‹ Recherches sur le mécanisme de la voix humaineChapitre 10 sur 13 · US · texte numérisé non relu

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des caTÎIëi. En pareil ca^9 rien né prow:»e quft le larynx descende plus bas Vers la pQiUîn.e^ ou que la trgchéé-artère , les branches ou leâ follicules. du, poumon accfomplissenl aucune fonction vocale. Il faut se résigner à admettre que c'est un son d'une nature tpùte partie-* lière^^ produit par laiglotte .ou par quelque organe; voisin y et qu'il . en .résulte : un, effç(% semblable à ce que serait, selon notre pensée, un: son. venant des profondeurs; d?s poinnons. : ; *

Ce qui rend probable que l'expression voce di petto, n* est pomt fondée sui: d^snor lions physiologiques, c'est qu^ la voix produite pat cette affection du. larynx , ; de, ^a gorge et de la cavité du nez, connue squs lu nom de rhume ou d'enrouçmept, a un^ consistance Qt un degré . de, f ésQnnemen^ analogues aux sons creux qu'on .si(ppos|8 venir de. la poitrihe. Les artistes distingtiés, qui n'onl^point reçu de la nature c^tte vpix sonore et^pleine» l'acquièrent ^ar une étUdSe et ;Un e:^ercice soutenus. Je connais ui^ açi^ Jteur;de ipérite dont la vpix ^st t^^-agréable jet parfaitement adaptée à la solennité de la tragédie , mais dont les sons toniques parais*

sent néanmoins être légèrement affectés par un rhume , et je n'ai connu pei'sonne de re-^ màrquable dans cette carrière dont la voix ne f(^t au moins, à l'occasion de quelques syllabes , entachée , s'il m'est permis de m'exprimer ainsi , de cet enrouement orotimde.

J'ai déjà avoué mon ignorance touchant le mécanisme et les mouvemens qui produisent la voix orotunde , et j'ai présenté des observations et des doutes qui pourront éveiller l'attention de personnes dont les talens et les loisirs les rendent plus propres que moi à en faire jaillir quelques vérités nouvelles.

J'ai avancé aussi que les seuls exemples connus d'une voix pure et orotunde étaient les prodtiits de l'étude et de l'exercice ; je me propose d'indiquer ici quelques-uns des moyens les plus simples d'acquérir ce genre de voix.

Avec un peu d'attention il est aisé de s'apercevoir qu'il y a deux manières d'émettre l'air dans l'expiration : Vune consiste à le laisser fluer sans interruption et en uH seul jet prolongé; l'autre, à laisser échapper l'air par jets brefs et répétés. Celle-là est en usage dans la re^iration ordinaire , dans les palpitati(ms

violentes, les soupirs, les gémissemens et l'éternuement ; l'autre se pratique lorsqu'on rit ou qu'on parle *,

Par l'influence dé notre volonté sur les muscles de la respiration , le souffle se mé-f nage durant la conversation et se distribue en raison du nombre et de la longueur de chaque syllabe. En se précautionnant ainsi contre une profusion dangereuse , on évite de recourir à une inspiration trop fréquente de l'air atmosphérique ; et la faculté de s'arrêter pendant l'expiration du souffle, entre chaque syllabe ou chaque parole^ pennet à la voix d'éclater toutes les fois que le sens du discours exige une emphase par* ticulière.

La toux peut être accompagnée ou d'une

* Le rire et les pleurs me foarniront roccasioa de pré-* senter pins tard quelques observations.

Le soupir et le gémissement durent un temps égal; l'un est un él^mçut afonique. ^t l'autre un sons-tonique.

L'éternuement est une expiration continue du souffle, commencée soudainement ; il produit également un des élémens vocaux.

' Je ne dis rien des divers modes d'inspiration qui se rattachent à ses facultét.

