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VOIES DE CONDUCTION

I. Voies de conduction : 1» Entre la moelle et les ganglions solaires; 2° Entre les ganglions solaires et les viscères; 3» Au niveau du carrefour solaire. — II. Fibres vaso-constrictives. Expériences d'excitation. III. Fibres inhibitrices et vasodilatatrices. Expériences de Langley. Faits observés chez le chien avec la technique de Langley. Discussion. Conclusions relatives aux libres vaso-cons trictives, inhibitrices et vaso-dilatatrices.

I. — Pour déterminer par quelles voies passe l'influx nerveux qui règle les fonctions des viscères abdominaux, deux procédés doivent être appliqués, l'excitation et l'ablation. Excitation et ablation ne sont d'ailleurs que les deux faces d'une môme méthode, toujours suivie dans les questions de conduction et de localisation, dans le cerveau comme dans la moelle ou les nerfs.

Les voies de conduction du système solaire peuvent être réparties en trois groupes.

1) Les voies inter centrales, dites afférentes du plexus, comprises entre la moelle et les ganglions solaires.

2) Les voies périphériques, dites efférentes du plexus, comprises entre les ganglions solaires et les viscères ;

3j Le carre four solaire , comprenant les fibres qui avec les ganglions forment le plexus solaire proprement dit.

Nos expériences d'ablation nous ont indiqué la nature des principales fibres de chacun des trois groupes.

Du !'''■ groupe, par l'ablation du sympathique thoraciqae et la section des splanchniques (expériences 1, 2, 6, 8, 9 et 10) ;

Du 2^ groupe, par l'arrachement du nerf splénique (expérience 13) ;

Du 3'' groupe, parla ligature, lanicotinisation, la section, l'ablation totale ou partielle du plexus solaire (expériences 1 à 7, et 12 à 21).

Inversement, nos expériences d'excitation ont confirmé les inductions fournies parles expériences d'ablation.

Plus intéressantes, car elles sont susceptibles de tracés^ elles ont complété ces dernières.

Par la méthode graphique, nous avons aussi pu étudier, dans les voies de conduction, les fibres vaso-motrices dont la connaissance longtemps difficile, est devenue la plus précise grâce à la méthode de pléthysmographique.

Nos expériences nous ont permis de mettre les fibres vaso-motrices en évidence dans le l^"" groupe, voies intercentrales (expériences 1 et 2), dans le 2*^ groupe, voies périphériques (expériences 3, 4, 5, 7) ; et dans le 3^ carrefour solaire, non seulement par des sections et des excitations électriques (expériences 1, 2, 3, 4j mais encore par des paralysies toxiques, (expérience 5).

Voici, en quelques mots, au point de vue de la nature de leurs fibres, la constitution de ces trois groupes.

1) Les faisceaux afférents du plexus solaire, en particulier le système splanchniqiie, contiennent en plus de fibres sensitives (Landois) des fibres motrices, vaso-motrices et sécrétoires.

a. Des fibres sécrétoires, certaines sont bien connues comme les fibres glycoformatrices de Morat et Dufour.

b. Parmi les fibres motrices, les unes agissent sur les fibres circulaires de l'intestin (Gourtade et Guyon)^ d'autres sont inhibitrices (fibres inhibitrices de l'estomac, de l'intestin).

c. Parmi les fibres vaso-ynotrices, les unes sont vaso-constrictives, les autres vaso-dilatatrices.

d. Par leur nature, les fibres vaso-dilatatrices se rapprochent des fibres inhibitrices. Aussi leur trajet est-il surtout intéressant à préciser au niveau des ganglions solaires.

Ces vaso-dilataleurs du splanchnique ont d'abord été signalés par Rose Bradfort. JoHANXON (1890) a également trouvé dans les splanchniques quelques vaso-diialaleurs qu'il suppose se rendre aux intestins.

Laffont 2 a essayé d'établir que les trois dernières racines dorsales contiennent des vaso-dilatateurs pour le foie et que leur section est à même de rendre inefficace faction du nerf dépresseur de Cyon. Le premier de ces faits est en désaccord avec fexpérience de Cyon et Aladoff^ qui ont démon-

' Le splanchnique contient à la fois des fibres motrices et des fibres paralysantes poui' les mêmes muscles, fibres circulaires de l'intestin, Texcitation électrique mettant en jeu les unes ou les autres suivant l'état de l'intestin. Arch. de physiol., 1897, p. 423.

- C. R. Ac. Se, 1880. p. 705.

^ Acad. Se, Pétersbourg, 71.

tré que les fibres nerveuses qui, du premier ganglion thoracique,se rendent au dernier ganglion cervical, contiennent au contraire des vaso-constricteurs du foie ; leur section produit une vaso-dilatation dans le foie ainsi que le diabète. Ce fait expliquerait que l'action du dépresseur produit un effet moindre sur la pression générale après la section des trois premières dorsales. D"autre part l'observation de Laffont est aussi en désaccord avec les auteurs qui ont trouvé des vaso-dilatateurs du foie dans le pneumogastrique (de Cyon) *.

Rose Bradfort par excitation du bout périphérique du splanchnique par des courants d'induction à des intervalles d'une seconde, affirme avoir obtenu une baisse de la pression sanguine.

Ce résultat ne fut pas confirmé par d'autres observateurs. En fait, la hausse de la pression à la suite d'une excitation (avec des courants peu fréquents), des splanchniques est moins générale qu'après une excitation ordinaire, mais jamais il ne se produit une baisse de cette pression.

