‹ Recherches sur le droit public des CambodgiensChapitre 5 sur 63 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

peuple et un élément civilisateur en Indo-Chine mais parce qu'il est pauvre et sans force aujoi xi d'hui, parce qu'il a beaucoup souffert par ses roi^ par ses voisins, — les Annamites et les Siamois, — et surtout parce que j'espère en lui, parce que s< fierté native m'a paru le signe de sa rédemptioi future, de son relèvement prochain. Je raim.€ encore parce que dans ses veines coule un peu d i; sang des Aryens, nos ancêtres, et parce qu'il pense comme pensent les Occidentaux, avec la même logique, avec la même méthode, parce que les Cambodgiens sont humains à notre manière et que, dans leur cerveau, les idées s'engendrent, naissent, se développent comme en nos crânes, par le même procédé, contrairement à ce qui a lieu chez les Chinois et chez les Annamites, chez les Siamois très mélangés de Chinois et chez les Indous très cristallisés dans leurs mœurs antiques. Je l'aime encore parce qu'il m'a paru être arrivé au tournant de son histoire, à un grand coude, et non, comme on l'a dit avec ironie, à la fin de son dernier satra. Si nous savons faire pour lui ce qu'il attend de nous, j'ai la conviction intime qu'il saura, — alors que nous le dégagerons du despotisme séculaire qui l'écrase, alors que nous lui rendrons ses anciennes frontières, son territoire, — qu'il saura, dis-je, retrouver sa force perdue et la « voie droite, la voie directe » que ses gouvernants lui ont fait perdre. Donc à l'œuvre. C'est pour aider à cette besogne, pour « ouvrir la route », comme disent

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