CHAPITRE PREMIER
EMBRYONSi
Embryon I. — Agé de trois semaines. — Coupes transversales.
Les coupes transversales de la moelle dorsale montrent des cellules colorées autour du canal central.
L'intensité de la coloration est d'autant plus grande que l'on examine des cellules situées plus en arrière. A la partie périphérique de la moelle commence à se dessiner des pinceaux de très fines fibrilles perpendiculaires à la surface.
Examinées avec l'objectif à immersion, les cellules de la moelle ont les caractères des cellules intermédiaires de His, qui diffèrent des neuroblastes par l'intensité plus grande de la coloration de leur noyaux plus volumineux.
De chaque côté de la moelle, deux îlots encore isolés forment l'ébauche des ganglions spinaux. Leurs cellules, qui ont les caractères des cellules intermédiaires de His, sont plus volumineuses que les cellules de la moelle.
En avant et en dehors des corps vertébraux, deux masses très fortement colorées — ébauche des ganglions sympathiques de la chaîne — sont formées de cellules analogues aux cellules intermédiaires de His, mais encore beaucoup plus fortement colorées.
La chromatine a pris l'hématoxyline avec une telle iutensité qu'il est impossible, même à l'immersion, de distinguer les détails de ses filaments.
Sur des coupes heureuses, on voit un tractus formé de cellules allongées qui réunit les deux ébauches ganglionnaires spinales et sympathiques.
Embryon IL — Agé de deux mois environ. — Coupes transversales.
Au niveau du thorax, on voit la moelle déjà formée : les deux cornes s'élargissent et sont entourées de substance blanche.
La masse ganglionnaire latérale qui forme le ganglion cérébro-spinal est nettement séparée de la moelle ; la racine postérieure qui se forme va du ganglion vers la moelle.
1 Ces pièces nous ont été obligeamment prêtées par MM. Cunéo et Veau.
En avant du ganglion spinal est l'ébauche de la racine antérieure sortie de la moelle. En avant et en dehors du nerf rachidien est une masse colorée, \& ganglion de la chaîne principale du sympalhique.
Quand on compare le volume des cellules des ganglions spinaux à celles de la moelle, on trouve les premières beaucoup plus volumineuses.
Sur certaines coupes, on se rend nettement compte de l'obliquité déjà existante des racines antérieures.
La moelle étudiée à l'immersion montre des cellules très fortement colorées au niveau de la corne postérieure, alors que celles de la corne antérieure sont manifestement plus claires.
Ces cellules, plus colorées que les antérieures, et aussi plus colorées que les postéro-internes, forment un promontoire dirigé en dehors et paraissant se continuer avec les fibres qui forment les racines postérieures.
Les coupes de la région abdominale étudiéesde haut en bas, montrent, en plus des ganglions de la chaîne sympathique, les premières masses ganglionnaires sympathiques en avant de l'aorte. Dans les coupes passant par le diaphragme, le foie et la partie toute supérieure des surrénales, ces masses sympathiques sont véritablement énormes comparativement au volume des autres organes à cette époque, le rein par exemple. Par rapport aux surrénales, la différence est beaucoup moins grande, car les surrénales sont aussi à cette époque très volumineuses.
Sur des coupes plus inférieures (Fig. 3.), au niveau de la partie large delà surrénale, dans la région surréno-rénale, on voit des traînées sympathiques s'enfoncer dans le parenchyme au niveau de l'angle antéro-interne et pénétrer dans la substance centrale.
On voit que ces cellules, se détachent de 2 grosses masses sympathiques qui entourent l'aorte et forment un arc à concavité postérieure,
Ces masses se poursuivent en arrière, en de grandes traînées qui bordent le bord interne des surrénales et qui se continuent à certaines hauteurs avec les ganglions de la chaîne principale.
Si l'on examine \d. surrénale à un fort grossissement, on voit la substance, glomérulaire former des boyaux de deux cellules très rapprochées les unes des autres et entre eux, de place en place quelques rares cellules toutes petites, à limites protoplasmiques indistinctes et à 'noyau extrêmement petit et si fortement coloré qu'on ne peut distinguer dans son intérieur un filament de chromaline.
De plus par endroits on remarque des masses de cellules à noyaux assez Yolamineux, à protoplasma très mince, à filament nucléaire de chromatine très nettement visible. Ces cellules ont tous les caractères des cellules sympathiques.
Plus bas, au niveau du tronc cœliaque, sur une coupe où l'on voit le pôle supérieur des reins en arrière des surrénales, on voit l'aorte comme embrassée par un arc à concavité postérieure formé par l'ébauche des ganglions semi- lunaires.
La veine rénale est en avant. Sur quelques coupes un peu plus inférieures, on voit une colonne sympathique qui se détache des masses ganglionnaires et va au rein.
Les ganglions lympalhiques nombreux dans la région se distinguent facilement des ganglions sympathiques à ce qu'ils ont un réticalum très délicat et élégant et des cellules rondes sans protoplasma appréciable tandis que les ganglions sympathiques n'ont pas de réticulum, et toutes leurs cellules se touchent .par leur protoplasma nettement coloré.
