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CHAPITRE III

HISTOGENÈSE

I. Formation des cellules sympathiques chez l'embrynii. le fœtus, le nouveau-né. — II. Valeur- évolutive des fibres sympathiques, transformation des cellules en fibres; myélinisation. — III. Résumé.

Nous avons abordé au niveau du système solaire deux questions sur l'histogenèse du sympathique : la formation des cellules et des fibres sympathiques.

I. Formation des cellules sympathiques. — Par l'étude de l'embryon I, de ganglions semi-lunaires de fœtus (dissection 7) de jeunes animaux (cobaye, lapin) H de jeunes enfants (obs. XXIII, XXIV), on peut suivre révolutionnes cellules sympathiques et la diviser en trois périodes.

i° Période embryonnaire. — A mesure que l'embryon grandit, on ' voit les cellules très chromatiques ^ se transformer en cellules intermédiaires aux neuroblastes de His et augmenter de volume en s'entourant de protoplasma. Les progrès sont d'autant plus avancés que l'on étudie des cellules plus rapprochées de la moelle, les cellules des ganglions de la chaîne précédant dans leur évolution les ganglions solaires.

2° Période fœtale. — Au 6" ou 7^ mois, quand on peut déjà isoler les ganglions semi- lunaires pour en faire des coupes, on constate qu'ils sont formés de cellules serrées les unes contre les autres, formées d'un protoplasma granuleux à un ou deux noyaux contenant un ou plusieurs nucléoles.

Cette multiplicité des noyaux et des nucléoles indique que les cellules sont en voie de multiplication.

* Voir plus haut : Organogenèse.

3o Période infantile. — Cette multiplication des cellules nerveuses est très active dans les premières anne'es de la vie. Les capsules endothéliales formées par des capsules aplaties se touchant par leurs bords contiennent dans leur intérieur une, deux ou même trois et quatre

Fig. 6.

Leitz. oc. II, obj. 7.

Cellules nerveuses en voie de division. Cellules dans un filet du pleius solaire (haut de la figure) Cellule dans un ganglion semi- lunaire (bas de la figure).

cellules, résultant de la division directe. Cette division directe se fait selon les lois ordinaires. Nous n'avons jamais observé de figures de karyokinèse. Nous n'avons jamais observé non plus la soi-disant formation de cellules nerveuses par la fusion de plusieurs cellules élémentaires.

Chez le fœtus et l'enfant jeune (obs. XXIV) on voit une série de figures faciles a interpréter : cellule sympathique à un noyau et un nucléole, entourée de sa capsule endethéliale ; cellule à un noyau à

deux nucléoles ; cellule à deux noyaux; cellule à deux noyaux et trois nucléoles ; cellule à trois noyaux ; trois cellules uninucléées contenues dans la même capsule. Il suffit que la capsule soit de nouveau formée autour de chacune de ces cellules jeunes pour que le cycle évolutif soit fermé (fig. 6).

IT. Valeur évolutive des fibres sympathiques. — Pour apprécier cette valeur, deux points doivent être étudiés : 1° La transformation des cellules en fibres. 2° La myélinisation de ces fibres.

1° Trcms formation des cellules en fibres. — La réalité de cette transformation paraît aujourd'hui démontrée.

Taft, dans une thèse inspirée par Mathias Duval a montré que les filtres de Remak ne sont pas composées de cylindraxes entourés d'une masse protoplasmique sur la surface de laquelle se trouvent des noyaux, comme le pensaient Remak et Ranvier ; mais que ces fibres sont des cylindres continus contenant dans leur intérieur des noyaux comme le pensaient Max Schullze, Henle et Frey. Il est facile de 'constater sur un fœtus de 8 centimètres que la chaîne thoracique sympathique constitue un cordon uniforme sans renflement presque entièrement formé de cellules. Elles ont un noyau sphérique dont les dimensions sont très considérables surtout en raison du petit volume du protoplasma, ce dernier se trouve en si petite quantité et entoure le noyau d'une couche tellement mince qu'on a de la peine à le voir, et que le noyau parait nu. Chez un fœtus plus âgé, les noyaux sont semblables, mais le protoplasma a augmenté de quantité. D'autre part, les noyaux ne se trouvent plus dans le centre des cellules mais vers l'un de leurs pôles, la masse protoplasmique s'étant allongée.

