LES POINTS DE TRANSFORMATION
Il existe, parmi les appareils de mesure employés dans l’industrie métallurgique, un enregistreur photographique dü à MM. Le Chatelier et Saladin (*). Le principe de l’appareil est le suivant. Deux galvanomètres reçoivent le mème faisceau lumineux, issu d’un point très brillant, de diamètre très faible. Le faisceau lumineux, avant d’arriver sur le second galvanomètre, est renversé par un prisme destiné à transformer en déplacements verticaux les déplacements horizontaux du faisceau lumineux. Au foyer du point lumineux, par rapport à ce système optique, se trouve une plaque photographique. Un des galvanomètres donne l’abscisse et l’autre l’ordonnée. Cet appareil permet done d'enregistrer deux phénomènes électriques, l’un en fonction de l’autre.
Pour observer un point de transformation, on enregistre la différence entre la température du corps À et celle d’un corps B ne subissant pas de transformation en fonction de la température (Roberts Austen).
A cet effet, l’un des galvanomètres est mis en communication avec une pince thermo-électrique, et l’autre avec un élément thermoélectrique dont une soudure est en À, l’autre en B (vorr la figure).
Dans le cas présent, les couples que j'ai employés étaient en cuivre et en constantan, gradués au moyen des points de fusion de l’étain et de l’antimoine.
Le phosphore était enfermé dans un tube de verre d’'Iéna à parois très épaisses, à la base duquel j'avais soudé, par une soudure inté-
rieure, un tube de petit diamètre fermé à l’une de ses extrémités.
(!) Sazanin, Revue de Métallurgie; Catalogue de la maison Pellin,
Le petit tube recevait à son intérieur la pince donnant la tempé-
rature et le pôle À de l’élément thermo-électrique.
Fig. 9.
Schéma du galvanomètre double.
A l'extérieur du gros tube, et séparé de ce dernier par un carton d'amiante, afin qu’il n’y ait aucune influence venant du phosphore, se
trouvait l’autre soudure B de l’élément.
Détermination des points de transformation du phosphore.
Le tube était rempli de phosphore rouge ordinaire et scellé une fois
vide d’air. Le tout (tube et pinces) était placé dans un lazge cylindre
de fer, dans lequel on tassait du sable très pur, caleiné au préalable. On éloignait soigneusement du métal les couples, afin que les points de transformations de l'acier doux ne viennent point perturberles résultats.
L'ensemble était introduit dans un four électrique à résistance, que je chauffais en mettant le rhéostat, dès le début de l'expérience, à sa position définitive. En effet, si j'avais chauffé progressivement le four,
chaque changement de plot aurait amené une discontinuité.