D'ailleurs ganglions sympathiques et lympathiques ont des connexions intimes.
Sur plusieurs coupes, deux des ganglions solaires occupent la partie externe des ganglions lymphatiques.
Plus bas apparaissent les testicules; à ce niveau les grosses masses ganglionnaires sympathiques cœliaques ont disparu.
Il en reparaît d'analogues à la partie supérieure du bassin ; ce sont de grosses masses ganglionnaires allongées qui se louchent presque en avant de la colonne et font partie de la chaîne principale sympathique de la résrion lombaire.
Embryon III. — -Agé de deux mois et demi. — Longueur 18 millimètres. Coupes transversales.
Dans la région surrénale on voit les îlots sympathiques s'égrener depuis les ganglions de la chaîne latérale (devant lesquels se trouvent les splanchniques) jusqu'au bile des surrénales, le long de leur bord interne. Il semble que toujours les fibres les plus longues occupent la partie la plus externe par rapport à l'axe.
Dans les ganglions de la chaîne, les fibres occupent surtout la partie périphérique externe. Ceci rentrerait dans la grande loi générale de construction de l'axe médullaire.
Dans la 'partie moyenne de la région surrénale, on voit les traînées sympathiques, non seulement pénétrer dans les surrénales, mais encore en contourner le bord antéro-externe.
Dans la région surréno -rénale, on voit l'ébauche des ganglions solaires sous forme de masses multiples qui entourent l'aorte et remplissent presque tout l'espace entre les reins et les corps vertébraux. On note une partie très foncée à la partie antérieure et interne des surrénales. C'est un ganglion sympathique.
Ces ébauches, en contact par place avec les ganglions lymphatiques, se poursuivent jusqu'au bas des surrénales.
Dans la région rénale, on voit deux grosses masses sympathiques.
Dans la région réno-génitale, les cellules sympathiques sont disséminées en avant des deux aortes.
L'élude de la moelle montre :
l'5 Les connexions des ganglions sympathiques avec les ganglions cérébro-spinaux ;
2'' La forte coloration des cellules de la partie postérieure de la moelle de chaque côté du canal central ;
3*^ Au point de vue de l'histogenèse des cellules des ganglions rachidiens et de celles des ganglions sympathiques :
Les premières volumineuses, à noyau clair Les secondes, petites, à noyau foncé.
Embryon IV. — Mâle âgé de trois mois. — Coupes transversales.
1° Dans la région sus-surrénale on voit déjà de gros ganglions sympathiques ;
2° Dans la région surrénale, on l^dislingue nettement la différence du tissu surrénal en substance corticale et substance médullaire; dans des coupes voisines mais plus inférieures on voit des cellules sympathiques dans les surrénales et aussi dans les splanchniques. Cette constatation est très importante et montre que les cellules cheminent le long de cette voie qui n'est en quelque sorte qu'un ganglion sympathique très allongé.
Dans la même région surrénale, on voit une grosse masse (ganglion semi-lunaire ébauché, en dedans de la surrénale) et cet amas se continue par des fibres avec un ganglion de la chaîne principale et des fibres dépendant de l'épanouissement du splanchnique.
Dans la même région surrénale, on voit des îlots de cellules sympathiques ayant essaimé dans l'intérieur des surrénales. On voit la différenciation déjà avancée du tissu surrénal. L'examen des coupes permet de démontrer que les cellules de la partie centrale de la surrénale se différencient sans l'intervention des cellules sympathiques. A un fort grossissement on voit les espaces clairs interfolliculaires de la substance médullaire qui contiennent les nouvelles cellules différenciées devenir de plus en plus grands.
Sur ces coupes on voit de plus des filets horizontaux du sympathique d'où se détachent en plexus des fibres qui enserrent dans leurs mailles un grand nombre de cellules médullaires.
Dans la région rénale, les masses sympathiques sont plus petites, elles redeviennent plus volumineuses dans la région testiculaire.
Embryon V. — Mâle, âgé de trois mois. — Coupes sagittales.
Le fait le plus frappant est celui représenté figure 1 : ■ La continuité manifeste du splanchnique né de la chaîne principale avec les ganglions solaires, et la présence de cellules nerveuses dans ce nerf.
Sur des coupes plus latérales on Jvoit des cellules sympathiques pénétrer dans le hile de la surrénale déjà différenciée.
Embryon VL — Mâle âgé de trois mois et demi. — Coupes frontales.
On voit en allant d'arrière en avant :
Les ganglions spinaux ;
Les rameaux communicants;
Les ganglions, de la chaîne formant une double ligne cellulaire ininterrompue;
Les splanchniques, pris d'écharpe, etformanteux aussi une double ligne cellulaire très grêle ;
Les ganglions solaires séparés par l'aorte et le tronc cœliaque :
Les Ilots sympathiques émigrés dans la substance médullaire des surrénales.