‹ Recherches sur le mécanisme de la respiration et sur la circulation du sangChapitre 2 sur 14 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

L’idée principale de ce travail date de plus de trois ans. J’en ai parlé maintes et maintes fois depuis à mes amis, et à quelques-uns des hommes les plus distingués parmi les médecins et les naturalistes, qui ont été ou qui sont encore mes maîtres. Si l’on ajoute que ces Mémoires ont été déposés au secrétariat de l’Institut dès le mois d’octobre 1819, on se convaincra, j’espère, que les petits extraits publiés sur le même sujet depuis quelques semaines, ne peuvent en aucune manière tirer à conséquence, quelque recommandables d’ailleurs qu’en soient les auteurs.

et physiques ; ils représentent , pour ainsi dire , le balancier de la vie.

C’est au moyen de la respiration qu’on peut apprécier les qualités olfactives des corps , transmettre1 les idées et la volonté, exprimer les désirs, les sentimens* les besoins. Elle établit une communication intime entre l’âme de celui qui parle et l’âme de celui qui écoute : sans elle, l’homme se verrait réduit à parler aux yeux au moyen des gestes , et l’air cesserait d’être le véhicule dé la pensée, comme l’ouïe le sens de l’intelligence.

La respiration est, en outre, le lien des fonctions volontaires et des fonctions sur lesquelles la volonté n’a aucun empire. C’est par son entremise que l’homme peut influencer les unes et les autres; entraver celles du cerveau , modifier et même interrompre l’action du cœur : c’est par elle qu’il peut dans son désespoir , trouver le secret d’une mort volontaire , dans le seul jeu des organes chargés d’entretenir la vie.

Cependant, quoiqu’elle soit soumise à la volonté , et qu’aucun de ses phénomènes ne puisse échapper à l’exploration des sens , la respiration est encore un des points obscurs

de la physiologie. On connaît, à la vérité, les relations constantes des poumons avec les cavités de la poitrine : on sait quils se dilatent quand celles-ci s’agrandissent, qu’au contraire ils s’affaissent quand elles se rétrécissent; que l’air y pénètre dans le premier cas , pour re, plir le vide que les muscles inspirateurs y ont produit ; qu’il en est chassé , dans le second , à l’instant où ces derniers organes viennent à cesser leur action, ou dès que les muscles abdominaux commencent d’agir à leur tour. On sait aussi que ces derniers muscles ne participent point aux expirations ordinaires , qui n’exigent pour s’opérer, que le simple relâchement du diaphragme; tandis que leur action devient indispensable pour les expirations fortes et rapides, avec ou sans bruit; pour fléchir le tronc, dans les grands mouvemens du corps; pour comprimer les viscères de l’abdomen, dans les diverses expulsions.

Mais comment ces muscles produisent-ils des effets si nombreux et si variés par des contractions absolument semblables? Comment sont-ils tour à tour expirateurs, fléchisseurs, et organes d’expulsion? Comment influencent-ils la circulation veineuse et arlé-

nielle ? Gomment peuvent-ils colorer subitement la face, et servir ainsi à simuler les grandes passions ? C’est là ce qu’un nuage obscur dérobe encore à nos yeux.

En étudiant avec attention ces divers phénomènes, je me suis aperçu qu’ils ne résultaient de la contraction des muscles abdominaux, que par l’intervention d’un autre organe, dont l’action est toujours en harmonie avec la leur : cet organe , c’est la Glotte.

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