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LES APANAGES

OU grand-mère, de Préa-ang-Keu-Féa et de Somdach- Préa-ang-Keu, ces apanages durent cesser d'être des gouvernements aussi absolument indépendants.

Tout d'abord, je trouve que, depuis une époque indéterminée, mais déjà éloignée de nous, les ministres chargés de Tadministration des apanages sont nommés par le roi. C'est tout à la fois, je l'ai déjà dit, une mesure de haute politique et de bonne suzeraineté ; pai" là le royaume acquiert plus de consistance et un commencement d^unité ; par là le roi peut savoir très exactement les projets des grands feudataires et, au besoin, gouverner leur conseil.

Une autre réforme qui a dû suivre de près est celle qui a supprimé dans les apanages, les Préa-nokor-bal, sorte de préfets de police qui étaient chargés de la police du pays, et qui a mis la police du royaume tout entier sous les ordres du Préa-nokor-bal du roi. L'existence des Préanokor-bal des apanages est attestée par le code des lois modifiés sous Préa-Ghey-Ghes-Sda, en 1624 (1). Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un seul Préa-nokor-bal et qu'un seul haut tribunal ; les apanages ont conservé seulement la petite police et le droit de juger les petites affaires qui relèvent des tribunaux provinciaux.

Sous le règne du roi actuel, la tendance à l'unité administrative s'est encore affirmée, et les fermes de l'opium (2), de l'alcool, de l'abattage des porcs et des jeux sont concédés pour tout le royaume.

On tient, tout d'abord, et conformément à la convention de 10 septembre 1883, compte à l'Obbaréach et à la reine-mère de leur part des sommes qu'on tirait de ces monopoles ; mais, aujourd'hui que les budgets du royaume et du Protectorat sont fusionnés, on a supprimé

(1) De la manière de recevoir les accusations et les dénonciations^ articles 9 et 10.

. (2) La vente de l'opium est en régie depuis 1892.

cette indemnité et remplacé par des dotations budgétaires les revenus que les feudataires tiraient des provinces qui constituaient leur apanage respectif.

En somme Tavant-dernier pas a été fait; tous les revenus des apanages ou à peu près (i) viennent grossir le budget du royaume géré par le Protectorat et Tadministration française et royale a la haute main sur l'administration des apanages. Quand, et cela ne peut tarder, les dignitaires des somrap trey et chetva ne seront plus des fonctionnaires placés sous les ordres de rObbaréach ou de la reine-mère, quand ils seront devenus les fonctionnaires du roi, le dernier pas sera fait et les apanages auront vécu. Le royaume sera devenu un entre les mains de l'administration du roi des.Khmers dirigée par le représentant de la France et par ses agents.

Les gouverneurs des provinces qui composent les apanages sont encore nommés par les tenanciers, ils boivent Peau du serment consacrée par leurs armes, mais déjà ces nominations ne peuvent plus avoir lieu sans le consentement du roi et sans celui du Protectorat; il en est de même pour tous les délégués chargés de percevoir les impôts ou de s'assurer de l'exécution des lois.

Quand j'aurai dit que les apanages sont en principe, supprimés depuis la convention du 15 janvier 1877, et que les provinces qui les composent doivent faire retour au royaume à la mort des titulaires actuels, on comprendra que l'œuvre est très avancée et l'unité bien près d'être réalisée.

(1) La reine-mère continue encore aujourd'hui d'administrer les provinces de son apanage.

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