LE RECENSEMENT
Le recensement au Cambodge est une opération absolument pratique ; aussi ne porte-t-eile que sur les hommes valides, sur ceux qui sont susceptibles de le devenir prochainement, sur ceux qui, étant malades, peuvent recouvrer la santé et reprendre leur place dans le rang des valides, et eniîn sur les vieillards âgés de moins de soixante-dix ans. Les femmes, les enfants mâles audessous de seize ans et les vieillards qui ont au moins soixante-dix ans ne sont pas recensés.
Le recensement a quatre fins ; il a pour but rétablissement des listes qui doivent servir: l*' à la levée des impôts ; 2^ à la levée des corvéables ; 3° à la levée des guerriers en cas de besoin; 4^ à Torganisation des clientèles.
Ces listes doivent être établies en triple expédition. L'une qui ne comprend que les recensés d'un sroc doit être laissée entre les mains du mé-sroc ; les deux autres qui doivent comprendre toutes les listes des recensements dressées dans la province, doivent être semblables; Tune demeure entre les mains du gouverneur de la province et Tautre doit être remise au Préa-soryo-dey, grand mandarin de l'administration centrale chargé de la conservation des rôles du royaume.
Ce recensement est fait dans chaque province par un préa-réach'bomro^ envoyé royal, désigné par le haut dignitaire chargé de la haute surveillance de la province,
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par un bontro-préa-sorio-dej^ envoyé du sorio-dey et nommé par lui, et par un bomro-chauvai-sroc^ délégué désigné par le gouverneur de la province et choisi parmi les hommes sérieux et honnêtes.
Ces trois recenseurs sont munis, par le gouverneur, du rôle général dressé à la fin de la précédente opération et sont tenus de parcourir tous les villages de la province f»t de s'adresser au mé-sroc de chaque sroc avant de procéder au recensement de la population des villages (poum) placés sous sa direction.
S'ils rencontrent des sroc qui n'ont i)as de mé, ils doivent einlésigner un d'autorité et constituer le groupe des fonctionnaires du sroc. Si le sroc compte au moins cent contrihuables, ils doivent nommer un mé-sroc et (juatre chum-top ; s'il compte de cent à cent vingt-cinq contrihuables, ils doivent désigner un mé-sroc et cinq chum-top; s'il en compte cent cinquante, ils doivent nommer un mé-sroc et six chum-top. Si, d'autre part, ils trouvent un sroc (^ui compte moins de cent contribuables, ils doivent le réunir à un autre sroc et augmenter le nombre des chum-top du sroc dont le territoire et le nombre des contribuables a été augmenté de ce fait.
Dès l'arrivée dans le sroc des trois recenseurs, le mé-sroc doit prêter serment soit à la pagode, soit devant Tautel d'un génie redouté et affirmer qu'il a honnêtement dressé les listes du recensement, puis il doit publiquement remettre ces listes au délégué royal. Ces listes doivent porter les noms des recensés, ceux de leurs femmes quand ils sont mariés, leur condition de célibataire, de veuf ou de divorcé quand ils ne sont pas mariés, Tàge des recensés. Elles doivent être dressées par nationalité et par catégorie des recensés, c'est-à-dire qu'elles doivent distinguer : 1° les jeunes gens de dix-huit à vingt ans qui ne sont ni corvéables ni contribuables, mais qui sont recensés parce qu'ils seront l'un et l'autre