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tilage ae conjugaison et de l’os métaphysaire pour les ions PO; et Ca‘ très élevée chez les animaux normaux, est minime chez des animaux soumis à un régime rachitigène. Or c’est justement à la facilité exceptionnelle avec laquelle les os normaux fixent les ions qu’est due leur rapide ossification pendant la croissance. Les travaux de LOGAN et TAyLor [45] montrent que c’est probablement à Pétat d'ions POS et Ca que le phosphore et le calcium sont primitivement fixés dans los, et, de ce fait, la théorie de RoBisoN [75] rapportant à la formation initiale de phosphate tricalcique la calcification de la substance préosseuse semble difficile à admettre comme explication unique du mécanisme minéralisateur des os. Aussi comprend-on dès lors que les lésions rachitiques de ceux-ci apparaissent si la zone où l’ostéogénèse est normalement la plus intense perd en partie son aptitude à fixer les éléments du « sel de l’os ».
Le rachitisme expérimental, tel qu’on le provoque au moyen d’ingestion par des animaux en croissance d’un régime déséquilibré en sels dont le rapport : Ca/P, est supérieur à 3, comporte donc à la fois un facteur digestif et un facteur osseux. Le premier se traduit par un défaut de résorption des sels alimentaires, défaut ayant pour conséquence une réduction d’apport en éléments minéraux à l’os. Quant au second, les modalités de sa mise en jeu, sans doute fort complexe, demeurent obscures, mais son existence même ressort des faits que nous avons établis. Cette dualité dans le mécanisme de production des lésions osseuses rachitiques a été également mise en évidence par ailleurs, au cours de travaux sur l’action de la vitamine D et de la carence de celle-ci. NICOLAYSSEN et JENSEN [67] ont poursuivi à ce sujet d’intéressantes recherches. Etudiant histologiquement et chimiquement les os des Rats en croissance soumis à un régime rachitigène ils concluent « Dans des séries d'expériences où la carence en vitamine D a été réalisée au cours de périodes plus ou moins longues la densité de la calcification osseuse paraît être régie uniquement par les quantités de phosphore ou de calcium apportées par le sang. Toutefois, les examens histologiques des os indiquent que Ia vitamine D peut dans une certaine mesure exercer une influence sur l’architecture des os ». Plus récemment J. Ro- CHE et MARCELET [92] étudiant l’action de la vitamine D sur des animaux en croissance recevant des régimes déséquilibrés
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en sels ont adopté une conclusion du méme ordre, à savoir que l’action de la vitamine D s’exerce probablement à la fois sur la résorption du calcium et du phosphore alimentaires (action intestinale) et sur les processus d’ostéogénèse (action osseuse), peut-être par l'intermédiaire de facteurs hormonaux.
Ainsi divers faits relatifs au développement normal du squelette, à l’action de la vitamine D, au mode d'organisation des lésions de type rachitique, suggèrent identiquement la conclusion suivante : l'existence de troubles dans le ravitaillement de l'os en phosphore et en calcium d’origine digestive ne suffit pas pour expliquer les dystrophies osseuses rachitiques. Celles-ci ne peuvent s'organiser que grâce à des troubles dans la formation et dans la nature du support protéique de la substance osseuse. Il ne nous appartient pas de discuter le mécanisme de la génèse de ce stroma protéique et, d’ailleurs, nos connaissances à cel égard sont des plus réduites ; mais c’est à notre avis l’étude de ce constituant osseux qui permettra seule de faire des progrès importants dans la connaissance du mécanisme de l’ostéogénèse normale ou pathologique. Notre travail n’est qu’un modeste début de cette étude.
Ces faits orientent donc l’attention sur la matrice protéique de l’os et ils font ressortir à nouveau la nécessité d'acquérir à son sujet des connaissances nouvelles pour pénétrer le mécanisme de la formation de la substance osseuse. Comme l’ont écrit POLICARD et ROCHE [72] « La nature de la substance préosseuse calcaffine reste entièrement à déterminer. Le problème sera difficile à résoudre, maïs il est capital et mérite de tenter les efforts des biochimistes. Tant qu'il n'aura pas été abordé, nos connaissances sur la formation de la substance osseuse demeureront rudimentaires ». Or des données précises sur le même sujet sont aussi le fondement nécessaire de toute l'interprétation des faits pathologiques et expérimentaux sur l’organisation des dystrophies osseuses. Il faut souhaiter que les travaux qui les apporteront soient poursuivis dans un avenir prochain.
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