LA CAPITATION DES CHINOIS
le Siam était tributaire de la Chine, le roi de Siam proposa aux Chinois qui habitaient son royaume de concourir au paiement du tribut qu'il devait tous les trois ans envoyer à Tempereur de Chine. Les Chinois et les Louk-Chin, sous la condition qu'on ne leur réclamerait jamais un autre impôt, acceptèrent cette proposition et se seraient engagés, pour eux et leurs descendants, à verser au roi de Siam tous les trois ans une somme fixe qui reviendrait à trois ticaux et trois quarts de notre époque. C'est, encore aujourd'hui, le seul impôt que les Chinois et leurs descendants paient au roi de Siam. »
Cette tradition ressemble beaucoup à une imposture inventée de toutes pièces pour le besoin de la cause des Chinois et de leurs descendants, alors surtout que les Siamois songent depuis quelques années à les naturaliser et, par conséquent, à les imposer au même taux que les régnicoles.
Avant 1892, tout descendant de Chinois qui portait les cheveux à la cambodgienne, parlait la langue du pays, s'il était fils d'un métis, pouvait demander son inscription sur les listes des régnicoles. Dans ce cas, il n'était tenu d'acquitter que l'impôt personnel dû par ceux-ci.
Il n'en est plus ainsi depuis la circulaire du 20 juillet 1892 que le Protectorat a malheureusement inspirée aux ministres cambodgiens. On a cru devoir sauvegarder les finances du pays en maintenant, parmi les étrangers astreints au paiement de la capitation, les métis chinois qui étaient tentés de choisir la nationalité cambodgienne, et on a oublié que, au Siam, les Louk-Chin sont devenus un danger de tous les instants, et qu'on cherche aujourd'hui à les dénationaliser. C'est une faute sur laquelle on reviendra très certainement avant peu. En attendant, les métis chinois, — même ceux qui ont coupé leurs cheveux, qui parlent la langue du pays, qui sont
inscrits sur les registres comme Cambodgiens et qui ont déjà payé l'impôt des régnicoles, — s'ils sont les fils d'un Chinois de Chine sont repoussés parmi les étrangers et tenus d'acquitter la capitation des étrangers. S'ils sont dans les conditions ci-dessus, sauf en ce point qu'ils sont fils de métis chinois-cambodgiens nés au Cambodge, ils peuvent choisir leur nationalité et sont tenus de payer l'impôt que paient leurs compatriotes.
vin