âuite d'efforts rapides et brefs qui exigènl Fexpiratiôn ; pu d'une seule émission continne du souffle qui s'épuise au moment où le son cesse. G'e^ sûr- ce dernier mode que se^base l'art de se former une voix^orotunde (2^). ' : . ' Cette impulsion donnée |iar la toux'jen un seul trait se compose de la : prononciation subite- d'une des toniques brèves , .^ivie dte la respiration continue qui produit le soi» purement atonique h^ jusqu'à ce que le jet de l'expiration sôit épuisé. Maintenant, si l'on change cette double fonction qui s'accoifnplît par une brusque e^^losibn de la yoix(23)iàc-^ compagnée d'une aspiration, en une voixcont; tinue , ce qui peut se faire par la substitution d'une tonique à cette aspiration, on obtiendra une sorte de son qui, par l'effet de l'étude etde l'exercice , produira cette articulation pleine et sonore que j'appelle orotunde. ; . .^

Cet effet, appliqué à sa prononciation^ lorsqu'il n'est pas accompagné des saccades de la toux , est l'espèce de voix qu'on entend lorsque quelqu'un bâille; car cet acte produit une voix creuse bien différente de la manière ordinaire de prononcer les toniques dans la conversation.

Si l'on s'exerce à produire ce genre de, voix particulier à la toqx et qui est distinct dte k' toux naturelle, laqiieUe se compose en partie d'un son vôeal et en partie d'une aspiration; non-'seulement , dis*je, bn aoquel:*ra une plus grande facilité à former celte v^ix, mais encore on piii-viendra à lui donner considéi'dbl^ent plus de clairtéetdp douceur. Pour cet effet, il' faut s'exercer à parcourir alternativement d'une extrémité à l'autre tous les degrés dé l'échelle concrète j avec chacun des élément toniques^ en prolongean t la voix j^ïisqu'à l'extrême portée de l'haleine dans le mouvement di^ rexpiratk)n*.

liorscjue le lecteur 'sera en état de prononcer parfaitement les élémens toniques dans la Voix orotunde^ il pourra essayer de s'énoncer dans cette ûiéme voix. Il prononcera peut-ét#é lentement de cette ma-* nière chaque syllabe séparément , en lui donnant toute l'étendue de souflBie que com-

* Ce procédé , pour donner de l'impulsion à Thaleine , en la faisant sortir des poumons , est sujet à occasioner de l'étourdissement. On doit donc éviter de trop prolonger cet exercice , et le suspendre aussitôt que rinconvénient signalé se fait sentir.

porte une expiration ; mais, s'il vient à prononcer toute une phrase avec le mouvement qui caractérise le discours ordinaire, il leprendra involontairement sa voix naturelle. On peut rendre raison de cela, en se reportant à la distinction des deux modes d'expiration. Car, bien que Télève puisse acquérir l'art de former la voix orotunde avec un jet soutenu de la voix , il n'est pas pour cela en état de joindre à cette voix un jeu interrompu de l'haleine pareil à celui qu'il emploie dans la prononciation habituelle , lequel est indispensable pour donner de l'aisance et de l'agrément au discours».

Toutefois ^ en s'exereant constamment sur une seule syllabe , à laquelle on aurait soin d'en ajouter successivement une nouvelle, on parvient, avec le temps, à se rendre maître de l'expiration du souffle dans la voix orotunde , comme on l'est dans celle du langage ordinaii^e.

En acquérant cette facilité de gouverner l'aspiration de la voix orotunde, le lecteur s'apercevra qu'encore qu'il puisse arriver à combiner plusieurs syllabes dans le cornas d'une seule expiration de voix, ce

mode de s'en servir, quant à la suite des in^ tonations qui se présentent dans un discours, ne laissera pas de blesser son oreille. Il y aura de la monolonie dans son débit , et il ne pourra, à là fin de chaque période, laisser tomber convenablement sa Yoix. Mais, avec de 1 a persévérance , il vaincra encore cette difficulté , et parviendra à se rendre cette voix aussi familière que les mouvemens variés de la voix naturelle.

