RÉCOLTE ET TRANSPORT DU MATÉRIEL
Les différentes formes de J. m., Isopodes marcheurs, se rencontrent, à des niveaux élevés, le long de nos côtes, en populations sédentaires, le plus souvent très denses, mais généralement limitées à de petits territoires, de l’ordre de quelques mètres carrés. Je n’ai jamais observé de J.m. sur les paquets d’algues flottantes, arrachées du rivage, ni dans les laisses de mer. Pour nos régions, leur présence en profondeur est sûrement très exceptionnelle ; cependant, HANSEN en a récolté jusqu’à 15 brasses de profondeur (Danish Ingolf Expedition) et le Tierwelt der Nord- und Ostsee signale qu’elles peuvent descendre jusqu’à 55 mètres. En Bretagne, et probablement sur toutes nos côtes atlantiques, on trouve en toutes saisons des femelles ovigères et les fluctuations qu'offre, au cours de l’année, la densité des populations, demeurent faibles. Les observations de SxE et de FORSMAN révèlent au contraire, pour les régions baltique et scandinave, une période d’arrêt dans la succession des pontes, au cours des mois d’hiver. FORSMAN a montré en outre la possibilité de migrations massives des populations vers la profondeur, lorsque le froid devient trop rigoureux (températures << — 195) aux niveaux qu’elles occupent normalement.
Pour certaines formes, il est très facile de récolter, à l’aide d’un pinceau mouillé, un grand nombre d'individus sous les pierres de la grève (notamment sous les pierres plates — débris d’ardoises — où ils se rassemblent en petites colonies) et de les rapporter vivants au Laboratoire dans de l’eau de mer ou parmi des algues. La recherche des formes qui vivent sur les algues exige plus de soin et demande plus de temps : les ulves ou les fucus, recueillis à des endroits définis, peuvent être observés au Laboratoire, thalle par thalle, les animaux étant prélevés un par un; une méthode plus rapide, et par conséquent préférable dans la mesure où il ne s’agit pas de faire un relevé complet, consiste à plonger pendant quelques secondes, en les agitant violemment, des touffes de ces algues dans un grand cristallisoir rempli d’eau de mer : les Jaera se détachent de leur support initial, pour s’accrocher en nombre à quelques fragments d’algues qui traînent au fond du récipient et qu'il suffit d'examiner de temps en temps.
J'ai reçu de Suède et de Kiel !, à plusieurs reprises, des J. m. en parfaite santé ; ces Isopodes supportent en effet des transports par poste, durant quatre à cinq jours, à condition que les exemplaires, assez peu nombreux (de l’ordre d’une vingtaine) dans chaque tube, soient envoyés, en dehors des périodes trop chaudes ou trop froides de l’année, « à sec », dans des tubes à essai contre les parois internes desquels est enroulé un papier filtre bien imbibé d’eau de mer.