‹ Recherches sur le mécanisme de la voix humaineChapitre 5 sur 13 · DE LA RÉCLAMATION DE M. GERDY · texte numérisé non relu

DE LA RÉCLAMATION DE M. GERDY

Le rapport de mon premier Mémoire ayant donné lieu à diverses réclamations, j'ai pensé qu'il serait utile.de les reproduire ici, accompagnées d'observations propres à éclairer le public sur les prétentions élevées par leurs auteurs.

Le 17 mai, M. Gerdy écrivit à l'Académie des Sciences pour revendiquer, sinon la priorité quant aux observations contenues dans mon Mémoire, du moins l'honneur d'avoir fait ces observations en même temps que moi. (c M. le Président, disait M. Gerdy,

ayant cru remarq\iér dans \%^ rapport que M. le baron Cuyier a lu dans la dernière séance (lo mai i83o) beaucoup dWalogie entre les observations de M. Bennati et celles que j'ai publiées daâs le numéro de janvier i83o du Bulletin des Sciences mé^ dicales^ dirigé par M. de Férussac, sur l'action du pharynx , de l'isthme du gosier et du voile du palais dans la production des sons , j'ai l'honneur d'envoyer à l'Académie l'article où j'en ai parlé. J'y joins en outre l'article f^oix , extrait du Dictionnaire de Médecine de l'Encyclopédie méthodique, où j'ai publié les mêmes faits, il y a environ trois semaines dans un travail composé cet hiver, dans le moment m^e où pa-^ raissait mon premier travail dans le journal de M. de Férussac. On lit dans la première brochure, pag. 12 : «Dans les sons aigus, le » pharynx se raccourcit et se resserre , le y> voile du palais se tend et se courbe en une i> voûte faisant régulièrement suite à celle du !X> palais , la luette se raccourcit , la basé de D la langue s'élève , et l'isthme du gosier se y> resserre. Ces actions tendent toutes ces >) parties, et les rendent plus élastiques, ce

» qui contribue à la production des sons ai- » gus {Voy. mon art. Voix , dans PEncycl.) » Quoique la luette se raccourcisse graduel- » lement , jusqu'à s'efiacer entièrement, lors- » que la^voix monte très-haut , je ne me crois » pas autorisé à en conclure que ce mouye-^ » ment en particulier concoure à la produc- » tion des sons aigus autrenient qu'en con-^ » courant à la tension du voile pài' là contrac-* » tion du releveur de la luette. »

)) On lit dans la seconde , pag. 486 (pagir nation de l'Encyclopédie) : a Dans les sons » aigus le larynx et le pharynx s'élèvent et se » resserrent nécessairement eîi niéme temps ^ j> puisque ce double mouvement est opéré » par les muscles contrabteurs du second de )) ces organes , et que le dernier de ces c6n^ y> stri€teurs embrasse les lames du thyroïde^ » La contraction du phatynx se vérifie aisé^ » ment à l'oeil au moyen du miroir, et au » doigt par le toucher ; mais , outre ce pre^ » inier resserrement <pii est dû à la contrac** » tion de ces ûHiscles , le pharynx se rétrécit » probablement mécaniquement par la près-* » lâoa du larynx contre la base <le la langue^ » On l'a affirmé d'après des expériences feites

y> sur des cadavres ; maison est allé trop loin* » Cependant le voile du palais s'élève, se tend » et se courbe en voûte par l'action combinée )) de ses diâférens muscles ; la luette se rac- » courcit par l'action de son releveur ; l'isth- » me du, gosier se resserre , et la base de la » langue s'élève par la contraction du glossoy> staphylin. » Je ne citerai plu$ qu'un seul passage tiré de la page 4S7 du même ouvragece Quoique la luette se raccourcisse graduely> lement jusqu'à s'effacer à peu près entièrey> ment , lorsque la voix monte aux plus hauts » sons qu'elle puisse produire , je ne me crois » pas autorisé à en conclure que ce mouve- » ment en particulier concoure sensiblement » à la production de tons aigus*. Ce qui me >) donne de la défiance à l'égard de cette in- » fluence , c'est que la luette n'ofii^e pas tou- » jours le même degré de raccourcissement » dans les mêmes tons. Si l'on chante pendant » un certain temps , en s'observant attentive- )) ment au miroir, on observe , surtout vers » le médium de la voix , que la luette tombe » de temps en temps à des hauteurs inégales » pour les mêmes tons , comme si ces mou- D vemens étaient le résultat de la fatigue de

