INTRODUCTION XLI
Jésus-Christ, quand la mer était à côté, dont le Grand- Lac est encore le reste. »
Or, le conte malais dont je parlais tout à l'heure désigne sous le nom de Malqyous (Malabars), les habitants de Manang'Cabao^ actuellement Sumatra (1).
La légende, la note et la tradition sont d'accord pour faire travailler des Malais aux monuments khmers. Quoi de plus naturel que les chhçéa-préam, venus de rinde et fixés au Cambodge, aient fait venir de Java, déjà brahmanique, des ouvriers de race malaise, des chhçéa-iaça. M. Delaporte s'élève vivement contre cette opinion : « Bien que l'architecture du Cambodge, écrit-il, de même que celle de Java, procède de Tart ancien des Indous, ces deux architectures sont essentiellement difîérentes l'une de l'autre. Angkor- Vouât et Boroh-bodar, en particulier, se ressemblent si peu qu'il est impossible d'admettre cette tradition (2). »
Sur ce point particulier, l'arrivée au Cambodge d'ouvriers venant de Java pour travailler aux monuments d' Angkor, nous avons cependant un document précieux, c'est le Satra de Préa-Ket-Méaléa, consacré à l'édification d' Angkor- Vouât, satra recueilli par M. Aymonnier et dont il nous a donné la traduction. On y lit en effet : « Alors (pour construire le temple d'Angkor) sont levés les hommes de sept grands royaumes, sont convoqués les hommes de toutes races : Khmers, Siamois, Birmans, Pégouans, Laotiens, Javanais, Singhalais, Annamites, Chinois, Européens, Japonais, etc. (3). »
(1) Le brahmanisme a peut-être été apporté k Sumatra par les Malabars, à la suite d'une émigration de natifs du Malayala ; de là viendrait, dans ce cas, le nom sous lequel les désigne le conte malais recueilli à Kompot.
(2) Explorations et missionSy etc., p. 232, note 3.
(3) Textes khmers, traduction, p. 72.