‹ Recherches sur le lait au point de vue de sa composition, de son analyse, de ses falsifications et surtout de l'approvisionnement de ParisChapitre 4 sur 16 · DES ÉLÉMENTS INORGANIQUES DU LAIT · texte numérisé non relu

DES ÉLÉMENTS INORGANIQUES DU LAIT

En consultant les nombreuses analyses qui ont été faites sur les matières salines du lait, on voit que tous les auteurs sont généralement du même avis sur la nature des sels laissés par l’incinération, mais qu’il n’en est pas de même quant aux proportions de chacun d’eux. Cependant, d’après un travail très-étendu de M. üoyère sur ce sujet, il paraîtrait que les sels du lait sont dans une proportion presque constante chez une même espèce animale et dans des proportions diverses pour des espèces différentes.

Les matières salines dans un lait de bonne qualité doivent renfermer : du phosphate de chaux, si nécessaire à la production du tissu osseux; du fer, dont l’existence est indispensable à la formation des globules sanguins, et enfin des chlorures alcalins, qui paraissent remplir un rôle important dans

la plupart des fluides de l’économie. Toutes ces substances, nous les retrouvons en effet dans l’analyse publiée par M. Haidlen, qui a trouvé que le lait de vache contient dans 100 parties :

Malgré toute l’importance que présente la recherche de ces substances dans le lait au point de vue physiologique, nous ne croyons pas qu elles possèdent un assez grand intérêt sous le rapport de la chimie pour nous arrêter à l’étude de chacune d’elles. Parmi toutes ces substances, il en est une cependant qui a attiré notre attention, et dont nous avons cherché à constater la présence dans le lait de vache : je veux parler de l’urée.

Le procédé que nous avons suivi, et qui est dû à MM. Quevenne etBouchardat, consiste à évaporer 2 litres de lait environ au bain de vapeurs, en agitant constamment. On épuise le résidu à plusieurs reprises par de l’éther à 55° B. Le beurre obtenu par la distillation de la solution éthérique est traité à deux reprises par l’eau, et les liquides aqueux soutirés et filtrés sont évaporés de la même manière jusqu’à ce que l’urée puisse cristalliser par refroidissement. En suivant exactement la méthode que nous venons d’exposer, nous avons obtenu des cristaux, mais en si petite quantité qu’il ne nous a pas été permis de les isoler pour les soumettre à l’analyse. Nous les avons alors dissous dans une très-petite quantité d’eau, et le liquide additionné de 2 volumes d’acide nitrique s’est pris en bouillie cristalline. En plaçant une goutte de ce liquide et une goutte d’une solution d’urée pure et les additionnant toutes les deux d’acide nitrique, nous avons pu observer que ces cristaux avaient bien la même forme. Enfin nous avons versé les eaux mères dans le nitrite de mercure, et nous avons constaté un abondant dégagement d'acide carbonique qui a troublé fortement l’eau de baryte. *

Toutes ces expériences prouvent suffisamment que nous avions affaire à

Chlorure de potassium. o,i44

— de sodium. 0,024

Phosphate de chaux. o, 23 i

— de magnésie. 0,04a

— de fer. 0,007

Soude. 0,042

de l’urée ; cependant, pour qu’il ne nous restât aucun doute à, cet égard, nous avons recommencé nos expériences sur une plus grande quantité de lait; mais la précipitation avec laquelle il nous a fallu terminer ce travail nous a empêché de continuer ces recherches.

Dans le procédé de M. A. Morin, que nous avons également répété, le lait est coagulé par l’acide acétique en excès à froid, puis par l’ébullition. Le sérum, séparé du coagulum, est évaporé peu à peu en ayant la précaution de séparer un dépôt de phosphate de chaux qui se forme vers la fin. Le résidu sec est repris par une petite quantité d’eau et le liquide additionné d’alcool qui en sépare les matières protéiques restantes. La solution alcoolique évaporée fournit un résidu de nature complexe soluble dans l’eau et dans l’alcool, insoluble dans l’éther froid, et dans lequel il ne nous a pas été permis de distinguer la moindre trace d’urée.

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