‹ Recherches sur le mécanisme de la voix humaineChapitre 7 sur 13 · DE SES DIVERSES QUALITES · texte numérisé non relu

DE SES DIVERSES QUALITES

Le docteur Jimcues fiusch a £ût paraître , sous le titre de Philosophie de ia voix hu-:

maine , un ouvrage qui a dA lui coûter beau*coup de recberclies, et doid; lea divisioDS déoèlent un esprit éminemment observateur et jnéthodique. Tout en n^admettanl pas entièrement les pnndpes qu'il adopte, les faits qu'il expose yet les conséquences qu'il en tire , il est impossible de lire sans intérêt ses nii-

nutieuses analyses de l'origine des S0ns dans la voix humaine, de leurs développemens, de leurs accidens et des causes qui influent sur leurs qualités. Son livre est un travail consciencieux; cependant, quoique ses aperçus soientbons et lumineux, il n'a pualler au-delà. En s'attaquant à un sujet intimement lié aujeu de certains organes dont la position et les mouvemens compliqués rendent l'observation difficile, le docteur Rusch a trop compté sur sa sagacité naturelle pour remonter des effets aux causes. Des notions exactes en physiologie l'auraient conduit bien plus sûrement de la connaissance des causes à celle des effets , en lui fournissant les moyens d'asseoir sa théorie sur les bases invariables de l'organisation humaine. A défaut de ces notions, il s'est vu réduit à faire des conjectures fondées uniquement sur ses impressions ; de là résulte le caractère d'indécision qui r^ne .dans tout son livre. Le savant Américain paraît moins s'être occupé de rechercher des

vérités que de détruire certaines erreurs* Les difficultés qu'il soulève , non- seulement il ne les résout point, mais encore, après les avoir examinées, il termine par l'aveu réitéré de son impuissance , qu'il reconnaît avec une candeur digne d'éloges.

La section dans laquelle il traite du méca-nisme de la voix était dé nature à fixer mon attention ; le style n'en est ni toujours clair, ni toujours convenable : on y remarque même quelques expressions qui ne sont sans doute usitées qu'aux États-Unis ; je fais cette remarque pour qu'on n'attribue pas à la traduction des défauts qui appartiennent à l'original.

Je dois aussi prévenir mes lecteurs que les expériences dont M. Rusch s'étaye pour accréditer sa théorie, se rapportent uniquement à l'idiome qui lui est naturel. Tous ses exemples sont tirés de la langue anglaise; c'est elle qui lui fournit les élémens qu'il assigne aux combinaisons constitutives du langage , en sorte que ses propositions sont

en partie établies sur des sons qui n'ont point de èorreq>ondans dans les autres langues et dont, par conséquent, je ne puis donner que dès idées incomplètes .

Cependant , pour obvier autant que possible à cet inconvénient , je joins à cette tracduction quelques notes o& j'indique les sons de la langue française qui se rapprochent le plus de ceux que l'auteur a puisés dans son propre idiome. On concevra que l'emploi des signes prosodiques connus sous le nom de brèi^eâ et de langues m'a été iBdispensd>le.

Ils éuffiront sans doiite pour fiicilitwaux Français qui n'entendent point l'anglais, la pro* nonciation des sons dont il est ici question.

Pour plus d'exactitude et mieux préciser les nuances , j'aurais pu recourir à d'autres méthodes d'annotations ; les travaux d'Hermami; d'Apel, sonantagcmiste; deWolf, l'illustre traducteur d'Homère ; de G. Schleigel, et plus récemment de quelques autres prosodistes allemands , parmi lesquels le chef de

leur école , le philologue Boeck de Berlin , m'auraient fourni les moyens de caractériser minutieusement les sons que je veux faire comprendre ; mais il aurait fallu donner la clef de ces méthodes , et j'ai pensé qu'il était plus expédient de m'en tenir à l'ancienne manière, bien qu'elle soit insuffisante et toutà-fait en arrière de la science.

Aux notes nécessaires à l'intelligence , j'ai cru devoir ajouter aussi quelques ob~ servations critiques relatives à plusieurs points dont je n'avais pas parlé dans mon premier Mémoire et auxquels le docteur Rusch s'est spécialement attaché.

DU

ET

Page 1