» son muscle contracté. Mais alors , deman* » dera-t-on , pourquoi la luette se raccourcit- » elle ? Pourquoi ? c'est parce que son mus- » cle , faisant partie du voile du palais, con- » court à la tension qui s'observe dans cet » organe comme dans le pharynx. »

» Vous voyez , M. le Président , que je dois au moins partager l'honneur de quelquesunes des découvertes de M. le docteur Bennati; je le mérite , je crois, d'autant mieux qu'il y a au moins sept ans que j'enseigne tous ces faits dans *mes cours de physiologie, comme il serait aisé de le démontrer au besoin par les travaux que j'ai déjà publiés sur les mouvemens de la bouche et du pharjoix.

Je profiterai même de cette occasion, M. le Président, pour vous demander à lire un Mémoire sur la prononciation qui se rattache à ces mêmes recherches.

)) J'ai l'honneur, etc.

j) Signé Gerdy. »

Cette lettre , adi^essée à l'Académie, dans la ' sésmce qui suivit la lectui^e du rapport sur mon Mémoire, ne me fut d'abord

connue que par ce qu'en rapportant les journaux , dont la plupart annoncèrent que M. Gerdy avait réclamé pour lui la prioirité des observations sur lesquelles se fonde ma théorie. Surpris d'une telle réclaknàtioA , je tâchai de connaître sur quels titres M. Gerdy là fondait; je ne tardai pas à m'assurer que, en ce qui concerne l'objet dont je m'étais odr cupé spécialement , il n'avait publié que Far* ticle inséré au Bulletin des Sciences médicales f encore même dans cet article n'y a-t-il que le dernier paragraphe d'où l'on puisse inférer que M. Gerdy n'est pas resté tout-à-J&ît étranger aux observations que j'ai éxposéesu Comme ce paragraphe se trouve textueUament dans la lettre adressée par M« Gerd^ à l'Ajcadénûe , chacun peut, commb moi lui rendre ce qui lui appartient réelle^ ment. >

Quant à ce qui concerne l'article F'oixy qu'il a &it pour le Dictionnaire de Médecine de la Nouvelle Encyclopédie méthodique ^ comme il n'a pas encore paru, nous n'aurions pu ni dû en parler, si M. Gerdy, en le ccAnmuniquant à l'Académie, ne nous eût en quetr y que sorte autorisé à le compter parmi lesjnè-

ces du:procès. Nous nous réservons dev l'analyser plus bas*

, Quoi qu'il en soit de la réclamation de M. Gerdj, nous ne pouvions la laisser sans réponse 9 et nous n'eûmes pas plutôt pris connaissance de l'article inséré au Bulletin des sciences médicales, que nous adressâmes è l'Académie la lettre suivante :

< (( Un de mes honorables confrères, M. le docteur Gerdj , vient , m^àssurei-tr-ôn ^ d'a-^ dre$ser à l'Académie des Science^ mie lettre dans laquelle il revendiqué sa part d'une dé* couverte qui serait , selon^ lui , l'objet de i^on Mémoire sur le mécanisitie de la vpix humaine dans le chant. Je nesaièpas exacte* inent quelles peuvent être les prétentions de M. Gerdy , mais je dois d'abord déclarer qii'en ce qui touche le point qui ps^raît Foc*cuper exclusivement , je n'^ijamais considéré mon exposé comme une découverte. Nulle paii je n'ai dit que \h production des sons aigus fût due à la contraction des muscles du voile du palais; car, ainsi que tous les phjsiôens et physiologistes qui se sont occupés de la ^x , j'admets que la formation des sons en général s'effectue dans le larynx. J'ai dit , oe

qui confirme l'explication si ingénieuse de M. Savart sur le renforcement des sons primitivement engendrés dans les ventricules , que lerenforcementoa^mo^/aft'on<i^^ noies surlaryngiennes ^ notamment chez les soprariU sfogatiy et chez les tenors-^ontraltini y est dû particulièrement non^-seulement à la contraction des muscles du voile du palais , c'est-àdire à celle àe^ pérystaphylins internes et externes et du palatà'-staphjrlin , mais encore à celles du glosso et pharyngo-stàphylin^ du styloglosse , du stylo-pharyngien , du' mylo et génio-hyoïdien^eimème à celle du palatopharyngien^ et glosso-pharyngien. J'ai dit de plus que ce travail des muscles a lieu y mais autrement modifié dans les sons graves y et }'ai démontré les mouvemens difTérens delà langue en rapport avec le jeu de ces muscles pendant le chant pour les dii^erses espèces de voix et dans les deux registres.