Par excitation des splanchniques, par des courants à interruptions lentes ou rapides, Rose Bradfort a vu, en même temps qu'une baisse de pression, une augmentation de volume des reins. Il en conclut que les splanchniques contiennent des vaso-dilatateurs pour certains organes abdominaux.

Pal ■' aurait trouvé que lorsqu'on excite le splanchnique par des courants trop faibles pour provoquer une élévation de pression, [l'écoulement du sang des vaisseaux pancréatiques augmente néanmoins.

F. ^Franck et Hallion'' concluent que les splanchniques possèdent des vaso-dilatateurs pour certaines parties des intestins et pour les reins.

D'ailleurs, dans toutes ces recherches il n'est pas tenu^ à part les dernières, suffisamment compte de l'antagonisme entre les circulations périphérique et abdominale. Souvent même on a trop négligé aussi le caractère passif des dilatations qui doivent forcément se produire dans certaines parties des organes viscéraux quand, par suite de la contraction des vaisseaux plus puissants de la région voisine, le sang est chassé de cette dernière.

En résumé, les preuves fournies jusqu'à présent en faveur de fibres dilatatrices dans les splanchniques sont bien problématiques (de Gyon)''^ et la quantité des vaso-dilatateurs dans les splanchniques est trop insignifiante, ditBiedl, ou plutôt le domaine vasculaire qu'ils régissent a une étendue trop faible .pour pouvoir exercer une influence notable sur la circulation générale de la pression sanguine pendant l'excitation du splanchnique ^

' Dict. de Physiol. IV, p. 790.

- Wiener. Med. Wochenschrift, 1891, 4.

^ Arch. de Physiol., 1896, p. 908.

* Loc. cit.

'■'• L. Biedl, Die innervation der Nebenniere {H. g. P., LXVII, 463).

2° Les fibres efférentes des ganglions solaires sont par définition des fibres à action positive : fibres motrices, qui n'ont certainement pas de relais au niveau des ganglions solaires et des fibres vaso-constrictives. En effet, selon la loi de Claude Bernard appliquée par Dastre etMoratau système sympathique, toute fibre qui va directement à un organe ne peut être ni inhibitrice, ni vaso-dilatatrice, puisque la vasodilatation n'est qu'uni? variété d'inhibition. La détermination des territoires innervés par les fibres a été suffisamment indiquée dans le chapitre précédent.

3° L'étude des voies de conduction au niveau du carrefour solaire est beaucoup plus importante. En plus du trajet des vaso-constricteurs et de leurs connexions avec les ganglions, elle comprend le problème de l'existence, de la valeur et du rôle des fibres inhibitrices et vaso-dilatatrices.

IL — Le TRAJET DES FIBRES vAso-coxsTRiCTivES a été étudié dans les expériences suivantes ^

Dans wne première expérience sur le trajet des vaso-constricteurs du rein (expérience 1) on constate les faits suivants d'une interprétation facile. L'excitation du sympathique thoracique à la hauteur du Li« communicant produit la vaso-constriction du rein gauche, l'élévation de la pression artérielle et l'augmentation de volume du rein droit.

Cette augmentation de volume du rein droit dépend évidemment de l'élévation de la pression artérielle. On aurait pu constater le même phénomène au niveau du foie, des fosses nasales, du cerveau. Alors que le rein gauche présente une vaso-constriction active, le rein droit a subi passivement une augmentation de volume.

Cette action différente des deux reins continue à se produire après la ligature du ganglion semi-lunaire gauche, sous l'influence de l'excitation du sympathique thoracique intact ou sectionné, à la hauteur du onzième communicant.

Ainsi, les vaso-constrictions du rein ne passent pas par le ganghon semi-lunaire, ils sont contenus dans le splanchnique, ils sortent de la moelle à la hauteur ou au-dessous du 11^ communicant, ils ont une distribution uni-latérale.

* Voir le détail de chacune de ces expériences au chapitre : Expériences.

L'excitation du sympathique tlioracique faite ensuite du côté droit donne pour le rein droit des résultats absolument comparables et de plus produit nettement, alors que le phénomène était discutable a

gauche, une vaso-constriction de l'intestin, même après section des demi-ganglions semi-lunaires.

Des vaso-conslricteurs de V intestin grêle sont donc contenus dans le sympathique thoracique au niveau et au-dessous du 11'' communicant, ils atteignent ou du moins certains atteignent l intestin sans passer par les ganglions semi-lunaires.

Une deuxième expérience met en évidence le trajet des vaso-constricteurs de la rate et de Vinlestin (expérience !2).

La ligature du ganglion semilunaire gauche produit immédiatement, avec l'élévation de la pression artérielle, la vaso-constriction de la rate et de l'intestin. C'est là une vaso-constriction réflexe des viscères abdominaux, processus de défense réactionnelle contre le traumatisme intense''. Ce phénomène intéressant au point de vue général ne nous intéresse pas au point de vue particulier du trajet des vaso-constricteurs. Il n'en est plus de même des phénomènes paralytiques qui surviennent quatre minutes après cette ligature du ganglion semilunaire gauche. A la vaso-constriction intestinale et splénique avec élévation de la pression succède une vaso-dilatation avec abaissement de la pression. Cette vaso-dilatation éphémère pour l'intestin (une minute) dure beaucoup plus longtemps pour la rate (dix minutes). L'hypothèse de dilatation active par excitation secondaire des vaso-

Fig. 1.0.

Chien. Excitation du bout périphérique du ganglion semi-lunaire gauche.

R. Rate. — P. A. Pression artérielle.

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