en Orient son c'.oajxaÀeTov hérétique. La complication de ce système et le fait qu'il ne peut être invoqué aucun texte en sa faveur, ne seraient cependant pas une raison de le rejeter s'il était prouvé que VOratio fut de i55 environ. Mais je crois avec Kukula* que rien n'est moins prouvé.

Tout d'abord faut-il admettre que VOratio est de fort peu postérieure à la conversion de Tatien ? Cette hypothèse, il faut bien le dire, est surprenante à première vue, quand on constate combien l'auteur paraît en possession, sur tous les points qu'il traite, d'un savoir étendu, solide, combien il fait preuve, en ce qui concerne les questions les plus délicates, celle du Logos entre autres, de réflexion personnelle ; combien son svstème apologétique, dans la dernière partie notamment où est exposée l'antériorité de Moïse par comparaison avec les Grecs, est en progrès sur celui de Justin ' ; plus surprenante encore pour qui remarque, —

1. Epipliane (/. c): tô oà rj.d'szoy toD aÙToCÎ /ripj-yfzaTO; a~6 'AvTLoyei'a; ttJ; ~cà; AâçvTjV -/.a- £-'. Ta Toiv K'.À'/ojv \i^ioT^, i~\ tzazïo^ oi èv Iliaioia Èy.pâiuv&v.

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