Au surplus , ce qu'il pourrait y avoir dans mon Mémoire de plus important. et de nouveau pour la science, ainsi que l'on m'a fiiit l'honneur de le reconnaître dans le rapport lu à l'Académie , ne serait certainement pas seulement ce qui est relatif aux muscles du

voile du palais , mais bien les recherches qui m'ont conduit à établir, d'après des faits, une théorie positive y après avoir fait la découverte df^^ moui^emens différens de Ut langue dans les diverses espèces de voix pendant le chant ^ et du ' travail des muscles de Pos hyoïde ainsi que de sa fixation sur et pour chaque son; théorie de laquelle il résulte que l'office de ces muscles ne se borne pas aux mouvemens fonctionnels qui ont lieu dans la mastication, dans la préhension des boissons, dans la déglutition, dans l'expulsion des crachats , dans la prononciation et dans la respiration , comme l'indique une note de M. Gerdy, insérée au Bulletin des Sciences médicales^ mais qu'encore ils sont indispensables pour le chant. Dans cette note, dont je n'ai' pu avoir connaissance, puisqu'elle est postérieure à mon travail , mon honorable confrère parle du mouvement de la langue et de la luette dans les sons aigus ; mais , pendant le chant , la langue et la luette ne se meuvent-elles pas aussi dans les sons graves ?...• Et puis, de quelle espèce de sons aigus M. Gerdy veut-il parler ?••••* Dans quels individus?.... Dans quel genre de voix?.... Au reste, d'après ce

que j'ai pu remarquer dans la note qu'il a publiée , il me semble que M. GévAj ne s'est nullement proposé lé même but que moi , et cpie la marche qu'il a suiTie ne pouvait le oon-^ duire à des résultats identiques.

» Je ne puis , dès à présent, répondre posi-tivement à la réclamation formée parM.Ger* dy, puisque je ne la connais que par ouï-dire; mais en attendant je prié l'Académie de vouloir bien prendre en considération cet exposé que j'ai cru devoir lui soumettre.

1) J'ai l'honneur d'être , etc. »

Après la lecture de cette lettre , M. Guvier prit laparole en ces termes ; (voy • PUnii^rself mercr. 16 mai i83c). Académ* des Scicoic.) a J'ai lu , dit-il , avec attention les passages désignés par M. Gérdy, et il me parait main** tenant que sa réclamation porte à faux ; U a décrit les mouvemens du voile du palais, dans la formation des différens sons, maïs il n'a guère dit que ce que l'on trouve dans Fahri* cius d'Aquapendente , dont il né paraît pas avoir connu le travail. Au reste , M. Qérdy s'est occupé seulement des différences que présentent les organes de la voix, suivant

qu'on veut former des sons graves ou aigus j x^ n^est là qu'ime partie de la question que M. Bennati a envisagée dans son Mémoire.

Il est bien connu d'ailleurs que M. Bennati avait composé son Mémoire plus d'un an avant que de leprésenter , et que la date de son dépôt eét à peu pràs la même que celle dé la pu^ blication de la note de M. Gerdj^ dans le Bulletin uhiçersel des Sciences. le ne crois donc point , ajoute M. Cuvier, qu'il y ait rien à changer au rapport qui a été lu sur les tra* vaux de M. Bennati; seulement on y rappellera la note de M. Gerdy. y> - M.Cuvier, dans ce rapport supplémentaire, définissait trop clairement la tâche que j'avais remplie, pour que M. Gerdy ne donnât pas dé nouvelles explications propres à faire comprendre le but de sa démarche. «M. le Président , écrivit-il , comme on paraît n'avoir pas bien compris le but de la réclamation que j'ai eu l'honneur d'adresser à l'Académie , qu'il me soit permis de lui rappeler que je n'ai jamais eu d'autre prétention que de revendiquer une part d'honneur dans l'observation de quelques-uns des mouvemens du pharynx , de l'isthme du gosier, du