Ce que je ^s ici de la voix orotunde est commun à l'usage de la voix naturelle dans; les premiers essais que nous en faisons. Les premiers cris des enfans se font avec un jet continu d'expiration de souffle. IL se passe bien du temps avant qu'ils aient recours au mode dé* l'expiration interrompue. Le pre-^ miér discours d'un enfant se compose d'une teule syllabe prononcée avec une quantité rèlatr?^ de soufflcj en expiration. L'exercice qa'il acquiert par l'usage du souffle qu'interi^OBogpeii^ les pleurs. et les ris, lui fait acquérir l'habilude pleine et entière du langage. Le méméigenre de souffle , entrecoupé de mono-* syllabes^, que nous remarquons chez les en- £ins et chez les personnes qui font leurs^pre-

miers essais pour acquérir la vois; ordtui^de^

s'observe encore chez les TÎmllârds.et chez

ceux qui sont atteints dé certaines: maladies

graves. Dahs tous ces cas la prononôâtioin s'e^

fectue au moyen d'une ou I6ut au plus de

deux syllabes à <}haque mouvement d- expii^a*-

tiob). Il en est de même lêncore dans le» cas

de palpitation occasionëe pw un violait éxer^

cice ; car alors on perd la faculté de nuâuiâer

le jeu de l'haleine expirée. 'm .

' Les artistes dramatiques .les pluis distingués

posisèdènt la voix orotunde« Je ne saurais

dire par quels moyens ils L'ont acquise l^rsrr

qu'elle ne leur était pas naturelle , si tant est

que ces .moyens soient uniformément les

mêmes pour tous»' Pour cet objet, Le «eiil

exercice de la voix ne saurait suffire puii»?-

que la conversation ordinaiioe, etiefibabi-*

tudes oratoires de certaines' professions sont

presque constamment impuissantes pour la

modifier. H ! y a toutefois une circonstance

particulière au débit des actekira, qui peut

avec le temps produire ^ sans If concours

de la volonté , le volume et la gravité isot*

posante d'une voix orotunde. Je vais idone

indiquer en peu de mots un expédient .que

me suggère la déclamation énergique de la scène.

f Que le lecteur, en prononçant l'interjec*' lion hah! dans la voix du diuchottemedat^ fôsse uiie expiration ayec assez' de véBié^ mence pour expulser tout l'air niés poumons* Qu'il change ensuite par le même procédé ce chuchotteineisé en un'scHof Tocal, sa pro-*^ nonciation produira l'efifet graVe^ pleid ^ et Retentissant de l'orotunde, et ps^altra proTèff nir de la poitrine. Ce caractère déi la Toîxi est celiii qui accompagné lek vdeifërationi ; caiY si cet e^rcice riblent ne produit pas le faua^ set ou des eris aigus ietiperçaiis'/ là puissande de la voîx ne s'enïmanifesté ^pjM» dayantagç.^ t Les grands > acteurs ont une ^n^ibiiité vi<ve.,' énergique et i délicate à la^ fois. L» force que leur voix acquiert^ pîar^^te ides <eRf forts que ^ï'Qvoque dette sensibilité, ' les conduit^ ^' éta^\aje»\' comme par instinct, le mode de prononciation ^e j^âi essayé d'ex^ pliquer au moyen de l'inteijec^on hahi^^ J'ai démontré aifle^urS' qu'yen unissant un cev^ tain degré d'énergie dan^ l'aispiration ailx élémiens tcmiques, on parvient à se faiçe im modfl d'expression vif eit ptd$sant^s24)'^^^^P^^]F^*^

continuelle des sentimens outrés du drione, jointe aux efforts qu'exigent les dimensions d'un théâtre, oblige à ce mouyement violent de l'expiration qui finit par donner la Toix orotunde. Ce moyen de la produire m'a indiqué l'idée des avantages qu'on peut retirer d'un exercice véhément des organes d'où pro-^ viennent les effets que j'ai décrits.

' On ne doit pas s'imaginer que le son grave, plein et retentissant de la voix orotunde, soit toujours d'une pureté égale. Cette pureté varie depuis le plus haut degré de perfection jusqu'au point où commence la voix naturelle, et se modifie selon qu'elle est plus ou moins dégagée de l'aspiration , plus ou moins exactement articulée, plus ou moins , frêle ou unie, plus ou moins affectée du son nasal, plus ou moins brillante, lourde , ou forte.

