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riole confluente un mois avant sa naissance et qui vint au monde couvert de pustules varioliques. On peut trouver quelques autres observations semblables dans la science; je signalerai seulement celle qui est rapportée par le docteur Fumée de Montpellier, et qui présente ceci de particulier, c’est que la grossesse était gemellaire et qu’un des enfants seulement était porteur de pustules varioliques.
Ces faits du reste ne doivent pas nous étonner aujourd'hui que nous avons démontré que le placenta n'était pas comme on le considérait jusqu'à présent, une barrière infranchissable à tout élément figuré. Quant à la rareté des cas où l’éruption a été apparente, elle s'explique suffisamment par les très mauvaises conditions où se trouve la peau du fœtus, baignée qu'elle est par le liquide amniotique, pour que l’éruption s'y produise. On sait en effet que d’une façon générale, une éruption varioleuse est d'autant moins confluente que la partie est plus à l'abri de l'air. Mais est-il à dire pour cela que tout enfant qui viendra au monde non porteur de pustules varioliques n'ait pas eu cette affection. Je ne crois pas qu'on puisse l’affirmer, surtout étant donné des cas parfaitement certains où des enfants nés dans ces conditions se sont montrés réfractaires à toute tentative de vaccination.
J'en trouve un cas rapporté par M. Desnos, à la Société médicale des hôpitaux en 1871, et reproduit dans le travail de Barthélemy. Il s’agit d'une femme qui pendant sa grossesse eut une variole grave. Arrivée à la période de dissécation elle accoucha d'un enfant bien portant qui ne présentait aucune
rt trace d'éruption variolique. La mère et l'enfant restèrent pendant un mois dans la salle des varioleux. Trois fois on essaya de vacciner l'enfant, ce fut toujours sans succès. On ne pourrait dans ce cas incriminer la nature du vaccin employé, car la
vaccination réussit chez tous les autres enfants.
Nous avons nous-même enregistré un fait tout à fait analogue. Voici d’ailleurs en détail cette observation, à laquelle nous avons fait plusieurs fois allusion durant le cours de notre travail :
Pa. (Marceline), âgée de 28 ans, a déjà eu trois enfants et une fausse couche. Cette femme a été vaccinée dans son enfance, mais n’a Jamais été revaccinée. Elle n’a d’ailleurs jamais eu de maladies antérieures.
Les règles sont apparues pour la dernière fois au mois de décembre 1881. Puis elle a eu quelques vomissements, et la grossesse a suivi son cours régulier.
Le 2 juillet, elle est prise d’une céphalalgie intense s’accompagnant de vomissements. Le lendemain frisson et fièvre.
Le 4 juillet, continuation des mêmes symptômes, auxquels s'ajoutent de violentes douleurs de reins, qu’elle compare aux douleurs du début de ses accouchements précédents; elle fait appeler une sage-femme qui lui ordonne un purgatif huileux.
Le 6 juillet, apparition de quelques pustules de variole sur le visage, elle est amené à l'hôpital Pellegrin, service de M. le docteur Lande.
Quelques heures après son arrivée à l'hôpital nous examinons la malade. La fièvre est intense. Pouls 120. Température axillaire 40° 5.
Le front, le visage, les bras, l'abdomen et les cuisses sont couverts de pustules, sans cependant que l’éruption soit très confluente.
L’utérus est volumineux, remonte àenviron trois travers de doigts au dessus de l'ombilic, les mouvements du fœtus se perçoivent très bien. On entend très distinctement le pouls fœtal un peu au dessus de l’ombilic et à droite.
Le col est ramolli dans toute sa portion vaginale. La lèvre antérieure
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présente une tuméfaction très sensible. La femme ressent de très fortes douleurs rénales. L'accouchement paraît prochain. Le lendemain matin l’état n’a pas varié, les douleurs ont continué pendant toute la nuit. Dans la matinée elle à eu un épistaxis très abondant. Le pouls est à 112 et la température axillaire 38° 7. Les battements du cœur et les mouvements actifs du fœtus sont toujours très sensibles. Le travail ne paraît pas avoir avancé. Comme traitement, on ordonne une potion tonique, et une potion opiacée de façon à diminuer les contractions utérines.
Le 8 juillet, l’éruption est complète. La malade a eu dans la nuit des épislaxis abondants à trois reprises différentes. Le pouls est à 120, la température axillaire n’est plus que de 37° 3. La céphalalgie et les douleurs abdomidales ont disparu.
La maladie suit alors son cours régulier, pendant laquelle les battements du cœur du fœtus ont toujours été parfaitement distincts. Le 20 juillet, la malade sort complètement guérie.
Le 21 août, cette même malade rentre de nouveau à l'hôpital Pellegrin, mais alors dans le service de la Maternité. Elle à ressenti la veille quelques douleurs abdominales et a perdu un peu de sang.
Le 15 septembre, elle est prise de douleurs et accouche normalement au bout de huit heures de travail.
L'enfant est en parfaite santé et ne présente absolument rien sur le Corps.
Le lendemain de sa naissance il est vacciné, par trois piqûres à chaque bras. Aucune d'elles ne prend.
Le 23 septembre, nouvelle vaccination de l'enfant, qui échoue encore bien que le même vacein ait réussi sur tous les autres enfants auquel il a été inoculé.
On voit qu’en ce qui concerne l’immunité vaccinale notre observation est tout à fait analogue à celle de M. Desnos. On en trouve d'ailleurs quelques autres dans la science. Je dois dire toutefois qu'il en existe aussi où, au contraire, la vaccination a réussi sur les enfants, bien que les mères aient été
KE atteintes de variole pendant leur grossesse. Deschamps, dans sa thèse, en publie trois observations.
Que conclure de ces résultats contradi-toires? Evidemment c'est que dans certains cas au moins la maladie, c’est-à-dire le microbe, car pour nous, la variole est essentiellement constituée par cet élément, le microbe, dis-je, doit traverser le placenta; seulement arrivé dans le sang du fœtus, il trouve un milieu de culture différent de celui de la mère; de deux choses l’une, ou bien ce milieu lui est favorable et 1l s'y développe et le fœtus sera alors atteint de variole, ou bien il ne pourra s'y développer et l'enfant naïîtra indemne.
Quant à l'immunité vaccinale qu'il pourra présenter, cette immunité peut tenir évidemment à ce qu'il aura été atteint de variole dans l'utérus, mais ce n’est pas une conséquence absolue de ce fait, et comme nous allons le voir dans le chapitre suivant, limmunité n'implique pas absolument l'infection du fœtus lui-même, puisque l’immunité peut exister chez les fœtus dont la conception est postérieure à la maladie de la mère.