voile du palais et de la luette. Qu'il me soit en outre permis de lui déclarer que M. Bennati et moi sommes bien persuadés aujourd'hui que nous avons ùit y a peu près, dans le même temps et chacun de notre côté, des recherches analogues sous quelques rapports ; il est très-vrai d'ailleurs que Fabrice d'Aquapendente a dit quelque chose des contractions du pharynx ; mais , malgré sa prolixité habituelle , il est si bref et si loin de les avoir décrites avec clarté , avec précision et avec exactitude , qu'il fallait peut-être plus de sagacité pour découvrir ces faits dans son livre que dans la nature. Aussi les physiologistes de nos jours ne les y ont-ils pas aperçus et n'en ont-ils fait aucune mention dans leurs ouvrages. J'ajouterai même que Fabrice d'Aquapendente ne semble en parler que par supposition , et d'après Gallien pour expliquer la production des sons aigus , et que le seul cas où il paraisse le faire de visu , il en parle précisément d'une manière inexacte, en disant que l'on voit les muscles du pharynx contracté resserrer sa cavité suivant sa longueur: Hicontracti faiicium arctant securt" dum ejus longitudinem cavitatem ad acu^

tam. En cela, Fabrice d'Aquapendente a suivi la marche d'une infinité d'auteurs anciens qui parlent yaguement des faits qu'ils n'ont qu'imparfaitement observés , ou même qu'ils ont supposés, mais sans y attacher l'im-? portance que mérite une vérité bien démontrée. C'est ainsi , par exemple , s'il est permis de comparer les petites choses aux grandes , que Cisalpin , £rappé du gonflement des reins au-dessous des ligatures , et allant plus loin que ses devanciers dans les suppositions , put dire à tout hasaixl que le sang revenait des artères par les veines au ventiicule droit, lui fit achever le tour que des suppositions légitimes lui Orvaient fait conunencer, et devina la circulation du sang que le génie de Harvey découvrit plus tard parce qu'il l'a prouvée par ses expériences.

^ J'ai l'honneur, etc.

» Signé Gerdy. »

M. Gerdy, dans cette lettre où il s'attache moins à faire ressortir la différence de nos travaux qu'à répondre à quelques observations du rapport supplémentaire, déclare que

je suis bien persuadé aujourd'hui que nous as^onsfaity h peu près dans le même tempSy et chacun de notre coté^ des recherches analo* gués sous quelques rapports» Ici, il devient es* sentiel de s'entendre : s'il s'agit de recherches purement physiologiques, je dois reconnaître que M. Gerdy a, comme moi, observé les mouvemens du pharynx , ainsi que ceux du voile du palais et de la luette , laquelle se contracte dans les sons aigus jusqu'à s'effacer complètement, phénomène dont, avantnous, on ne trouve nulle part l'indication^ Mais M. Gerdy ne dit rien des mouv^nens^de la luette dans les sons graves pour les difïélr^Eites voix; il ne parle ni de l'aspèct ique présente la partie supérieure du tUyàU vùcal dansla notechantante , ni des diffélrens mouvemens de ces parties, et particulièrement de la langue dans les divers chanteurs; il ne pouvait point en parler d'ailleurs , puisque ses recherches n'ont pas le même but que les miennes , et qu'il ne veut en déduire aucune théorie.

Quant à ce que dit M. Gerdy, toudiant l'office de la luette , qu'il me soit permis de ne pas être entièrement de son avis. Si la luette se raccourcit jusqu'à s'effacer en-

tièrenieni dans les sons ai^iis ^ ce n'esl pas uniquement parce qu'elle concourt à la. ten-lsk)n du voile du palais , tnais bien parée t^'elle se contracte aussi plus ou moins partieUe-<ment selon sa condition organique ou la £i^ culte contractile plus ou moiiis prononcée du palato*staphylin. Que l'on prenne, par exemple, plusieurs tenors-contraltini on soprani'sfogàti chez lesquels les mouvemens de ce muscle sont les plus prononcés, et qu'on leur fasse chanter le r^ou mieux encore le mr suï*laryngien ; bien qu'ils puissent tous donner les mêmes sons, la "véritable note chantante né sera donnée claire , ronde et pleine , que pair ceux chez qui l'on observera 1 a contraction parfaite du muscle qui constitue la luette. Si, d'uû autre côté , on porte ses observations sut* ces mémesihdividus lorsque, par suite d'imemaladie ou d'une opération , ils ont perdu la luette en totalité ou en partie, on remarquera que la contraction des muscles du voile du palais reste dans son état normal , et la même chose a lieu à peu près comme lorsque la contraction de la luette n'est pas parfaite. Je citerai à cet égard un fait pathologique très-remarquable.