On demandera peut-être quels avantages on retire des soins et du travail que je recommande pour acquérir ce genre de la voix perfectionnée et l'appUquer aux usages de la conversation. — Je répondrai:

- lo.Le son seul de la voix en /est plus musical que celui de la voix orduiaire, puisque , selon son degré de perfection , ou

kn ^iBbr# qui lui est spéeitil j il partidpe du son du ohahimeftu , du cpr ^ da la flûte ou àt» Terres de VhaanBomcaAl y m de certaines ymx qjiy comparées à une belle orotunde^ plainte 'et fiomore , ne présentent rien de plus musical que le bruit d'un marteau tiwnhant siifvwe planche* IJne voi^ musicale ^t plus qu'une autre adaptée à TeiLéçutio» du son mourant^ puisquej^ pour le terminer avec perfection, il faut indispensablem^nt que k voix po$$èdjs de la douceur et du poU. Il y a quelque çbo3e de si attrayant dans ce g^eare de voix, qu'il est apprécié même du petiÇ nombre, de ceux qui sont insensibles aux plus beaux .effets de la prononciaticm, de la sus« pension , de la qualité de la voix et de Pintonation. J'ai connu une personne qui s'était fait une réputation uniquement par le timbre musical de sa vieix, quoique sous d'autres rapports^ également importans pour bieii tire , elle ne s'élevât même pas à la médiocrité. C'est cette qualité qui couronne toutes les autres perfections que peuvent réunir les grands acteurs; elle platt surtout dans la voix des fJNnmes où elle se manifeste plus partie cnliÈFement.

<2o. La Toix orotunde est plus pleine que la voix ordinaire ; et , de même que sa douceur et son poli donnent de la grâce au son mourant, son volume fortifie aussi, avec un effet non moins agréable , le son prononcé du mouvement radical.

3o. La pureté de ce genre de voix donne de la netteté à la prononciation ; car, lorsqu'elle est parfaitement formée , elle n'ofii'e rien de sourd et d'obscur comme le son nasal et le son aspiré , dont la rudesse ressort piarticulièrement lorsque leur combinaison produit le ronflement.

4<>. Elle a plus d'énergie que la voix ordinaire ; en cela , elle porte le cachet de tout ce qui est parfait. L'oreille nourrie de son abondance est pleinement satisfaite.

5**. La voix orotunde est plus soumise à l'empii*e de la volonté que la voix ordinaire ; elle produit conséquemment avec plus d'efiet et de précision les longues quantités du mode concret. Elle est aussi la plus susceptible de variation dans sa force ou dans son volume ; elle convient le mieux pour exécuter les cadences, et pour remplir toutes les autres

conditions de l'intonation employée à exprimer nos sensations.

6**. C'est le seul genre de voix propre à la lecture du drame et de la poésie épique. L'acteur ne doit qu'à elle seule de pouvoir manifester complètement la dignité et l'énergie de ses pensées. L'effet solennel de cette voix l'emporte autant sur les maigres sons du langage habituel, que les tableaux du poëte et la science desMages sur les pitoyables scènes de la vie réelle et sur toutes les étroites maximes qui y sont en usage. C7est la seule voix qui convienne à la majesté des vers d'un Mil ton ou d'un Shakespeare.

7**. Enfin, conmie l'acquisition de la voix orotunde n'exclut pas la faculté de recourir à volonté à la voix ordinaire , on peut d'avance se figurer les avantages que présenterait l'emploi bien entendu de l'une et de l'autre pour donner en quelque sorte au discours des alternatives de lumière et d'ombre, et augmenter ainsi les moyens de relever les formes et le coloris oratoires.

Avant de terminer ce chapitre , je ne saurais m'empêcher d'exprimer la crainte qu'on

ne trouTe insulBSiantes les descsrîptknu ^e je viens de faire des moyens qui me paraissent propres à conduire à des succès. Si l'on trouve mes définitions intelligibles et l'or^ dre de mes raisonnemens clair, je serai heur reux d'avoir rempli une tache qui m'était chère, et le lecteur trouvera peut-être, 4^ns ce que j'ai dit , un genre d'instruction dont il fera profiter les autres ; pour peu qu'il soit doué d'un génie inventif, je ne doute point qu'il ne découvre des ressources pli^ sûres et plus promptes que celles que j'ai indiquées*

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