On trouve d'ailleurs toutes les transitions entre les noyaux sphéiiques des cellules et les noyaux ovoïdes allongés des fibres.

Les fibres de Remak ne sont donc autre chose qu'un complexus cellulaire dont le protoplasma forme la fibre proprement dite et dont les noyaux changent de forme et de sphériques qu'ils étaient deviennent allongés.

L'examen des splanchniques aux différents âges ne souffre donc aucune difficulté d'interprétation. Le splanchnique n'est qu'un ganglion allongé dont les cellules sont remplacées par des fibres à mesure qu'il vieillit.

Sur des coupes d'embryon de deux mois, on voit beaucoup de cel-. lules et peu de fibres ; sur des splanchniques de fœtus de neuf mois on voit beaucoup de fibres et peu de cellules; sur nos coupes déjeune enfant (obs. XXIII) on voit encore quelques cellules qui chez l'adulte

ne ~se retrouvent plus qu'an niveau du ganglion de Lobstein ou d'autres analogues d'autant moins nombreux que le sujet examiné est arrivé à un point plus avancé de l'évolution phylogénique et ontogénique.

2° Myélinisalion des fibres du système solaire. — Nous en avons poursuivi l'étude sur le splanchnique à huit mois, un an, deux ans, dix-huit ans, vingt-quatre ans, trente ans, cinquante ans (fœtus dissection, obs. XXIV, XXIII, X, XXIX, XXX, etc.).

■L'examen dn splanchnique à ces différents âges montre que le nombre des fibres à myéline augmente d'une façon notable jusque vers l'âge de trente ans. La comparaison faite pour les mômes âges avec les fibres du sciatique montre Hrès nettement que l'évolution du splanchnique est très en retard sur celle du système cérébrospinal.

D'autre part, la comparaison de l'évolution du splanchnique avec le cordon cervical montre que celui-ci est très en retard sur le splanchnique.

Or, le splanchnique étant intermédiaire aux systèmes sympathique et cérébro-spinal, il en résulte qu'il faut considérer les nerfs sympathiques comme des nerfs insuffisamment développés à la naissance qui jamais n'atteindront le même degré de maturité que les nerfs cérébro-spinaux.

Cette conclusion à laquelle nous arrivons à propos de la myélinisalion des fibres sympathiques est intéressante, car elle concorde parfaitement avec celle de His à propos de la colorabilité des cellules.

Tout nous amène à conclure que la caractéristique du sympathique est dans son développement tardif.

III. Résumé. — L'embryologie du système solaire peut se résumer en quelques lignes. Les cellules sympathiques étant des cellules intermédiaires aux neuroblastes de His, se colorent plus fortement que ceux-ci. La méthode hématoxylique permet donc de les mettre en évidence par un procédé électif.

Sur les coupes de six embryons on voit que :

1° Les ganglions spinaux forment d'abord une bande cellulaire continue qui devient monoliforme par étirement ;

2° Des cellules sympathiques apparaissent dans la partie postérolatérale de la masse grise périépondymaire de la moelle ;

3° Les splanchniques, ganglions allongés, subissent le remplacement progressif de leurs cellules par des fibres;

4° Les ganglions semi-lunaires dérivent des volumineuses masses ganglionnaires de la région cœliaque ;

5° Les rapports des cellules sympathiques et des surrénales sont très controversés ; nous pensons que la différenciation du parenchyme^ surrénal en substances corticale et médullaire est indépendante du système sympathique et que la substance médullaire contient des cellules nerveuses sympathiques qui ont pénétré dans la surrénale par immigration ;

6" L'histogenèse des cellules sympathiques aux périodes embryonnaire, fœtale et infantile, dépend des lois générales de la division directe ;

7° Les fibres sympathiques dérivent de cellules par transformation de forme de leur protoplasma et de leur noyau. Leur myélinisation, très tardive, poursuivie jusqu'à trente ans, n'atteint jamais la perfection de celle des fibres cérébro-spinales.

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