C. — ORIGINES DU RACHITISME HUMAIN
Nous avons vu que les enfants élevés au biberon étaient plus sensibles au rachitisme que ceux élevés au sein et que fréquemment les « rachitiques florides » étaient des suralimentés. Dans les cas de « rachitisme tardif », les enfants n'ayant pas assez de lait complet, d'œufs, de beurre et de graisses animales, en sont affectés, comme on l’a observé en Allemagne pendant et après la guerre de 1914-1918. Il faut donc en premier lieu rechercher l’origine de cette affection dans un régime alimentaire défectueux.
Par ailleurs, les médecins connaissaient empiriquement, depuis très longtemps le pouvoir antirachitique de l'huile de foie de Morue. Plus récemment MELLANBY [56], PARK [105] et HowLaND [39] ont donné des preuves probantes de son action thérapeutique et FUNK en conclusion de ses travaux assimilait le rachitisme à une « avitaminose » et déclarait que l’huile de foie de Morue est active parce qu’elle contient la vitamine qui manque à l’organisme rachitique (1913).
Les bienfaits de la lumière solaire ont aussi été constatés depuis très longtemps. Ce fut HULDCHINSKY [40] en 1919 qui le premier eut l’idée de remplacer la lumière solaire par les rayons ultra-violets produits par la lampe en quartz à vapeur de mercure ; il obtint ainsi la guérison des lésions osseuses. En réalité, la partie non saponifiable de l'huile de foie de Mo-
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rue contient de l’ergostérol ou « provitamine » qui irradié donne naissance au facteur antirachitique (HEss [35], WiNpaus 1927). L’ergostérol ou une autre provitamine se trouverait également dans la peau et dans le sang ; irradié par les rayons ultra-violets, il devient antirachitique in situ. En plus de ces expériences qui ont conduit à la connaissance de la vitamine D, les expérimentateurs ont cherché quelles pouvaient être les répercussions sur l’organisme de la variation des teneurs en calcium et en phosphore du régime.
C’est pour approfondir toutes ces questions que des travaux ont été poursuivis dans les laboratoires sur le rachitisme expérimental.