Ënaoût 1823, un tenor-contrallino, M. Gio-

vanniBoccaletti deBergame, fut atteint d'une hémiplégie gauche ; par suite de cette maladie, la luette, dans les notes surlaiyngiennes 9 ne se contractait plus qii'impar&itemîent du côté droit , et pourtant la contraction des muscles de l'isthme du gosier et du voile du palais s'effectuait toujom*s comme dans l'état normal ; mais M. Boccalettine parvenait plus à donner aucune des notes surlaryngiennes qu'il rendait si facilement et avec tant de sonoréité avant sa maladie.

Maintenant, il nous reste à examiner quel rapport l'article Voix de M. Gerdy peut avoir avec les énoncés de notre Mémoire. En lisant attentivement cet article , on est forcé de reconnaître que nulle part il n'a songé à donner à ses observations la direction toute spéciale que j'ai suivie pour les miennes. M. Gerdy a dit, pag.486: a Dans les sons graves l'air est y> expiré ou chassé de la poitrine avec peu de y> force et de rapidité^. Les lèvres de la glotte y> s'étendent à peine , leurs vibrations sont » peu rapides , celles du larynx et de toute

* Fabrice d'Aquapendente, De visione, voce, audito. Pars 3; c. 1 1 . Dodart , Savart.

» la r^on de la gorge sont très-sensibles à » la main, l'isthme du gosier est largement » ouvert, et le voile du palais abaissé et en )) repos. »

Ici, j'en demande pardon à M. Gerdy, je ne puis me dispenser de dire que cela ne se passe pas ainsi pour les sons graves , et encore moins pour les notes graves. Dans ces notes, chez toute espèce de chanteurs, comme chacun peut s'en assurer, le voile du palais se hausse , se porte en arrière ; la luette . se raccourcit et se contracte sur sa base , ainsi qu'il est dânontré dans notre premier Mémoire. En ce point, M. Gerdy et moi n'avons pas vu de la même manière.

Plus loin (p. 487)? M. Gerdy affirme que si l'on chante, pendant un certain temps, en s'observant attentivement au miroir, on remarque, vers le médium de la v^ix, que la luette tCMOcibé de temps en temps à des hauteurs inégales pour le même ton , comme si ces mouvemens étaient le résultat de la fatigue de son musclé contracté.

Ce résultat peut être tel quelquefois, selon la qualité de la voix et l'espèce de chanteur. Ainsi, j'ai observé ce phénomène dans les

basses-tailles frêles et chevrottantes ; maïs je n'ai pu le remarquer dans les tmors ^ les soprani , les mezzi soprani et les contralti.

En général, pour une voix ronde et sonore ia luette se contracte gi^aduellement jusqu'à s'effiicer tout-à-fàit dans les notes surlaryn* giemies les plus aiguës. Cette contraction de la luette, on l'observe aussi, même pour les notes les plus graves , chez quelques chanteurs, particulièrement chez les véritables soprani; le voile du palais se hausse alors et se porte en arrière, ainsi qu'il a été indiqué plus haut. Au reste , j'ai d^à indiquée dans mon Mémoire que chez quelques bassestailles douées d'une voix très-sonof e, la luette s'effîice tout-a-fait dans les notes les plus graves, suivant toujours d'avant en ani^e le mouvement du voile du palais ; les piliai^ du gO^er ainsi que les amygdales^ dbef ces piémes individus, sont à peine visibles.

• Le travail de M. Gerdy pourrait étre^ de ma part, l'objet de quelques remarques critiques; mais, bien qu'il parle des notes graves ou aiguës, contme il ne dit pas un mot qui se rapporte au chaut , et que nulle part U n'^i ait traité spécialement non plus que desdi-

vers mouvemens perceptibles dans les difFérens genres de voix , il nous a paru superflu d'insister davantage sur des recherches qui ne sauraient avoir de rapport avec les nôtres que dans les simples énoncés d'observations que nous avons rappelées, d'après M. Gerdy.

On me pardonnera de m'étre étendu autant que je l'ai fait , à propos de l'incident auquel a donné lieu le rapport sur mon Mémoire y je n'ai pas plus l'intention de diminuer la part d'honneur qui doit appartenir à M. Gerdy, que celle d'exagérer le mérite de mon travail. J'ai cédé à la nécessité de montrer que nous nous sommes l'un et l'autre engagés dans une voie tout-à-fait différente, et avec des intentions telles qu'il était impossible de nous rencontrer.

OBSERVATIONS

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